Avis sur les séries
Avis sur les saisons
Avis sur les épisodes
Un peu compliqué celui-ci.
D'un côté, la série est vraiment sur un fil, à deux doigts de jump the shark tant elle alterne les grossièretés scénaristiques pour parvenir à ses fins (Luke qui montre le bébé à la foule, toute la logistique de Gilead autour du voyage de Serena et le fait qu'elle puisse entrer et sortir du territoire sans que personne ne s'inquiète de ce qu'elle transporte avec elle) et les clichés (June en Cupidon chez les Lawrence)...
Mais j'ai tout de même passé un excellent moment devant l'épisode, notamment car il dessine des perspectives intéressantes (le retour du mec de l'ambassade qui rappelle à Serena qu'une autre vie est possible, la rencontre Luke/Serena, la cassette de June) et met en avant tout le talent d'Yvonne Strahovski, là où je regrette qu'Elisabeth Moss manque un peu de matière cette année (ou bien est-ce la récurrence des gros plans sur son visage déterminé qui me lasse...)
Toujours un plaisir de voir un peu plus d'Ann Dowd, même si le résultat est loin d'être des plus palpitants, notamment parce que l'épisode ne profite que très peu des parallèles entre le passé et le présent, et s'intègre dans une storyline (June vs Ofmathew) dont je peine à cerner l'intérêt, si ce n'est de rendre June totalement antipathique et de retarder encore et toujours les véritables avancées de la saison, tout en rendant l'écriture très faiblarde (Tante Lydia peut s'être assagie après son coup de sang en public en début de saison, mais je la trouve toutefois bien trop passive devant les provocations de June) ou les idées de réalisation ridicules (la séquence à la première personne et cet énième gros plan sur Elisabeth Moss, vraiment pas de très bon goût...)
La série a conscience de ses atouts majeurs (sa réalisation et ses interprètes) et s'en contente un peu trop dans cette troisième saison, semblant vouloir délayer ses intrigues au maximum pour tenir sur 13 épisodes. En résulte donc cet énième épisode de torture psychologique de June, cette fois-ci sur le thème de l'enfermement et de l'introspection. Spoiler : tout cela se termine sur un gros plan de June, persuadée qu'elle va faire tomber le système.
Le problème, c'est que les épisodes introspectifs ont souvent pour but de nous révéler une nouvelle facette psychologique d'un personnage ou bien de faire le bilan de son évolution. Or, je n'ai rien ressenti de tout ça, si ce n'est un ennui poli et une certaine crispation au trentième gros plan sur le visage d'Elisabeth Moss (trentième pour cet épisode, on doit bien en être au 300ème rien que pour cette saison).
Finalement, le seul petit rayon de soleil dans ce bien terne épisode a été la scène avec Serena et l'espoir que la série se recentre sur les enjeux qui mériteraient d'être conclus.
Enfin la saison redémarre après une trop longue apnée.
Ironiquement, c'est en renouant avec l'esprit des deux premières saisons que la série retrouve des couleurs, preuve que le "soft reboot" de cette saison 3 n'aura pris qu'à moitié. Beaucoup de très bonnes choses dans un épisode qui aurait gagné à être écrit comme un bottle episode/un vaudeville morbide entre les Waterford et les Lawrence sous la bonne étoile de Tante Lydia.
La série prouve qu'elle est capable du meilleur avec beaucoup de dialogues très efficaces, une June au sommet de sa forme (ses échanges avec Lawrence et sa punchline à Fred) et une référence à Jaws en conclusion de l'épisode, aussi réjouissante que ridicule.
