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Episode fort, qui marque un vrai changement de ton (un peu trop brutal même) en délaissant le ton plus Tony Montana et en ramenaant la série à ce qu'elle était à la base. Walter y apparait moins iconisé certes, et cela donne à l'ensemble un côté retcon de la première moitié de saison, comme si en tuant le jeune garçon, la série avait dépassé une ligne rouge.
Le point remarquable de cet épisode est la qualité du jeu des acteurs qui semble s'épanouir parfaitement dans un registre plus intimiste et théatral. L'ambiance est pesante, les dialogues tendus et Jesse passe de l'enfant prodige à un être damné en quête de son âme perdu et qu'il est impuissant de retrouver. La confrontation finale est aussi remarquable, confirmant la bonne idée de ramener l'intrigue vers ses racines, pour lui retrouver un sens sans s'égarer dans le grandguignol.
Un épisode de recadrage qui fait le mal nécessaire avec élégance et force. La série emprunte la voie vers sa fin inéluctable et c'est pour le mieux car elle commençait un peu à s'égarer.
Avec le choix d'un ton intimiste, la série a clairement pris la bonne décision en laissant les acteurs faire monter les enjeux. Beaucoup de scènes de cet épisode aurait pu être faibles, mais la qualité du casting fait clairement la différence. Plus d'ambiguité, la série s'éloigne de Scarface et évite de commettre l'erreur de De Palma qui n'arrivait pas à briser notre fascination pour Tony Montana.
Walter est à la croisée des chemins, il ne lui reste plus qu'à se faire juger au regard de ses actes et non de ses mensonges. La bonne idée est d'éviter le piège du "Tous contre Walt" mais de se poser la question de la complicité de ceux qui l'ont accompagné. Tous ont à y perdre, sauf Marie qui va incarner ce chevalier blanc en se montrant sans nuance, à la différence de Hank et Skylar. Une valse des hypocrites très bien géré et qui permet de placer les pions en approche du final.
Une réussite qui prolonge le recadrage de l'épisode précédent.
Ici, le but est clairement de commencer à fermer les storylines, en commençant par Jesse. J'aime bien la façon dont les scénaristes se servent de leur mauvaise idée durant le developpement pour bâtir quelque chose de meilleur. Jesse est clairement celui qui a le plus à faire payer à Walter et sa colère profite de plusieurs saisons de construction qui ont su mettre en évidence la toxicité de M. White.
La partie concernant Hank montre combien Walter se plait à jouer aux échecs avec les êtres humains, à les rendre impuissants. Heisenberg n'était pas juste une simple persona, mais l'expression d'un sentiment bien plus profond, celui de la nature profonde de Walter. Il aime à se sentir en position de force, il possède une habileté à atteindre son but et à refuser de voir la réalité en face.
Marrannt de voir le parallèle avec Scarface, tant les deux oeuvres proposent deux traitements à l'opposé l'un de l'autre. Une saison pour comprendre que le prix à payer pour Walter sera à la hauteur de ses multiples mensonges.
Enn choisissant un format intimiste, Vince Gilligan a fait le bon choix, tout en osant laisser le récit prendre une direction surprenante. Tout repose maintenant sur la nature de Walt, oscillant entre les extrêmes de ce qu'il fut et de ce qu'il a construit. Heisenberg est encore là, prêt à frapper pendant que Walter cherche une porte de sortie qui permette de maintenir les apparences. Mais le vernis s'écaille déjà et les mensonges prennent de moins en moins.
La fin de Walter sera tragique, mais contrairement à Tony Montana, rien de grandiose ou de grandiloquent ici. Juste la vérité qui rattrape un menteur, juste le besoin des hommes de voir le pêcheur se faire sanctionner contre le plaisir des hommes de voir la crapule esquiver les mailles du filet. Tout le monde s'active et l'ensemble serait cousu de fil blanc si le show ne prenait pas son temps pour construire chaque rebondissement.
Walter White commence sa chûte, mais il s'agrippe aux autres pour ne pas tomber. Mais le monde commence à s'éloigner, la tension monte tandis que l'éventualité d'une fin devient évidente. Une histoire de survie au final.
