Survivor
Une aventure dans laquelle un groupe de personnes ont échoué sur une ile isolée. Le dernier survivant de cette aventure repartira chez lui avec la somme d'1 millions de dollars.
| En cours | GB, US | Pas de durée |
| Reality | CBS, | 2000 |
0 avis favorable
0 avis neutre
0 avis défavorable
15.01 -
Épisode 1
Episode 1
The 16 castaways are marooned on two separate islands on Zhelin Lake with only the clothes on their backs.
Diffusion originale : 20 septembre 2007
Diffusion française :
20 septembre 2007
Réalisat.eur.rice.s :
Scénariste.s :
Guest.s :
Todd Herzog
,
Ashley Massaro
,
Amanda Kimmel
,
James Clement
,
Peih-Gee Law
,
Steve Morris
,
Leslie Nease
,
Dave Cruser
,
Aaron Reisberger
,
Sherea Lloyd
,
Jaime Dugan
,
Jean-Robert Bellande
,
Frosti Zernow
,
Erik Huffman
,
Denise Martin
,
Courtney Yates

Le contraste pour les aventuriers de démarrer par la ville de Shanghai, le dépaysement total que représente la Chine par rapport à tous les autres pays que le show a visité pour l’instant, un retour à 16 candidats aux profils explicitement présentés par Probst, un générique hypnotisant hyper thématique avec un excellent remix, et des décors à couper le souffle jusqu’à une cérémonie dans un temple bouddhiste ! Pas de doute, c’est ni plus ni moins que mon introduction préférée de toute l’histoire de la saga. Quelle claque et quel BONHEUR d’avoir une présentation du cast et une intro organique.
La saison avait été teasée par Probst lors de la finale précédente comme étant un milestone dans l’amitié sino-américaine puisqu’il s’agit de la première fois qu’une émission états-unienne tourne entièrement en Chine, et le choc des cultures ne pouvait pas être plus présent.
Alors évacuons tout de suite l’éléphant dans la pièce : le recul de l’initiative de représentation des saisons 13 & 14 est dommageable, avec ici un ratio de 75% de blancs pour seulement 25% de bipoc (minorités américaines), bien meilleur que les 12 premières saisons mais littéralement inversé aux deux précédents qui n’avaient que 25% de blancs. Fiji avait démontré qu’il était possible d’avoir un casting diversifié sans que ça monopolise les thématiques, bien que le montage a dû ignorer des considérations qu’ont eu les candidats. Peut-être que la “mode” était passée, que l’expérience leur avait suffi. Les saisons modernes trouveront un équilibre plus représentatif de la société américaine.
Mais tout cela étant dit : quel casting de zinzin déjà. Pour le coup en termes de variété de classes, de profils, d’âge, de profession, rien n’est laissé au hasard et c’est un pur régal de retrouver autant de personnalités différentes mises en avant. Peu de saisons ont réussi à réaliser un tel cocktail.
Et la première cérémonie immergée au sein de la culture, un peu façon Vanuatu dans son excellent début également, cette fois au coeur d’un temple bouddhiste, est la parfaite occasion pour que les personnalités se fassent connaître et marquent le public.
On a ainsi notamment Peigh-Gee émue de découvrir pour la première fois le lieu de naissance de son grand-père décédé depuis peu, Denise la cantinière avec un mulet à la Anakin Skywalker (il faut le voir pour y croire) très émue d’être aussi dépaysée également…
Et de l’autre côté du spectre, on a Leslie qui semble offusquée et refuse de participer à une cérémonie religieuse qui trahirait sa dévotion envers le Christ, quand bien même Probst leur avait indiqué qu’il s’agit d’une cérémonie spirituelle respectueuse de toute religion. Leslie nous expliquant en confess :
Donc on se dit ok, c’est une crazy religieuse comme on en a déjà eu, sauf qu’ensuite elle balance à Probst :
What. the. fuck ?! Mais où vont-ils chercher ces gens bordel ahah. C’est en fait juste une folle et elle a ce truc typiquement américain impossible à décrire, un peu en mode Karen avant l’heure, qui pleure tellement “it was sooooo hard” de manquer de peu de trahir son Dieu. À nouveau il faut la voir et l’écouter pour y croire.
Et tout aussi drôle mais plus premier degré, on a juste après la séquence “émotion” de Denise qui prenait tout très à coeur, sa totale opposée : Courtney, serveuse New-Yorkaise branchée maigrichonne et tout droit représentante de son époque “emo bitches” de la fin des années 2000, qui dit “genre” tout le temps, qui roule tellement de fois des yeux au ciel et semble déjà subir toute son aventure avec une approche pragmatique nihiliste absolument tordante. Ce qui pourrait s’apparenter à un manque de respect est en réalité juste le personnage qui me fera le plus rire de l’histoire de Survivor à ce stade, absolument déjà iconique.
Ça c’est de l’intro !
En reprenant l’idée de Pearl Islands et Palau, Jeff Probst annonce aussi que conformément aux coutumes minimalistes de la culture, les joueurs vont devoir se séparer de leur possession, et donc… faire l’aventure avec ce qu’ils ont sur eux en habits. Une annonce cocasse pour Jaime qui n’a pas de soutif ce qui pourra la rendre potentiellement “très populaire” selon Probst dans une petite remarque innocente mais bien d’époque. Et si certaines comme Sherea vont devoir composer en talons, d’autres ont des bottes lestés de plusieurs kilos, comme Ashley Massaro, une diva catcheuse de la WWE hyper connue de l’époque, tristement connue pour toutes les controverses entourant cette sphère toxique et ayant mené à un suicide quelques années plus tard. En tout cas, elle a l’air hyper bad-ass et charismatique.
Le fil rouge fun de la saison consiste aussi à s’inspirer de la culture chinoise dans l’affrontement des deux équipes Zhan Hu et Fei Long, en leur donnant une copie de l’ouvrage militaire majeur “The Art of War” par Sun Tzu. Encore une fois mine de rien une idée très cool.
Passées les 10 premières minutes absolument top tier, la suite ne peut que bien rouler. Côté Fei Long, Aaron souhaite s’imposer en leader, mais cela prendra-t-il ? Todd, présenté comme “un stewart gay et mormon”, se fait direct attaquer par Jean-Robert, joueur de poker pro, qui remet en cause ce que Todd dit sous prétexte qu’il a l’air plus intelligent que les autres et… ça semble vrai, Todd ne démentant absolument pas, affirmant qu’il est là pour le million et recentrant très vite sur une méfiance sur Jean-Robert (uniquement en privé). Il est aussi très fin lorsqu’il pousse le rôle de leader (recommandation des règles de The Art of War) vers Aaron, et non vers lui.
Et Courtney continue d’être absolument incroyable dans des confess où elle bitch déjà sur tout le monde avec imitations à la clé après même pas 2h à les connaître :
On présente aussi le profil de James, colosse imposant hyper musclé et très timide, profil génial qui en plus dit que dans la vie il “enterre des gens”… il est en effet croque-mort. C’est génial !
Côté Zhan Hu, ça débat autour de la construction de l’abri avec Chicken et son sale caractère de vieux boudeur lui vaudra une élimination. Ashley la catcheuse continue d’être une des principales figures, mais elle était aussi sur la scellette après sa maladie terrible suite à une nuit hyper pluvieuse. On notera Dave qui vient la voir en disant “surtout ne crois pas que ça fait de toi une cible”, pour l’instant d’après dans le confessional, dire que clairement elle devra partir si elle ne se remet pas vite… De son côté Peigh-Gee se sent, dans la prolongation du début de l’épisode, toujours solennelle et ne vibe pas avec l’ambiance légère de sa tribu. À mal vivre leur défaite et à se requinquer en prenant les commandes de façon trop autoritaire lors de la (re)construction de la cabane, elle était aussi en danger. Dans la continuité de sa reprise en confiance, elle se propose cheffe d’équipe aux côtés de Dave lors d’un conseil où Probst essaie activement de les tirer d’affaires.
Mais c’est bien Chicken et son légendaire “DAYMN!” qui fait peur à tous ses voisins lorsqu’il apprend son élimination, qui part, avec un profil typique de premier départ : mal intégré, archétype âgé travailleur, aux mauvais aspects exacerbés, un peu drôle et over the top. C’est cool de voir cependant un départ non-unanime laissant une tribu encore assez chaotique derrière, avec les trois cibles du jour qui se votaient mutuellement.
L’ambiance de l’épisode et de la Chine reste top jusqu’au bout, avec une épreuve basée sur les défilés de grandes marionnettes mascottes cérémoniales, une épreuve physique avec un leader en tête qui permet à Frosti de briller un peu sur du parkour, mais pas assez pour l’emporter. La fidélité à l’ambiance de la région n’est pas qu’esthétique, elle permet de donner aussi une visibilité claire et élégante durant l’épreuve de l’avancée des tribus, typiquement. Le conseil est aussi sublime.
Bref, c’est un premier épisode porté par son premier tiers absolument rafraîchissant et génial, sa localisation unique, et surtout (car ça reste le sel de tuot) son casting qui s’annonce excellent. Sur 16 joueurs on n’en compte que 2 ou 3 qui n’ont eu presque aucun focus (Erik invisible, Jaime et Amanda très peu vues) mais sinon grosse mention spéciale à Peigh-Gee, Todd, James, Ashley, Frosti, et surtout Courtney d’ors-et-déjà la plus drôle de l’histoire, tandis que des méchants antipathiques comme Jean-Robert ou Dave se dessinent doucement, ou des profils plus exhubérants comme Leslie la religieuse — tant de profils cools !
Un excellent début.