Focus sur Hello Ladies

Le 21 novembre 2013 à 20:35  |  ~ 8 minutes de lecture
HBO ne nous a livré qu’une seule nouveauté en cette rentrée de septembre 2013 : Hello Ladies. Si la quantité n’est pas au rendez vous, la qualité, elle, est bien présente !

Focus sur Hello Ladies

~ 8 minutes de lecture
HBO ne nous a livré qu’une seule nouveauté en cette rentrée de septembre 2013 : Hello Ladies. Si la quantité n’est pas au rendez vous, la qualité, elle, est bien présente !
Par alanparish

Hello Ladies a débuté sa première saison le 29 septembre sur HBO. Cette première saison comporte huit épisodes et s'est terminée le 17 novembre.

Ce focus ne contient pas de spoils.

 

Hello Ladies


Le one man show de Stephen Merchant

 

Hello Ladies est l’adaptation en série TV du stand up de Merchant portant le même nom. Merchant joue le rôle de Stuart Pritchard, le propriétaire d’une boîte de web design, cherchant désespérément l’amour dans les soirées arrosées de Los Angeles. Ses méthodes de drague ne semblent pas fonctionner, son caractère ne l’aidant pas spécialement dans sa démarche. Il vit en collocation avec Jessica, une actrice désirant créer sa propre web série.

On ne va pas se mentir, le scénario d’Hello Ladies n’a rien d’exceptionnel comme la majorité des sitcoms. En revanche, le personnage de Stuart est fascinant et hilarant. Stuart est un homme sûr de lui, ultra prétentieux et imbu de lui-même. Il est persuadé d’être un "tombeur" et désire à tout prix sortir avec un mannequin. Chaque épisode va nous présenter un énième échec dans sa conquête de l’amour de façon assez brutale voir cruelle. C’est là tout l’intérêt de ce personnage : Stuart est tellement confiant et radin, utilise des stratagèmes à la limite de l’éthique pour arriver à ses fins et n’hésite pas à abandonner ses amis que le spectateur éprouve un plaisir coupable de le voir se faire rembarrer et humilier à chaque fois. L’humour opère dans ces passages de "loositude" où notre héros se retrouve à côté de la plaque ou dans une situation plus qu’embarrassante.

Stephen Merchant livre une prestation de haute volée dans cette comédie. Son talent a déjà été reconnu dans des séries comme The Office (UK) ou encore Extras mais ici il confirme qu’il a les épaules pour tenir une sitcom à lui tout seul (bye bye Ricky Gervais son partenaire de toujours). Son grand gabarit (2,01 m !!!) aurait pu être un handicap pour s’imposer en tant que personnage principal. Mais c’est tout le contraire ici, sa taille lui permet de se démarquer et d’accentuer le côté décalé propre à son personnage. Il donne constamment l’impression d’être supérieur à tout le monde. En réalité, il se sent seul comme le prouve la fin de l’épisode The Dinner. De plus son accent britannique lui donne encore plus de personnalité, peut être même un peu trop au détriment des autres personnages.

 

Le grand Stuart

Stuart Pritchard alias le grand steak (ou elpiolito au choix) !

 

Une sitcom made in HBO

 

Entendons nous bien : cette série excelle dans son registre très particulier qui ne plaira pas à tout le monde. Il est fort probable que chaque épisode installe chez le spectateur comme une sorte de gêne ou de malaise devant ce triste spectacle que nous livre Merchant. Hello Ladies possède un aspect limite sadique de par son traitement de son personnage principal qui pourrait en agacer plus d'un. On sait à chaque début d’épisode que Stuart va lamentablement se ramasser et que le spectateur va grassement se moquer de lui. La série est prévisible dans son déroulement mais au fond, cela n’est pas très grave.

En revanche, il faut bien avouer que le schéma humoristique utilisé par les scénaristes s’use au fur et à mesure des épisodes. Stuart n’apprend pas de ses erreurs et ne se remet jamais en question, si bien que la même conclusion s’applique inlassablement sur lui à chaque fin d’épisode. Au-delà de la moquerie, c’est de la pitié qui s’installe peu à peu devant le web designer, comme s’il était condamné à échouer sentimentalement et à ne pas trouver chaussure à son pied.

Heureusement, les personnages secondaires sont là pour apporter de l’équilibre aux malheurs de Stuart. Sa colocataire et amie, Jessica (Christine Woods qu’on a pu voir dans cette "exceptionnelle série" qu’est FlashForward), est en quelque sorte la voie de la raison. Elle a des relations amoureuses désastreuses et sa carrière professionnelle est peu reluisante. Malgré tout, elle essaye de calmer l’enthousiasme de Stuart, de lui garder les pieds sur Terre. C’est bien entendu peine perdue, Stuart croyant dur comme fer à ses chances et ne se remettant jamais en cause. Le personnage de Jessica est à mon sens un peu raté car elle n’apporte pas de plus value à la série, ses histoires dans son coin étant légères et inintéressantes. Néanmoins, on comprend rapidement (dès le premier épisode pratiquement) qu’elle est faite pour aller avec Stuart bien que cette option ne soit jamais envisagée dans la première saison.

Malgré un ego surdimensionné, Stuart a des amis ! Et le meilleur d’entre eux n’est autre que Wade, un homme séparé de sa femme qui désire plus que tout au monde la reconquérir. Wade est le parfait opposé de son ami : calme, réservé, un peu neuneu sur les bords et très gentil. Pourtant, lui aussi essuie les refus de son ex mais, a contrario de Stuart, on ressent une réelle douleur et peine pour ce personnage. Il est là pour apporter une vraie touche sentimentale à la série, son potentiel comique frôlant le zéro. En fait, Hello Ladies dépeint les échecs des vies sentimentales de ces trois personnages mais, dans des registres radicalement différents. La série possède quelques autres personnages plus au moins récurrents, notamment Kives (Kevin Weisman vu dans Alias), un tchatcheur hors pair en fauteuil roulant qui donne véritablement du peps au show.

 

Stuart et Wade

Une amitié un poil particulière...

 

Un décor et une BO propices au succès

 

Stuart Pritchard est un anglais qui s’est expatrié à Los Angeles pour travailler… et faire la fête ! L.A. est la ville parfaite pour aller dans des soirées et rencontrer une multitude de personnes. Ainsi elle nous permet d’aller dans des boites de nuit les plus branchées de tout L.A., dans des banquets de la haute société ou encore dans les recoins un peu plus chauds de la banlieue hollywoodienne. Cette diversité d’environnements permet à la série de se recycler efficacement dans ses situations et ses gags. Il faut bien admettre que la ville du cinéma est propice aux comédie, Episodes en étant un parfait exemple.

Outre le cadre pertinent, il ne faut pas oublier la bande originale qui est fantastique. Beaucoup de chansons de soft rock sont utilisées dans chaque épisode. Ce type de musique, apaisant et mélodique, colle à merveille avec l'ambiance du show et la solitude des personnages. Elle est souvent utilisée pour conclure l'épisode tout en douceur. Voici le type de musique que vous trouverez dans la série :

 

 

Pour conclure, Hello Ladies est une sitcom originale comme sait si bien le faire HBO. On a la sensation que ce qui arrive au personnage de Stuart pourrait être le quotidien d’une personne de notre entourage (vous savez le gars qui reste éternellement le bon pote "non mais t’es devenu mon ami c’est impossible que je sorte avec toi !") et c’est en grande partie la raison du succès de la série. Finalement, la vie de Stuart Pritchard est parfaitement résumée dans le générique de la série (avec en prime une chanson excellente) :

 

 

Les plus :

  •  un Stephen Merchant au sommet de son art.
  •  un plaisir coupable pour le spectateur.
  •  un cadre idéal pour une comédie.
  •  une B.O. envoûtante et pertinente.
  •  un très bon générique.
  •  un format idéal de huit épisodes pour la première saison.

 

Les moins :

  •  une sitcom qui ne plaira pas à tout le monde.
  •  une certaine redondance dans la structure humoristique.
  •  des personnages secondaires qui ne parviennent pas à exister.

L'auteur

Commentaires

Avatar Antofisherb
Antofisherb
Bien sympa ce focus :) (que je plussoie d'ailleurs, même si pour ma part j'aime bien les petites humiliations de Jessica). Cela dit je ne suis pas sûr que Stuart soit réellement sûr de lui. Il en joue constamment mais je pense que c'est une façade, qu'il force cette confiance. Comme tu le dis, à la fin de l'épisode The Dinner, on voit qu'il se sent seul, mais c'est aussi qu'il ne veut pas finir seul.

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alanparish
Merci :) Y'a des passages excellents avec Jessica (la scène des claquettes aha) mais dans l'ensemble son personnage ne m'a pas trop plu, trop "classique" en quelque sorte. Oui possible que ce soit une façade, pourtant même quand Jessica lui dit de se calmer il fonce quand même car il est persuadé qu'il fait les bonnes choses. Donc je reste sur ma position sur de lui :) Il demande des conseils juste pour se conforter, quand ça lui plait pas il ignore ce qu'on lui dit !

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Antofisherb
Ben le fait qu'elle soit une actrice en herbe y a peut-être un peu joué, les petites références tout ça... J'ai beaucoup aimé la fin du dernier épisode également. Je vois pas trop en quoi elle est plus classique que les autres en fait. Ouais c'est pas faux pour Stuart, peut-être qu'on en apprendra plus sur sa psychologie de fond plus tard (en espérant que la série soit renouvelée), mais pour l'instant effectivement tu as sans doute raison.

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alanparish
Classique dans le sens ordinaire et assez banale en fait. J'avoue que les petites références doivent aider (tu connais le film en russe qu'elle fait matter à ses copines par exemple ?)

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Antofisherb
Oui d'accord je vois ce que tu veux dire par classique, je suis d'accord mais personnellement ça ne m'a pas dérangé, parfois c'était même le personnage avec lequel je m'identifiais le plus ;) Et effectivement je connais le film de réputation, ce passage m'a d'ailleurs fait assez rire.

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JessePinkman
Je viens de la finir, et je dois dire que j'ai vraiment adoré, j'avais un peu peur du fait que Stephen Merchant soit sans Ricky Gervais, et deplus son spectacle ne m'avait arraché que quelques sourires, mais la série est vraiment excellente. Des personnages humains, tous juste, et l'humour "anglais" et sa finesse, allié à l'humour américain bien potache, c'était juste parfait. Il est vrai que la structure des épisodes est redondante, ça commence bien, ça se met en place, Stuart est heureux et a un plan pour trouver une femme, et il finit toujours l'épisode seul, et après avoir raqué de son porte monnaie. ( La discohèque, ceux qui refont son toit, le diner, la chambre d'hotel au mariage ) Mais quand on a une qualité d'écriture de la sorte, c'est vraiment passé tout seul pour moi ! Est-ce que quelqu'un sait si une saison 2 est prévue ?

Image Hello Ladies
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