A Knight of the Seven Kingdoms
Du monde de Westeros nous vient une histoire improbable centrée sur les aventures d'un duo inattendu : le chevalier Ser Duncan et son écuyer l'Œuf.
| En cours | US | Pas de durée |
| Drame, Science-Fiction & Fantastique, Action & Adventure | HBO, | 2026 |
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1.01 -
Le chevalier errant
The Hedge Knight
Au cours de son voyage vers le tournoi qui se tiendra prochainement à Ashford, Dunk rencontre l'Œuf, qui lui propose d'être son écuyer.
Diffusion originale : 18 janvier 2026
Diffusion française :
18 janvier 2026
Réalisat.eur.rice.s :
Owen Harris
Scénariste.s :
Ira Parker
Guest.s :
Ross Anderson
,
Danny Collins
,
Ellie McHale-Roe
,
Bamber Todd
,
Daniel Monks
,
Tom Vaughan-Lawlor
,
Abigail O'Regan
,
Carla Harrison-Hodge
,
Rowan Robinson
,
Jenna Boyd
,
Danny Webb
,
Tanzyn Crawford
,
Mark P. O'Connor
,
Cassandra O'Sullivan
,
Henry Ashton
,
Edward Ashley
,
Steven Calvert
,
Shaun Thomas
,
Hugh Irvine
,
Daniel Ings

Dès qu’on a quelque chose dans l’univers d’A Song of Ice and Fire sur nos écrans, je suis au rendez-vous. Et je dois dire qu’à partir d’un pitch d’adaptation d’une petite nouvelle sur les petites gens, ils en font un pilote plutôt intéressant, déjà unique en son genre pour l’univers, et donc prometteur.
Déjà, qu’est-ce que c’est beau : les premiers plans où Dunk enterre son maître chevalier mettent une claque à presque tout ce que j’ai vu au ciné depuis un bon moment. C’est grand, c’est cinématographique, c’est très travaillé pour évoquer tous les thèmes de l’épisode/de l’histoire, c’est vite désamorcé ensuite. Peut-être avec un humour trop frontal, d’ailleurs. Car subvertir les attentes du spectateur sur les voyages épiques des personnages des autres séries, c’est oui, bien sûr. Mais je pense qu’on avait compris le message rien que par le format et le cast, sans besoin de chier littéralement à la gueule de l’audience en nous coupant le début de la musique culte du générique. Pour de la subtilité, on repassera. Et puis, j’étais en train de manger, donc merde quoi (c’est le cas de le dire). D’autant que c’est un peu malhonnête : absolument personne ne regarde cette série pour sa prémisse, tout le monde regarde parce que : Game of Thrones.
Cependant, on comprend bien l’objectif : déconstruire le mythe d’un preux chevalier. Exit les grandes dynasties, le jeu des trônes et les guerres civiles familiales : on aura à la place la vie, la “vraie”, dans tout son aspect ridicule voire décevant, et loin de la fantasy habituelle. L’absence de générique grandiloquent fait sens justement, laissant place à un écran titre plus sobre et manuscrit. La scène d’intro a beau être très crue, elle a le mérite de dire tout ce qu’il faut dire sur ce show. Et au milieu de tout ça on a quand même un joli oiseau “témoin” de la naissance de notre chevalier, et des dialogues simplets entre celui-ci et ses trois chevaux (le simple fait qu’il manage trois chevaux à la fois malgré ses conditions me fait rire).
Évoluer dans le même univers de Westeros avec une temporalité différente de GoT ou HotD, mais surtout, à une échelle beaucoup plus réduite et rurale, ça a un petit charme indéniable. L’humour fonctionne aussi en grande majorité par la simplicité du protagoniste qui est immédiatement attachant, et la dynamique avec Egg, quoique moins présente que ce à quoi j’imaginais dans ce premier épisode, est aussi immédiatement notable sur la fin. J’aime beaucoup l’idée finale que Dunk et Egg sont les seuls à pouvoir voir l’étoile filante qui leur portera chance parce que justement ils dorment à la belle étoile, sans la protection d’une tente comme pour les chevaliers plus riches au service des puissants.
En peu de temps donc, le pilote n’a aucun mal à se constituer son propre petit univers restreint qui en dit pourtant long sur la société de Westeros. Si en termes de galerie de personnages, ça laisse encore un poil à désirer, ce n’est pas forcément ce qu’on vient chercher dans cette mini-série. Je ne m’attends pas à m’attacher à plus de deux personnages, en vrai. Et puis, la scène de la tente avec sa musique enivrante et sa réalisation sous tension qui met bien en lumière le côté complètement dépassé de notre chevalier improvisé, permet d’offrir un bon humour et de montrer un autre personnage, Lyonel Baratheon, qui sort du lot. Charmeur, intelligent, étonnamment dragueur (même si Dunk est complètement benêt face à la situation), il montre aussi que le show ne se contentera pas de critiquer les riches de Westeros, mais pourra aussi en développer des sympathiques. D’ailleurs, son nom de Baratheon nous évoque forcément quelque chose, en sa qualité d’ancêtre potentiel de Robert. Et ce n’est pas le seul easter-egg de l’épisode : en termes de lore c’est toujours un plaisir d’entendre des noms connus ça-et-là, que ça soit des royaumes et des terres ou des noms de famille, comme ici un ancêtre de Beric Dondarrion duquel Dunk espère obtenir une attestation de chevalerie pour participer au tournoi. Dondarrion étant un nom très secondaire dans toute l’épopée de Game of Thrones, pourtant ce vers quoi notre protagoniste essaye de se rapprocher, le show utilise donc sa saga avec pertinence, à travers ces marqueurs interconnectant tout l’univers.
C’est un pilote finalement à très petite échelle qui a pourtant de grandes ambitions, offrant une nouvelle façon de conter les légendes de ce monde. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé le spectacle de marionnettes avec le dragon géant crachant son feu (tellement bien mis en scène que je suspecte fortement l’usage de VFX), qui met en abyme la différence d’enjeux et de points de vue du show, s’inscrivant dans un ensemble d’épopées plus grandes. Un peu comme quand Game of Thrones s’amusait à montrer les spectacles politiques parodiés vus par Arya quand elle était parmi le peuple. En tout cas, ce passage meta décrit l’héroïsme d’un chevalier humble, naïf et qui ment sur sa vraie nature, ce qui colle évidemment à notre Dunk. Reste à savoir si le show va vraiment se transformer en une aventure épique, ou si notre personnage restera à jamais une note de bas de page de l’histoire dans une morale plus cynique. Franchement pour l’instant, je penche pour la deuxième option, mais on n’est pas à l’abri que Dunk finisse par combattre pour un grand prince Targaryen ou autre.
L’avantage avec un show qui se base sur un univers pré-établi déjà adoré, c’est qu’il échappe aussi à la contrainte de devoir soulever des gros enjeux très vite ou de finir par un cliffhanger haletant comme les autres. Le simple enjeu évoqué précédemment sur le futur de Dunk suffit à me donner envie de voir tout le développement et dénouement de l’histoire.
Ainsi que de découvrir plus en profondeur la vie de notre protagoniste. Car ici, on a un portrait assez sommaire de notre héros qui semble surtout vouloir chercher sa place et s’imposer après avoir été mis sur le côté toute sa vie, aspirant à quelque chose de grand (comme lui). Il est là pour espérer grimper en société, manger de la meilleure nourriture (j’ai un peu ri quand Lyonel l’interpelle après m’être fait la remarque qu’il est en train de manger gratuitement un festin), et suivre un compas moral solide, même s’il est prêt à mentir tout de même pour se donner l’image d’un chevalier vertueux.
La fin où il se nomme lui-même chevalier est d’ailleurs très représentative là encore : Sir Duncan the Tall créé son propre nom (moins ridicule que “Dunk”), son titre, son surnom physique, et sa propre légende, uniquement sur des suggestions de tous les autres personnages (qui n’ont fait que de critiquer sa taille, son nom et son caractère jusque là). Le fait qu’il se construise dans la lignée de ce que son maître lui a appris (être un chevalier errant, dormir à la belle étoile…) alors qu’il n’a jamais été fait directement chevalier, et vante les mérites de la vie de chevalier libre tout en espérant tout de même accéder à la richesse et au confort en étant reconnu comme un vrai chevalier certifié pour gagner de l’argent, créé quelque chose d’intéressant et de directement attachant pour ce protagoniste naïf, honorable, et un peu plein de contradictions, à qui on s’identifie déjà.
C’est donc simple mais suffisant, et surtout très bien écrit. Tout se met donc en place de façon plus sobre et organique qu’à l’accoutumée pour cet univers, et on a tout autant hâte de voir la suite.