Mr. Robot
Elliot est un jeune programmeur anti-social qui souffre d'un trouble du comportement et de dépression chronique. Il est ingénieur en cyber-sécurité le jour et hacker justicier la nuit. Elliot doit faire un choix lorsque le mystérieux chef d'un groupe underground de hackers le recrute pour détruire la société ...
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| Terminée | Américaine | 50 minutes |
| Drame, Thriller, Crime, Drama | USA Network, France 2 | 2015 |
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Avis sur l'épisode 3.08
| Avis favorable | Déposé le 02 décembre 2017 à 13:48 |
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Une métaphore informatique marquée, un focus quasi-entier sur Elliot après son absence lors de l’épisode précédent, une résolution par un hack d’un particulier — est-on propulsé de retour dans la saison 1 ? Sous ses airs classiques cet épisode fait respirer son protagoniste et lui permet de prendre de la profondeur avec une super dynamique originale avec le petit frère de Trenton. Rami Malek est parfait notamment lorsqu’il fond en larmes dans la conclusion tant attendue où il fait ses adieux avec Mohammed. Si le “scénario” à proprement parlé ne bouge presque pas d’un pouce, cette introspection est cruciale pour justifier comment Elliot poursuit son histoire et ne baisse pas les bras, allant jusqu’à relever Angela à son tour. L’épisode rattache avec pertinence des scènes flashbacks et des scènes dans le présent pour, évidemment, marquer le contraste entre deux relations adulte/enfant contrastées qui permet à Elliot de vivre un passage cathartique qui lui redonne un second souffle, c’est simple et dans la logique de cette saison 3 épurée qui va à l’essentiel, mais c’est rondement mené. Comme toujours les thématiques vont aussi plus dans l’explicite, que ce soit Darlene et Elliot qui parlent ouvertement du trouble d’identité de ce dernier et ses tentatives de vaincre Mr. Robot, ou le père de Trenton qui dit texto que les musulmans sont les boucs émissaires de la société américaine. Même dans cette simplicité explicite, j’apprécie toujours autant les nuances de la série dans son écriture, notamment ici dans l’aftermath de la mort de Trenton et Mobley. Le commentaire meta sur la “suppression” d’une donnée lorsqu’un programme vient au bout de son utilité évoque, plus que la Dark Army, le fait que la série et les showrunners n’avaient plus le stockage/le temps suffisant de composer avec ces personnages vivants. Rien n’est laissé au hasard jusqu’à la conclusion punitive pour le frère de Mobley qui relie le fournisseur en drogue d’Elliot lorsqu’il planifiait son suicide en début d’épisode. Ou encore l’origine du pseudoynme de Trenton, qui est aussi charmante et donne encore du corps et de l’émotion avec pas grand-chose. De l’émotion, c’est parfois ce qu’il manque un peu à cette série très froide et calculée, et ici dès les débuts avec la réalisation qui prend soin de garder pour la fin de la scène d’intro le plâtre au bras d’Elliot, recontextualisant la distance de ce dernier avec son père qu’il laisse suffoquer sans compassion, avant de s’asseoir seul dans la salle et de “commencer” à parler à quelqu’un qui n’est pas là, c’est assez génial. Après tout on n’avait en effet jamais eu la preuve que le trouble d’Elliot avait démarré dès l’enfance il me semble. Tout est repris ensuite dans une cassure de ton et de rythme, à travers toute la seconde partie entre Elliot et Mohammed. C’est à la fois ce qui rend l’épisode si original et détonnant, à part voire presque dans sa bulle, mais c’est aussi ce qui permet de lui donner de l’intérêt. Après, on sent quand même plus qu’en saison 2 que le découpage de la saison et les transitions d’un épisode sur un autre sont un peu motivés par la main invisible des scénaristes, la série s’en cache à peine avec la fin où la veste de Mr. Robot réapparaît vraiment comme par magie sans raison à la fin de l’épisode. Quelque part cela sème même le doute sur la réalité de toute la séquence, après tout, à part un témoignage vague du gérant de cinéma suite à une disparition presque physiquement impossible, rien ne prouve que l’enfant a vraiment suivi Elliot tout seul. Et pour un épisode qui évoque parfois les traits de la saison 1, ce n’est pas un hasard que le doute sur ce qu’on voit soit permis. J’aime beaucoup le fait que l’épisode n’apporte pas de réponse et laisse sa morale sur son personnage parler d’elle-même. A noter aussi le choix du film charnière représentant le pont passé/présent de l’épisode, Retour vers le Futur, encore un marqueur de coïncidence sur l’enjeu final de la machine de Whiterose potentiellement liée à un voyage dans le temps. Mais comme deux fans geeks figurant le discutent dans une scène comique de la file d’attente au cinéma, le propos d’un voyage dans le temps sera soumis à interprétation et à fantasy. Or dans Mr. Robot, une série qui ultimement ne parle ni de tech ni de politique principalement mais en fait juste sa toile de fond (très présente) pour une étude plus psychologique, le but n’est pas de réécrire l’histoire, se morfondre, ni de supprimer ses souvenirs. Au contraire de continuer à vivre avec son trauma, l’assumer et partager quelque chose avec autrui (même un inconnu) pour faire un vrai pas vers la guérison. Et ça c’était vraiment sublime. |
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J'ai adoré cet épisode, plus sensible voire poétique parfois, qui se focalise sur Elliot et nous permet au passage de rendre un dernier hommage à Mobley et Trenton, de ne pas oublier qu'ils sont morts et que non, on ne s'en fout pas.
La réalisation est juste sublime, sans parler de la bande-originale. Le parcours d'Elliot dans cet épisode, ses pensées et surtout la fin, nous permettent de faire une petite pause dans toute cette agitation. Il ne reste que deux épisodes, et qui sait ce que Sam Esmail nous réserve.