Image illustrative de Pluribus
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Pluribus

Alors que le bonheur menace la Terre, tous les espoirs reposent sur le plus malheureux des humains.

En cours US Pas de durée
Drame, Science-Fiction & Fantastique Apple TV+, 2025
13.2

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Avis sur l'épisode 1.08

Avatar Galax Galax
Administrateur
Avis favorable Déposé le 06 janvier 2026 à 01:31

Encore un super épisode, clairement le meilleur depuis le début. Par rapport au précédent, son propos est beaucoup plus propice à livrer un épisode plus conventionnel dans sa générosité, donc plus riche dans ce qu’il met en scène pour tout le monde, ce qui se traduit par un rythme plus soutenu, des dialogues percutants, des vraies avancées et révélations sur le fonctionnement des Autres, notamment leur mission. Mais c’est toujours dans les plans de caméra millimétrés, les silences, les jeux de regard, et juste l’ensemble des scènes, en vrai, que l’épisode brille vraiment.

D’ailleurs, les révélations sur la planète originale des Autres ne fait que fermer cette intrigue pour toujours (eux-mêmes ne savent pas trop et n’ont qu’un vague sentiment de gratitude et de poursuite de leur expansion qui les anime), ce qui confirme que la série ne sera pas intéressée par apporter de telles réponses, mais préfère soulever des questions sur l’humanité. En toute simplicité, il a suffi d’un dialogue pour le confirmer, et on ne l’a qu’à l’épisode 8 car il a fallu d’abord avoir confiance en ce dialogue et en la série pour l’entendre. Tous les dialogues entre Carol et Zosia semblent d’ailleurs plus libérés, apaisés, avec les Autres qui osent quelques blagues sans risque de froisser Carol (”You suck”) ou Carol qui aborde banalement certains aspects toujours inhumains de ses interlocuteurs, ce qui aboutit à des échanges plus naturels et plus humains, en fait. Mais avec les grands silences des épisodes précédents, ce contraste fonctionne et est activement souligné par la série. Quelle joie d’avoir un épisode où Carol décroche un téléphone et où on entend pas le message pré-enregistré ! Et l’impact aurait-il été le même sans les scènes rébarbatives du milieu de saison ? Tout le monde sait la réponse.

Avec cet épisode, on voit vraiment bien où la série veut en venir depuis le début. Et de se dire qu’une simple scène où une personne confesse à une autre quel est son goût de glace préféré, constitue littéralement la scène plus surprenante et lourde de sens de toute la série, c’est quand même assez fou. C’est la preuve d’une série qui savait où elle allait et dont on commence à récolter les fruits petit à petit, avec la moindre variation sur les habitudes et la routine de nos personnages qui prend un nouveau sens. Car avec cet échange, on peut légitimement penser que Zosia commence petit à petit à regagner son individualité, ce à quoi je ne m’attendais franchement pas, ou pas si tôt, et ça ouvre absolument tous les champs des possibles pour la suite de la série, offrant plein de portes de sortie et de pistes à explorer bien au-delà d’un choix binaire entre full reboot de l’humanité ou d’une absorption des derniers individus.

Comme d’habitude les variations de ton tout au long de l’épisode sont absolument impériales (après une scène de bonheur assez salvatrice, on voit par exemple Carol changer d’expression et écrire “They eat people” sur son tableau…), la colorimétrie et la composition des plans sont géniales, le show don’t tell est totalement maîtrisé, et les dialogues le sont tout autant, arrivant à amener les explications de lore sur les Autres sans paraître forcé, ce qui est révélateur de la finesse d’approche de Carol que l’écriture se doit de matcher sinon quoi tout tombe à l’eau. Ainsi, pour chaque nouvelle avancée dans le lore qu’on a en récompense, c’est qu’il y a eu un échange à coeur ouvert, typiquement la scène du train où Carol confesse pour la première fois qu’elle aime particulièrement ce bruit, scène hyper métaphorique un peu casse-gueule sur le papier qui se révèle au final tout à fait sincère, hypnotisante, et aboutit in fine à la question de la communication de l’esprit commun des Autres. C’est impeccable et tellement bien fait qu’on ne sait pas si Carol cherche réellement à soutirer des informations, s’ouvre aux autres, ou les deux.

Je suis aussi assez intéressé par la façon dont la romance est abordée : j’espère que la série abordera explicitement ce point ensuite, notamment vu comment elle a dénoncé les actes de Diabate en début de saison, qui bafouaient le consentement, par rapport à ceux de Carol ici, qui cède sur le même principe mais qu’on aurait tendance à moins condamner. Certes, “Zosia” a initié le rapport, mais peut-on vraiment dire qu’elle donne un consentement ? Ici difficile de le dire, l’accent reste bien sûr mis sur le point de vue Carol et la série ne contredit pas qu’un tel rapport est potentiellement immoral ou une erreur, mais elle reste dans la neutralité et montre juste que Carol est encore pleine de contradictions.

Pour le coup cet épisode revient sur de nombreux points du personnage de Carol, qui est vraiment de plus en plus complexe et intéressante. Notamment, sa passion originelle pour l’écriture, qui sert à aborder sa fermeture au monde — le changement de genre du personnage dans son roman étant, je trouve, très fort symboliquement pour un personnage queer. Ou bien, son syndrome de personnage principal qui se doit de sauver l’humanité (de sa propre confession ici). Ou encore son côté manipulatoire mêlé à un vrai début d’attachement pour les Autres. Attachement que le spectateur commence à vivre également, indépendamment de notre attachement pour Zosia l’individu, on parle bien de la vision des Autres ici, avec la scène de leur nuit dans le gymnase, encore une fois banale mais arrivant au moment cohérent dans la progression de la série. Forcément, voir une telle harmonie et une telle cohérence de plusieurs “personnes”, c’est alléchant, on en oublierait presque le ton morbide des épisodes précédents sur les envahisseurs (vus et dénoncés comme tels par Manusos notamment).

On sent que Carol se laisse elle-même se faire manipuler et tomber sous le charme, en sachant à la fois qu’elle en a besoin pour survivre (cf. le propos de l’épisode précédent), mais qu’elle est aussi quelque part aussi prête à vivre une part de bonheur… Ce bonheur vaut-il vraiment quelque chose ? Est-ce si différent de ressentir un plaisir lors d’un massage tout en “comprenant, sans ressentir” le malheur du monde, que de sentir un plaisir à renouer un dialogue avec quelqu’un tout en sachant rationnellement que la personne n’existe plus vraiment ? Ces concepts exploitent vraiment le pitch SF de la série pour questionner la nature de l’humanité et est typiquement ce que j’espérais avoir dans la série.

Et pour revenir sur la vision de Carol, l’autrice. Là encore, l’épisode est ambigu. Carol a-t-elle repris l’écriture de son livre seulement pour continuer à amadouer les Autres et prétendre qu’elle va mieux… ou va-t-elle vraiment mieux, et avait-elle vraiment envie de réécrire et de reprendre ainsi une forme d’humanité et d’objectif autre que de sauver le monde ? Après tout, elle a tout de même accouché d’un vrai “Chapitre Un”. Et ça, ça ne s’invente pas. Elle n’a ainsi pas pu faker sa pulsion créatrice, car comme l’épisode le rappelle dans une scène anodine (mais sublime) où Zosia semble dire que les Autres sont désespérement en manque de quelque chose de nouveau à lire, il n’y a qu’un esprit humain qui peut vraiment créer de l’art humain. Alors, Carol n’est-elle elle-même pas en train de jouer de ses charmes d’humaine “intéressante” pour les Autres pour soutenir des informations de son côté ?

C’est en tout cas sûrement la première fois que je vois une si belle réponse à l’IA générative et une si belle défense (même, franchement, une preuve par A+B) par une oeuvre originale, de la nécessité d’avoir des vrais artistes. La vision de la série est claire là-dessus : un “Chapitre Un”, ça ne s’invente jamais, ça ne peut même jamais se générer même avec un esprit unique collectif possédant “tout le savoir du monde” et toutes les oeuvres du monde. Pire encore, cet esprit finira par activement vouloir du neuf et reconnaître l’impact d’une vraie appréciation d’une oeuvre par son public, au point d’être demandeur.

Et d’ailleurs, même s’il y a un fond de manipulaiton des deux côtés (Carol semble les manipuler en partie, mais évidemment les Autres font encore des coups bas, comme la recréation assez abjecte du lieu de nostalgie où Carol a drafté son oeuvre), Carol semble malgré tout clairement intéressée par avoir un premier retour sur ce qu’elle a écrit et… et elle n’efface pas son draft au tableau sur son roman. Alors que ce white board est typiquement son jardin secret, le symbole de son combat contre les Autres qu’elle mène pour l’humanité. Je n’avais d’ailleurs même pas considéré pourquoi elle avait un tel tableau avant cet épisode, avant que Zosia me fasse comprendre que c’est littéralement un tableau pour brainstormer en tant qu’autrice. Et pourtant c’est logique, et on voit ainsi ce décor dans son sens double. Au final, Carol garde son draft de Wycaro, mais n’efface pas non plus son enquête secrète sur les Autres. Pour l’instant encore, les deux coexistent.

Un épisode qui est donc la réponse parfaite au précédent dans la forme comme dans le fond, et qui invite déjà à se replonger dans toute la saison alors que celle-ci n’est pas encore tout à fait finie, vu comment chaque scène est un délice et brasse des tas de thématiques intéressantes, des symboles pertinents et des idées géniales.


Avatar Manoune398 Manoune398
Rédacteur
Avis favorable Déposé le 02 janvier 2026 à 16:13

J'ai aimé cet épisode, soit parce que les fêtes m'ont rendue plus douce (non), soit parce que je n'ai pas regardé d'épisode depuis trois semaines. Mais au moins là, j'ai regardé un vrai épisode avec des dialogues, une intrigue, une certaine profondeur. On en apprend plus sur les Autres et en même temps Zosia devient un personnage à part entière. Quoi qu'il en soit, j'ai trouvé l'ensemble plus authentique.


Avatar Guismo Guismo
Membre
Avis favorable Déposé le 25 décembre 2025 à 23:00

Carol est dans la merde ... alors évidement c'était son plan de se rapprocher et d'en savoir plus sur eux mais là malheureusement elle a cédé aux charmes de l'autre alien du coup elle va oublier ses plans ses objectifs elle va manger macdo tous les soirs arrêter la muscu et devenir un gros tas affalé sur le canapé avec sa nouvelle meuf ... ah non c'est moi ça merde ! 
Bon j'espère que l'autre péruviens va venir remettre de l'ordre 

2 réponses
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Avatar nicknackpadiwak nicknackpadiwak
Rédacteur
Avis favorable Déposé le 23 décembre 2025 à 09:50

En vrai, je l'aime bien cette communauté des "Nous", ces êtres connectés, travaillant pour leur bien commun, écolos au point de dormir ensemble dans de grands gymnases afin d'économiser de l'énergie, le tout en toute confiance les uns envers les autres. Ils manquent juste un peu de personnalités, d'individualités j'oserai même dire et ce serait parfait. 

En tout cas, la série continue son concept "1 épisode = 1 idée à exploiter" et après la solitude, voilà la love-story. Cela donne un résultat mignon, où on apprend pas mal de choses sur le mode de fonctionnement des Nous, mais qui est aussi un brin longuet.

L'arrivée prochaine de l'impayable Manousos (la facture de l'hôpital qu'il veut absolument payer, lol) risque de bousculer un show qui aime ronronner.


Liste des épisodes

Episode 1.01
On, c’est nous
Episode 1.02
La Pirate
Episode 1.03
Grenade
Episode 1.04
Pitié, Carol
Episode 1.05
Petit lait
Episode 1.07
Le Fossé
Episode 1.08
Offensive de charme
Episode 1.09
La Chica o El Mundo