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Easy : des parcelles de vie à Chicago




Cette semaine sur Netflix, on regarde la vie des gens passer, comme ça, dans la ville de Chicago.


Easy
Genre :
Comédie dramatique
Série américaine
Année : 2016
Format : 25 min
Netflix

Après nombre de séries dramatiques qui connurent à la fois un succès critique et « commercial », Netflix décida de s’orienter davantage vers la comédie. Pour le moment, de mon expériece personnelle, je suis davantage mi-figue que mi-raisin – oui, cette dernière phrase ne voulait pas dire grand-chose. Mais je n'aime pas les figues.

Dans l’ordre, j’ai fait Love, Flaked et Master of None. Plus ou moins toutes se ressemblent dans leur forme, à savoir au niveau de la recherche des plans, du cadrage ou encore de la musique. Le fond se retrouve en revanche bien différent, lorsqu'on passe d’une série à une autre. Des trois, seule Master of None m’a réellement convaincu, Aziz Ansari et Alan Yang offrant un panorama doux, acide et vrai sur ce que signifie être un acteur d’origine asiatique à New York. Love s’engouffre quant à elle dans les clichés sexistes du monde de Judd Appatow – producteur de la série –, jusqu’à en devenir malsaine. Du côté de Flaked, on verse dans le côté bobo-hipster de la force, avec une série qui n’a absoluement rien d’original à raconter.

 

Logo de la série

 

De fait, je n’étais pas très motivé à me lancer dans l’aventure Easy. Création de Joe Swanberg, un spécialiste des films indépendants américains et de la tendance « mumblecore » – des films où cohabitent petit budget et discussions ethno-philisophiques sur le monde qui nous entoure –, la série propose de nous raconter les aventures amoureuses, émotionnelles et souvent sexuelles de personnages vivant à Chicago. Bien que je ne sois pas le plus fan des comédies Netflix, le format « anthologie », ainsi que le nombre sacré de huit épisodes – tel que Stranger Things ou The Night Of, deux des réussites de l’été –, laissaient présager une bonne surprise. Au sortir du visionnage complet, on retrouve une œuvre logiquement inégale, mais qui possède de bons moments. Passons au bilan !

 

PS de début d’article : les épisodes étant inégaux et ne possédant pas réellement de liens logiques entre eux, je vais faire une petite critique individuelle de chacun des huit, si vous souhaitez avoir une opinion sur ceux qui valent le coup à mes yeux avant de passer à un bilan plus global de la série. Ah et je le précise : bilan garanti sans spoiler !

 

 

 

Épisode 1 : The F**king Study

 

C’est l’heure du goûter : Kyle et Andi sont mariés depuis longtemps et peinent à sortir de leur routine. Après avoir entendu parler d’une étude sur l’impact des rôle genrés normatifs dans la vie sexuelle d’un couple, ils vont profiter de l’absence de leurs enfants, un soir d’Halloween, pour pimenter à nouveau leurs ébats.

Comme assez souvent chez Netflix – même si ses comédies en souffrent encore plus –, le pilote n’est jamais très bon. Malgré le fait qu’il ne soit pas réellement un pilote, vu que chaque épisode fonctionne indépendamment du reste, The F**king Study représente l’un des épisodes les moins réussis de la saison. Racontant l’histoire d’un couple marié et bien installé dans sa routine, il peine à totalement captiver. Cela n’aide évidemment pas que ce type de récit ait déjà été raconté un milliard de fois. Les interprétations de Michel Chernus (le frère de Piper dans Orange Is the New Black) et Elizabeth Reaser (la copine folle d’Alex dans Grey’s Anatomy) se révèlent néanmoins sympathiques, le jeu de rôle dans lequel les deux époux se lancent n’est pas non plus dénué de drôlerie, mais c’est à peu près tout ce que l’on peut retirer de cette intrigue. En outre, on ne voit pas du tout la ville de Chicago dans cet épisode, ce qui représente un point négatif.

 

Ma note : 11/20.

 

 

Épisode 2 : Vegan Cinderella

 

C’est l’heure du goûter : Chase rencontre Jo lors d’un concert : c’est le coup de foudre. Découvrant que sa nouvelle amoureuse est vegan, la jeune femme va essayer de quitter ses vieilles habitudes.

 

Chase et Jo

 

Le pitch est très simple, l’idée derrière également – la différence entre la personne que l’on souhaite être et celle que l’on est réellement –, ce qui n’empêche pas Vegan Cinderella d’être un joli épisode. Chase (Kiersey Clemons) offre le premier véritable point d’entrée dans la ville de Chicago, que l’on découvre au fur et à mesure des balades en vélo de la jeune femme. Elle veut en effet changer totalement ses habitudes, de façon à mieux plaire à Jo (Jacqueline Toboni), sa nouvelle copine activiste et vegan. On retrouve dans l’épisode beaucoup de discussions qui prennent de plus en plus de place aujourd’hui – la place des femmes dans la société, le soutien de l’environnement et la maltraitance animale –, sans manichéisme aucun, juste au travers du personnage de Jo. De fait, l’ambiance autour de Vegan Cinderella est douce, accueillante, tranchant énormément avec la quasi-totalité des autres intrigues proposées par Easy.

 

Ma note : 14/20.

 

 

Épisode 3 : Brewery Brothers

 

C’est l’heure du goûter : Matt a un job qu’il déteste, un bébé qui va bientôt arriver et une femme qu’il pense devoir soutenir coûte que coûte ; Jeff a un job qu’il adore, pas de responsabilités dans la vie et une copine qui pense comme lui. Ensemble, les deux frères veulent ouvrir une brasserie illégale dans leur garage.

Brewery Brothers se révèle sympathique, notamment grâce à l’interprétation de Dave Franco (Jeff). On croit tout de suite aux différentes envies du personnage, à son enthousiasme et à sa joie de vivre qui irradie à l’écran. Le constat est fort en comparaison de Matt (Evan Jonigkeit), qui se révèle de bout en bout lâche et incapable d’assumer ses prises de position. Cela va l’amener à une dispute inévitable avec sa femme Sherri (Aya Cash, dans un registre bien différent que celui de You’re the Worst), enceinte de leur premier enfant. De leur côté, Jeff et Noelle (Zazie Beetz) profitent de leur vie sans se poser de questions. Ce qui rend Brewry Brothers très sympathique est le charisme de ses acteurs, et l’alchimie qui se dégage des différentes discussions qu’ils ont entre eux. On a l’impression d’assister à de véritables discussions de famille. Contrat réussi, et encore bravo à Dave Franco. Si, comme moi, vous ne l’appréciez pas franchement avant de vous lancer dans cette série, il va vous faire changer d’avis !

 

Ma note : 13/20.

 


Épisode 4 : Controlada

 

C’est l’heure du goûter : Bernie et Gabi sont un couple rangé. Alors qu’ils décident d’achter un canapé-lit pour meubler leur nouvel appartement, une figure de leur passé revient dans leur vie.

Un épisode de série centré autour d’un canapé-lit. Non, ce n’est pas la nouvelle idée pour une sitcom de Chuck Lorre en grosse perte de vitesse créative que je décris là, mais bel est bien le pitch de Controlada. Le retour de Martin (Mauricio Ochmann), figure trouble du passé de Gabi, s’ancre également dans cette recherche de l’originalité absolue. Deux points positifs dans cet épisode : le fait qu’il soit entièrement tourné en espagnol, rajoutant une dimension réelle au couple formé par Bernie (Raul Castillo) et Gabi (Aislinn Derbez), et qu’il nous permette de découvrir un peu plus Chicago. C’est malheureusement les seules choses réelles qui émanent de cet épisode : tout paraît forcé de façon à poursuivre l’intrigue. Entre un Bernie ennuyeux à mourir et qui – comme le remarque Gabi – se révèle caricatural dans sa façon de se comporter, une Gabi qui n’arrive ni à intéresser, ni à émouvoir et un Martin cliché des plus gros clichés des playboys sans vergogne, on ne ressent aucune empathie pour les personnages. Si on rajoute à cela des dialogues qui ne servent finalement pas à grand-chose, on a là un épisode raté.

 

Ma note : 10/20.

 

 

Épisode 5 : Art and Life

 

C’est l’heure du goûter : Jacob Malco est un écrivain graphiste, qui tire tous ses romans de son expérience personnelle, sans jamais se remettre en question. Il rencontre Allison, étudiante en art, lors d’une soirée, et sa perception des choses s’en voit bouleversée.

 

Jacob et Allison

 

Je ne m’attendais pas à ce qu’un épisode aussi hipster et avec Emily Rajtakowski soit l’un de mes préférés, mais comme quoi, il est bon de casser les préjugés que l’on a. Art and Life, malgré ses contours très vains, offre un vrai choc des générations entre Jacob (Marc Maron) et Allison (Emily Rajtakowski), ainsi qu’une réflexion sur l’art et les conséquences qui en découlent pour des personnes extérieures. L’alchimie entre les deux acteurs est palpable, et la très sympathique Annabelle (Jane Adams) fait là sa première apparition. Trop souvent dans les séries parlant d’écrivains (coucou You’re the Worst), ces derniers ne sont jamais remis en place et continuent leur délire pompeux et centré sur eux-mêmes. Ici, le changement de ton est rafraîchissant, et c’est ce qui fait le charme de cet épisode sur lequel je n’aurais pas franchement parié au départ.

 

Ma note : 15/20.

 


Épisode 6 : Utopia

 

C’est l’heure du goûter : Lucy et Tom sont un couple marié, avec un enfant. Ils s’aiment et ne pourraient être plus heureux. En discutant chacun de leur côté, ils apprennent l’existence de Tinder, l’application pour rencontre next-gen. Ils décident alors de créer un profil pour tenter de réaliser un plan à trois.

 

Tom, rejoignant Lucy et Annie

 

Utopia n’est pas forcément l’épisode le plus réussi ou le plus profond d’Easy. C’est en revanche le plus sympathique, et ce de très loin. Orlando Bloom, Malin Akerman et Kate Minucci (Annie) possèdent une alchimie qui rend chaque discussion qu’ils ont réelle, sans artifice aucun. L’incompréhension d’un couple marié devant Tinder, la gêne occasionnée par la décision de faire un plan à trois, l’alcool, tout paraît réel, ce qui tranche avec le titre de l’épisode. Je n’ai pas grand-chose à dire sur Utopia, puisqu’il consiste dans la moitié de son intégralité à des scènes de sexe. Néanmoins, on peut remarquer le traditionnel puritanisme américain, mais je vous laisse trouver à quel moment de l’épisode il se trouve. Ce très léger défaut mis à part, on est là face à un épisode très plaisant à suivre, l’humour prenant une grande place dans l’histoire.

 

Ma note : 16/20.

 


Épisode 7: Chemistry Read

 

C’est l’heure du goûter : Sophie est une actrice qui cherche son premier grand rôle. En pleine période de séparation avec son petit-ami, elle se voit offrir un rôle qui pourrait changer sa vie.

Clairement le plus mauvais épisode de la série ; pendant vingt-cinq minutes c’est simple : rien ne se passe. L’héroïne principale n’arrive pas à être engageante, et l’épisode stagne en même temps qu’elle. Le personne interprété par Jake Johnson (Nick dans New Girl) n’est rien de plus qu’un paillasson doté de parole. Seul le personnage joué par Jane Adams réussit à émouvoir un petit peu, apparaissant à nouveau après son passage au sein d’Art and Life. Là se trouve le plus gros défaut de cette anthologie : puisqu’elle fait que nous montrer ce qui se passe dans la vie de ses personnages, sans jamais commencer par essayer de comprendre la manière dont ils la vivent, la série n’est que contemplative. Dès lors, si elle ne réussit pas à intéresser, on passe vingt-cinq minutes devant du rien. Pour un épisode nommé Chemistry Road, celui-ci en manque d'ailleurs cruellement.

 

Ma note: 8/20.

 

 

Épisode 8 : Hop Dreams

 

C’est l’heure du goûter : On retrouve Matt et Jeff alors que leur brasserie fonctionne bien. Un reporter s’approche des deux frères, et pourraient mettre en péril l’entreprise des deux hommes.

Suite de Brewery Brothers, Hop Dreams est bien plus doux-amer que son prédécesseur. Pour la première – et seule fois – dans Easy, Joe Swanberg ne cherche pas seulement à nous montrer ce qu’il se passe. Il décide en effet de creuser un peu une histoire qu’il a déjà développée, pour nous montrer le passage difficile à l’âge adulte, le moment où l’on doit faire face à nos responsabilités. Dave Franco est toujours aussi engageant, même lorsque son personnage perd de sa fraîcheur naturelle. Le problème de cet épisode est qu’il se met davantage en phase avec Matt, qui n’est ni sympathique ni franchement intéressant. Du côté de Sherri et Noelle, on fait peu ou prou le même constat : dans le passage à l’âge adulte, il semble que le fun soit parti en courant très vite. Je n’adhère pas vraiment à ce message – pas encore en tous les cas – et mon appréciation de l’épisode s’en est ressentie.

 

Ma note : 12/20.

 

 

Avis global sur la série

 

Easy est une série porte-manteau ; les épisodes ne possèdent pas réellement de lien logique – excepté Brewery Brothers et Hop Dreams. C’est dès lors normal qu’on y trouve à boire et à manger, et que toutes les histoires que l’on voit se dérouler à l’écran soient inégales devant nos yeux. Comme d’habitude chez Netflix, c’est bien filmé, agréable à regarder du point de vue de la forme et doté d’une bande-son discrète mais sympathique. Néanmoins, les discussions ne sont pas toutes intéressantes, et on peut très vite entrer dans le côté bobo-hipster de la force. De plus, on assiste seulement à des bouts de vie ; on ne sait rien de la vie des gens que l’on observe, on ne saura rien de leur vie une fois les vingt-cinq minutes d’épisode écoulées. Le parti pris est respectable et ambitieux, mais je trouve que les meilleurs épisodes sont ceux qui ont su mettre un peu de contexte à leur intrigue.

 

Jeff, des épisodes 3 et 8

 

Un autre défaut d’Easy est de s’obstiner à s’intéresser à la partie « montrer », mettant de côté la partie « comprendre ». On ne fait qu’observer, et c’est un procédé qui se révèle rapidement à double tranchant : si les acteurs ne sont pas engageants, si les dialogues ne sont pas bons, on se lasse très vite et on ne retire aucun plaisir du visionnage. C’est exactement le problème de la tendance « mumblecore », qui s’enfonce souvent dans son propre délire ethno-philosophique, sans jamais prendre conscience que ça peut tout simplement être nul.

Je suis assez négatif dans cet avis global, mais certains épisodes m’ont bien plu comme intrigue individuelle. Et puis de toute façon, je savais ce qui m’attendait en me lançant dans cette aventure. D’une certaine manière, je n'ai donc pas été déçu.

 

Easy peut difficilement être traitée comme une série, puisque chaque épisode relate une histoire différente. Néanmoins, si on les prend individuellement, on s’aperçoit qu’il y a autant de bonnes trouvailles que d’épisodes franchement moyens. Je ressors donc de l’aventure avec un sentiment mitigé, toujours pas convaincu du bienfait de la comédie Netflix.

 

Ma note globale : 12,375/20.




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A propos du rédacteur

RasAlGhul RasAlGhul
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896 notes
Moyenne : 13.46

 Visioneur raffiné

Lundi : Supergirl. Mardi : The Flash. Mercredi : Arrow. Jeudi : Legends of Tomorrow. Je vis un rêve éveillé sur la CW.

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