Critique : Fringe 5.07

Le 25 novembre 2012 à 22:55  |  ~ 7 minutes de lecture
Déjà plus de la moitié de saison de passée pour Fringe. Aucune baisse de régime, le show devient très noir et va à tout vitesse. Peut être même un peu trop vite non ?

Critique : Fringe 5.07

~ 7 minutes de lecture
Déjà plus de la moitié de saison de passée pour Fringe. Aucune baisse de régime, le show devient très noir et va à tout vitesse. Peut être même un peu trop vite non ?
Par alanparish

Besoin d’une perruque Peter ?

 

Ca y est, Peter est « officiellement » un observateur. L’épisode précédent avait déjà bien entrouvert la voie avec une anticipation déroutante de la part du jeune homme ainsi qu’un mode Neo de Matrix enclenché, mais cet épisode va encore plus loin dans la transformation. La scène d’introduction fait froid dans le dos. Joshua Jackson a longtemps vécu dans l’ombre des deux performances de ses collègues, à savoir John Noble et Anna Torv. Apparemment il est l’heure pour lui de briller et, alors qu’on pouvait croire que l’acteur possédait une palette de jeu assez faiblarde, son « obervaterisation » va nous faire dire le contraire. Il est juste génial dans les mimiques que produit son visage, dans son regard. On a l’impression d’avoir en face de nous un véritable observateur, chose à la fois excitante et bien triste.

Ce qui est encore plus triste, c’est que Peter se détache complètement de ses proches et commence à suivre les traces peu reluisantes de son père. Le parallèle est superbe, le dicton « tel père, tel fils » est impeccable dans cette situation. Je dirais même que Peter va plus loin dans les « ténèbres » de la science car j’ai la sensation qu’il n’y a pas de retour arrière possible pour lui, là où son père a réussi à se sortir de sa folie des grandeurs. Ce parallèle est d’autant plus pertinent que nos deux scientifiques ont la même motivation pour justifier leurs excès : leur enfant.

Il n’empêche que voir Peter botter le cul aux chauves c’est vraiment très plaisant, mais à quel prix ? Le personnage se déshumanise totalement, le récit devient très noir et l’atmosphère bien pesante. Ce choix assez osé des scénaristes est une totale réussite. Cerise sur le gâteau, on plonge dans un univers de science-fiction très riche et divertissant. Peter me fait penser à une sorte de Robocop avec sa soif de vengeance/justice et son mode « je déroule tout ». Si le résultat est au rendez vous, on peut regretter ce choix de facilité de la part des scénaristes de faire de Peter une machine de guerre, délaissant un peu trop le plan initial...

Finalement Fringe c’est quoi ? Longtemps catalogué comme une sorte de X-Files de par ses enquêtes surnaturelles, je pense qu’avant tout le but de la série est de nous montrer le destin tragique de Peter Bishop. Le terme destin est vraiment le plus adéquat car qu’importe ce qu’il se passe, Peter est condamné à disparaitre. Souvenez nous de ce qui doit lui arriver quand il est enfant, souvenez vous de sa disparition lors de la fusion des deux mondes. Et maintenant imaginez le à la fin de la série : il aura selon toute vraisemblance disparu une fois de plus, peut être pas physiquement, mais humainement c’est certain. Peter est condamné à ne pas pouvoir vivre et personnellement cet épisode me l’a parfaitement fait ressentir. Qu’importe que l’on modifie les univers parallèles ou que l’on fasse des voyages dans le temps, son existence ne doit pas être, il apparait à chaque fois comme une anomalie de la nature. On retrouve ici les thèmes chers à la série, à savoir la fatalité et le déterminisme. C’est vraiment dur d’accepter cela tellement on s’est attaché à la famille Bishop et à Olivia. Il parait inconcevable que Fringe se termine en happy end maintenant…

 

Observateur style

Observateur style !

 

Peter en observateur, une réelle bonne idée ?

 

Après avoir fait les louanges de la montée en puissance de Peter, il faut bien avouer qu'elle comporte quelques défauts. Et le principal est la mise en retrait du plan initial via les cassettes vidéos de Walter. C'est assez paradoxal à dire car, même si on a l'impression d'une forte cohérence dans le scénario et l'évolution des personnages, force est de constater que les scénaristes sont à moitié en roue libre. Rappelons qu'il ne reste plus que cinq épisodes, ce qui paraît extrêmement court pour terminer proprement l'histoire. Du coup j'ai la sensation que le plan Peter observateur n'était pas spécialement prévu de base et qu'il est un peu parachuté comme cela. Alors certes le coup est réussi, reste à voir la finalité où j'émets quelques réserves.

Surtout que, de par cette sur exposition de Peter, Walter et Olivia sont mis en retrait et le plan des cassettes vidéos semble obsolète. Pourquoi continuer à s'emmerder à réunir des éléments improbables quand on a Robocop dans son équipe ? La petite incursion dans le laboratoire de Bell (on en a pas fini d'en entendre parler de lui je pense) était sympathique mais au recul de ces quarante minutes cela reste anecdotique. On appréciera tout de même le retour de Nina Sharp, dernière grande absente parmi les « anciens ». Et sans grande surprise elle n'a pas beaucoup d'impact sur l'histoire, à l'image d'un Broyles. Pourtant ils occupent tous les deux des positions importantes dans la hiérarchie de 2036...

En fait le vrai regret de cet épisode c'est la sous exposition de Walter et Olivia. C'est normal me direz vous, c'est l'heure de gloire de Peter (enfin si on peut appeler ça une gloire). Personnellement je trouve ça dommage d'avoir un Walter qui semble si peu important alors qu'il a toujours réussi à porter la série sur ses épaules. Il est touchant avec Nina, il nous sort des répliques improbables lors de moment très lourd mais il ne crève plus l'écran comme auparavant. On le sent résigné et limite victime des événements.

C'est encore pire pour Olivia. Elle m'est apparu complétement dépassée par ce qu'il se passe et totalement impuissante. Je crois que c'est la première fois qu'on voit une Olivia aussi faible et sans solution, en témoigne cette magnifique scène où elle découvre que Peter est devenu un observateur. Alors qu'on aurait cru qu'elle serait parti au clash, elle ne dit rien, l'air résigné, et repart en laissant son homme dans son délire. A moins qu'elle ait compris qu'il n'y a rien à faire pour lui pour le moment...

Cet épisode marque donc la rupture entre Peter et sa famille. Je suis très curieux de savoir comme Walter va réagir au choix de son fils, je me demande s'il va s'énerver et tout tenter pour le sauver (une fois de plus) ou bien s'il va se résigner à cette transformation. En tout cas c'est une réelle tristesse de voir cette famille éclater, l'épisode où Etta meurt étant le point de départ de tout cet engrenage. L'avenir est sombre, très sombre...

 

Happy face !

Si même les acteurs ne croient plus en une happy end...

 

Pour conclure, Fringe continue d'assurer le spectacle. Cette saison ne comporte pas de fausses notes, juste quelques regrets et une impression que le scénario va plus vite que la musique. Et je sais pas vous, mais je trouve que ça manque sensiblement de dimensions parallèles et qu'on aurait pu avoir un résultat encore plus épique avec un combat observateur/les deux mondes (franchement les deux Walter et les deux Olivia ensemble ça aurait été un pur régal). Le show reste néanmoins de très bonne facture et c'est avec une certaine tristesse et inquiétude que je réalise qu'il ne reste plus que cinq épisodes...

 

J'ai aimé :

  •  Peter
  •  l'univers sf de la série

 

J'ai moins aimé :

  •  la mise en retrait de Walt et Olivia
  •  la sensation que le plan de Walt soit une roue de secours à Peter alias Robocop

L'auteur

Commentaires

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wrk
Juste un commentaire sur le fait de ne pas avoir les deux univers dans le final. Sans doute que cela aurait ajouter du spectacle et de l'intensité dans la bataille, mais cela l'aurait été forcément au détriment du drame familial Peter/Olivia/Walter. Ne pas avoir l'autre univers nous permet d'axer la série uniquement sur eux plus que sur la bataille.

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