Critique : Last Man Standing 1.01

Le 22 octobre 2011 à 11:34  |  ~ 6 minutes de lecture
Une sitcom familiale très classique qui fournit ce que l'on attend d'elle, ni plus ni moins.
Par sephja

Critique : Last Man Standing 1.01

~ 6 minutes de lecture
Une sitcom familiale très classique qui fournit ce que l'on attend d'elle, ni plus ni moins.
Par sephja

Daddy's home 

Mike Baxter est un baroudeur, directeur marketing pour un magasin spécialisé dans les pratiques sportives en extérieur pour hommes et qui gagne sa vie en faisant des voyages pour prendre des photos de la nature la plus sauvage. C'est en revenant d'un voyage en Alaska qu'il apprend que son emploi lui est provisoirement retiré, son patron le chargeant de relancer le site Web du magasin. L'occasion pour cet homme à l'ancienne de s'occuper de ses trois filles et de reprendre le contact avec un monde moderne dont il ne fait plus vraiment parti.

 

Résumé de la critique :

Un épisode correct que l'on peut détailler ainsi :

  •  un sitcom à l'ancienne qui joue sur ce décalage 
  •  des filles plutôt clichées et pas trop attachantes 
  •  le retour à la sitcom de Tim Allen
  •  un faux show républicain qui s'en amuse 

 

 

Old School Comedy 

Si cette rentrée a couvert tous les types, du soap au thriller, aucune série n'avait misé autant sur la nostalgie que Last Man Standing, un sitcom familiale à l'ancienne, avec canapé face au public et tous les clichés habituels du genre. La photo ci-dessus donne tout de suite le ton, le show jouant dans la même catégorie que le Cosby Show, avec une vision de la famille forte et un sens des valeurs indéniable. Dès la première scène, on comprend que la série va fonctionner sur le décalage entre la philosophie de la vie de Mike et cette nouvelle génération qui ne partage pas ses valeurs.

Du mépris face à Internet aux références culturelles décalées, l'humour est basé sur une dynamique incompréhension - réaction inapproprié qui a fait ses preuves depuis longtemps. Pas de surprise, l'apparition des filles venant combler les intervalles pour maintenir le rythme d'un scénario qui s'efforce de construire une figure paternelle archaïque et en rupture avec le monde moderne. Vite, on se remémore l'horrible "Shit, My Dad Says" avant de voir que la dynamique comique est bien meilleure, en particulier grâce à quelques gags plutôt justes.

 

Des personnages secondaires décevants

Une fois passé le choc de découvrir un tel show au vingt et unième siècle, la série prouve qu'elle possède un certain de l'autodérision qui rend le visionnage confortable. Loin de chercher le conflit générationnel, Last Man Standing raconte l'histoire d'une génération qui atteint la cinquantaine et est encore coincée dans le siècle précédent, essayant de lutter pour rester à flots tout en se ridiculisant à l'occasion. Entre Mike et Ed, la série tient un duo plutôt attachant, surtout grâce au talent de Hector Helizondo parfait dans un rôle de patron vraiment convaincant.

Hélas, le trio de filles se montre bien moins intéressant, regroupant tous les clichés classiques de la comédie allant de la superficielle hystérique à la sportive complexée. Celle-ci est la première à nous être présentée et sûrement la plus attachante grâce à un vrai humour pince sans rire et la qualité d'interprétation de Kaitlyn Dever. Les deux autres vont se montre bien moins intéressantes, de la jeune mère célibataire (Mandy, trop prévisible) à la fille hystérique et particulièrement agaçante (Kirstin joué par une Alexandra Krosney qui en fait des tonnes).

En personnage comique, le jeune Kyle, ahuri bienheureux, est de loin le plus intéressant par son style lunaire et une certaine inconscience plutôt amusante.

 

 

Tim Allen en plein retour aux sources

En offrant un rôle de baroudeur à Tim Allen, la série voulait jouer avec le retour aux origines que représente ce show pour le comédien après plus de deux cent épisodes de "Home Improvement". Son personnage ne s'éloigne pas vraiment du rôle qui a fait son succès, à savoir un faux macho à la fois moralisateur et en contradiction perpétuel avec ses propres propos. Si Mike pense incarner la sagesse, ses conseils ont tendance à se contredire fréquemment, offrant quelques répliques comiques intéressantes aux trois filles pour le tourner en dérision.

Seul l'épouse joue sur le terrain du sérieux, héritant du rôle de faire valoir chargée de contenir le côté trop nature et spontané de son mari. Là aussi, la série retrouve la dynamique de "Papa Bricole", offrant à sa vedette les meilleures répliques aux détriments des autres qui doivent se satisfaire des restes. Certains éléments ne collent d'ailleurs pas vraiment comme la première scène mal pensée et le discours sur Internet qui sonne vraiment faux. En fait, Last Man Standing devient rarement déplaisante, mais ne parvient jamais à décoller malgré une bonne dynamique dans les dialogues.

 

Un faux show républicain 

Mike Baxter est un self made man, un père de famille qui revendique un idéal à l'apparence républicaine, traditionaliste et opposé aux nouvelles technologies de communication. Avec son aspect vieillot et hyper conformiste, le show possède une identité assez trouble et joue sur ce point en proposant un discours qui passe fréquemment avec Mike d'une idéologie à l'autre, en fonction de la fille à laquelle il s'adresse. Conçu pour fournir un divertissement familial très calibré, Last Man Standing sait se montrer ambigu si nécessaire, surtout dans la manière dont la virilité est fréquemment raillée.

En conclusion, un sitcom familiale très classique, à première vue sans surprise qui évoque assez naturellement Home Improvement par certains aspects de son fonctionnement. Assumant sa ringardise pour mieux s'en moquer, la série tente de lier les générations avec un succès discutable, la faute aux personnalités trop clichés des trois filles. Heureusement, le duo Tim Allen - Hector Helizondo se montre assez convaincant pour croire à la pérennité d'une telle comédie, premier pas possible vers une résurgence de ce type de programme.

 

J'aime : 

  •  une sitcom familiale dans la plus grande tradition 
  •  des dialogues rythmés 
  •  Tim Allen plutôt convaincant 

 

Je n'aime pas : 

  •  la scène d'introduction ridicule 
  •  les trois filles peu convaincantes 
  •  un show très formaté et prévisible 
  •  une intrigue pas très inspirée

 

Note : 11 / 20 

Le retour d'un sitcom façon "Papa Bricole" avec Tim Allen dans le rôle d'un baroudeur obligé de rester chez lui pour veiller sur trois filles qu'il ne connaît pas vraiment. Entre mauvais conseils et déphasage complet devant le monde moderne, Last Man Standing réserve quelques bons gags et intéressera les nostalgiques des séries familiales d'antan façon Bill Cosby.

L'auteur

Commentaires

Pas de commentaires pour l'instant...

Derniers articles sur la saison

Aucun article similaire.