Critique : White Collar 3.13

Le 03 février 2012 à 07:53  |  ~ 7 minutes de lecture
Un épisode divertissant qui offre le premier rôle à Elisabeth dans une amusante histoire de voisinage.
Par sephja

Critique : White Collar 3.13

~ 7 minutes de lecture
Un épisode divertissant qui offre le premier rôle à Elisabeth dans une amusante histoire de voisinage.
Par sephja

Mrs Suits 

Peter amène un scanner de la police chez lui et oublie de l'éteindre, laissant l'occasion à Elisabeth d'écouter chez ses voisins les conversations téléphoniques. Elle surprend alors un dialogue étrange annonçant un vol à venir à un lieu et une date précise, la poussant à prévenir Peter de la possibilité de cette effraction. Seulement, une fois sur place, aucune effraction n'a lieu, Burke et Caffrey reliant cette paranoïa au traumatisme de l'affaire Keller, poussant El à demander l'aide de Mozzie pour mener l'enquête.

 

Résumé de la critique 

Un épisode amusant que l'on peut détailler ainsi : 

  •  un démarrage poussif pour une intrigue originale
  •  l'interconnexion entre les personnages 
  •  les problèmes mythologiques de la série
  •  un final peu convaincant pour un bon divertissement

 

 

Une intrigue originale 

N'ayant plus vraiment de mythologie sur laquelle se reposer, White Collar joue le jeu de l'originalité en se concentrant sur un personnage moyennement exploité jusqu'ici, à savoir Elisabeth Burke. Seulement, le fait de la mettre en avant va obliger les auteurs à sortir de leur routine habituelle du show pour mettre en place l'intrigue, sachant que Peter refuserait qu'elle joue les enquêtrices de choc. L'excuse du scanner est un peu énorme et marque d'entrée l'ambition limitée d'un épisode qui cherche avant tout à divertir et va y parvenir avec efficacité. 

Tiffany Thiessen joue donc les premiers rôles, mais doit se trouver un associé capable de lui venir en aide, sachant que l'option Neal n'est pas du tout envisageable après l'affaire Keller. Les auteurs se rabattent logiquement sur Mozzie, Willie Garson possédant un passif avec la femme de Burke qui permet de lancer pour de bon cette histoire sur fond de mauvais voisinage. Pour incarner ce couple dangereux, le show s'appuie sur deux guests particulièrement convaincantes avec Joe Manganiello de True Blood et Lola Glaudini de Person Unknown. 

Un épisode qui sort de la routine et qui, malgré quelques maladresses dans l'introduction et la conclusion, confirme la qualité des personnages secondaires de la série. Au centre de toutes les intrigues, l'épouse de Peter est imprévisible et plutôt attachante, suffisamment pour masquer les ficelles énormes d'un scénario certes original, mais au déroulement assez prévisible. 

 

La grande famille White Collar

Si certaines séries rangent les personnages dans des cases précises, en opposant par exemple les univers du héros et du comparse, les créateurs du show aura eu la bonne idée de concevoir son univers comme une grande famille. Ainsi, Mozzie et Elisabeth forme un duo parfaitement crédible et dynamique, permettant de justifier que Peter soit tenu au secret pendant une moitié d'épisode. La scène du repas est le moment-clé de l'épisode, tant les ficelles un peu grosses génèrent un certain malaise que le talent des comédiens parvient à mettre sous silence. 

La scène n'aurait pas pu fonctionner sans la performance impeccable de Tim DeKay, confondant de naturel qui permet de croire que les suspects soient dupes du petit jeu d'Elisabeth. Le retour de Peter dans l'affaire ramènera alors le show dans une routine plus classique où Neal va reprendre la main, assurant un deuxième acte simple et efficace avant un final qui revient sur le duo Mozzie - Mrs Suits. Toujours au bord de perdre toute crédibilité, l'épisode tient avant tout grâce à la force de conviction des interprètes, avant de sombrer un peu dans un final inutilement alambiqué. 

Si l'histoire n'apporte pas grand-chose à se mettre sous la dent, c'est le naturel des acteurs et la bonne humeur communicative qui fait tenir cet épisode franchement bancal. Une preuve que la série a su garder un enthousiasme suffisant pour faire croire à cette histoire qui offre à Elisabeth le premier rôle, laquelle s'amuse visiblement beaucoup à jouer les détectives d'un jour.

 

 

Une mythologie autour de l'attachement et la fidélité 

Sans le trésor, la question de la loyauté de Caffrey se pose, celui-ci ayant un talent tout particulier pour brouiller les cartes et se faire passer pour ce qu'il n'est pas. En effet, sa libération va entraîner une remise en cause de son orientation future, les auteurs essayant d'installer un doute concernant ses motivations à continuer son travail avec le FBI. Le problème de cette idée est qu'il n'y a plus de trésor pour le pousser dans l'autre direction, si bien que ce choix devient celui de la liberté ou de la routine, racontant l'histoire d'un homme qui en a assez de courir. 

Seulement, cette évolution est dangereuse car l'esprit d'initiative et le côté électron libre de Neal est un des éléments centraux de White Collar, obligeant les auteurs à tester la confiance de Peter. Seulement, en utilisant à plusieurs reprises Elisabeth et en la faisant se mettre en danger, les auteurs cherchent clairement à pousser Burke à bout, pour des raisons encore assez confuses. Il reste trois épisodes et le show doit affronter un de ses plus grands défis, à savoir parvenir à évoluer sans remettre en cause la nature première de Caffrey.

Au final, le libérer peut se révéler être une bonne idée, si elle est associée à une volonté claire et précise des auteurs de donner une vraie motivation à Neal qui dépasse le cadre de la fraternité pure et simple. White Collar repose après tout sur l'hésitation concernant Neal, tandis que celui-ci apparaît à la fois comme indispensable et comme une menace par sa tendance à l'irresponsabilité.

 

Un final assez moyen 

Malgré le charme de l'association Elisabeth - Mozzie, le final est clairement peu réussi, la faute à une mise en scène peu inspirée et quelques choix regrettables. L'occasion de voir que la série aura vraiment joué avec le feu avec cet épisode, même si l'interprétation de Tiffany Thiessen enthousiaste permet de voiler les fautes de timing de ce dernier acte. Un épisode qui aura permis d'utiliser des personnages habituellement délaissés, prise de risque payante du point de vue divertissement en offrant quelques scènes particulièrement amusantes.

En conclusion, un épisode centré sur Elisabeth qui a le mérite de sortir les personnages de leur routine et de fournir un divertissement plutôt plaisant. Malgré tout, le scénario est loin d'être exempt de tout reproche, avec quelques passages où la crédibilité de toute cette histoire est fortement remise en cause. Heureusement, les comédiens tiennent l'intrigue à bout de bras, avec en particulier un duo Mozzie - Elisabeth toujours irrésistible qui donne tout son charme à cette petite parenthèse avant un final encore nébuleux.

 

J'aime : 

  •  le duo Willie Garson - Tiffani Thiessen 
  •  l'idée assez originale 
  •  la performance générale des comédiens 

 

Je n'aime pas : 

  •  le final tiré par les cheveux 
  •  l'intrigue assez peu crédible à plusieurs reprises 

 

Note : 12 / 20

Un épisode original centré sur Elisabeth qui a le mérite de sortir le show de sa routine, offrant une histoire de voisinage qui vaut avant tout par la qualité de ses comédiens. Dommage par contre que l'histoire souffre d'un vrai problème de crédibilité, offrant un démarrage et un final assez poussif sans nuire à la qualité d'ensemble de ce divertissement.

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