Critique : The Slap 1.01 - Hector
Une introduction épatante où une fête d'anniversaire dégénère suite à une claque bien méritée.
| Genre : Drame |
|
| Série australienne | |
| Année : 2011 | |
| Format : 42 min | |
| ABC1 | |
The Slap acte 1
Hector va fêter ses quarante ans et son épouse a organisé pour l'occasion une grande fête avec toute sa famille et ses amis, certains venant même de Grèce pour l'occasion. Seulement, il a aussi invité pour l'occasion Connie, une jeune femme avec qui il entretient un début de liaison malgré leurs différences d'âge. La soirée commence et déjà les premières tensions apparaissent, motivées par de vieilles rancoeurs familiales et un jeune garçon particulièrement pénible.
Résumé de la critique
Un épisode épatant que l'on peut détailler ainsi :
- un ton particulièrement réaliste pour un récit très immersif
- un art de la mise en scène indéniable et des acteurs au diapason
- le concept terriblement ingénieux
- une construction originale, mais qui nous laisse dans l'inconnu

Une fête familiale qui tourne mal
Hector atteint la quarantaine, il a une femme nommée Aisha qui a voulu marquer le coup en invitant à l'occasion tous ses amis et sa famille venue spécialement de Grèce. Racontant les préparatifs puis la fête en tant que telle, The Slap propose une vraie continuité dans le temps, nous permettant de rentrer totalement dans l'existence d'Hector. A la manière d'un film de Mike Leigh, le ton est très réaliste, donnant l'impression d'être réellement présent à une fête où la moitié des invités parlent en Grec avec des tensions qui commencent petit à petit à grandir.
Car bien plus qu'une simple famille, la série dresse le portrait d'un microcosme avec des personnalités de toute confession, une célébrité et un enfant particulièrement casse-pied aux parents beaucoup trop passifs. La tension va monter sur fond de conflit communautaire, de bataille interne à la famille tandis que le héros tente de se sortir de la tête Connie, une jeune femme qui fait du baby-sitting chez eux et qui l'a embrassé la veille. Pas une minute de lassitude malgré l'apparente banalité de cet univers, se délectant de voir les tensions croître sans que rien ne vienne pour permettre de l'évacuer.
The Slap est une grande réunion de personnages forts et de comédiens surprenants, pour une histoire à la fois très réaliste, plutôt prenante aux dialogues délectables. Une plongée dans un univers complexe et pourtant jamais confus, dressant le portrait d'une dizaine de personnages avec une remarquable adresse.
Une forme impeccable pour un casting étonnant
Au centre de tout l'épisode, Jonathan LaPaglia est remarquable, apportant une vraie complexité à son personnage qui oscille fréquemment entre désir de liberté avec Connie et la joie d'être avec ses proches. Plus qu'une simple fête d'anniversaire, ce premier épisode dresse le portrait d'un homme qui commence sa crise de la quarantaine, succombant au charme de la ravissante Sophie Lowe. Très intimiste, la mise en scène est vraiment remarquable, faisant preuve d'une vraie subtilité dans le traitement de cette amourette présentée comme particulièrement sincère.
Doté d'un vrai dynamisme, la mise en scène parvient à mettre en valeur chacun des personnages, laissant apparaître leur complexité en proposant une présentation très efficace. Très vite, on devient assez familier de cette famille pour ne pas s'égarer dans un scénario intelligemment centré sur son personnage principal. The Slap pose tous les éléments nécessaires pour bâtir un univers solide, jusqu'à un claque décisive qui va entraîner un chamboulement totalement imprévu au sein du scénario.
A la fois élégant, riche et superbement maîtrisé, le scénario donne la part belle aux acteurs tout en posant dans son dernier acte avec une grande clarté le concept de cette série. Drame collégiale et diablement ingénieux, le show impressionne en évoquant les premières oeuvres de Jane Campion.

Et dieu créa la baffe
Geste en réaction à une agression, une baffe est douloureuse et humiliante et ne possède pas la même signification qu'un coup de poing par son aspect bien plus méprisant. Un simple geste de la main qui va briser l'élan des personnages, marquant un retour à la réalité, brisant le mur de mensonges dans lesquels s'enfermait Hector. Plus qu'une baffe, c'est la nécessité de choisir un camp qui va le mettre le plus dans l'embarras, ce geste enclenchant une séparation en deux camps au sein de la famille, à l'exception d'Hector qui trouve l'évènement assez anodin.
Comme une douche froide, cette baffe incarne la meilleure façon de mettre fin aux caprices, comme une crise de la quarantaine devenue brutalement ridicule. Au-delà du geste, cette claque incarne deux conceptions de l'éducation et de l'existence qui s'opposent, entre les anciens qui la jugent méritée et la nouvelle génération qui en revient à la protection de l'enfance et à l'angoisse du traumatisme. La baffe devient le symbole d'un temps passé où le rôle de la violence physique et la place de l'enfant n'était pas la même qu'aujourd'hui.
A la fois forte du point de vue sociologique et symbole d'une certaine conception de l'éducation, cette baffe entraîne une rupture à laquelle Hector ne veut pas participer. Bénédiction pour les uns, scandale pour les autres, ce geste automatique et dominateur agit comme un déclencheur pour chacun des personnages présents à la fête.
Une claque, oui, et après ?
Plus que l'écriture ou la réalisation, brillante dans les deux cas, c'est le concept de The Slap qui semble le plus difficile à tenir, chaque épisode se concentrant sur un des personnages de la fête et son jugement concernant cette claque. Le message semble clair : notre monde moderne possède un rapport de peur avec la violence qui n'est pas celui des générations passées. Et malgré les psychologues et les traités d'éducation moderne, il faut reconnaître qu'une claque, dans certaines occasions, peut être un bon moyen de remettre les choses à leur place et rappeler aux enfants qu'ils ne sont pas nos égaux..
En conclusion, un épisode épatant, très bien écrit et à la réalisation brillante de Cate Shortland, qui parvient à dresser le portrait d'une famille complexe. De Jonathan LaPaglia à Melissa Georges, tous les acteurs sont au diapason d'une oeuvre chorale digne de Robert Altman. Une chronique sociale très maîtrisée, élégante et particulièrement originale, à réserver à ceux qui cherchent l'originalité dans une rentrée un peu timide (si l'on oublie American Horror Story), une série Australienne qui sait se démarquer des autres.
J'aime :
- Jonathan LaPaglia remarquable
- la réalisation très fluide qui offre avec Connie quelques scènes superbes
- le concept judicieux et plutôt prenant
- un show singulier et unique, typiquement Australien par sa diversité
Je n'aime pas :
- pour l'instant, rien
Note : 16 / 20
Un très bon démarrage pour The Slap qui s'impose d'entrée comme une série chorale portée par une réalisation et des comédiens impeccables. Ce premier acte aura réussi avec beaucoup d'adresse à poser l'univers du show, dressant le portrait d'un ensemble de personnages qui vont évoluer à partir du point central du show, à savoir ce geste tabou qu'est une claque.
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sephja -
favorable
Une réunion de famille digne d'un film de Mike Leigh pour Hector qui célèbre ses quarante ans. C'est bien joué, ...
louna69 -
favorable
La critique de sephja m'a poussée à essayé et franchement j'ai juste adoré!
La montée de tension, les alternances ...
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- 16 par louna69 - Rédacteur
- 16 par sephja - Rédacteur


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Juste histoire de pinailler, quand tu écris comme titre de paragraphe "Une femme de famille à laquelle on est invité ", tu voulais dire "fête de famille" non ?
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Excellente critique de ta part sephja, tout est analysé à la perfection. Le seul reproche que je pourrai faire c'est que c'est super objectif, voir trop pour moi. je serai bien curieux de savoir ton avis sur cette claque, de quel côté tu te mettrais. Par exemple j'ai vraiment du mal à comprendre certaines réactions comme celle de Connie... J'ai demandé à ma copine de regarder ce pilote car j'ai vraiment envie de parler avec elle de cette scène. Vraiment c'est très fort de pousser à une telle réflexion avec une seule scène qui peut sembler banale.
Enfin bon je chipotte, ta critique est tout de même géniale !
"à l'exception d'Hector qui trouve l'évènement assez anodin. " Je rajouterai même que pour ma part il a la réaction la plus cohérente et la moins disproportionnée...
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#12
Même construction, même mimique, même fond oppressant .
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#14