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Critique : Sherlock 2.02 - The Hounds of Baskerville



Après une entrée en matière exceptionnelle, on savait que le second épisode serait forcément moins bon. La question qui se posait alors était : jusqu’à quel point ?


Sherlock
Genre :
Policier
Série anglaise
Année : 2010
Format : 90 min
BBC One France 4



De bonnes idées...

 

C’est Mark Gatiss, auteur du très bon The Great Game de la première saison, qui s’est attelé au scénario de cette nouvelle aventure du détective. Et pour matériel support, il s’est approprié le roman The Hound of the Baskervilles, probablement l’histoire la plus connue de Sherlock Holmes.

Avant même d’avoir vu l’épisode, j’avais quelques réserves. Déjà, il était hautement improbable qu’après l’excellent épisode de Moffat on puisse avoir un épisode du même niveau, même si cela aurait pu se faire. La seconde réserve que j’avais vis-à-vis de l’épisode était le roman d’origine en lui-même, horriblement vieillot et qui avait tendance à trainer en longueur.

Alors quand on le lit, ça passe : on est au fin 19ème début 20ème siècle et c’est suffisamment bien écrit pour que l’on soit pris dedans et que tout reste crédible. Mais dès lors que l’on passe au cinéma ou à la télévision, cette histoire de monstre géant tombe souvent à l’eau, d’une part parce qu’actuellement elle n’est plus crédible et d’autre part parce que le monstre qui est montré est souvent ridicule, la faute à des effets spéciaux peu convaincants. C’est donc avec une certaine appréhension que j’ai attaqué le visionnage de l’épisode.

La première chose qui m’a rassuré sur l’adaptation est la mise au gout du jour de l’histoire, beaucoup plus sérieuse et crédible que la secte de chinois que l’on avait pu avoir en saison 1. L’idée de transposer la légende des Baskervilles vers un centre secret du gouvernement dans lequel on effectue des expériences top secrètes est une excellente idée. Elle permet à la fois de garder le concept du chien monstrueux tout en le réactualisant avec des concepts modernes comme le clonage ou les expériences génétiques. Et pour une histoire principalement axée sur la terreur, c’est mieux de jouer sur des peurs actuelles si l’on veut toucher notre public.

Et justement, l’autre point qui me faisait peur était le monstre, dont le côté kitch risquait de plomber cette ambiance. Il est vrai que les créatures à poil en images de synthèse sont rarement convaincantes et les séries n’ont pas vraiment le budget pour proposer ce genre d’animation de qualité. Et donc la bonne surprise, c’est qu’on ne voit jamais le monstre, juste furtivement sur la fin, si bien qu’à aucun moment l’ambiance générale n’est réduite à néant par cet aspect.

Au contraire, ne pas le montrer mais laisser des indices quant à sa présence est une très bonne idée, ça renforce la curiosité du spectateur et l’intensité des scènes où il est présent : après tout, c’est souvent l’inconnu qui nous terrifie, pas forcément des images explicites. Ce qui nous permet d’avoir des scènes assez intenses où l’on essaye nous aussi de voir ce monstre sans vraiment y parvenir, où l’on est terrifié avec les personnages face à ce mystère. La scène avec Watson dans le labo et surtout celle avec le spot qui se déclenche tout seul sont de ce point de vue particulièrement réussie et participent grandement à rendre l’histoire crédible.

Sherlock

 

... malheuresement mal exploitées...

 

Seulement voilà, ces deux bons éléments sont malheureusement desservis par plusieurs points qui font grandement chuter la qualité de l’épisode. Le premier d’entre eux est la longueur de celui-ci: là où le précédent enchaînait à grande vitesse les évènements, ici c’est beaucoup plus lent, beaucoup plus posé, beaucoup plus long. Trop long même par moment, ce qui nous laisse beaucoup trop de temps pour penser.

Et ce n’est pas forcément bon au vue de l’épisode. Extrêmement classique, l’enquête comporte finalement peu de rebondissements et prend tout son temps pour présenter le contexte et les enjeux. Tant et si bien que l’on a tendance à deviner un peu trop souvent où l’épisode veut nous amener et de nombreux rebondissements tombe à l’eau. Elle est certes parfaitement crédible et cohérente mais on n’a jamais l’impression d’être complètement perdu dans le mystère, complètement à la ramasse : on a toujours cette impression de savoir pourquoi ça arrive, de deviner les évènements.

L’exemple le plus flagrant est l’insistance avec laquelle Sherlock donne une tasse à Watson, ce dernier insistant sur le fait qu’il y avait du sucre dedans. Pour ma part, l’insistance avec laquelle cela nous est montré m’a fait penser qu’il y a forcément une quelconque drogue dans la tasse et que Sherlock tente une expérience sur Watson. Et comme il y a pratiquement 10 bonnes minutes avant la scène de terreur de Watson, on a largement le temps de penser à tout ça et de deviner le tout. Et je ne parle pas du coupable en lui-même, que l’on devine pratiquement dès le début ou de l’arrivée de Lestrade dont on se demande bien ce qu’il est venu faire ici.

C’est finalement énormément préjudiciable pour l’épisode : l’enquête aurait pu être bien pour un épisode de 45 minutes/ 1 heure, moins longue, ce qui nous aurait donné moins de temps pour réfléchir .Mais pour un épisode de 90 minutes, c’est trop peu et l’on se surprend à devancer Holmes, à l’instar de A study in Pink lors de la première saison. Et c’est typiquement le genre de choses que l’on ne souhaite pas sur une série comme Sherlock.

Le dernier point qui fâche sur un aspect purement scénaristique, c’est l’arrivée à la fin de Moriarty, complètement parachuté là sans aucune raison apparente si ce n’est nous préparer à son arrivée la semaine prochaine. On ne sait pas ce qu’il fait là, qui sont les autres personnes autour de lui, bref, c’était juste là pour mettre un cliffhanger dont on aurait très bien pu se passer. Dommage cette envie de toujours vouloir conclure par quelque chose d’extraordinaire

Sherlock

 

... et une réalisation pas exceptionnelle.

 

L’intrigue n’est pas non plus rattrapée par la réalisation tant celle-ci semble être aléatoire. On a toujours ces petits effets sympathiques, les découpages lorsqu’il nous fournit des analyses des personnes en étant un exemple. Sur ces dernièrs, je dois dire que l’effet est d'ailleurs particulièrement saisissant : le rythme est rapide, trop rapide pour éviter que le spectateur ne puisse poser, ce qui renforce le caractère exceptionnel de l’esprit de déduction de Holmes qui va vite, très vite, trop vite pour nous autre simples mortels. Et du coup, ces séquences contrebalancent trop avec l’intrigue dans laquelle il a toutes les peines du monde à trouver la solution alors que le spectateur est toujours au même niveau que lui, voir même en avance parfois.

Mais ce qui choque énormément, c’est la multitude de plans sur la campagne. Ok, c’est joli, c’est grand, c’est vide mais il y en a beaucoup trop et ils n’apportent pas grand-chose à l’intrigue, d’autant qu’ils nous sont proposés avec un effet particulièrement pénible. Le réalisateur, Paul McGuigan, pourtant parfaitement à l’aise lorsqu’il s’agit de tourner à Londres, semble avoir ici toutes les peines du monde à proposer quelque chose de cohérent hors de la ville. Autant certaines scènes sont particulièrement réussies (la scène où Waston se retrouve seul dans le labo, la scène dans le jardin avec les spots qui se déclenchent), autant certaines semblent un peu sorties d’une fiction française (oui, je sais, c’est méchant mais parfois, c’est limite). Et quand l’on regarde plus attentivement, ce sont finalement les scènes d’intérieur, plus confinées, qui sont les plus réussies confirmant que le réalisateur est plus à son aise dans un environnement étroit.

C’est vraiment dommage et on a vraiment l’impression que l’on a à faire à un tout autre réalisateur ce coup-ci, alors qu’il nous avait tant bluffés sur les 3 autres épisodes qu’il avait dirigé.

Alors jusque là, je n’ai pas forcément dit du bien de l’épisode, il faut un peu relativiser. Bien que l’intrigue est très classique, elle n’en demeure pas moins divertissante ce qui l’emporte largement sur la lassitude. C’est surement dû également à la qualité de l’interprétation, toujours impeccable. Cumberbatch nous offre un Holmes parfaitement crédible lorsqu’il perd pied, de même que Russell Tovey qui parvient à tirer un peu vers lui la couverture malgré un rôle pas vraiment intéressant et la concurrence de Freeman et Cumberbatch. D’ailleurs, de ce côté-là, c’est toujours impeccable et c’est tant mieux si je puis dire tant la relation Holmes-Watson est importante.

À ce propos, j’évoquais la dernière fois que l’auteur semblait mettre plus en avant le mythe Holmes en introduisant la deerstalker. Cela semble être ici également le cas puisque l’on retrouve cette dernière et d’autres signes distinctifs du personnage, comme cette fameuse réplique :

When you have eliminated the impossible, whatever remains, however improbable, must be the truth

On retrouve donc la volonté de mettre beaucoup plus en avant Holmes, d’une part avec des intrigues plus centrées sur ses faiblesses mais également en mettant en avant tout ce qui l’a fait connaître.

 

En cherchant à s’orienter vers quelque chose de plus divertissant, l’épisode sacrifie un peu trop l’aspect intrigue qui, selon moi, fait le charme de la série. Le divertissement se révèle néanmoins correct, en grande partie dû à une interprétation impeccable malgré une réalisation aléatoire qui alterne excellents moments de terreur et grand creux.

 

J’ai aimé

  • Les scènes « de terreur »
  • La transposition de l’histoire à l’époque moderne, plutôt bonne sur le principe
  • L’interprétation, toujours impeccable
  • Les clins d’œil au mythe Sherlock Holmes

 

J’ai moins aimé

  • L’intrigue un peu trop prévisible et longuette
  • La réalisation aléatoire

 

Note : coming soon




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A propos du rédacteur

elpiolito elpiolito
1007 avis
1384 notes
Moyenne : 12.48

 Visioneur raffiné

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2 commentaires sur cet article


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#1
Koss a écrit le 16/01/2012 à 18h54
Et la note ? Et la note ? Alouette ! Alouette !
gravatar
#2
Puck a écrit le 19/01/2012 à 09h16
J'étais frustrée de n'avoir pas pu mettre mon avis (oui, le site a collapsé deux minutes hier, et m'a bouffé les 700 signes déjà écrits). Mais c'est pas grave, puisque tout est dans la critique.
[spoiler] J'ajouterais que si l'on a lu Mark Twain, ou bien si l'on est chimiste, on a très vite, vraiment très vite, une bonne idée de ce qui repose au fond du vallon, de comment ça fonctionne, etc. [/spoiler]
Mais c'est pas grave : la terreur en pleine lumière, j'aime beaucoup (même si j'ai eu des réminiscences de Scream), et Sherlock déstabilisé, les larmes aux yeux, ça le rend presque humain. Et beau, du coup !



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