Avis sur les séries
Avis sur les saisons
Avis sur les épisodes
Excellente reprise.
Comme je le disais avec le finale de la saison précédente, l'univers de Gilead est toujours complexe à appréhender, et la série doit redoubler d'inventivité et d'excuses pour justifier de la survie de June en dépit de ses multiples rebellions et tentatives d'évasion. Ce season premiere n'y va pas par quatre chemins, mais délivre clairement le message de la saison : l'étincelle qui mènera Gilead a son embrasement est apparue (littéralement, d'ailleurs, dans cette superbe scène d'explosion, une véritable catharsis pour tous les spectateurs qui étouffaient dans cette demeure sinistre depuis 2 saisons).
Les fissures sont de plus en plus béantes, à l'image du Commandant Waterford qui doit mentir pour assurer la survie de sa femme, et celle de son honneur et les réseaux de rebellion prennent de plus en plus d'ampleur, là où seul Nick incarnait un bien faible espoir dans les saisons passées. J'appréhendais vraiment de retourner dans l'univers de The Handmaid's Tale, car chaque note d'espoir pour June était systématiquement violemment brisée par Gilead, et j'avais très peur des conséquences de son évasion, les scénaristes redoublant d'inventivité et de sadisme à certaines occasions. Ici, bien que June est punie, l'espoir persiste et est même renforcé, car elle n'est plus seule.
Nettement moins bon...
Autant j'appréciais le rythme du season premiere, autant je trouve que tout va un peu trop vite dans celui-ci.
J'aime beaucoup la découverte progressivement des réseaux de résistance et leur fonctionnement (notamment les Servantes qui énoncent l'inverse d'une vérité pour communiquer ou bien June découvrant la blanchisserie de Gilead), le retour de Tante Lydia qui justifie que June se soit encore sortie d'un de ses coups d'éclat sans être condamnée dans l'épisode précédent et enfin tout ce qui concerne Emily, parfaitement délivré par son interprète qui parvient à concilier une belle fragilité et une certaine rugosité qui me plaisent.
J'ai nettement moins adhéré à l'intrigue de June. Je comprends qu'on veuille nous plonger dans le feu de l'action, mais l'écriture m'a semblé confuse (parfois volontairement) et un peu trop spectaculaire pour un second épisode, alors que nous n'avons pas encore bien assimilé le nouvel environnement de June. Son comportement, ainsi que celui des Martha, m'a semblé trop téméraire pour des personnages qui viennent de se rencontrer. De même, je n'ai pas adhéré au suspense en fin d'épisode, car je n'avais pas suffisamment de lien avec les Martha en situation pour vraiment m'investir.
J'espère seulement que la série ne va pas lancer June dans des opérations Commando comme celle-ci à chaque épisode, mais je la pense assez intelligente (le personnage comme la série) pour nous éviter cela.
Petite question sur Emily : son passage où sa vision se trouble chez l'ophtalmo est-il seulement symbolique ? Ou bien cela cache-t-il des problèmes de santé plus profondément enfouis ? Si je ne me trompe pas, elle a travaillé dans les colonies, qui étaient réputées pour être toxiques; Bizarre que cet élément ne soit pas abordé chez le médecin...
La série abuse un poil des gros plans sur June avec un regard déterminé.
Sinon, c'était très bien, je suis très client de la nouvelle dynamique amorcée par cette saison, qui laisse enfin plus de place à l'espoir et au changement. Je critique parfois les virages un peu abrupts qu'opère le scénario (l'épisode précédent ou bien le final de la saison 2), mais il faut aussi saluer sa capacité à recomposer sa mythologie des saisons passées en y intégrant les nouveaux éléments introduits depuis le final de la saison 2. A ce titre, le fait que nous prenions conscience avec June que les pendus sont plus souvent des résistants que des hérétiques, mais que Gilead ne l'avouera jamais pour ne pas créer de martyrs, est une très belle idée. Je n'avais pas non plus intégré que la Martha Beth était apparue en saison 1 et était l'amante de Nick à Jezabel. A voir vers quoi cela mènera, mais le personnage gagne énormément en densité en l'espace de 2 épisodes, et il est vraiment réconfortant de constater que June n'est plus seule désormais.
Autre allié moins affirmé, le Commandant Lawrence commence vraiment à dévoiler son jeu. Difficile de voir en lui une menace pour June, tant il a été présenté à de trop nombreuses reprises en trop peu de temps comme un allié (l'évasion du final de la saison 2, le réseau des Martha de l'épisode précédent). On sent que les scénaristes essaient de ménager un peu de suspense autour du personnage, et je dois avouer que j'aime bien toute l'ambivalence qui l'entoure, et ses échanges avec June changent des messes basses et de la crétinerie d'un Commandant Waterford (son court échange avec June est d'ailleurs très drôle, tout comme l'ironie avec laquelle Lawrence cerne la relation entre l'ancien maître et sa servante).
Enfin, en parlant des Waterford, il reste Serena, le plus beau personnage de la série, à n'en pas douter. Son évolution est si touchante et si juste qu'Yvonne Strahovski parvient à véhiculer énormément en très peu de mots. Le background avec sa mère et le cercle religieux était aussi une excellente idée, continuant d'apporter des petites touches plaisantes à la mythologie de Gilead. Il est clair désormais que personne n'est dupe sur les Waterford, ils ont échoué socialement et intimement, et la révolte semble être la seule voie envisageable désormais pour Serena. L'échange avec June, baigné de lumière, finit de réchauffer nos coeurs. Après 2 épisodes plongés dans l'obscurité, June sort enfin des ténèbres et comprend le réseau qui est en train de se tisser autour d'elle. Il n'est d'ailleurs pas innocent que Nick, ancien seul allié de June, s'en aille dans cet épisode. Lui qui représentait l'espoir - mais un espoir étouffé, sans possibilité de s'épanouir - laisse désormais la place à de véritables acteurs du changement. June, Beth, les Martha, Serena et Lawrence.
Un épisode encore une fois chargé en émotions, scènes fortes et en avancées scénaristiques.
La série ne cesse d'explorer différentes facettes de Gilead, à l'image de la servante dévouée à Gilead qui lui prouve que la Révolution ne sera pas chose aisée. Pourtant, l'écroulement de l'Ancien Monde, incarné par les Waterford et Tante Lydia, se poursuit. Comme le dit June, et les scénaristes, elle n'aime pas Fred, mais elle ne le hait plus. Leur relation s'est désormais énormément complexifiée et les bourreaux du passé pourraient être de précieux alliés à l'avenir. Serena, comme dans l'épisode 3, a les meilleures scènes de l'épisode (la cigarette, qui m'a fait penser à Peggy Olsen, ou bien la scène de confession très touchante à la fin). Je crains cependant qu'elle ne s'éloigne de June suit eà la vidéo de fin d'épisode, à moins que Serena envisage de fuir au Canada, comme cela avait été évoqué en saison 2. J'ai par contre toujours une petite réserve sur le comportement de June à certains moments, qui prend trop de risques, diminuant la menace que représente Gilead par moments (clairement, sa défense de Janine aurait dû lui coûter un oeil ou une main).
