Bon. Il m'aura fallu plusieurs jours avant de prendre mon clavier pour pouvoir écrire un avis cohérent sur ces deux épisodes finaux, qui m'ont pas mal chamboulé. Il est d'ailleurs possible que je confonde un peu ce qui s'est passé dans l'un ou l'autre épisode, ayant visionné les deux à la suite.
Ces soixante premières minutes sont complètement transcendantes, et ce pour plusieurs raisons (ok, revoir Cooper en pleine possession de ses moyens et retourner à Twin Peaks est une des principales).
L'intrigue principale semble quasiment clôturée. Le tout donne un ensemble plutôt cohérent, ce qui pourrait presque paraître étonnant pour du David Lynch.
Toute la première partie de l'épisode nous met sous tension. Mister C, catapulté dans la White Lodge puis devant le Commissariat ; j'ai eu peur d'assister à un massacre à Twin Peaks. D'ailleurs, cela vient confirmer le fait que le Fireman avait plutôt bien joué son coup. Il réussit à monter une team de la mort et à attirer Mister C. pile là où il le souhaitait, avec (maintenant on le sait) l'aide du Major Briggs qui fait partie intégrante de la White Lodge.
La scène où Mister C. entre dans le Commissariat et est accueillie par Andy est magique. On tremble pour lui, mais en même temps, on sait qu'il est plus ou moins protégé par le Fireman. Je me suis vraiment demandée si les membres du commissariat allait remarquer la supercherie (principalement le Sheriff Truman, qui n'a pas connu Dale, rappelons le). S'ensuit l'appel de Cooper, puis le moment de gloire de Lucy.
J'ai lu ça et là que beaucoup de personnes étaient étonnées par le fait que la balle de Lucy tuait Mister C, alors que les multiples projectiles qu'il s'était pris avant ne l'avait pas affecté. J'attribue cela au fait que Lucy peut être perçue comme la pureté incarnée, tel que c'est le cas pour Andy, et que les deux ont donc des propriétés pour lutter contre le mal qu'on n'aurait pas soupçonné.
Je passe sur le combat kitschouille, qui m'aura quand même tenu en haleine (je me suis vraiment demandée sur Freddy allait réussir à tuer BOB).
Bref, BOB est mort. Naïdo redevient Diane (j'avais raison \o/ ), elle et Cooper s'aiment. Un bon mot des frères Mitchum. Tous les protagonistes rient de bon coeur. Ne manque plus qu'un arrêt sur image puis un générique de fin pour être dans un sitcom type des années 90. SAUF QUE. Apparaît en transparence le visage de Cooper durant toute cette scène, accentuant le côté carton pâte du moment. Tout semble flottant, presque irréel. On s'attend à ce que BOB reprenne le dessus, que Mister C. se réveille et que tout cela ne soit finalement... Qu'un rêve. Who is the dreamer ?... Est-ce que ce n'est pas nous, finalement, spectateurs, qui rêvions d'une happy end ?
Il semblerait pourtant que tout ne soit pas terminé. Il reste une chose à faire à Cooper : sauver Laura (et offrir à Janey-E et Sonny Jim une fin heureuse en passant). Avec l'aide de Jeffries, il réussit un voyage temporel en 1989, le soir de la mort de Laura. Magnifique montage entre le Twin Peaks des années 90 et celui de 2017. Grâce à son apparition (on comprend enfin pourquoi Laura criait dans le film, elle a vu Cooper), elle semble sauvée.
Elle semble.
Dernier avis pour Twin Peaks. Que c'est difficile de se dire que ça y'est, c'est terminé.
Quoique.
C'est terminé ou bien tout commence ? On ne le saura peut-être jamais.
Très honnêtement, j'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois pour comprendre ce final. Car revoir une partie du début de la saison, je n'ai pas tout de suite compris pourquoi. Finalement, c'est logique, et nous avions été prévenus lors de l'épisode précédent par Jeffries : la boucle du temps est infinie.
Là encore, j'ai eu peur pour Cooper. Peur qu'il soit définitivement pris au piège de la Black Lodge. En voulant sauver Laura, il a mis Judy dans une rage folle. On comprend que cette entité maléfique est représentée sous forme humaine par la mère de Laura. Et par l'objet "mère", en général. Cela ne m'étonnerait pas que la chose dont sort BOB dans l'épisode 8 soit également Judy, la "génitrice du mal".
Cooper semble bien décidé à en finir avec elle, et requiert pour ça l'aide de Diane (à qui les cheveux rouges vont magnifiquement bien, au passage !). Ils conduisent ensemble et s'arrêtent au bord d'une route classique. Ou presque (à 430 miles de Twin Peaks : https://www.reddit.com/r/twinpeaks/comments/6yc31b/s3e18_i_dont_if_this_has_already_been_posted_but/?st=j7bxyg90&sh=27f47c62).
On entre clairement sur le territoire (et la dimension) de Judy. Cela est souligné par la discussion entre Cooper et Diane, où l'un des deux indique à l'autre que les choses ne seront peut-être jamais plus comme avant.
Et cela se confirme vite. Diane, mais surtout Cooper, semblent avoir changés. Dale est plus distant, parle moins, paraît moins empathique, mais reste lui-même malgré tout ; comme si le caractère de son Dooplegänger faisait désormais parti de lui. Pour Diane, cela se confirme lorsqu'elle cache son visage pendant qu'ils couchent ensemble. Elle revoit sans doute Mister C, qui l'a violé. A mon sens, la Diane que le FBI connaît disparaît lors de la scène de la station essence, où on voit une partie d'elle s'éloigner.
Le lendemain matin, Cooper et Diane semblent ne plus exister sous leur personnalité initiale. D'ailleurs, ils se nomment désormais Richard et Linda, qui rompt par un mot avec lui. Contrairement à ce qu'on aurait pu attendre de Dale, il ne part pas à la recherche de Diane, mais de Laura ; preuve de son changement.
Après quelques péripéties, il la retrouve sous une autre identité : Carrie Page, dont le comportement n'est pas sans rappelé celui d'Audrey.
- Dès qu'elle ouvre la porte, elle demande à Cooper "s'il l'a retrouvé". Rappelons que la fille Horne était la seule à chercher quelqu'un en la personne de Billy.
- Elle a tué quelqu'un dans son salon, comme Audrey cherchait à tuer Charlie.
- Elle est obsédée par l'idée de mettre son manteau.
Pourrait-il y'avoir eu une fusion d'êtres humains dans ce monde ? Rien n'est moins sûr.
S'ensuit plusieurs scènes dont seul Lynch a le génie : un trajet de nuit en voiture, sans que les protagonistes ne s'échangent un mot. Le regard de Cooper a changé, définitivement, ce n'est plus le même. Comme Laura, on trouve le temps long, mais on est captivé, sans savoir pourquoi.
Arrivés à Twin Peaks, on est pris d'un malaise. La ville est identique, mais bordel, quelque chose ne va pas. La série va mal finir, c'est sûr. Lorsque Cooper sonne à la porte de la maison des Palmer, ce sentiment est confirmé. Il semblerait qu'en ayant voulu changer le passé, Dale ait complètement modifié l'histoire et l'espace temps.
Laura n'existe plus dans cette dimension, pas plus que Cooper. Est-ce le passé ou le futur ? Personne ne le sait. La question "en quelle année sommes-nous ?" pourrait être retranscrite par "dans quelle dimension sommes-nous ?". Pour autant, il semble que Carrie entende la voix de Sarah Palmer émanant de la maison, et se mette ensuite à hurler/retrouver sa mémoire ? Nul ne le sait.
Sur Internet, j'ai lu que nous avions déjà vu cette dimension lors de l'épisode 7. Rappelez vous, en scène de fin, nous voyons le Diner (ce qui n'a jamais été le cas précédemment, puisque chaque épisode se termine au Bang Bang Bar). Un personnage intervient, et sur l'image d'après, le même endroit, mais complètement chamboulé : https://www.youtube.com/watch?v=ERYCBy_k2gk Je ne peux pas croire à une erreur de montage de la part de David Lynch. Je pense vraiment que c'était un indice pour mettre en exergue l'existence d'une autre dimension.
On a beaucoup parlé de timelines différentes durant cette saison. Mais finalement, peut-être s'agit-il de dimensions différentes.
J'ai lu sur le net que la diffusion des deux épisodes à la suite n'était pas un hasard. Nous aurions le droit à deux fins différentes : la happy end avec l'épisode 17 et cette version beaucoup plus sombre. Même si je n'y crois qu'à moitié, je trouve cette théorie intéressante. Elle ne fait que renforcer l'idée que nous sommes acteurs de la série.
Twin Peaks, c'est fini. Nous n'aurons sans doute jamais les réponses à toutes ces questions. C'est terriblement frustrant, mais cela nous permet de vraiment réfléchir.
Que cette série va me manquer. Que ses personnages aussi. Regarder d'autres shows va me paraître bien fade à présent. Je pense qu'un visionnage des saisons 1 et 2 et de l'ensemble de la filmographie de David Lynch vont être nécessaire pour faire mon deuil.
Je n'avais pas connu ce sentiment depuis Six Feet Under. Chapeau. Et à dans 25 ans.
Je l'avais dit, je le fais : je me replonge dans les saisons 1 et 2 de Twin Peaks après avoir visionné le film comprenant les scènes coupées (et gavé tout mon entourage avec la série).
C'est quand même fou à quel point tout s'enchaîne parfaitement. Ce pilot est quand même très fluide et réussit assez brillamment à intégrer l'ensemble des personnages et leur caractère. On enchaîne les scènes d'une forte émotion et celles beaucoup plus légères.
La musique est très présente, voire omniprésente. Aimant beaucoup cette bande son, cela ne m'a pas gêné le moins du monde. Mais je peux comprendre que cela soit un peu parasitant. Pour autant, le thème de Laura Palmer est quand même particulièrement puissant, et la réaction des personnages lorsqu'ils apprennent sa mort a réussi à me tirer une larmichette.
Spoiler des événements à suivre :
- je comprends pourquoi Sarah Palmer demande à Harry qui est au premier étage de sa maison. Le shérif lui répond qu'il s'agit d'un de ses hommes, mais le ventilateur de plafond activé ne laisse pas place au doute sur qui est réellement présent (confirmé par les derniers plans sur Sarah Palmer qui hurle, a priori sans raison, sauf si on regarde en haut à droite de l'image).
- lorsque Bobby est enfermé dans la prison, il commence à pousser des cris d'animaux en voyant James. Joli parallèle avec la saison 3, où Naïdo ne pousse que des cris de singe.
Et hop, le deuxième épisode de Twin Peaks. Je comprends tellement pourquoi Dale Cooper est devenu un personnage si culte. En peu de temps, il arrive à être brillant, drôle, sincère, tout en sachant complètement où il souhaite aller. Tout ce qui se rattache à lui en saison 3 n'en est que plus frustrant !
Il contraste effectivement avec l'ensemble des habitants de Twin Peaks. La première fois que j'avais vu la série, je n'avais pas accroché avec l'intrigue sur la scierie Packard. C'est encore le cas aujourd'hui, sans doute dû au fait que je trouve l'actrice incarnant Josie très mauvaise.
Cela étant, très bonne réalisation de Lynch. Il a pas mal diminué la bande son, extrêmement présente lors du pilot, et arrive à présenter en un temps record un certain nombre de personnages sans trop nous paumer. D'ailleurs, mention spéciale pour l'introduction "officielle" de Bob. Sa présence à l'écran dure moins de 5 secondes, et sans savoir qui il est, il arrive à instaurer un malaise et une sensation d'oppression comme rarement vu.