5ème partie dans la pure continuité de la 4ème, bien que peut être un poil moins tendue de part le fait que, au moins au cours de celle ci, Marco regagne un peu confiance en le Docteur et ses compagnons de manière plus qu'apparente, et leur rend certaines libertés qui nous font moins craindre pour eux qu'à la fin de la 4ème partie (même si la toute fin nous fera revenir dans cette situation là).
Car Tegana commence à perdre pied dans cette partie et on se demande tout du long comment il va bien pouvoir rebondir. Ce qui est assez fascinant, c'est de voir son évolution au cours de l'épisode. Nous savons maintenant qui il est et pourquoi il est là, ainsi que ces motivations. Pourtant, alors qu'il avait largement le temps de faire assassiner Marco Polo avant que les soldats de ce dernier puissent arriver au lieu de la confrontation, puis assassiner et/ou faire porter le chapeau à nos héros, ce dernier choisit pourtant de prendre un risque supplémentaire en voulant voler le T.A.R.D.I.S. pour Noghai. Première erreur pour cause d'ambition chez cet ennemi, qui viens de rater une belle opportunité d'accomplir tout ou la plupart de ses objectifs, et qui prend le risque, par l'élimination de ces acolytes de sa propre main (nécessaire pour garder sa couverture, mais qu'il aurait pu éviter en faisant assassiner / prisonnier tout ses ennemis de suite, ce qu'il pouvait ici faire), de perdre des alliés précieux et de ne plus appartenir à aucun camp. Pourquoi procéder ainsi ? Est-ce pure ambition démesurée qui explique une telle erreur chez ce personnage, ou bien y a t'il finalement autre chose derrière ? Bien que les parties suivantes nous offriront une résolution décevante à ce sujet, ces questionnements rendent le personnage de Tegana assez fascinant et le porte tout du long de cette 5ème partie sympathique.
Sans cela, le reste de la partie poursuit ce véritable jeu d'échec et de confiances à la conquête du T.A.R.D.I.S. de manière logique et agréable, bien que vu les cartes qui ont été déployés à ce sujet au cours de cet épisode, on a l'impression que le jeu ne va pas pouvoir se poursuivre bien longtemps, et même si l'on est pas pour autant inquiet pour la suite comme on a pu l'être pour The Daleks, il faut reconnaître que la monotonie commence à pointer, certes vraiment très légèrement et à des proportions insignifiantes, mais c'est tout de même bien là, le bout de son nez à la fin de cette 5ème partie.
Bref, une 5ème partie assez réussie d'un épisode toujours aussi plaisant, mais qui semble à commencer à donner quelques signes de fatigue. Et au souvenir de la fin de The Daleks, on espère fortement que les 2 dernières parties ne viendront pas confirmer ce léger arrière goût un poil désagréable ...
Et malheureusement, les légers signes de fatigue que la 5ème partie semblait montrer semblent se confirmer ici.
Après 5 parties de bon niveau, l'épisode nous offre un avant dernier volet assez plat, de loin le moins bon qu'on ai eu jusqu'à présent. Et sans arriver au degré de catastrophe de The Daleks, loin de là d'ailleurs, les causes de cette perte de vitesse sont les mêmes que pour ce dernier : l'épisode n'a plus grand chose à raconter hormis sa résolution. Il y avait plusieurs moyens de poursuivre l'intrigue avec le cliff de la partie 4 et sa résolution dans le début de la 5ème, mais l'épisode, sans en avoir choisi une vraiment mauvaise, ne semble pas avoir pris le plus à même de vraiment relancer l'épisode pour redynamiser celui ci jusqu'à sa phase de conclusion. Du coup, cet épisode se retrouve à meubler un peu pour pouvoir tenir ses 20 minutes.
Ce qui est assez dommage, c'est que ce meublage, il le fait plutôt bien, et que ça aurait pu passer. Loin en effet des techniques honteuses auxquelles avait eu recours The Daleks pour justifier ses minutes de trop, Marco Polo recours à des pistes scénaristiques inexploitées et sur des éléments introduits en amont qui n'avaient pas connus de résolution (à défaut d'en avoir besoin d'ailleurs), et reste logique avec l'évolution de l'histoire. En effet, se servir de la fugue de Ping Cho et du retard accumulé à causes des péripéties du voyage pour justifier de laisser le T.A.R.D.I.S. à Tegana pendant que les autres avancent chez le Khan était une bonne idée ... Le problème, c'est qu'elle fait déjà vu en soi et dans la manière de l'amener dans l'épisode et que sa récurrence deviens lassante. Car au cours des 2 premiers tiers, on de nouveau une énième crise de confiance entre Marco et le Docteur pour justifier de laisser le T.A.R.D.I.S. là bas. On a encore des protagonistes qui vont chercher à la mettre à l'envers à Marco pour récupérer le T.A.R.D.I.S. et s'en aller d'ici. Et le plan va encore une fois échouer car Tegana va s'en rendre compte à la dernière minute. Bref, sur ce point là, ça commence sérieusement à tourner en rond, et on ne peut que se dire qu'il est tant que la résolution arrive.
Fort heureusement, l'arrivée dans le dernier tiers de la partie de Marco et du Docteur dans le palais de Kublaï Khan (ainsi que les hilarantes interactions entre ce dernier et le Docteur) offre une vraie fraîcheur à un épisode qui s'était bien trop enlisé dans sa routine, et montre clairement que le temps de la résolution est arrivé, ce qui aura au moins le mérite de rassurer le spectateur quand au contenu de cette ultime partie, qui aura de quoi faire pour boucler ce long épisode.
Bref, une sixième partie qui traîne des pieds vers la résolution de l'épisode, mais qui aura au moins le mérite de le faire avec suffisamment d'intelligence pour arriver à faire passer la pilule de ce brusque ralentissement en mettant soigneusement tout en place pour la résolution de l'intrigue. Fort heureusement d'ailleurs car si cette avant dernière partie aura prouvée une chose, c'est qu'il est grand temps de conclure "Marco Polo" ...
Après une assez longue pause, me voilà reparti pour la suite des aventures du 1er Docteur ! C'est parti pour The Time Meddler, 9ème et dernière histoire de cette belle saison 2.
Dans le dernier épisode, nous laissions le Docteur et Vicky seuls après une course poursuite temporelle épiquement drôle avec les Daleks, et surtout un départ (déchirant) de taille : celui d'Ian et Barbara, qui étaient quand même là depuis le début de la série, et dont la sortie de scène marquait aussi l'air de rien la fin d'une époque dans l'ère du 1er Docteur et de la série, cette dernière n'ayant plus que son personnage et interprète (mais ça, on sait tous que ça ne durera pas ...) comme éléments commun à ses tout débuts, Vicky ayant beau avoir été pensée comme un remplacement pur et dur de Susan, les personnages n'ont absolument rien à voir (et tant mieux). On pouvait craindre que la série (du moins, l'ère One) ne perde de son piquant avec le retrait de ses 2 personnages au combien attachants et marquants et la manière dont la série allait du coup évoluer en fonction de cela. Fort heureusement, cet épisode va nous montrer dès sa première partie qu'il n'y avait pas de quoi s'inquiéter.
C'est très peu de temps après cette séparation qui a pesé lourd sur le coeur de nos deux héros qu'on les retrouve, encore un peu sous le choc de cet événement. "The Chase" nous présentait aussi dans son ultime partie celui qui va maintenant prendre la place d'Ian : Steven Taylor. Alors que son sort était resté incertain (hormis le fait qu'il avait survécu à l'incendie) à la fin de l'épisode précédent, les scénaristes ont eu l'idée de décider d'en faire le nouveau compagnon. Le bougre à quand même réussi à entrer dans le TARDIS et à s'y cacher pour fuir la précédente planète ou il n'y avait plus rien pour lui. Il sera vite repéré (le Docteur et Vicky le prenant d'abord pour un Dalek. J'aime beaucoup la continuité très marquée de l'ère One dans les épisodes). Et s'il est encore un peu tôt pour statuer sur ce personnage qu'on connait à peine, pour l'instant, c'est une bonne idée de l'avoir fait rejoindre le groupe. Son incrédulité donne lieu à de nombreux échanges hilarants et des dialogues cultes ("Space Helmet for a Cow") entre lui, Le Docteur et Vicky.
Sans ça, cette première partie semble nous promettre un épisode très intéressant, car il s'agit probablement du premier épisode de la série étant clairement à la fois historique et de science fiction, les deux genres s'étant toujours rigoureusement opposés jusque là. S'il est là encore un peu tôt pour en juger, ça semble être un très bon mélange puisque l'ère One est souvent plus grandiose dans l'historique et que le fait d'incluer de la SF dedans renforce la tension, car pouvant surgir de toutes part et être des 2 natures du show. En plus de cette dynamique de groupe rafraîchissante qui porte ces 20 premières minutes et de ce mélange des genres bienvenue, on se délectera aussi dans cette première partie d'une très belle réalisation, plus soignée que d'habitude et d'un retour à quelque chose de plus sérieux que la parenthèse parodique des 2 précédents épisodes (non pas que ce n'était pas appréciable, bien au contraire, c'était très bienvenu, mais ça serait devenu lourd sur la durée. Qui plus est, quand un show ne marche plus qu'en se parodiant lui même, ça sent généralement mauvais ...), même si l'humour reste assez présent à travers les personnages de Steven et du Moine.
Le Moine, qui, si l'on devine aisément ce qu'il est, à se trimbaler des phonographes en plein milieu du 11ème siècle (et puis bon, le titre de l'épisode, c'est quand même The Time Meddler), captive l'attention à sa moindre apparition et fascine le spectateur, et la fin de cette partie semble nous promettre un adversaire coriace et diablement intéressant.
Bref, cet ultime épisode de la saison 2 commence très bien, parvenant au cours d'une excellente première partie à introduire parfaitement le tout sans perdre de temps, ni bâcler cette étape, alors qu'elle doit quand même non seulement introduire l'intrigue de l'épisode, mais aussi un nouveau compagnon. Ce qu'il à réussi à la perfection sur les deux plans, à la fois parce qu'on brûle d'envie de connaître la suite de cette intrigue qu'il a su rendre instantanément fascinant, mais aussi de découvrir l'évolution de Steven. Si la suite est dans cette excellente lignée, on tiens surement un des meilleurs épisodes de la saison ...
The Time Meddler poursuit son bonhomme de chemin avec une seconde partie toute aussi intéressante que son excellent prédécesseur. Pas grand chose à dire de plus par rapport à la première partie, si ce n'est que malgré un statut de doctor-free qui aurait pu être gênant (William Hartnell devait surement être en congé pendant le tournage de cette partie), d'autant plus que l'épisode précédent se concluait sur une situation critique pour le Docteur, cette partie s'en sort parfaitement en continuant de développer son intrigue et de bien dresser les futurs obstacles que rencontreront nos héros sans pour autant oublier de les faire bouger et résoudre d'autres problèmes dans le même temps. Qui plus est, l'absence du Docteur permet de mettre plus en avant Vicky et Steven, et de les voir dans une situation ou ils ne sont pas en rapport avec le Docteur (d'ailleurs, ce dernier a beau n'être "pas là", sa scène avec le Moine ou il lui balance des oeux à la tronche est priceless. Sacré William Hartnell ...)
Petit regret sur cette partie néanmoins, qui explique le point en moins vis à vis de la précédente : le statisme scénaristique vis à vis du Moine. Bien que Vicky et Steven parviennent à lui mettre des bâtons dans les roues, on ne sait toujours rien de nouveau sur le personnage, alors qu'il a clairement un gros rôle à jouer dans tout ce bordel, et l'absence d'explications quand à ses motivations et son plan laissent penser que ces actions et manigances sont un peu bancales (il ne craint pas d'attirer les suspicions des villageois et que les gens vont finir par se poser des questions de ne jamais voir que lui comme moine alors qu'il leur fait croire avec son phonogramme qu'il y en a des tas ? D'ailleurs, l'arrivée du chef et de son ami blessé semble bien le foutre dans la merde, et il semble avoir à peine prévu un plan de secours face à cette possible situation pourtant facilement détectable en tant que risque majeur). S'il est, qui plus est, comme je le soupçonne fortement, un Time Lord, il y a pourtant de quoi faire avec lui ... (Après, si s'en est un, il semble aussi logique qu'on attende de le confronter au Docteur pour mieux le développer, chose qui n'était pas possible pour cette partie ...)
Mais à part ça, l'épisode se poursuit sur une très bonne voie, et est très plaisant à voir. Vivement la suite ...