Avis sur les séries
Avis sur les saisons
Avis sur les épisodes
La méthode Ted est belle et bien détruite et c'est pour le mieux. Il ne prend même plus la peine de discuter à la mi-temps avec ces joueurs et ces deux assistants prennent une direction complètement opposée, afin de combler le vide. Sassy a raison : Ted is a mess. Mais les autres personnages aussi ont tous quelque chose de cassé, qu'il va falloir réparer, et cette fois, sans la psy. C'est Ted qui finalement ouvre la voie, à la fin de cet épisode, en faisant quelque chose de bien plus important qu'un simple match de football.
Zava s'en va, de la plus improbable des façons (il n'est pas exclu qu'il revienne) et laisse - enfin - le champ libre à Ted pour reconstruire la série qu'il a lui-même détruite. "Believe" est complètement en miette et c'est le message absolument central de cette saison où chaque personnage va devoir se réparer pour aller de l'avant. Et c'est ça qui est précisément génial en terme d'écriture, c'est cette capacité incroyable de relier toutes les histoires dans un bloc unique et vers une seule direction.
PS : Je ne pense pas que Ted termine coach à la fin de la saison.
Dans "Don Quichotte", le personnage éponyme et Sancho Pansa partent combattre des moulins à vents, que le Don prend pour des géants magiques et méchants. C'est resté dans l'inconscient populaire comme un combat impossible et inutile.
Chaque personnage ici se rêve de quelque chose qu'il n'est pas : Leslie en jazzman, Jaimie qui raconte à Roy qu'il connait très bien Amsterdam alors que ses souvenirs lui viennent de ses parents, Rebecca en inconnue et Ted en coach technique, qui croit révolutionner le football, en inventant... Quelque chose qui existe déjà.
Un épisode prodigieux d'écriture qui regroupe pas moins de six storylines où toutes suivent la même direction et contribue encore une fois à fournir un excellent épisode à cette superbe saison. Car au fond - et c'est ça qui est génial - l'épisode montre que, comme presque hors du temps, Don Quichotte peut avoir raison. Qu'il vaut sans doute mieux en effet partir chasser les moulins comme Jaime et Roy, plutôt que de rester dans son coin. Et chacun dans son individualité, mais jamais seul (Colin et Trend, etc) peut se reconstruire et ainsi pouvoir aller chasser en commun leur moulin à vent (gagner la saison). C'est sans aucun doute purement hypothétique, mais la série nous permet encore une fois d'y croire. Believe, et cette fois, sans l'écrire noir sur blanc.
La vie vraie ne rentre jamais dans la bulle Ted Lasso... Jusqu'à cet épisode. Car même dans ce petit village qu'on nous montre comme idyllique, avec ces commerçants qui répètent les mêmes gestes chaque matin, le racisme perce et vient tout casser. Et la série de montrer en creux que le multiculturalisme a déjà gagné. Nathan, fils d'un Indien, peut aller manger dans un restaurant grec pour tomber amoureux d'une blonde anglaise.
La série le dit, d'ailleurs, explicitement en ouverture par la chanson merveilleuse chanson de Cranberries (dans mon top 3 du groupe perso) : "Oh, my life Is changing every day In every possible way And oh, my dreams It's never quite as it seems Never quite as it seems" La chanson parle de tomber amoureux pour la première fois de manière intense et de voir sa vie bouleversée de bout en bout. Et c'est exactement ce qui se passe dans le double date de fin, et bientôt pour Rebecca. Or, comme beaucoup de chansons de Cranberries (presque toutes en fait), la chanson a pris une toute nouvelle tournure avec la mort de Dolores O'Riordan, surtout avec la dernière phrase de la chanson 'Cause you're a dream to me, dream to me." Tout comme la voix Dolores était une sorte de rêve éveillé, Ted Lasso, hors du temps et du monde, l'est tout autant. Difficile à ce stade de savoir si un jour la série va se réveiller ou rester peut-être perpétuellement aussi intensément amoureuse de la vie et de l'amour. Il vaut mieux sans doute la seconde solution.
