J'aime beaucoup ta comparaison, mais la représentation du mal dans The Wire a beau être plus nuancée, elle est sans doute aussi plus noire et terrifiante. En fait quand le mal dans Breaking Bad est la conséquence de mauvais choix (certains cons), dans The Wire il est plutôt le produit d'une mauvaise société, elle-même immorale.
Dans Breaking Bad le mal aurait donc pu ne pas arriver, mais dans The Wire le mal est carrément le ciment de la société. Il est son fondement-même. Certes c'est plus nuancé et y'a quand même des gens bons. Mais le mal est indépassable tant que le système est debout.

5.12 -
Comme un chien enragé
Enn choisissant un format intimiste, Vince Gilligan a fait le bon choix, tout en osant laisser le récit prendre une direction surprenante. Tout repose maintenant sur la nature de Walt, oscillant entre les extrêmes de ce qu'il fut et de ce qu'il a construit. Heisenberg est encore là, prêt à frapper pendant que Walter cherche une porte de sortie qui permette de maintenir les apparences. Mais le vernis s'écaille déjà et les mensonges prennent de moins en moins.
La fin de Walter sera tragique, mais contrairement à Tony Montana, rien de grandiose ou de grandiloquent ici. Juste la vérité qui rattrape un menteur, juste le besoin des hommes de voir le pêcheur se faire sanctionner contre le plaisir des hommes de voir la crapule esquiver les mailles du filet. Tout le monde s'active et l'ensemble serait cousu de fil blanc si le show ne prenait pas son temps pour construire chaque rebondissement.
Walter White commence sa chûte, mais il s'agrippe aux autres pour ne pas tomber. Mais le monde commence à s'éloigner, la tension monte tandis que l'éventualité d'une fin devient évidente. Une histoire de survie au final.