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Critique : The Leftovers 3.01 - The Book of Kevin



Retour en force de la série la plus atypique de la télévision pour une troisième et dernière saison. Préparez vos mouchoirs.


The Leftovers
Genre :
Drame
Série américaine
Année : 2014
Format : 52 min
HBO OCS City



Un point sur les spoils dans cette critique : j’ai vu les épisodes 1 et 2 en avant-première à la soirée d’ouverture de Séries-Mania, le festival international de séries qui se déroule en ce moment à Paris (dont on fera comme chaque année un petit compte-rendu vers la fin du mois !). Comme il est difficile de faire la critique d’un début de saison en n’évoquant aucun point du scénario, je serai obligé de parler de certaines infos qui seront inévitablement vues comme des spoilers pour certains, mais j’essaierai de ne révéler aucune des grosses surprises qui doivent être découvertes en temps réel pour être pleinement appréciées - et je ne parlerai que très brièvement de l’épisode 2 qui ne sera diffusé que dimanche prochain. Conclusion : si un peu de teasing dévoilant quelques pistes du scénario ne vous gêne pas pour le premier épisode, vous pouvez attaquer la critique sans crainte. Si vous préférez ne rien savoir du tout et démarrer avec l’esprit complètement clair la saison, bien sûr, cette critique est globalement à éviter. Si vous avez déjà vu le premier épisode, il n’y aura pas de spoiler pour vous.

Ceux qui auront maintenant fait demi-tour et quitté la critique pour aborder l’épisode en n’ayant absolument pas d’information sur la suite auront bien raison, en un sens. Et pour cause, ce premiere prend une direction très inattendue et réserve de nombreux rebondissements excitants !

 

~~~

 

Un nouveau statu quo rempli de faux-semblants

 

De prime abord, on pourrait se dire que la série se montre quelque peu prévisible sur certains points, elle qui a pourtant de façon constante cherché à troubler et surprendre ses fans, en insérant des épisodes flashbacks aux moments les plus inattendus ou en changeant complètement de direction entre sa première et sa deuxième saison. Cette dernière est d’ailleurs un bon point de comparaison, puisque, souvenez-vous, elle ouvrait son premiere par un générique complètement hors-sujet a priori, suivi par une scène se déroulant à la préhistoire nous faisant nous demander si l’on regardait bien la bonne série, avant de poursuivre avec des personnages et un décor qui nous étaient complètement inconnus. Le début de saison 3 n’est pas aussi déstabilisant que cela. Mais en même temps, ce n’était pas le but.

 

Autre Affiche Promo The Leftovers

 

Non, le season premiere de cette année s’ouvre sur une scène apparemment tout aussi hors-sujet que l’intro préhistorique de la précédente reprise. Il s'agit d'une scène du passé dénuée de dialogues, très limitée dans le temps et l’espace, cherchant simplement à faire passer un message – probablement celui de la saison, dont je parlerai plus bas. Le même procédé que celui utilisé par la scène préhistorique est utilisé ici pour revenir aux événements du présent (un plan qui fait la transition entre cette intro et le présent marque la fin de l’ouverture), ce qui permet à The Leftovers de reprendre les choses exactement là où elles ont été laissées : le lendemain de l’action des Guilty Remnants contre la ville de Jarden. Seulement… un événement complètement inattendu vient bouleverser cette reprise dès les premières minutes.

Je ne le spoilerai pas ici, mais il est de taille et retire de façon brusque certains éléments clés de la série pour cette dernière saison. Il débouche immédiatement après sur une ellipse de trois ans. Oui, de la même façon que la saison 1 avait immédiatement instauré une distance de trois ans entre le drame du 14 octobre et la principale intrigue de la série à Mapleton. De cette façon, la série nous fait à nouveau entrer directement dans une zone inconnue où nos personnages ont vécu de nombreuses choses hors-champ, sans que le spectateur ne soit mis dans la confidence. Ce dernier obtient donc un aperçu de la vie des Garvey, des Murphy, des Jamison et des autres dans la nouvelle ville de Jarden… et tout est plutôt banal, voire idyllique. À nouveau, on comprend bien vite que la nouvelle situation de bonheur des personnages n’est qu’une illusion. Cela ne retire rien à son caractère vrai, mais il n'est qu'éphémère au mieux. Les événements antérieurs, que ce soient ceux que l’on a vus au début de l’épisode et dans les précédentes saisons ou bien lors de l’ellipse, ont laissé des traces sur nos personnages.

 

Kevin et Nora dans la saison 3

"Are you happy ?

– Yes."

 

Tout l’épisode est construit là-dessus et nous fait constamment douter de la fidélité de ce que l’on voit à l’image : la sécurité apparente de la ville... ou bien le chaos qui se prépare ? La fragilité psychologique de Kevin qui refait surface… ou bien est-il devenu stable ? Nora qui file la vie dont elle a toujours rêvé en venant à Jarden… ou n'a-t-elle jamais été aussi malheureuse ? etc. Cela s’applique pour tous les personnages et c’est extrêmement bien mené pendant une grosse portion de l’épisode. Le temps de réapprendre à les connaître (il s’en est passé du temps depuis la deuxième saison pour les fans aussi, après tout), le spectateur n’est malgré tout pas dupe : voilà déjà deux saisons que la série nous joue le coup du "nos personnages prétendent aller bien alors qu’ils viennent de vivre un enfer". C’est au centre de tout le message de la série, ce sont les conséquences directes et permanentes de la Grande Disparition qui a brisé quelque chose en chaque personne sur Terre, les privant d’une partie de leur humanité selon Patti et le culte des Guilty Remnant. Alors, quand nos personnages nient les événements du season finale précédent, éludent certains détails (observez bien Nora…) ou n’évoquent pas certaines absences de personnages – que le spectateur a depuis longtemps remarqué – par exemple, on sait d'ores et déjà que tout va pour le mal.

C’est bien sûr tout le coeur du pathos de la série : quand cette dernière amène ses personnages dos au mur, obligés d’affronter la réalité. C'est là qu’elle est aussi intéressante, voire bouleversante. Et cela n'a jamais été aussi vrai que dans ce début de saison, où nos personnages semblent avoir complètement tiré un trait sur le passé. Sauf que de la même façon que les Guilty Remnant se sont acharnés pendant deux saisons à les "faire se rappeler" ("We Make Them Remember"), on sait tous que le masque finira par tomber. Et il s'effrite déjà dès le premier épisode.

 

 

Toujours autant de mystères et de sous-texte

 

Le premiere de la saison 2 avait complètement brillé par le nombre de ses scènes "bizarres" qui avaient toutes trouvé une explication par la suite (l’oiseau dans la boîte, le criquet, un type sur un poteau, un type qui égorge des chèvres, le silence des filles dans la voiture, etc.). Le premiere de la saison 3 offre un registre complètement différent et provoque lui aussi dix mille interrogations, mais toutes en rapport avec nos personnages. C’est une approche différente mais que j’ai personnellement préférée à celle de la deuxième saison, puisque cela concerne les personnages qu’on a appris à aimer, par conséquent, cela nous touche plus. Malgré le fait que le show joue ici sa dernière saison, le premier épisode n’hésite pas à accumuler de nouvelles questions et à relancer à nouveau des tas de mystères.

Certaines questions trouvent déjà une réponse dans le deuxième épisode, d’autres non. Je n’en dirai pas beaucoup au sujet de ce deuxième épisode, mais il met à l'honneur le personnage de Nora, chouchou des fans, à l’exception de quelques scènes finales dont je parlerai ensuite. Le deuxième épisode laisse très vite apparaître les blessures de son personnage, toujours aussi profondes, et bouleverse déjà le statu quo à peine établi de la saison. Ce fut dans l’ensemble un bon épisode, assez émotionnel, bien que j’aie légèrement préféré le premier.

 

Kevin, John, Matt et Michael dans la saison 3

The Book of Kevin

 

Que nous dévoilent ces deux premiers épisodes sur la qualité de la saison dans l’ensemble ? Déjà, il s’agit d’un très bon début qui laisse entrevoir une saison très prometteuse. La "fibre" Leftovers est toujours bien présente, n’ayez aucun doute là-dessus. La bande-son est également au rendez-vous, l’épisode 1 comportant régulièrement le thème de Max Ritcher bien connu de la série, lui donnant toujours son aura si particulière. Ce dernier était d’ailleurs présent à l’avant-première de Séries-Mania et a expliqué que, pour composer la bande-son de la série, il était parti avec l’idée en tête de vouloir créer tout un univers, un monde transformé par le postulat de départ de The Leftovers (le drame du 14/10). Il a ajouté que pour lui, la grande question au centre du message de la série à laquelle nos personnages tentent de répondre est : "pour quelles raisons je me lève le matin ?"

Le thème de la raison de vivre et la recherche du bonheur est donc toujours aussi central. Juste avant la diffusion de l’épisode, Séries-Mania a donné la parole à Damon Lindelof, créateur de Lost et de The Leftovers, et Président de cette édition du festival. Il a expliqué que tout au long de l’histoire, chaque génération de l’espèce humaine "a toujours eu la prétention de croire qu’elle serait la dernière sur Terre et que la fin du Monde aurait lieu de leur vivant", et qu’ainsi, pour une série avec un pitch pareil, il était naturel de baser la dernière saison sur la fin du monde. La scène d’introduction reflète bien cela, tout comme la temporalité choisie (la saison se déroule durant les quelques jours précédant le septième anniversaire de la Grande Disparition, les plus religieux des habitants pensent donc qu'une nouvelle chose va se passer). Le premier épisode est d’ailleurs probablement le plus marqué par la religion de toute la série. Kevin a littéralement été associé à Jésus la saison précédente (il a ressuscité après tout), mais cela n’a jamais été aussi explicite que dans The Book of Kevin – titre que vous saurez donc bien vite interpréter. La série continue également de jouer sur l'ambiguïté de son événement initial du 14 octobre, et propose des hypothèses mystiques comme scientifiques. Mis à part cette accentuation notable sur les éléments religieux et la foi, les thématiques sont très similaires aux autres années : la famille, la recherche du bonheur, le deuil, la vie… En trois saisons, la série ne semble toujours pas en avoir fait le tour et continue d’amener sa morale sous des angles nouveaux.

 

Affiche Promo The Leftovers

"The End Is Near" dans une croix : la fin du monde et la religion, deux gros thèmes de la série que la saison 3 amplifie.

 

Avec tout ça, on pourrait se demander si la série va vraiment pouvoir boucler toute son histoire. Il est inévitable que l’on n’aura pas toutes les réponses, c’est inscrit dans le contrat de la série depuis ses débuts. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’existe pas de sentiment de conclusion. Est-ce que ce début de saison laisse déjà entrevoir des éléments de fin de série ? À vrai dire, oui, des tas. Certains éléments des deux saisons précédentes reviennent dès le premier épisode (dont le gros retour d'un personnage !) pour mettre une suite et fin à leur histoire. Le père de Kevin est également censé revenir plus tard cette saison d’après les trailers. D’autres scènes des premiers épisodes font clairement plus "fil rouge de la saison" et préfigurent une fin de série.

La dernière scène du premier épisode vous fera décrocher votre mâchoire, je n’arrive toujours pas à me l’expliquer ! Elle est forcément le présage de l’introduction de science-fiction/fantastique dans la série, ou bien d’une véritable fin en perspective. Les dernières scènes de l’épisode 2 sont également consacrées au fil rouge, et marquent la première apparition de l’excellente Lindsey Duncan, mais sont moins convaincantes. Elles ne ressemblent pas à du Leftovers, en ce sens qu’elles semblent raconter bien peu de choses par rapport à leur durée totale et que la finalité n’a pas l’air bien palpitante… Elles annoncent en revanche un changement de lieu principal pour les personnages, et vous saurez quel est ce lieu si vous avez suivi la promotion de cette saison. Mais il semble peu envisageable de déplacer totalement toute l'intrigue de la saison  vers ce nouveau lieu, Jarden restera au moins partiellement dans la série. Nous verrons bien comment tout cela va se dérouler.

 

En définitive, il s’agit d’une très bonne reprise pour la série, qui obtient le dosage parfait entre rebondissements déstabilisants et familiarité des personnages pour le fan, couplé bien sûr à une gestion toujours impeccable des mystères et de l’ambiance aussi paradoxale de la série, à mi-chemin entre le malaise et la joie. Cette saison s’annonce non seulement comme une synthèse de tous les thèmes de la série, mais également un nouveau chapitre à part entière qui viendra compléter les deux premiers. Malgré quelques réserves sur le fil rouge, on ne peut que faire confiance et avoir hâte de voir la suite.

 

~~~

 

Dans ces deux premiers épisodes, j’ai aimé :

 

  • Des retrouvailles avec tous les personnages – on sent que la saison resserre son intrigue
  • Toujours un énorme boulot sur la narration, que ce soit la scène d’introduction, les retournements de situation aux moments les plus inattendus, ou la construction du deuxième épisode
  • La bande-son, comme toujours
  • L’émotion qui se dégage de l’histoire (le caractère plus "froid" des mystères de la deuxième saison a disparu)
  • Le générique, à l’image de la saison, mélange d’ancien (reprise des excellents visuels) et de nouveau (thème musical différent)
  • Beaucoup plus d'humour que d'habitude, témoin d'une certaine décontraction de la part des personnages

 

Je n’ai pas aimé :

 

  • Il faut parfois s’accrocher niveau continuité, malgré la présence d’un previously (et encore, j’avais personnellement fait un re-visionnage intégral de la série dans les semaines qui précédaient, ce qui ne sera pas le cas de tout le monde)
  • Quelques doutes sur le fil rouge et le fait que la série veuille aborder aussi explicitement la Grande Disparition alors qu'il est évident qu'elle n'apportera pas beaucoup de réponses

 

Ma note pour le premier épisode : 15-16/20.

Ma note pour le deuxième épisode : 14-15/20.

Retour en force de la série la plus atypique de la télévision pour une troisième et dernière saison. Préparez vos mouchoirs.


Un point sur les spoils dans cette critique : j’ai vu les épisodes 1 et 2 en avant-première à la soirée d’ouverture de Séries-Mania, le festival international de séries qui se déroule en ce moment à Paris (dont on fera comme chaque année un petit compte-rendu). Comme il est difficile de faire la critique d’un début de saison en n’évoquant aucun point du scénario, je serai obligé de parler de certaines infos qui seront inévitablement vues comme des spoilers pour certains, mais j’essaierai de ne révéler aucune des grosses surprises qui doivent être découvertes en temps réel pour pleinement apprécier les épisodes - et je ne parlerai que très brièvement de l’épisode 2 qui ne sera diffusé que dimanche prochain. Si un peu de teasing dévoilant quelques pistes du scénario ne vous gêne pas pour le premier épisode, vous pouvez attaquer la critique sans crainte. Si vous préférez ne rien savoir du tout et démarrer avec l’esprit complètement clair la saison, bien sûr, cette critique est globalement à éviter. Si vous avez déjà vu le premier épisode, il n’y aura aucun spoiler pour vous.


Ceux qui auront maintenant fait demi-tour et quitté la critique pour aborder l’épisode en n’ayant absolument pas d’information sur la suite auront bien raison, en un sens. Et pour cause, ce premiere prend une direction très inattendue et réserve de nombreux rebondissements excitants !


~~~


De prime abord, on pourrait se dire que la série se montre quelque peu prévisible sur certains points, elle qui a pourtant de façon constante cherché à troubler et surprendre ses fans, en insérant des épisodes flashbacks aux moments les plus inattendus ou en changeant complètement de direction entre sa première et sa deuxième saison. Cette dernière est d’ailleurs un bon point de comparaison puisqu’elle ouvrait son premiere par un générique complètement hors-sujet a priori, suivi par une scène se déroulant à la préhistoire nous faisant nous demander si l’on regardait bien la bonne série, avant de poursuivre avec des personnages et un décor qui nous étaient complètement inconnus. Le début de saison 3 n’est pas aussi déstabilisant que ça. Mais en même temps, ce n’était pas le but.


Non, le season-premiere de cette année s’ouvre sur une scène apparemment tout aussi hors-sujet que l’intro préhistorique de la précédente reprise, par une scène du passé dénuée de dialogues, très limitée dans le temps et l’espace, cherchant simplement à faire passer un message - probablement celui de la saison. Le même procédé est utilisé pour revenir aux événements du présent (un plan qui fait la transition entre cette intro et le présent marque la fin de l’ouverture), ce qui permet à The Leftovers de reprendre les choses exactement là où elles ont été laissées : le lendemain de l’action des Guilty Remnants contre la ville de Jarden. Seulement… un événement complètement inattendu vient bouleverser cette reprise.


Je ne le spoilerai pas ici, mais il est de taille. Il débouche immédiatement après sur une ellipse de 3 ans. Oui, de la même façon que la saison 1 avait immédiatement instauré immédiatement une distance de 3 ans entre le drame du 14 Octobre et la principale intrigue de la série à Mapleton. De cette façon, la série nous fait à nouveau entrer directement dans une zone inconnue où nos personnages ont vécu de nombreuses choses hors-champ, sans que le spectateur soit mis dans la confidence. Ce dernier obtient donc un aperçu de la vie des Garveys, des Murphy, des Jamison et des autres dans la ville de Jarden… et tout est plutôt banal, voire idyllique. A nouveau, on comprend bien vite que ce n’est qu’une illusion et que les événements antérieurs, que ce soient ceux que l’on a vu au début de l’épisode, dans les précédentes saisons ou bien lors de l’ellipse, ont laissé des traces sur nos personnages.


Tout l’épisode est construit là-dessus et nous fait douter constamment de la fidélité de ce que l’on voit à l’image : la sécurité apparente de la ville... ou bien le chaos qui se prépare ? La fragilité psychologique de Kevin qui refait surface… ou non ? Nora qui file la vie dont elle a toujours rêvé en venant à Jarden… ou pas ? etc. Cela s’applique pour tous les personnages et c’est extrêmement bien mené pendant une grosse portion de l’épisode. Le temps de réapprendre à les connaître (il s’en est passé du temps depuis la deuxième saison pour les fans aussi, après tout), le spectateur n’est malgré tout pas dupe : voilà déjà deux saisons que la série nous joue le coup du “nos personnages prétendent aller bien alors qu’ils viennent de vivre un enfer”. C’est au centre de tout le message de la série, c’est les conséquences directes et permanentes de la Grande Disparition qui a brisé quelque chose en chaque personne sur Terre, les privant d’une partie de leur humanité selon Patti et son culte. Alors, quand nos personnages nient les événements du season-finale, éludent certains détails (observez bien Nora…) ou n’évoquent pas certaines absences de personnage dans ce premiere que le spectateur a depuis longtemps remarqué, par exemple, on sait d’ors-et-déjà que tout va pour le mal.


C’est bien sûr quand la série amène ses personnages dos au mur, obligés d’affronter la réalité, qu’elle est aussi intéressante voire bouleversante. Et cel


Le premiere de la saison 2 avait complètement brillé par le nombre de ses scènes “bizarres” qui trouveront toutes une explication par la suite (l’oiseau dans la boîte, le criquet, un type sur un poteau, un type qui égorge des chèvres, le silence des filles dans la voiture, etc.). Le premiere de la saison 3 offre un registre complètement différent et provoquent lui aussi dix mille interrogations, mais toutes en rapport avec nos personnages. C’est une approche différente mais que j’ai personnellement préférée à celle de la deuxième saison, puisque cela concerne les personnages qu’on a appris à aimer. Malgré le fait que le show joue ici sa dernière saison, le premier épisode n’hésite pas à accumuler de nouvelles questions et à relancer à nouveau des tas de mystères.


Certaines questions trouvent déjà une réponse dans le deuxième épisode, d’autres non. Je n’en dirai pas beaucoup à son sujet, mais il s’agit en grande partie d’un centric sur Nora, à l’exception de quelques scènes finales. Il laisse très vite apparaître les blessures de son personnage, toujours aussi profondes, et bouleverse déjà le statu quo à peine établi de la saison. Ce fut dans l’ensemble un bon épisode, assez émotionnel, bien que j’ai légèrement préféré le premier.


Que nous dévoilent ces deux premiers épisodes sur la qualité de la saison dans l’ensemble ? Déjà, il s’agit d’un très bon début qu’il laisse entrevoir une saison très prometteuse. La “fibre” Leftovers est toujours bien présente, n’ayez aucun doute là-dessus. La bande-son est également au rendez-vous, l’épisode 1 comportant le thème de Max Ritcher bien connu de la série, lui donnant toujours son aura si particulière. Ce dernier était d’ailleurs présent à l’avant-première de Séries-Mania et avait expliqué que, pour composer la bande-son de la série, il était parti avec l’idée en tête de vouloir créer tout un univers, un monde transformé par le postulat de départ de The Leftovers (le 14/10). Il a ajouté que pour lui la grande question au centre du message de la série à laquelle nos personnages tentent de répondre est : “pour quelles raisons je me lève le matin”.


Le thème de la raison de vivre et la recherche du bonheur est donc toujours aussi central. Juste avant la diffusion de l’épisode, Séries-Mania avait donné la parole à Damon Lindelof, créateur de Lost et de The Leftovers et président de cette édition du festival. Il avait expliqué que tout au long de l’histoire, chaque génération de l’espèce humaine “a toujours eu la prétention de croire qu’elle serait la dernière sur Terre et que la fin du Monde aurait lieu de leur vivant”, et qu’ainsi, pour une série avec comme un pitch pareil, il était naturel de baser la dernière saison sur la fin du monde. La scène d’introduction reflète bien cela, tout comme la temporalité choisie (la saison se déroule durant les quelques jours précédant le septième anniversaire de la Grande Disparition). Le premier épisode est d’ailleurs probablement le plus marqué par la religion de toute la série. Kevin a littéralement été associé à Jésus la saison précédente (il a ressuscité après tout), mais cela n’a jamais été aussi explicite que dans “The Book of Kevin” - titre que vous saurez donc bien vite interprété. La série continue également de jouer sur l'ambiguïté de son événement initial du 14 Octobre, et propose des hypothèses mystiques comme scientifiques. Mis à part cette accentuation notable sur les éléments religieux et la foi, les thématiques sont très similaires aux autres années : la famille, la recherche du bonheur, le deuil, la vie… En trois saisons, la série ne semble toujours pas en avoir fait le tour et continue d’amener sa morale sous des angles nouveaux.


Avec tout ça, on pourrait se demander si la série va vraiment pouvoir boucler toute son histoire. Il est inévitable que l’on n’aura pas toutes les réponses, c’est inscrit dans le contrat de la série depuis ses débuts. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’existe pas de sentiment de conclusion. Est-ce que ce début de saison laisse entrevoir déjà des éléments de fin de série ? A vrai dire, oui, des tas. Certains éléments des deux saisons précédentes reviennent dès le premier épisode (dont un gros retour) pour mettre une suite et fin à leur histoire. Le père de Kevin est également censé revenir plus tard cette saison d’après les trailers. D’autres scènes des premiers épisodes font clairement plus “fil rouge de la saison” et préfigurent une fin de série. La dernière scène du premier épisode vous fera décrocher votre mâchoire, je n’arrive toujours pas à me l’expliquer ! Elle est forcément le présage de l’introduction de science-fiction/fantastique dans la série, ou bien d’une véritable fin en perspective. Les dernières scènes de l’épisode 2 sont également consacrées au fil rouge, et marquent la première apparition de l’excellente Lindsey Duncan, mais sont moins convaincantes. Elles ne ressemblaient pas à du Leftovers, en ce sens qu’elles semblaient raconter bien peu de choses par rapport à leur durée totale et que la finalité n’a pas l’air bien palpitante…


En définitive, il s’agit d’une très bonne reprise pour la série, qui obtient le dosage parfait entre rebondissements déstabilisant et familiarité des personnages pour le fan, couplé bien sûr à une gestion toujours impeccable des mystères et de l’ambiance aussi paradoxale de la série, à mi-chemin entre le malaise et la joie. Cette saison s’annonce non seulement comme une synthèse de tous les thèmes de la série, mais également un nouveau chapitre à part entière qui viendra compléter les deux premiers. Malgré quelques réserves sur le fil rouge, on ne peut que faire confiance et avoir hâte de voir la suite.


Dans ces deux premiers épisodes, j’ai aimé :

Tous les personnages sont présents, on sent que la saison resserre son intrigue

Toujours un énorme boulot sur la narration, que ce soit la scène d’introduction, les retournements de situation aux moments les plus inattendus ou la construction du second épisode

La bande-son, comme toujours

L’émotion qui se dégage de l’histoire

Le générique, à l’image de la saison, mélange d’ancien (reprise des excellents visuels) et de nouveau (thème musical différent)


Je n’ai pas aimé :

Il faut parfois s’accrocher niveau continuité, malgré la présence d’un previously (et encore, j’avais personnellement fait un re-visionnage intégral de la série dans les semaines qui précédaient, ce qui ne sera pas le cas de tout le monde).

Quelques doutes sur le fil rouge et le fait que la série veuille aborder aussi explicitement la Grande Disparition


Ma note pour le premier épisode : 15-16/20. Ma note pour le second épisode : 14-15/20.



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