Critique : Necessary Roughness 1.07

Le 15 août 2011 à 06:47  |  ~ 7 minutes de lecture
Episode touffu, très complet, ouvrant certaines portes tout en fermant certaines et finalement assez agréable. Au programme, des épouses de joueur en pleine bataille, Dani tente de protéger son fils pendant que TK commence à sombrer dans la dépression.
Par sephja

Critique : Necessary Roughness 1.07

~ 7 minutes de lecture
Episode touffu, très complet, ouvrant certaines portes tout en fermant certaines et finalement assez agréable. Au programme, des épouses de joueur en pleine bataille, Dani tente de protéger son fils pendant que TK commence à sombrer dans la dépression.
Par sephja

Pitch esprit d'équipe 

Le docteur Dani Santino est appelée à l'aide pour résoudre un conflit né entre les épouses de joueur, prise en train de se battre pendant une séance photo. Du côté des maris et petits copains, cet évènement se répercutent dans leur comportement, surtout que TK est particulièrement invivable, souffrant d'un profond manque de reconnaissance. Pendant ce temps, Niko vient au secours de la fille du propriétaire Marshall Pittman. 

 

 

Un épisode choral sur l'esprit d'équipe 

L'épouse d'un Safety et d'un Linebacker se dispute, obligeant le coach à faire appel au docteur Santino pour trouver l'origine de leur dispute. En effet, l'état d'esprit des joueurs s'en ressent et, pour faire simple pour ceux qui ignorent la complexité du foot US, l'ancien linebacker qui écrit cette critique vous assure qu'il est impossible de jouer sans avoir confiance dans son safety. L'urgence est donc grande et ne se limite pas à une dispute entre filles, car ce type de tension met en péril toute la défense de l'équipe.

L'histoire va vite s'orienter vers la difficulté d'avoir ce double statut, à la fois femme de joueur et membre de l'équipe, obligeant toute une série de mensonges et ajoutant une complexité supplémentaire dans les rapports humains. Car il ne s'agit pas ici de thérapie pour Dani, mais de sortir ces femmes de l'environnement de l'équipe pour leur permettre de se confesser tranquillement. La partie investigation est simple, mais dynamique et s'avère assez touchante en évitant certains clichés grâce à la vraie qualité des seconds rôles.

En laissant Callie Thorne occuper une place moins centrale, Necessary Roughness prouve qu'elle a su, à ma grande surprise, se créer un univers à part entière, avec des personnages haut en couleurs qui ont réussi à prendre de l'importance. Toujours aussi juste, Calli Thorne ne tient plus le show seule sur ses épaules, et peut compter sur Nico Careles qui obtient enfin une storyline indépendante, certes mince mais signe d'une vraie évolution.

 

 

Nico Careles, l'homme dans l'ombre

D'abord utilisé comme vulgaire couteau suisse par les scénaristes, l'homme à tout faire de Marshall Pittman a su gagner ses galons de personnage principal grâce au talent de son comédien Scott Cohen. D'un charisme étonnant, Nico fait partie de ces personnages qu'il vaut mieux avoir avec soi que contre, alternant un comportement protecteur pour ses amis et un style glaçant pour ses ennemis. Doté d'un passé trouble et d'une fidélité sans faille, Nico est un homme de confiance qui est le premier à avoir pris au sérieux l'apport sur l'équipe du Docteur Santino.

En fait, ses deux personnages se ressemblent beaucoup, tous les deux servant à résoudre les problèmes, malgré des méthodes plutôt différentes. Si Dani utilise les mots pour trouver les origines des peines et souffrances, Nico se sert du silence pour déstabiliser et convaincre, avec en sous-entendu une utilisation éventuelle de la violence jamais explicitée. Personnage original dans une série familiale et fédératrice comme Necessary Roughness, il possède une vraie présence et sa storyline avec la fille Pittman, malgré sa simplicité, confirme l'aura prise par ce personnage.

La courte scène où il vient demander les conseils du docteur Santino est de loin la plus intéressante de l'épisode, montrant le respect qui s'est établi entre ces deux personnages. Homme capable de déplacer les montagnes, Nico possède un rapport avec les femmes très intéressant qui j'espère sera développé par la suite. Petit à petit devenu indispensable, il a pris la place de Terrence King dans le coeur du spectateur, malgré la propension de TK à envahir l'espace autour de lui.

 

Terrence King comme un ouragan

Dans tout récit chorale à plusieurs personnages, la narration a besoin d'un élément qui permet de relier toutes les histoires, d'un personnage qui fait la passerelle entre les différents niveaux du récit, à savoir ici Terrence King. En recherche d'amour et de reconnaissance, TK devient totalement intenable, envahissant le monde autour de lui en s'assurant d'être le centre de toutes les attentions. Dès lors, il s'invite à l'intérieur de l'univers familial du Docteur Santino, allant jusqu'à franchir le point de non-retour en ne respectant pas l'éthique médecin - patient.

Il est bon de voir Dani poser enfin des règles à TK, sauf qu'il est un peu tard pour rappeler les barrières indispensables au développement d'une thérapie. La seule relation que le WR vedette attend est une forme d'adulation, d'admiration des autres qui permettent de flatter son ego et de cacher son manque de confiance en lui. De plus, l'éventualité d'une famille a réveillé des souvenirs enfouis qui laisse deviner une enfance complexe, donnant enfin du contenu à un personnage qui s'était lentement appauvrie. 

Espérons que les nouvelles exigences du Docteur Santino permette de faire de cette thérapie, jusqu'ici peu crédible, quelque chose de moins artificielle. Si elle réussit cela, Necessary Roughness aura réussi l'exploit en une saison de passer du statut de divertissement sans ambition à une série avec une vraie identité. En  tout cas, je commence sérieusement à me prendre au jeu de ce ballet de personnages de plus en plus complexes, surtout que la famille de Dani a arrêté d'être un boulet pour occuper une place moins centrale et plus intéressante.

Bref, NR est encore loin d'être un chef d'oeuvre, mais tient ses promesses en offrant un divertissement de bonne qualité grâce à des personnages qui gagnent en profondeur. Seul le traitement offert à Laura Radcliffe est particulièrement décevant, montrant un petit manque d'ambition qui brise au final la cohérence et la qualité d'un épisode jusqu'alors plutôt réussi.

 

J'aime :

  •  un récit choral riche et touffu qui prouve que la série a su se créer tout un univers 
  •  le casting impeccable 
  •  Terrence King qui retrouve un certain intérêt  
  •  une série qui progresse lentement dans une direction plus ambitieuse (au contraire de Fairly Legal) 

 

Je n'aime pas : 

  •  Andrea Anders sous employé 
  •  la storyline de Nico aurait pu être plus développé 

 

Note : 13 / 20 

Sans être un grand chef d'oeuvre, Necessary Roughness s'installe en posant les bases d'un show qui s'améliore petit à petit pour devenir un divertissement assez agréable. La qualité des comédiens permet d'oublier certaines facilités d'écriture, mais la forme plus choral du récit, moins centré sur Callie Thorne, lui réussit particulièrement bien. Sympathique. 

Attention, fan de foot US, j'annonce la venue sans tarder de Terrell Owens dans Necessary Roughness. Une bonne occasion de découvrir ce show pour certains et pour TK de rencontrer le joueur qui a servi d'inspiration pour son personnage. TO rencontre TK, cela ne se rate pas.

 

Petit dictionnaire du foot US : 

Je me permets de rajouter cela car j'ai la fâcheuse manie de parler du foot US comme si tout le monde connaissait par coeur. Donc voici un petit lexique du foot US pour les nuls, histoire d'explique certains termes de ce sport.. 

 

WR : wide receiver. Joueur qui attrape la balle lancée par le passeur 

Safety : Defenseur de troisième ligne, souvent rapide et chargé de surveiller les receveurs

Linebacker : Defenseur de seconde ligne, souvent plutôt lourd et grand chargé de surveiller les coureurs et les receveurs. 

N'hésitez pas à poser des questions pour des informations concernant ce formidable sport. 

L'auteur

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