Drag Race France
Spin-off français de RuPaul's Drag Race.
| En cours | FR | Pas de durée |
| Reality | France 2, france tv slash, | 2022 |
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1.06 -
Un parfum de drag
Un Parfum de Drag
Nicky Doll annonce le mini défi : les candidates doivent lancer des piques à l'une de leurs rivales avec une marionnette. Paloma remporte le mini défi et est donc chargée de distribuer les boîtes aux candidates. Pour le maxi défi, Nicky Doll charge les candidates de créer un spot publicitaire pour un parfum. Le thème du défilé est « Haute couture » : les candidates doivent présenter une tenue en hommage à la haute couture.
Diffusion originale : 28 juillet 2022
Diffusion française :
28 juillet 2022
Réalisat.eur.rice.s :
Scénariste.s :
Guest.s :
Alexandre Mattiussi
,
Yseult
,
La Big Bertha
,
Yann
,
Lolita Banana
,
Hugo 'Paloma' Bardin
,
Soa De Muse

Un épisode à retenir surtout pour sa fin incroyablement émotionnelle. La Big Bertha et Lolita Banana étaient en effet clairement les deux en bas du panier, également les deux qui ont été relativement souvent en danger et moins au top… mais aussi les deux qui ont le plus tenté des choses et reçu des critiques, et ainsi amélioré leurs drags. En plus, les deux aux backstory les plus veners et les plus touchantes.
Et tout est exacerbé par une question ô combien WHAT THE FUCK pour quiconque n’a jamais suivi une saison de la licence avant : “selon vous, qui parmi vos amies mérite de partir ?”. Cette ficelle est sans doute créée pour provoquer du drama aux US, ce qui n’est pas le même esprit qu’en France où la scène semble clairement plus petite et où se tirer dans les pattes est totalement contre-productif. Ça a l’effet d’une bombe pour Lolita Banana qui est désignée à l’unanimité, ce qui joue sur son sentiment d’être moins intégrée et exclue depuis quelques épisodes, la saison montrant qu’elle a réussi aussi de développer quelques storylines sur plus d’un épisode.
Ce qui est inattendu et tout aussi fort c’est que Lolita répond “moi-même” et Nicky Doll tire tout de suite son expérience dans son apparition au show américain où elle n’a pas tant brillé et avait répondu la même chose avant de se faire enguirlander par RuPaul, et fait donc ici exactement la même chose. Cette scène aboutit ensuite à Paloma qui remercie Nicky au nom de toutes pour son accompagnement et le safe space bienveillant qu’elle créé plus ou moins “malgré” les contraintes du jeu et de la production. Cette scène était incroyable et a vraiment enfin vendu Nicky Doll comme la plus légitime possible pour mener à bien un rôle : qu’importe d’être la meilleure drag, ce n’est pas ce qu’on lui demande après tout, c’est son expérience du jeu et son accompagnement de ses reines, d’être forte, bienveillante et juste. Le fait qu’elle ait clairement mis de côté son potentiel “égo” pour plutôt booster Lolita Banana en parlant de son expérience est plus que louable.
Bon après, si elle pourrait l’année prochaine moins lire ses lignes, ça serait quand même mieux !
Enfin lors du lip sync, même si j’ai un peu cringé à l’idée de voir Yseult (guest sympathique au demeurant) pleurer sur sa propre chanson (dont je ne suis pas un grand fan), on a un pay-off assez incroyable car le lip sync est à des années-lumières de ce que les autres ont été, versant totalement dans l’émotion, la libération et le partage. Lolita Banana effectue une performance cathartique tandis que La Big Bertha se met à nue (littéralement) complétant ainsi enfin son évolution vers ce petit truc en plus qui lui manquait.
Finalement j’ai trouvé les autres reines assez dures avec Lolita surtout Soa qui compare les expériences d’immigration et d’exclusion alors que leurs situations ne sont tout de même pas du tout les mêmes et qu’on a vu Lolita être activement pénalisée par la compétition là-dessus. Mais clairement Soa ne pense sans doute pas à mal et veut surtout faire des prises de conscience pour Lolita, ça avait déjà marché par le papier. La compétition devient juste plus intense et personnelle qu’avant.
J’ai lu qu’il existait dans de très rares cas des “double Shantay” et je pense que ça aurait pu être approprié ici, La Big Bertha méritait aussi de rester et aura marqué la saison, même si sa conclusion est appropriée. La présence de Lolita Banana en clair underdog restant face aux deux favorites de la compétition (LGD toujours safe et Paloma souvent au top) ainsi que de Soa qui est la plus inconstante des trois mais aussi celle qui a le plus évolué et le plus brillé dernièrement, peut donner une dynamique très intéressante, et au moins l’alliance Soa/Bertha cassée pourra proposer un finish plus “pro” et moins ciblé contre Lolita.
À part ça l’épisode est “bon sans plus” mais relativement qualitatif, tout menant proprement à la fin et c’est bien tout ce qu’on souhaite.
Le mini-challenge était peut-être le plus fun depuis le début, avec quelques vannes bien placées qui exigent de surfer entre pique et respect, et celles qui s’en sortent le mieux mixent les deux (Soa et la vanne sur la couille de Paloma qui a dépassé du dernier lipsync, excellente, LGD plutôt douée dans ses tacles à Soa et Paloma qui fait une belle remontada).
La préparation de l’épreuve du jour est très fun, teasée par le look de boîtes pleines d’accessoires contraintes, et permet à Paloma de bien rebondir en excellant dans sa zone de confort : la réalisation, le storytelling et l’acting (et un super défilé pour tout sublimer). C’est amusant de la voir reconnaître son côté trop cérébral et parfois sur-référencé. On voit d’ailleurs Nicky Doll bien plus conseiller les reines qu’à l’habitude, ce qui permet de préparer le terrain sur la séquence riche en émotions à la fin.
Les pubs en soit sont toutes assez cheaps et nazes, mêmes les meilleures comme celle de Soa et de Lolita qu’on arrive à peu près à suivre ne sont pas si drôles ou inspirées, et il y a tout un travail de montage qui joue beaucoup et qui n’est finalement pas vraiment du ressort des queens. En revanche on peut tous s’accorder sur la perf “bien sans plus” de LGD (seule à ne pas avoir utiliser de figurants) qui reste un peu cringe à sa manière, l’ambition de Lolita hyper casse-gueule qui tient finalement un peu la route, la Big Bertha qui est confusant.
La séquence backstory discussion de l’épisode repose sur la viabilité de vivre de son art de drag, un sujet hyper intéressant, qui finit par déboucher vers un sujet hyper personnel sur La Big Bertha en rémission d’un cancer qui a été son déclic pour poursuivre ses rêves, dans un message très inspirant, qui réexplicite son lien d’amitié avec Soa. Tout ceci joue beaucoup sur la sortie de l’épisode qui était de loin le départ le plus touchant depuis le début.
Un épisode non sans défauts et avec quelques aspects difficiles à regarder, mais avec des séquences tellement généreuses qu’il est très marquant dans sa saison et agit limite comme pay-off final avant l’heure pour plusieurs arcs narratifs.