Critique : Covert Affairs 3.02

Le 22 juillet 2012 à 05:38  |  ~ 7 minutes de lecture
Un épisode assez classique qui vaut surtout pour sa mythologie ambitieuse et une formidable scène entre Georges Itzin et Peter Gallagher.
Par sephja

Critique : Covert Affairs 3.02

~ 7 minutes de lecture
Un épisode assez classique qui vaut surtout pour sa mythologie ambitieuse et une formidable scène entre Georges Itzin et Peter Gallagher.
Par sephja

Une mission pour deux 

 

Annie Walker est convoquée dans le bureau d'Arthur Campbell avec Auggie pour hériter d'une mission concernant un mystérieux hacker qui vendrait des mallware de sa conception à des espions étrangers. Les deux agents sont envoyés à Barcelone pour récupérer ces données sous les ordres de Joan et malgré le refus de Lena Smith. Pendant ce temps, Anderson prépare son voyage en Erythrée pour faire sa demande en mariage.

 

Résumé de la critique

 

Un épisode plaisant que l'on peut détailler ainsi :

  •  une standalone classique et pas très adroit
  •  un couple qui cherche à se reconstruire
  •  une mythologie qui prend peu à peu
  •  une scène entre Wilcox et Campbell remarquable

 

 

Retour aux basiques

 

Après un début de saison surprenant et réussi, Covert Affairs revient à une certaine routine avec une mission du jour qui va concerner Auggie et Annie, revenant le temps d'une journée sous les ordres de Joan. Le but est clairement de marquer une transition entre les deux saisons, avec un récit convenu autour d'une histoire de transfert de documents un peu vague et pas très convaincante. L'important est ici de justifier l'association entre Piper Perabo et Christopher Gorham, les deux héros n'ayant pas eu beaucoup de scènes en commun la semaine dernière.

L'intrigue repose sur une histoire de hacker très classique et va servir avant tout à évoquer la frustration d'Auggie de ne pouvoir être de nouveau un agent de terrain. Une frustration qui se retrouve dans un comportement assez agressif envers son amie, le couple peinant durant un premier temps à retrouver l'intimité des deux saisons précédentes. Une bonne idée qui donne tout son intérêt à cette histoire, bien plus convaincante lorsqu'elle s'intéresse à l'état d'esprit de ses deux héros que dans la résolution tordue de cette histoire de programme informatique.

Episode de mise en place à l'enjeu limité, cette intrigue de Covert Affairs sert avant tout à nous introduire à Pilar Sastre et à laisser le temps à la nouvelle mythologie de s'installer. Mal à l'aise à l'idée de devoir mentir à son meilleur ami, l'agent Walker paraît embarrassée tout du long, se plaçant plus en retrait que d'habitude. Un comportement gêné qui montre la nature des changements qu'elle commence à connaître, marquant une séparation claire et volontaire entre cette saison et les deux précédentes.

 

Loin des yeux

 

Si la mission du jour est assez classique et fidèle aux habitudes de la série, les auteurs vont aussi laisser apparaître la nature de l'évolution de la série par les changements qui apparaissent dans le comportement d'Annie. Plus froide et professionnelle, l'ancienne débutante s'affirme totalement, montrant comment sa nouvelle hiérarchie a lentement déteint sur elle. Au lieu de foncer comme précédemment, le personnage de Piper Perabo cherche à évaluer ses possibilités, portant un regard différent sur Auggie, involontairement condescendant.

Rarement abordé aussi directement, le problème de vue du jeune analyste va devenir un élément important de cet épisode, poussant l'héroïne à se montrer beaucoup trop protectrice dans un premier temps. Mais derrière cette apparente froideur se cache aussi une peur de l'intimité, celle d'une femme qui doute de ses sentiments, la faute à une mission qui l'oblige clairement à perdre de vue la frontière entre mensonge et vérité. En racontant ses intentions de faire sa demande à Parker, il montre un besoin d'exprimer ses sentiments assez touchants, la jeune femme n'ayant plus cette occasion de pouvoir échanger ses peurs et ses angoisses avec d'autres.

Isolée, l'agent Walker souffre de son changement de statut, perdant de vue la frontière entre son travail et une vie privée qui n'existe plus vraiment. L'occasion de s'apercevoir du niveau d'exigence de Lena Smith qui cherche à la tester psychologiquement en la soumettant à un rythme particulièrement épuisant. A force de ne pouvoir être elle-même à tout moment de la journée, Annie perd ses repères et son contact avec ses proches, découvrant enfin la réalité d'un métier où l'intimité est un luxe qui ne dure qu'un instant.

 

 

Une mythologie bien exploitée 

 

Elément surprise de cette troisième saison, l'arrivée du personnage de Sarah Clarke est un choc et les auteurs nous laissent le temps de nous habituer à l'arrivée de Smith, montrant son niveau au sein de la hiérarchie de Langley. En éloignant l'agent Walker de son objectif de la semaine dernière, les scénaristes prennent un risque calculé, offrant l'occasion d'un affrontement entre Joan et Lena particulièrement intéressant. Les luttes de pouvoir au sein de l'Agence qui manquaient cruellement à la série les saisons précédentes sont enfin bien exploitées, laissant apparaître l'existence de tension particulièrement fortes.

La vraie question concerne les intentions des deux femmes, leur opposition influant directement sur la relation entretenue par le duo vedette de la série. D'un côté, une vision moderne de l'espionnage qui se limite à opérer en surface avec un minimum de risques, de l'autre une vision plus classique du métier avec un travail sur le long terme. La scène où elle lève les bras d'agacement devant le refus d'Auggie d'abandonner son objectif est une belle mise en évidence de cette différence de philosophie, Annie montre qu'elle refuse de s'impliquer personnellement dans la réussite de cette mission.

Entre son ancienne patronne et la nouvelle, un combat terrible fait rage pour l'âme de l'agent Walker, cherchant à se plier aux désidératas de sa nouvelle patronne. La tâche difficile qui l'attend va alors constituer à ne pas perdre son identité, à conserver son approche personnelle du métier malgré la pression terrible qui règne sur elle. En effet, comme le montre la scène entre Wilcox et Campbell, les enjeux sont élevés et le meurtre de Jai prend une dimension inattendue lorsque l'ancien patron de la CIA lui-même révèle son impuissance.

 

Une scène remarquable 

 

Lors de la saison numéro deux, j'avais beaucoup regretté le manque d'impact de l'ancien chef de la CIA sur la mythologie de la série, la nomination de son fils n'ayant au final pas servi à grand-chose. Seulement, pour mieux marquer la différence avec l'an passé, les auteurs signent une séquence très réussie qui va tirer parfaitement profit d'un Georges Itzin assez épatant, réellement marqué par le meurtre d'un fils, reprenant un visage un peu plus humain. Une confrontation très bien écrite qui reste le point d'orgue d'un épisode qui aura permis de mettre en avant la nature des tensions existantes au sein de Langley. 

En conclusion, un épisode qui se découpe en deux parties assez inégales, donnant un résultat malgré tout satisfaisant et supérieur à l'ensemble de la saison précédente. Truffée de raccourcis scénaristiques gênants, la première partie concerne la mission du jour d'Annie et Auggie qui vaut avant tout pour sa dimension psychologique, opposant la vision de Joan et celle de Lena concernant le métier d'espionne. La seconde partie autour des conflits hiérarchiques au sein de Langley est de loin la plus intéressante, surtout lors de l'affrontement impeccable entre les deux anciens patrons de la CIA. 

 

J'aime : 

  •  la mythologie très intéressante
  •  la scène entre Georges Itzin et Peter Gallagher 
  •  l'opposition entre Annie et Auggie 

 

Je n'aime pas : 

  •  la résolution tirée par les cheveux 
  •  des ruptures de rythme assez gênantes

 

Note : 13 / 20 

Confirmant son ambition du season premiere, Covert Affairs offre un épisode classique en apparence, avec un duo entre Annie et Auggie toujours aussi attachant. Malheureusement, si la mythologie reste une  belle réussite avec une scène surprenante entre Wilcox et Campbell, la conclusion reste trop tirée par les cheveux et assez désagréables.

L'auteur

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