3 Body Problem
Le Problème à 3 corps
Dans la Chine des années 60, une jeune femme prend une décision dont les répercussions à travers le temps et l'espace vont affecter le monde d'aujourd'hui. Lorsque les lois de la nature se délitent inexplicablement sous les yeux d'un groupe soudé de brillants scientifiques, ils unissent leurs forces à celles ...
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| En cours | CN, GB, US | Pas de durée |
| Science-Fiction & Fantastique, Mystere, Drame | Netflix | 2024 |
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1.06 -
Destination les étoiles
The Stars Our Destination
Une déclaration lourde de conséquences fait paniquer les Terriens. Wade rassemble les plus grands cerveaux du monde pour préparer un programme de défense.
Diffusion originale : 21 mars 2024
Diffusion française :
21 mars 2024
Réalisat.eur.rice.s :
Minkie Spiro
Scénariste.s :
Alexander Woo
Guest.s :
Gerard Monaco
,
Joe Biden
,
Rishi Sunak
,
Maryam Moshiri
,
CCH Pounder
,
Hélène Viviès
,
Stephen Rahman Hughes
,
Bea Svistunenko
,
Bilal Hasna
,
Dustin Demri-Burns
,
Minaree Jayasena
,
Sagar Arya

Après la grande révélation de l'épisode précédent, il n'y a finalement pas grand-chose à se mettre sous la dent. Le scénario poursuit sa progression sans évolution marquante, se contentant essentiellement de placer ses pions pour la suite.
L'épisode tente pourtant d'aborder une question intéressante : celle de la difficulté de faire le bien. Le projet Manhattan est ainsi convoqué comme exemple de bonnes intentions ayant débouché sur le chaos. Si Hiroshima demeure un traumatisme profondément ancré dans la mémoire japonaise, il ne faut pas oublier non plus la brutalité du régime impérial de l'époque, qui n'avait pas hésité à valider l'idée effroyable des kamikazes. La réalité historique est plus complexe que le simple affrontement entre le bien et le mal.
Malheureusement, cette interrogation morale semble surtout servir à ralentir l'intrigue sans réellement l'enrichir. Auggie apparaît plus que jamais comme la girouette d'un récit dont elle n'est pas véritablement l'héroïne. Elle agit davantage comme un mécanisme narratif permettant de faire avancer certaines idées qu'en tant que personnage doté d'une trajectoire propre.
Pourtant, la question de la responsabilité scientifique méritait mieux. La science n'est ni morale ni immorale. Le bien et le mal ne sont finalement que des catégories humaines destinées à donner un sens à nos actions. La science, elle, ne fait qu'élargir le champ des possibles. Ce sont les hommes qui décident ensuite de l'usage qu'ils en font.
Le thème est passionnant, mais son traitement demeure superficiel. La faute revient en grande partie à des personnages qui manquent encore d'épaisseur et qui peinent à donner du poids à leurs prises de conscience.
Une partie de l'épisode se concentre également sur Will afin d'apporter une dose de drame plus intime et de créer enfin un point d'ancrage émotionnel dans cet univers. Mais ce choix me paraît discutable. Ye Wenjie, avec son passé tragique, ses désillusions et son ambiguïté morale, reste de loin le personnage le plus fascinant de la série. Pourtant, celle-ci préfère mettre en lumière le personnage le moins ambigu de tous.
Will se retrouve alors investi de plusieurs fonctions narratives. Il sert à motiver le revirement d'Auggie, mais aussi à incarner l'attentisme qui caractérise cet épisode, lui qui attend que la maladie l'emporte. Le parallèle est élégant sur le papier, mais il souligne également le caractère statique de l'ensemble.
Au fond, cet épisode ressemble à un arrêt au stand après la frénésie du précédent. Le problème est que tout paraît soudain artificiel. Les personnages donnent l'impression d'occuper leur place parce que le scénario l'exige. Même la temporalité demeure étrange, notamment lors du voyage de Will à Londres, où les ellipses brouillent constamment notre perception du temps.
Une fois encore, la série semble souffrir de son refus de choisir un véritable point de vue et de s'y tenir.
Au final, cet épisode se heurte à sa propre nature. Il prétend réfléchir à la responsabilité morale de la science alors qu'il évite selon moi la question la plus fondamentale. L'histoire humaine n'est pas d'abord celle du bien contre le mal, mais celle de la survie. Ceux qui ont maîtrisé le feu ont vécu. Ceux qui ne l'ont pas maîtrisé ont disparu. La question n'est pas de savoir si une découverte est bonne ou mauvaise. Elle est de savoir qui survivra grâce à elle.
C'est une réflexion vertigineuse, mais la série semble davantage intéressée par ses conséquences émotionnelles que par ses implications philosophiques