Critique : Chilling Adventures of Sabrina 1.01

Le 06 December 2018 à 19:31  |  ~ 4 minutes de lecture
Pas frissonnant, ni vraiment aventureux, Sabrina la sorcière parvient quand même à délivrer quelques beaux sortilèges.
Par Koss

Critique : Chilling Adventures of Sabrina 1.01

~ 4 minutes de lecture
Pas frissonnant, ni vraiment aventureux, Sabrina la sorcière parvient quand même à délivrer quelques beaux sortilèges.
Par Koss

Le titre est doublement mensonger. Chiling Adventures of Sabrina n’a vraiment rien de frissonnant : quelques banals jump scares, des araignées un peu partout et un épouvantail CGI moche dans un labyrinthe. Que des poncifs de l’horreur mis bout à bout sans grande cohérence, ni création d’effroi. Pour une série sortie à la période d’Halloween, Sabrina en a seulement les atours marketing. Il ne s’agit pas non plus d’aventures au sens premier du terme. Notre héroïne vit avec ses tantes, a un petit ami, de bonnes copines et va au lycée. Rien d’aventureux là-dedans, mais c’est justement là que la série tire sa force.

 

Sabrina

 

 

The (Almost) Boring Adventure of Sabrina

 

Apparue en 1962 dans un comic book, Sabrina la sorcière possède la faculté, comme l’ensemble des bandes américaines, d’être adaptable en fonction de la vision de son créateur ou sa créatrice. C’est une glaise sur laquelle chacun peut modeler le show à son envie. Cela peut donner une sitcom légère ou aboutir sur le teen show qui copie un par un les codes de la CW. Et pour cause, le producteur est le même : l’affreux Greg Berlanti responsable du saccage de Flash, Arrow, Supergirl et bientôt Batwoman (on a hâte !). La recette reste également identique : acteurs mannequins, effets spéciaux à la rue et réalisation poussive. On notera sur ce point l’unique effort de mise en scène qui consiste à flouter les bords des cadres dès qu’il y a une scène étrange ou magique. C’est totalement laid et cela nuit la plupart du temps à la lisibilité du cadre. D’ailleurs, beaucoup de spectateurs ont cru que l’erreur venait de Netflix et s’en sont plaint. Cela démontre en tout état de cause une absence totale d’inventivité de la part du réalisateur. Dans le même ordre d’idée, l’animation CGI de l’épouvantail est particulièrement ratée. Bref, la série ne brille pas par son inventivité, ni par sa mise en scène. Alors que reste-t-il ? Les nouvelles aventures de Sabrina fait de sa faiblesse, sa plus grande force : oui, il ne se passe pas grand-chose dans la vie de Sabrina, et c’est justement ça qui attire l’attention.

 

Sabrina

 

 

 The Political Adventure of Sabrina


Si toute la partie magie n’est, pour l’instant, pas très intéressante, sa vie quotidienne d’adolescente l’est en revanche beaucoup plus. La jeune sorcière se voit ainsi confrontée à un mal très commun : le patriarcat. Le principal enjeu du pilote réside dans la création d’un club pour les lycéennes. Face à elles, le principal du lycée, George Hawthorn, conservateur blanc. Le trio d’amies, Sabrina, Roz et Susie, fonctionnent bien dans cet arc, surtout en comparaison du fade petit ami Harvey. Face à ce refus catégorique, Sabrina va être poussée à utiliser la magie à des fins politiques (et faire apparaître des araignées chez le principal pour le mettre hors fonction). Bien que la série ne soit pas entièrement datée (et même si beaucoup d’indices pointent dans la direction des années 80), elle soulève des problématiques sociales contemporaines. Confrontée à l’injustice, la magie est donc la seule solution trouvée et viable. Ce qui, quand on y pense, est quand même assez déprimant.

 

Pas dénuée d’intérêt, Les nouvelles aventures de Sabrina ne convainc qu’à moitié. Et malgré un propos politique, on a du mal à percevoir la part de sincérité dans ce discours un peu opportuniste. Cela dit, les acteurs et les décors donnent à voir un bel écrin qui ne demandent qu’à délivrer un vrai discours. À ce stade du pilote, ce n’est malheureusement pas le cas.

 

J’ai aimé :

 

  • L’actrice principale.
  • Les personnages secondaires.
  • L’utilisation maligne de Salem le chat (non, il ne parle pas).
  • Les décors.

 

Je n’ai pas aimé :

 

  • Michelle Gomez, intéressante pendant trois minutes mais qui se rappelle malheureusement qu’elle a été embauchée pour surjouer.
  • Dans quelle époque sommes-nous ? La série se passe visiblement dans les années 80, mais tout le monde a un ordinateur portable.
  • La série ne fait absolument pas peur.

Ma note : 12/20

L'auteur

Commentaires

RasAlGhul
La critique que j'attendais :) Juste pour la précision, ce n'est pas Greg Berlanti le showrunner, mais Roberto Aguirre-Sacasa, celui de Riverdale ;)

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