Critique : Fairly Legal 2.03

Le 07 avril 2012 à 16:56  |  ~ 8 minutes de lecture
Un épisode très classique en apparence, mais qui confirme la bonne orientation de ce début de saison.
Par sephja

Critique : Fairly Legal 2.03

~ 8 minutes de lecture
Un épisode très classique en apparence, mais qui confirme la bonne orientation de ce début de saison.
Par sephja

Faire son deuil et passer à autre chose 

Owen Maiken porte plainte contre le capitaine du navire où il a été victime d'un accident qui lui a coûté la main, mais celui-ci refuse un accord à cause d'un test sanguin prouvant que le jeune homme était sous l'emprise de la drogue au moment des faits. La médiation de Kate va prendre alors une tournure dramatique avec l'impossibilité de faire dialoguer les deux partis, le père refusant de dialoguer avec son fils. Pendant ce temps, Lauren plaide pour une affaire d'héritage et se retrouve face au juge Nicastro, un ami proche de son défunt mari.

 

Résumé de la critique 

Un épisode très réussi que l'on peut détailler ainsi :

  •  une intrigue dynamique et efficace  
  •  une histoire qui fait le lien entre la saison un et la saison deux 
  •  la storyline de Lauren vraiment réussie 
  •  une saison deux qui tient toutes ses promesses

 

 

La quête du parfait divertissement 

Après quelques tâtonnements du début de saison, cet épisode peut être vu comme le premier de la fin de l'ère Sardo, affichant toutes les ambitions de l'équipe créative. Si les intrigues de l'année dernière laissant fréquemment un sentiment de remplissage et de stagnation, cet épisode de Fairly Legal possède une richesse et un dynamisme totalement à l'opposé, marquant un premier pas dans la conclusion du processus de deuil de Kate et Lauren. Moins conflictuelle, les deux femmes deviennent le moteur d'une série qui recherche la formule du parfait divertissement et s'en approche peu à peu.

Difficile de résumer un épisode aussi riche tant il se passe d'évènements différents, les scénaristes cherchant à exploiter tous les personnages, évitant la faute de centrer trop l'intrigue sur Sarah Shahi. Privilégiant les duos, les auteurs profitent du savoir faire USA en la matière, confirmant le potentiel de l'association entre Kate et un Ryan Johnson parfait dans son rôle d'avocat opportuniste et vaniteux. Une association saugrenue en apparence, mais qui fonctionne particulièrement bien, offrant l'occasion à Kate de montrer clairement les causes de son mépris pour les avocats.

Très maîtrisé, ce scénario propose des prolongements intéressants pour chacun des personnages, évitant le piège du mélodrame en atténuant le happy-end grâce à une mise à distance réussie. Quasi irréprochable, cet épisode montre que le potentiel du show était bien réel, donnant un divertissement dynamique et intelligent, très bien rythmé et à la dernière scène simplement remarquable. A l'image des cheveux de Lauren, Fairly Legal se décoince et apparait comme un show capable de surprendre et d'émouvoir, sans perdre pour autant ce qui faisait le charme de l'ère Sardo.

 

La transition sans rupture 

Si un point est à souligner dans cette saison deux, c'est le remarquable travail des scénaristes pour intégrer des changements dans une apparente continuité. A la différence de série comme Breaking In qui se renie lors du changement d'équipe créative, Fairly Legal donne l'impression d'une réelle stabilité, avec une première scène très classique d'exposition entre Kate et le Juge Nicastro. Pendant sept minutes, le spectateur a l'impression d'assister à un épisode de la saison un tant les auteurs se placent volontairement dans une routine issue de la saison précédente.

Seulement, là où l'intrigue aurait reposé à cent pour cent sur Kate l'année passée, cette histoire va vite tirer profit des autres personnages pour donner du dynamisme aux différentes scènes. De ce point de vue, l'arrivée de Ben Grogan est un plus indéniable, même si la scène du bar est un peu trop longue avec une bagarre finale trop confuse. Au lieu de tout faire reposer sur un personnage, le show développe différents arcs, prend des risques et se montre vraiment généreux en contenu avec des scènes entre Lauren et le Juge Nicastro vraiment réussies.

Mais surtout, la série montre qu'elle possède la capacité de révéler certains aspects sous exploités lors de la saison un, refusant la rupture au profit d'une meilleure exploitation de cet univers. Une évolution dans le bon sens qui donne une énergie positive à la série et confirme l'intelligente stratégie de la chaîne d'avoir laissé le temps aux auteurs de peaufiner cette saison deux pour l'instant réussie. Avec une certaine finesse, Fairly Legal mise sur la qualité des comédiens pour donner du sens à certains dialogues, en particulier concernant le personnage de Virginia Williams.

 

 

Lauren, comme un symbole de la nécessité du changement 

Si un personnage profite de la fin de l'ère Sardo, c'est clairement Lauren Reed qui sort d'un rôle très secondaire de femme coincée, incapable de s'arracher à l'ombre de son mari pour laisser enfin parler ses sentiments. Un potentiel qui était resté inexploité la saison dernière, la faute à des scénaristes qui limitaient l'intrigue à la seule Sarah Shahi, le reste n'occupant qu'une place très secondaire. Seulement, le temps du deuil est désormais fini, message que les séquences entre le juge et Lauren vont parfaitement faire passer, Gerald Mc Raney remplissant à merveille son rôle de confesseur involontaire.

La série avance sans vaciller sur ses bases, sortant les deux héritières de Reed and Reed d'une rivalité qui n'avait plus vraiment de raison d'être. La séquence où l'avocate comprend que sa plaidoirie cache un besoin inconscient de refuser le deuil de son époux est une indéniable réussite, marquant la possibilité intéressante d'un nouveau départ. A l'opposé, Kate continue de se battre perpétuellement contre vent et marées, cherchant à résoudre les conflits des autres pour oublier ce décès auquel elle n'ose pas encore faire face, incapable comme Lauren de prendre un nouveau départ.

La séquence finale entre elle et le juge est intéressante tant elle montre combien Kate cherche encore l'assentiment des proches de son père, comme si elle ne pouvait se satisfaire d'une simple victoire comme Ben. Cherchant à faire émerger le bon côté des personnes, Kate a besoin de croire en cette touche humanité qui permet de pardonner et de trouver des arrangements bénéfiques à tous. L'inverse de la loi qui définit les règles du bien commun et permet de statuer avec l'illusion de l'objectivité là où le dialogue est devenu impossible tant la souffrance et le ressentiment ont coupé cette capacité à accorder le pardon.

 

Une reprise en main réussie

Finalement, cet épisode représente le bon exemple de ce que doit être de Fairly Legal, misant sur l'humanité des personnages au détriment d'une procédure impuissante à résoudre un conflit, à la recherche de la possibilité d'un accord parfait. Sortant du lot des séries judiciaires, la série apparaît comme un remède à un regard cynique qui voit dans la loi un refuge permettant de ne pas prendre en compte la nature originale et forcément unique de chaque conflit. Dommage que la scène du bar, amusante au premier abord, ne parvienne pas à se conclure correctement, seule fausse note regrettable de l'épisode.

En conclusion, un épisode réussi grâce à des scènes qui mettent parfaitement en valeur les interprètes avec un duo Sarah Shahi - Ryan Johnson convaincant. En abandonnant son costume de super-héroïne, Kate laisse apparaître une fragilité intéressante qu'elle partage avec Lauren, l'ex-femme de Teddy profitant de très bons dialogues avec Gerald Mc Raney. Toujours dans la continuité du travail de Michael Sardo, Joanna Johnson nous offre une scénario malin et très maîtrisé qui rentre parfaitement dans le cahier des charges du divertissement idéal.

 

J'aime : 

  •  le duo Sarah Shahi - Ryan Johnson 
  •  les scènes entre Lauren et le juge Nicastro 
  •  le scénario très bien maîtrisé 
  •  les six dernières minutes formidables 

 

Je n'aime pas : 

  •  la scène du bar aurait pu être meilleure 

 

Note : 14 / 20

Après une première saison inégale et un peu pauvre en mythologie, Fairly Legal réussit parfaitement la transition de l'ère Sardo à celle de l'équipe de Peter Ocko. Un divertissement plaisant et malin, offrant cinq dernières minutes d'une qualité remarquable, marquant une volonté forte de faire évoluer les personnages.  

L'auteur

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