Critique : Switched at Birth 1.14

Le 28 janvier 2012 à 05:16  |  ~ 7 minutes de lecture
Un épisode qui propose quelques bonnes scènes, mais souffre d'un second acte totalement désastreux.
Par sephja

Critique : Switched at Birth 1.14

~ 7 minutes de lecture
Un épisode qui propose quelques bonnes scènes, mais souffre d'un second acte totalement désastreux.
Par sephja

L'argent et l'adolescence 

Melody apprend à Emmett que la justice réclame cinq mille dollars pour la dégradation du panneau publicitaire, argent qu'il va devoir trouver en vendant sa moto. Daphne décide de lui venir en aide, mais ses efforts ne vont pas aboutir, la poussant à tenter de soutirer par le mensonge de l'argent au Kennish. Pendant ce temps, John et Kathryn cherchent un nouvel avocat pour les défendre dans leur procès contre l'hôpital. 

 

Résumé de la critique 

Un épisode moyen que l'on peut détailler ainsi : 

  •  une intrigue faible et statique 
  •  l'importance de redéfinir le rôle d'Angelo 
  •  un final qui offre plusieurs pistes 
  •  une utilisation du son intéressante 

 

 

Une histoire d'argent maladroite 

Pour ce nouvel épisode, SaB cherche à explorer les conséquences pour Emmett de son "romantic gesture" envers Bay, rebondissement narratif servant avant tout à véhiculer une certaine moralité où toute faute doit être punie. Le jeune garçon va donc devoir vendre sa moto, excuse discutable pour pousser les deux héroïnes à vouloir intervenir, une raison de plus de se disputer son affection. Malgré des justifications assez houleuses et peu convaincantes, SaB essaie de donner une profondeur morale typiquement puritaine à une intrigue plutôt faible. 

Il serait temps que la fille Vasquez passe à autre chose tant l'écriture s'enlise vite dès qu'il est question de son affection pour Emmett, ramenant la série à ses premiers épisodes construit sur le thème de l'opposition entre les deux univers et non de l'échange. Le dialogue entre les deux héroïnes devient inexistant, construisant une intrigue sans réelle dynamique reposant sur un suspens particulièrement mince. L'occasion pour la série de montrer un attachement à des valeurs morales puritaines sur la vérité, où l'argent est le fruit du mérite et la mendicité ou le vol le signe d'une perte grave de repères.

Loin des expérimentations et du discours subtil des épisodes précédents, SaB nous offre un épisode typique de ABC Family, insistant sur des valeurs morales inscrites dans l'ADN de la chaîne. Construire un scénario de quarante minutes sur une histoire de moto est assez peu ambitieux et plutôt ennuyeux, offrant un récit qui meuble beaucoup avant de se concentrer avec beaucoup plus de réussite sur le personnage d'Angelo.

 

Un homme en quête de pardon 

Pendant que les deux héroïnes emportent le récit dans le psychodrame pathétique, le personnage d'Angelo va se révéler bien plus intéressant, Gilles Marini apportant une crédibilité à la soif de repentance de son personnage. Son association professionnelle avec Regina laissait craindre le pire, mais va se révéler plutôt intéressante en permettant à ce couple de passer outre leur lourd passif. Les scènes sonnent plutôt justes pendant que les scénaristes réinstaurent un dialogue entre les deux, marquant une évolution plus constructive au sein du récit. 

En faisant le choix de l'amnistie, Angelo devient à son tour un personnage positif en apportant une dimension supplémentaire à la série en offrant l'occasion d'approfondir le personnage de Regina. L'occasion pour les auteurs de pousser Daphne à sortir de sa mentalité de petite fille et à comprendre l'importance de savoir remettre en cause ses propres certitudes, Angelo s'installant malgré elle dans son existence. Freinant toutes les évolutions du récit, la fille Vasquez est le personnage clé d'une série qui oscille trop au gré de ses humeurs, s'égarant cette semaine dans une histoire d'argent prévisible et sans saveur. 

Renouer avec Angelo sera un arc narratif risqué, mais qui aura le mérite de la pousser à évoluer et de l'obliger à accepter les faiblesses des autres. L'épisode aura permis de donner un début de développement à certaines intrigues, lançant des pistes intéressantes pour la suite en nous offrant un élégant épisode de transition. L'occasion de s'apercevoir que malgré les ambitions affichées, SaB reste un show familial par essence, remplissant le cahier des charges consensuel de la chaine ABC Family.

 

 

Une série en pleine incertitude 

Loin de la maîtrise des épisodes précédents, SaB nous offre un épisode qui tergiverse beaucoup, n'offrant que peu d'évolution tout en développant en parallèle des storylines encore embryonnaires. Ainsi, il sera question de faire avancer l'histoire autour du livre de Kathryn, idée saugrenue étonnamment mal mis en valeur jusqu'ici. L'occasion pour les auteurs d'explorer une relation mère - fille peu exploitée, consciente désormais de la nature fragile de leur fille biologique qui montre un besoin d'attention de leur part. 

En fait, Daphne voulait que les Kennish la disculpent, déçu de voir ses parents biologiques être incapable de percevoir sa détresse et de l'empêcher de sombrer dans l'illusion d'un amour inexistant. De ce point de vue, le cas de Wilke est d'autant plus incertain, les auteurs tergiversant de manière flagrante sur l'orientation à donner à ce personnage, sa prestation se limitant à offrir pour l'instant à Daphne une solution de secours. L'intrigue du clip musical est particulièrement confuse, justifiant artificiellement l'intégration de Simone pour offrir une intrigue romantique trop parachutée et tirée par les cheveux. 

Pour autant, l'épisode n'a rien de désastreux, mais renoue avec le style moins ambitieux et plus classique des premiers épisodes, cherchant à opposer Daphne et Bay, les Kennish et les Vasquez, Emmett et sa mère. Sur ce point, la conclusion de cette storyline semble une vraie bonne idée, marquant la volonté de sortir d'une routine qui jouait en défaveur du show. 

 

Des choix esthétiques intéressants 

Si certaines idées de cet épisode sont sujettes à caution, la première scène est une vraie réussite formelle, proposant une utilisation du son plutôt bien pensée. Ainsi, la réalité fantasmée de Daphne a un aspect très sonore, avec une musique envahissante, mélodramatique et sirupeuse qui envahit tout cet univers. Soudain, celle-ci revient brutalement à la réalité, marquée par un silence froid et troublant, loin des illusions d'un bonheur imaginaire qui l'empêche de vivre au quotidien et de retrouver cet enthousiasme qui fait cruellement défaut à la série. 

En conclusion, un épisode très moyen, qui offre une intrigue principale loin d'être convaincante tournant autour des tentatives de Daphne d'attirer l'attention d'Emmett. Trop embryonnaire, les différentes storylines restent vagues et peinent à convaincre, porteurs d'un message moralisateur et trop prévisible. Seule celle d'Angelo parvient à marquer l'esprit, marquant un changement dans sa relation avec Regina qui devrait contraindre Daphne à faire face à ses propres contradictions.

 

J'aime :

  •  la storyline d'Angelo 
  •  la première scène de l'épisode

 

Je n'aime pas :

  •  l'aspect moralisateur de l'épisode
  •  la volonté d'opposer les différents personnages 
  •  l'intrigue romantique entre Toby et Simone parachutée 

 

Note : 11 / 20 

Un épisode digne de la première partie de saison, accumulant les maladresses en proposant un récit moralisateur et moins inspiré que d'habitude. Un scénario de transition qui corrige le tir dans sa dernière partie et prépare l'arc à venir tournant autour d'Angelo. 

L'auteur

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