Mr. Robot
Elliot est un jeune programmeur anti-social qui souffre d'un trouble du comportement et de dépression chronique. Il est ingénieur en cyber-sécurité le jour et hacker justicier la nuit. Elliot doit faire un choix lorsque le mystérieux chef d'un groupe underground de hackers le recrute pour détruire la société ...
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| Terminée | Américaine | 50 minutes |
| Drame, Thriller, Crime, Drama | USA Network, France 2 | 2015 |
2 avis favorable
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Avis sur l'épisode 3.05
| Avis favorable | Déposé le 16 novembre 2017 à 14:18 |
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Spoiler
Un épisode à couper le souffle, et une excellente surprise car je ne m'y attendais pas du tout. Ce qui fait tout le génie de ces 45 minutes, c'est que le plan séquence n'est pas seulement un exercice de style. Il sert énormément l'intrigue sur de nombreux aspects. Il permet de nous faire ressentir plus profondément la confusion d'Elliot, sa détresse puis sa colère (contenue) dans la première partie de l'épisode. De même, la tension et la précipitation dans la partie sur Angela sont extrêmement bien gérées grâce à tous ces événements suivis sans coupe. Comme l'a très bien dit Galax, le plan séquence nous rappelle également que le spectateur est partie prenante de l'intrigue. Je pense qu'il est difficile de regarder Mr. Robot sans adhérer un minimum à la critique de la société de contrôle et du capitalisme qui jalonne la série. Ici, la force de l'immersion et l'urgence de l'action nous met face au dilemme de la contestation politique : "est-ce que ça vaut la peine de faire mourir ces gens si ça peut faire changer la société ?". Personnellement je ne sais toujours pas sur quel pied danser et ça m'a mis mal à l'aise pendant tout l'épisode. Pour ceux que ça intéresse, on retrouve une réflexion très similaire dans l'ouvrage La Zone du dehors, excellent roman d'anticipation d'Alain Damasio. Pour finir, le plan-séquence permet de concentrer toute l'histoire sur le siège social d'E-Corp. Il représente le point névralgique de tous les maux et la source des contestations sociales de la série ; il sera probablement l'épicentre de tous les évènements qui suivront. Le seule point négatif, c'est qu'au final, les deux épisodes précédents n'ont en majeur partie servi qu'à préparer les enjeux de celui-ci. En tout cas, chapeau à Sam Esmail. La série, que je trouve parfois très voire trop surréaliste, vient de gagner beaucoup en profondeur. |
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| Avis favorable | Déposé le 11 novembre 2017 à 15:23 |
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Plan. Séquence. De. 45. Minutes. Okéééééééééé ! Alors, certes l'épisode "triche" un peu. Ce n'est pas vraiment un plan séquence, mais plutôt 4 mis bout-à-bout : j'ai repéré en effet 3 cut transitoires qui s'explique surtout par la nécessité de changer de décor (quand Elliot sort du bâtiment, quand on passe dans la rue auprès de la reportrice, quand on revient dans le bâtiment avec Angela). Il y en a sans doute d'autres et certains plans sont aidés par des effets d'ordinateur. Mais wow, ça n'enlève rien à l’ambition technique de l'épisode. Et ce n’est pas qu’un effet de style : ce choix induit forcément un passage de temps réaliste et donc nous plonge dans l’oeil du cyclone pour une série d’événements teasées depuis très longtemps. Avec une caméra qui ne s’interrompt jamais, comme si elle en était incapable, la réalisation vient appuyer le propos que l’Étape 2 est en marche et que la révolution est devenue inarrêtable. C’est absolument génial comme idée. Et plus de ça, c'est l'immersion au degré 0, on ressent tout ce que les personnages ressentent, on ressent la paranoïa d'Elliot, on entend les cris de la foule pendant toute une première moitié d'épisode avant de la rencontrer et la voir éclater dans la deuxième, on écoute les news par intermittence sur quelques mini-postes TV qui font passer des décisions géopolitiques à l’influence majeure (on le sait) pour de banals faits-divers loin des priorités du moment, alors que c’est un enjeu énorme clé des précédents épisodes. C’est assez génial comme parti-pris. La série pousse encore plus loin l'idée de spectateur comme "passager silencieux" qui a toujours formé l'image depuis le pilote, dans une demi-heure en temps réel où le temps semble à la fois figé par cette caméra, mais où les choses défilent tellement vite qu'on a à peine le temps de souffler. Quand on reprend son souffle lors du dernier plan de l'épisode, on réalise que l'Étape 2 vient de se dérouler sous nos yeux, le monde a changé/va changer et nous y avons assisté en suivant nos deux protagonistes, acteurs de la révolution mais impuissants. Et les enjeux à venir risquent d'être tout aussi gargantuesques. Rarement a-t-on vu une telle technique non seulement aussi léchée mais également aussi bien appropriée au propos de l'épisode, parvenant à retranscrire toutes les émotions de l'action de façon ascendante - sentiment que quelque chose cloche, traque, paranoïa, déception, imprévisibilité, être dos au mur et ne plus pouvoir reculer, prendre les choses en main, être impuissant face à un monde plus grand que soi, et finalement démarrer l'action au milieu de la foule qui va tout changer, permettant aussi à une violence non-justifiable de s’imiscer dans le lot. Le fait est que la série sort parfois le grand jeu avec les leaders du monde et des révolutions à base de digits et de lignes de code, avec un peu de violence stylistique ça-et-là, mais elle reste souvent hors-sol. Or ici on a affaire à un vrai bain de sang et certaines des scènes les plus crues de la série à un niveau très primal. C’est un peu le climax de la transformation de la série en saison 3 qui a visé à linéariser et simplifier les choses, sans réduire la puissance de son propos : quoi de plus linéaire qu’un tel épisode ? Et ça se retrouve dans les thématiques également. Bien loin de faire tomber des conglomérats par le haut ou de flirter avec une mafia chinoise secrète, ici on a une guerre à une échelle micro et humaine. Les employés d’E-Corp ont beau contribuer activement à un système à abattre, suivre l’ensemble de l’explosion à leur niveau relativise vraiment la légitimité de la violence peu importe la finalité du combat, et le contraste entre les deux protagonistes que l’épisode suit tour à tour place vraiment Angela, qui prend les rennes du hack ici (validant sa jolie évolution depuis le début de la série), comme activiste extrême. Cela légitimise Elliot en tant que protagoniste plutôt du bon côté moral de vouloir tout arrêter. "On a allumé l'étincelle. On ne contrôle pas l'explosion". Irvin a peut-être bien tout résumé ? Du grand art ! |
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| Avis favorable | Déposé le 10 novembre 2017 à 01:01 |
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Spoiler
Un seul mot : PLAN-SÉQUENCE ! Et de quelle manière bordel. Très très grosse claque ! Ce n'est même plus de la télévision à ce niveau là, mais tout simplement de l'art. Je pense qu'on est en train d'assister à l'une des toutes meilleures séries jamais crées, voilà. |
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La claque. Magistral.
Que dire de cet épisode, à part le fait que l'on se fait juste embarquer dans trois-quarts d'heure de plan-séquence dont on ne peut pas s'échapper ou même souffler.
D'abord avec Elliot dans la première partie où l'on sent que quelque chose est sur le point de se passer, la paranoïa, l'angoisse même, ses tentatives pour être discret tout en prenant des risques pour avoir les informations dont il a besoin ainsi que sa fuite et le cache-cache avec la sécurité, entre nécessité de voir où en est le Stage 2 tout en pensant aussi à lui.
Et puis la seconde partie avec Angela après une transition où l'on suit la manifestation qui dégénère. Angela, qui se retrouve prise au piège malgré elle, se trouvant à faire ce qu'Elliot aurait dû faire, se trouvant à participer complètement au Stage 2. Toujours très calme, cela contraste nettement avec la violence de l'émeute, les bruits alentours et surtout la mission qu'elle doit mener, bravant les dangers alentours.
Comme le dit Galax, on se retrouve à la fin de l'épisode en se disant "ah oui. Stage 2 vient juste de se passer." On suit les infos sur l'écran de l'ascenseur au fil de la journée, comprenant une dimension politique qui a toujours été présente. Sans parler de Darlene qui vient tout avouer à Elliot, mais on n'a même pas l'occasion de suivre la situation plus que ça car d'autres choses se passent à côté.
L'immersion est totale, le spectateur devient actif et se retrouve aux côtés de deux personnages centraux qui restent malgré tout liés. On est obligés de suivre le mouvement de l'épisode, le mouvement de la machine qui s'est mise en marche par des forces bien plus supérieures qu'Elliot, Angela, Darlene, Mr. Robot où le FBI, le mouvement de la caméra qui ne se coupe jamais.
C'est d'une maîtrise totale, à absolument TOUS les niveaux. Du concept technique à la profondeur de la narration, cet épisode sert une fois de plus son propos à la perfection, surprenant son spectateur, l'impliquant à un niveau rarement vu tout en ne le ménageant pas : la série montre ce qu'elle veut montrer, pas ce que le spectateur veut voir, et elle choisit la façon dont elle veut le montrer (c'est surtout ça).
C'est juste... waouh. Exemplaire.