Heated Rivalry
Deux des plus grandes stars de la Ligue majeure de hockey sont liées par l'ambition, la rivalité et une attraction magnétique qu'aucun d'eux ne comprend vraiment. Ce qui commence comme une liaison secrète entre deux jeunes recrues se transforme en une longue aventure faite d'amour, de déni et de découverte de ...
Lire le résumé complet >
| En cours | CA | Pas de durée |
| Drame | Crave, | 2025 |
0 avis favorable
0 avis neutre
0 avis défavorable
1.03 -
Hunter
Hunter
La carrière d’un joueur de hockey entre en collision avec l’amour lorsqu’une rencontre inattendue fait naître une étincelle.
Diffusion originale : 05 décembre 2025
Diffusion française :
05 décembre 2025
Réalisat.eur.rice.s :
Scénariste.s :
Guest.s :
Connor McKenna
,
Shaun Starr
,
Andrew Carter
,
Kolton Stewart
,
Matt Gordon
,
Marc Côté
,
Bianca Nugara
,
Eston Stiller
,
Brandon Ash-Mohammed
,
Matthew Finlan
,
Sabrina Grdevich
,
Jessica Greco
,
Wayne Ward
,
Nadine Bhabha

Dubitatif dès le previously qui spoile largement le “twist” et le point de vue principal de l’épisode… j’en ressors en réalité hyper satisfait.
Cette rupture de rythme est dangereuse et, il est vrai, un peu cassante quoiqu’on en dise à ce stade. C’est un peu étrange de ne pas avoir réservé tout simplement le traitement du premier livre de l’autrice (”Game Changer”) dans une seconde saison, et de choisir de mixer ça avec “Heated Rivalry”. Comme les personnages de Scott Hunter et de Hollander interagissent quand même à plusieurs reprises, peut-être que ce choix portera ses fruits ensuite ? Pourquoi pas un futur confident pour Hollander ?
Mais finalement, cet intermède reste très bien fait, et je pense aussi qu’il est sain pour la série à long terme, afin de diversifier les points de vue et de montrer les facteurs communs entre les couples. La principale force de ce choix c’est en effet qu’il permet de réaffirmer que l’homophobie internalisée de la NHL (très forte IRL également, c’est l’unique ligue sportive nord-américaine sans aucun joueur out actif) est bien systémique et n’est pas que l’oeuvre d’un Shane Hollander timide et d’un Ilya Rozanov issu d’un milieu difficile. Scott Hunter est littéralement l’opposé de Shane : charismatique, plus âgé, plus traditionnellement viril, blanc, avenant — il n’empêche qu’il est tout autant dans le placard. D’ailleurs, le fait de revoir les quelques séquences des deux premiers épisodes qu’il partage avec Shane, mais avec son point de vue, met bien en lumière ce point. Il va parfois contre lui, lui fait remarquer que le comportement assez toxique d’Ilya dépeint sur lui, ou est choqué comme lui par les propos de leur collègue au bar de Sochi. Bref, les trajectoires se répondent à la fois par leurs similitudes et leurs différences, ce qui fait donc une vraie richesse pour le propos.
De la même façon, les deux protagonistes sont ici plus âgés, ce qui permet de varier le point de vue du jeune couple Shane/Ilya, qui reste contraint par ce côté “premiers émois”. La série parvient donc avec aise à montrer que mature ou pas, réservé ou pas, avec un adversaire ou avec un inconnu : même combat, et même cause du mal-être.
L’épisode a vite étouffé mes craintes de sa légitimité grâce à ça, mais il m’a ensuite vite conquis aussi parce que l’alchimie entre les deux acteurs principaux fonctionnent tout aussi bien que l’autre, avec François Arnaud qui est vraiment top (le seul membre du cast ouvertement non-hétéro d’ailleurs) et qui matche tout à fait avec l’acteur de Kip, Robbie G. K., qui fait quasiment ses débuts et est très convaincant (et fun fact il appraît sans doute comme le plus hétéro du cast — il faut aller voir la différence avec ses interviews, c’est bluffant ahah). Et puis, bon, au bout de même pas 5 minutes dans le bar à smoothies on est déjà en train de les shipper à fond, évidemment.
C’est d’ailleurs un épisode au ton finalement plus réaliste et “classique rom com”, surtout avec le décor du bar à smoothies qui est le théâtre de quelques scènes assez clichées, mais fun. Cela vient avec un gros avantage : l’asymétrie entre Scott et Kip (ce dernier étant le seul protagoniste jusqu’ici qui n’est pas un sportif connu) sert encore une fois à réaffirmer le propos de la série sur le problème dans la NHL. Kip est en effet un exemple de protagoniste qui s’assume publiquement, avec une vie sociale et qui n’a pas l’impression de vivre un enfer en prison interne comme les trois autres. Donc, de quoi réaffirmer sans le souligner, mais en le faisant ressentir avec brio, le lien entre célébrité dans un contexte sportif particulièrement connu pour être conservateur, et le placard, qui n’est pas une fatalité pour tous.
Du coup, le personnage de Kip a beau évoluer dans un monde un peu plus cliché, c’est aussi un monde plus positif (bien que progressivement corrompu par le secret imposé par Scott), ainsi que beaucoup plus terre-à-terre et attachant. Il en devient de facto un des personnages les plus attachants rapidement.
Alors après, le concept d’avoir 2 sportifs rivaux est juste hyper marketable, et ce n’est pas un hasard si l’autrice Rachel Reid a d’abord créé “Game Changer” avec Scott/Kip avant de penser à créer le même type de romance ensuite pour deux sportifs entre eux dans “Heated Rivalry” avec Hollander/Rozanov. C’est encore moins un hasard que c’est cette deuxième relation qui a le plus marché et qui a été choisie comme tête d’affiche de la série.
C’est donc bien vu de revenir aussi à un contexte plus “humain” et accessible… Mais c’est à nuancer. C’est plus accessible surtout par contraste à Hollander/Rozanov, mais ça reste tout à fait Hollywoodien comme scénario, à savoir qu’un sportif au physique de tes rêves et secrètement gay vienne te commander un smoothie et change ta vie du jour au lendemain. D’ailleurs, c’est peut-être la partie la plus gênante et critiquable de cette histoire à mon sens. Car pour le coup, on verse totalement dans le cliché total du genre. Derrière ce côté plus accessible, Kip reste dans un standard de beauté complètement au-dessus de la moyenne (franchement impossible de distinguer lequel serait le joueur de NHL entre les deux — limite c’est le plus musclé du casting). Donc voir des dialogues comme “mais qu’est-ce que tu me trouves olala c’est fou ?”, ça sonne un poil faux. D’autant qu’avec un contexte normal de client à serveur et pas de rivaux sportifs de haut niveau, il y avait moyen de développer pourquoi ils ont un coup de foudre pas que physique (ce que le livre fait peut-être mieux).
Et ça ouvre un autre débat un peu plus large : je trouve que ça inscrit quand même un peu cette histoire dans une sphère queer très réduite, probablement l’une des plus privilégiées du lot, celle des gays blancs new-yorkais jocks privilégiés — à ceci près que Kip semble galérer un peu financièrement, mais c’est vraiment très léger. Après, ça va avec le pitch de la série, car même IRL plein de stars et sportifs de haut niveau (hétéros ou pas d’ailleurs) semblent se trouver des mannequins. J’imagine aussi que ça permet de ne laisser aucune ambiguité possible quant à pourquoi Scott aurait “honte” de le présenter publiquement et choisit de maintenir le mensonge — le fait que Kip soit juste parfait à tout point de vue et soit en plus cis et blanc permet à l’histoire de ne pas avoir à gérer d’autres enjeux que la honte internalisée de Scott. C’est un peu facile mais c’est quand même dans ce genre de détails qu’on voit qu’on est dans une première version de l’oeuvre, qui s’habille en fait des mêmes clichés usuels que ceux utilisés dans les romances hétéronormées. A savoir que l’oeuvre a débuté en fanfic Marvel où Scott Hunter et Kip étaient Captain America et Bucky Barnes.
Après, la série fait avec son matériel de base, qui n’est en soi pas tenue de s’engager dans des sujets politiques croisés plus profonds que ça pour chaque intrigue et à chaque instant (surtout qu’on est ici limite dans un “spin-off flashback” un peu romantique de la série principale). C’est un contre-argument qui se respecte aussi : on n’est pas obligé d’appliquer un standard plus élevé sur des oeuvres queers simplement parce qu’elles le sont. La simple existence d’une telle saga/série est déjà une excellente chose, et le double-discours est très injuste : dans les séries de romance hétéros, les couples ont aussi quasi toujours des physiques de rêve et sont aussi souvent de riches blancs, c’est un peu tout le pitch de “charmer” le grand public notamment nord-américain majoritairement hétéro féminin, d’ailleurs. Donc ce serait injuste de lui en tenir rigueur spécifiquement alors que 99% de la fiction romantique grand public tourne sur les mêmes bases. Mais quand même, j’espère qu’un jour en termes de repésentation queer on pourra aller encore plus loin et avoir des standards plus élevés — le simple fait que dès sa deuxième itération, Rachel Raid ait créé le personnage de Shane Hollander, est déjà un premier pas vers le mieux.
Bref, pour conclure sur l’épisode, découvrir Kip dans la scène gay de sa ville ou le voir parler avec sa meilleure amie Elena de sa relation sous tous ses aspects (jouissifs et excitant au début, toxiques/dangereux quand le secret perdure trop), c’est une vraie bouffée d’air frais après avoir suivi une relation qui exigeait d’être très avare en dialogues. D’ailleurs, en parlant d’Elena, l’épisode est aussi particulièrement bien écrit vis à vis de ce rôle j’ai trouvé, même s’il reste au second plan, bien sûr. L’actrice est plutôt douée et l’écriture évite là encore pas mal de clichés. Pas de “tu me délaisses pour lui maintenant ?” ou autre : elle reste un pillier et est activement pour leur amour et pour leur bien-être à tous les deux, étant à l’origine au passage de la citation la plus aimée de l’épisode (il me semble) :
De même, le fait que Kip possède un père hyper aimant qui déborde d’amour et le répète 8 fois, c’est tellement rare comme représentation que ça m’a décontenancé. Mais ça fait du bien de voir ça, et encore une fois, super parallèle avec le couple principal pour qui les familles sont des obstacles.
Enfin, si la fin de l’épisode est particulièrement amère encore une fois puisque Scott ne surmonte pas sa peur, et nous laisse sur un statut quo un peu déprimant, l’épisode reste globalement plus positif que les précédents, principalement car la relation Scott/Kip est forcément beaucoup plus mature que la relation Shane/Ilya, avec plus de communication dans le couple. Le moment où Scott promet que la nature secrète de leur relation ne sera pas longue, “juste… quelques années”, c’est puissant et même lui-même comprend que ce n’est pas maintenable. Il n’est pas dur d’imaginer qu’il “suffit” que Scott s’accepte pour que Scott et Kip vivent enfin un happily ever after après tout ce qu’on a vu, sans autre soucis.
Et si les ellipses sont tout aussi présentes (la série gardant son style principal), elles ne sont pas maîtresses du rythme de leur relation, qui n’est pas contrainte de suivre les saisons sportives contrairement à Shane et Ilya. Scott et Kip développent donc une vie en hors-champ, ce qui change toute la dynamique. De plus, comme déjà évoqué, le couple a conscience de ses défauts (Scott qui sait qu’il inflige un calvaire à Kip et ce dernier qui reconnaît ce problème et finit par s’éloigner), ce qui me faire dire qu’ils vont réussir à tirer tout ça au clair (en tout cas, j’y crois !). Mais ça n’en reste pas moins difficile à vivre, et la scène dans le musée par exemple est assez forte et typique d’une honte vraiment nocive qui s’infiltre et colle à la peau du personnage.
Bref, je ne suis pas sûr qu’à long terme c’était le meilleur choix de la série de faire cet épisode à ce stade… mais absolument pas pour la coupure de rythme Shane/Ilya au final, et bien parce que maintenant, au contraire, j’ai tellement envie d’en apprendre plus sur Scott/Kip ! Or, c’est impossible de développer tout ça en 3 épisodes restants. Sachant que cet épisode récape essentiellement 3/4 du premier livre de Game Changer si j’ai bien suivi, était-ce judicieux ? Même si je suis en faveur des changements dans une adaptation, je comprendrais qu’on se sente hyper frustré d’avoir tout condensé, et ça se ressent un peu au visionnage (la seconde moitié de leur relation est quand même très rapide).
En tout cas malgré ses défauts, l’épisode n’en reste pas moins excellent et apporte beaucoup à la saison, laissant imaginer de nombreuses pistes pour faire résonner et exploiter ce qui a été raconté ici pour l’intrigue principale.