Avis sur les séries
Avis sur les saisons
Une très bonne saison ! Sans doute la meilleure de Tennant, du moins celle qui aligne les meilleurs épisodes sans aucun doute.
La nouvelle compagne, Donna, est vraiment exceptionnelle, que ce soit son caractère, l’actrice, son duo avec le Docteur, tout. L’alchimie des deux porte vraiment tous les épisodes (et en sauve même certains).
L’image ne fait que s’améliorer, on voit que la série a eu plus de moyens. En conséquence, la saison est aussi moins avare en science-fiction, avec beaucoup plus de planètes et d’autres mondes. C'est sans doute encore aujourd'hui une des saisons les plus diverses, colorées, intéressantes à explorer.
La seconde partie est vraiment une des meilleures du show et enchaîne 6 épisodes fantastiques.
Les spéciaux sont plus en demi-teinte, les épisodes de Noël sont tous assez mauvais (et cette "saison + spéciaux" en compte 3, de 2007 à 2009), mais les deux différents finaux que Ten a eu, à savoir Journey's End (la fin de la saison 4 elle-même et la fin de l'ère du Dixième Docteur) et The End of Time 2 (pour le personnage de Ten en lui-même), sont tous les deux dans la même veine : bourrés de qualités malgré quelques faux-pas, ils font tout le charme de la saison et lui donnent son importance, mais montrent aussi ses limites.
La beauté de la saison, c'est que TOUS les épisodes contiennent au moins 2 ou 3 petites références étranges qui trouveront finalement leur explication sur la fin. Entre les multiples retours de personnages, de monstres et de lieux, la saison possède l'une des meilleures continuités du show et approfondit beaucoup la mythologie.
Bref, entre Donna, le fanservice, la conclusion de l'ère du Dizième Docteur et les scénarios globalement de haute volée, c’est du très bon Doctor Who !
Mon classement :
- Forest of the Dead - 18
- Silence in Library - 18
- The Waters of Mars - 18
- Turn Left - 17
- Midnight - 17
- The Stolen Earth - 17
- Journey's End - 16
- The End of Time Part Two - 16
- The Fires of Pompeii - 16
- Partners in Crime - 16
- Planet of the Ood - 15
- The Unicorn and the Wasp - 14
- The Doctor's Daughter - 14
- Planet of the Dead - 13
- The End of Time Part One - 10
- The Next Doctor - 9
- Voyage of the Damned - 9
- The Sontaran Stratagem - 9
- The Poison Sky - 8
"La saison 1, c'est un peu le brouillon de la série : le docteur et sa compagne, qui voyagent à travers l'espace, un mélange d'ambiances, d'époques, de genres et d'émotions. Il faudra attendre quelques années pour un peu plus de folie et de maturité."
Voilà l'avis que j'avais écrit il y a quelques années à propos de la série. Mon avis a depuis pas mal changé.
Cette saison 1 n'est pas que le "brouillon" de la nouvelle série, elle est aussi son socle et son modèle qui finalement a inspiré énormément la suite. Un acteur méconnu du grand public mais à la très bonne réputation dans le milieu, une actrice au contraire très mainstream pour attirer les téléspectateurs, une continuité avec l'ancienne série donnant l'impression d'entrer dans un monde au background immense mais aux possibilités encore plus grandes... Cette saison 1 a brillé dans beaucoup d'aspects, et sans elle, le show n'aurait jamais fonctionné et grandi pour être le show que l'on connait maintenant.
Et elle n'est pas qu'une saison servant de base où l'on "pardonne ses défauts car c'était la première", comme bien des œuvres surestimées sous prétexte de nostalgie, non non. Elle a aussi de très nombreuses qualités en soi. Aucun épisode ne brille particulièrement ni est au-dessus des autres, mais le niveau général est plutôt bon. Les histoires sont variées, différentes dans les tons, et la dynamique entre le Neuvième Docteur et Rose Tyler reste à ce jour l'une des meilleures.
Une chose qui explique selon moi le fait que la saison soit aussi réussie, c'est que Russel T. Davies avait convaincu la BBC de lui laisser reprendre le show afin que cette saison devienne le retour triomphant d'une légende, certes, mais à la base le show a également été conçu pour raconter une histoire avec un début et une fin, dans l'optique d'une annulation... Autrement dit en plus de voir plus large, elle raconte tout de même une histoire d'un point A à un point B et possède un vrai développement et une conclusion. C'est ce qui rend les personnages de Rose et du Docteur si attachants. La grande force de la saison 1 c'est le fait de les voir évoluer ensemble depuis le pilot jusqu'au season-finale. Toute la saison repose sur la spontanéité de Rose qui se mêle au monde à la fois tourmenté et merveilleux du Docteur, permettant à ces deux personnages de s'aider mutuellement à devenir de meilleures personnes. Très peu d'épisodes ne servent aucun propos dans la trame, ce qui donne cette atmosphère générale de confiance et de maîtrise dans toute l'histoire.
C'est cette réussite d'avoir réussi à réintroduire doucement mais sûrement toutes les bases pré-existantes d'une série culte, tout en y ajoutant des touches modernes dans les personnages et d'avoir réussi à écrire et boucler une histoire complète en 13 épisodes seulement, sans pour autant nuire de quelconque façon à une potentielle suite, qui fait de cette première saison une vraie réussite.
Et la suite nous réserve encore les meilleures choses !
Une citation pour résumer la saison :
You could stay here, fill your life with work and food and sleep, or you could go anywhere.
Moyenne de la saison 1 : 14.46
Classement :
- The Empty Child - 17
- The Doctor Dances - 17
- Dalek - 17
- The Parting of the Ways - 16
- Father's Day - 16
- The Long Game - 15
- The End of the World - 15
- The Unquiet Dead - 15
- Bad Wolf - 14
- Rose - 13
- Boom Town - 13
- World War Three - 11
- Aliens of London - 9
Le diptyque de Steven Moffat se place dans le haut du classement, clairement l'épisode le plus moderne et mémorable de la saison, même si finalement il ne représente pas vraiment cette dernière, avec son aspect très romantique, absurde et horrifique. Il est accompagné par le très bon one-shot de Robert Sherman, Dalek, qui complète le podium. Le series-finale et Father's Day complète les "16/20" et pour le coup représentent, eux, très bien cette première saison.
The Long Game a longtemps été un vilain petit canard pour ma part mais son commentaire "politique" sur l'humanité du futur, un gros gros thème de la saison qui se retrouve d'ailleurs dans The End of the World, donne vraiment des thèmes directeurs à cette saison 1. Ces deux épisodes sont très bons et dans le haut niveau de la saison. The Unquiet Dead est vraiment un historical sympa à mes yeux et est un nouvel exemple d'épisode qui s'inscrit très bien dans la saison, servant plusieurs rôles et dans lequel Rose et Nine brillent.
Bad Wolf est une première partie de finale perfectible mais très fun, tout comme Rose, un pilote encore plus perfectible et kitch mais très efficace.
Ne reste donc que le trio des épisodes Slitheen, lourdement en fin de classement. Boom Town ne s'en sort pas trop mal. A noter surtout deux ratés dans la saison : les deux parties de l'attaque des Slitheens à Downing Street. Aliens of London, est un pas en arrière après les trois premiers épisodes de la saison, mais est heureusement rattrapé par une deuxième partie plus réussie, mais pas fameuse non plus au contraire. Ils témoignent de l'aspect cheap souvent reproché à cette saison et à raison, et sont beaucoup plus lents et mal écrits que le reste.
Malheureusement l'une des plus mauvaises saisons du show, bien qu'elle reste suffisamment décente pour qu'on n'ait aucun mal à imaginer une saison moins réussie si cela devait se produire un jour - pour l'instant après 9 saisons, cela n'a toujours pas été le cas, espérons que cela continue.
EDIT de 2019 : lolilol la saison 11 existe donc oubliez, la 2 n'est clairement pas
La grande cause de cette saison 2 plus molassonne c'est que la qualité des standalones n'est pas au rendez-vous. Au cours de mon revisionnage, il n'y a pour ainsi dire qu'UN seul épisode que j'ai un peu plus aimé davantage que le précédent visionnage : School Reunion. TOUS les autres épisodes m'ont apparu comme, parfois, identiques, mais le plus souvent, moins bien que dans mes souvenirs par rapport aux autres saisons (la saison 1 comprise). Mis à part le season-finale, le two-parter du diable, School Reunion donc et ce petit bijou de The Girl in the Fireplace, le reste de la saison est souvent juste "pas mal".
J'aborde toujours chaque saison avec deux angles : la qualité intrinsèque de chaque histoire, grosso modo que l'on peut résumer comme étant la "qualité des standalones", ainsi que fil rouge, que ce soit un arc, une intrigue mystérieuse, l'évolution des personnages ou l'agencement et l'ambiance générale, bref l'objet de la saison. Le fond compte autant que la forme en somme.
J'en ai un peu parlé dans mon avis sur Army of Ghosts, mais Ten convaint moins que Nine en tant que Docteur. Je n'ai absolument rien contre Tennant, il est pour le moment bien dans le rôle, sauf qu'il n'a malheureusement pas encore eu beaucoup de palettes d'émotion à démontrer car l'écriture ne lui rend souvent que peu honneur (cela dépend des épisodes en fait, on en revient à la qualité des standalones, cette dernière ayant un rôle à jouer dans mon appréciation du fil rouge, ces deux blocs ne sont pas distincts). Pas de fausse note particulière pour Tennant donc, mais pas de réel moment emblématique non plus.
Le principal problème, c'est que la transition par Rose est très mal gérée. Elle est trop rapidement balayée dans The Christmas Invasion, ce qui laisse juste une saison où l'on est censé voir deux meilleurs amis vivre les meilleures des aventures possibles... et c'est tout ! Ce que la saison 1 avait soigneusement construit : un Docteur moralement complexe, une compagne humaine et attachante à ses côtés, une relation avec un apport mutuel, un point A et un point B... toute la saison 2 ne fait pas vraiment bouger les choses.
Le pitch est surtout : "donnons à Ten et à Rose une romance naissante", c'est assez bien fait mais ça donne une saison sans grand dynamisme.
A part ça le personnage du Doc n'est pas archi intéressant et se dévoile peu, puisqu'il est "humanisé" à l'extrême par Rose. Sauf rares exceptions (School Reunion par le biais de Sarah Jane Smith et de l'écriture de Toby Withouse qui lui rend honneur même face à des scènes triviales comme face aux Krilitaines, et The Satan Pit dans son échange face au Diable et sa croyance sur le temps), le Dixième Docteur n'est pas un Seigneur du Temps de 900 ans qui a fait une Guerre du Temps. Non, le Dixième Docteur est un alien qui a pour meilleure amie une londonnienne et qui a pris goût à la vie humaine. Pour de vrai. On ne retrouve pas le personnage du Docteur dans son ensemble mais seulement par certains endroits, c'est ce qui me gêne avec cette incarnation. Tous les autres Docteurs sont souvent impliqués et posent leur marque, ce qui créé bien sûr des aspects que l'on aime pas, mais Ten est juste... normal ? La saison s'occupe juste de lui trouver des aventures et du bon temps et ce n'est pas l'approche que je préfère chez Doctor Who.
Le Neuvième Docteur avait un égo surdimensionné concernant son importance par rapport à celles des autres races, le Dixième Docteur est à l'inverse le plus proche possible des humains qu'on pourrait l'être. Le contraste est intéressant, et donne lieu à de très belles choses, notamment son émerveillement face à l'humanité et aux agissements des humains (un thème que l'on retrouve même dans The Age of Steel ou The Impossible Planet, ce genre de petits détails très sympathiques). Je n'ai rien contre un Docteur plus "humain", "charmeur", "drôle" et finalement, plus à même à parler à l'audience mainstream, et je trouve le contexte intéressant car cela permettra une descente aux enfers progressive (dans les saisons suivantes). Le problème est que vu que la descente aux enfers ne peut commencer QUE à partir du départ de Rose, c'est-à-dire dans le dernier épisode de la saison, on a donc toute une saison avec un Docteur qui ne bouge pas d'un pouce.
Il aurait été beaucoup plus judicieux d'intégrer des nuances plus subtiles à son personnage plus souvent. Comme je l'ai dit c'est tout de même en grande partie lié à la faible qualité des loners, il suffit de voir The Idiot's Lantern, Fear Her, Love and Monsters ou même New Earth et le two-parter Cyberman pour voir que le Docteur n'est pas à son meilleur jour. Sur une saison de 14 épisodes en incluant le Noël, c'est beaucoup.
Ce n'est pas la seule chose pour laquelle la saison a pris un tournant opposé à la une. Il n'y a pas de mention de la Time War avant très longtemps, une mythologie très peu poussée, un Docteur très peu intéressant d'un point de vue de son passé... mais aussi une Rose beaucoup plus controversée, à raison.
Si je n'ai aucun mal à dire que la relation Nine/Rose est l'une des meilleures du show, Rose Tyler dans la saison 2 est parfois agaçante sur les bords. Dans le Noël, sa réaction avec le Docteur est un peu disproportionnée. Dans la saison elle est hyper dure avec Mickey ou sa mère sans raison valable, parfois jalouse à l'extrême.
Elle n'a pas que de mauvais aspects cela dit, j'aime beaucoup l'assurance dont elle fait preuve dans certains épisodes comme Tooth and Claw, The Idiot's Lantern, Fear Her ou The Satan Pit, où elle n'hésite pas à prendre la situation en main. Mais où est la Rose Tyler qui était prête à se mettre entre un Dalek et le Docteur pour affirmer son opinion ? Où est la Rose Tyler qui a ouvert le coeur du TARDIS pour sauver le Docteur ? Où est la Rose Tyler qui a brisé toutes les lois du temps pour sauver son père ?
Oui, l'aspect téméraire est toujours là, mais il y a bien un facteur qui manque : le cœur, l'affection, l'humanité, la sensibilité de Rose de la saison 1.
En même temps, avec un Docteur aussi bon-copain, ce n'est pas étonnant. Il déborde tellement d'amour, de joie et d'émotions, qu'elle ne passe plus pour la jeune fille qui découvre l'univers et y apporte son humanité dans les pires situations même les plus négatives... non, maintenant en saison 2, Rose Tyler est plutôt la gamine capricieuse qui a eu la chance d'être dans le TARDIS et qui le prend pour acquis. Je grossis les traits car il y a des épisodes où elle est très bien. Et encore une fois, je n'ai rien contre cette évolution, qui est très joliment adressée par Jackie dans Army of Ghosts, quand elle lui dit qu'elle ne reconnaît plus sa fille... mais ça c'était l'épisode 12 ! Durant toute la majorité de la saison, j'aurais aimé avoir plus de nuances de ce type. En saison 1, on voyait déjà les mauvais traits de la personnalité de Rose, elle était déjà ennuyante avec Mickey, elle était déjà jalouse (de Lynda par exemple), mais puisqu'elle offrait beaucoup d'autres choses à côté, ces aspects ne semblaient pas dominer sa personnalité. Rose en saison 2 est toujours aussi attachante, et elle gagne en confiance, mais on perd ce côté si sensible qui faisait tout son charme et qui était pourtant - je le croyais - inscrit dans son personnage (rien que par son nom - fragile comme une Rose).
Forcément, si on associe dynamique de personnages statique et personnages en eux-mêmes attachants mais pas toujours montrés sous leur meilleur profil, et que l'on y ajoute un arc pas tip top ("Torchwood" étant beaucoup moins subtilement amené que Bad Wolf - c'est parfois mentionné deux fois par épisode - et moins mystérieux aussi), le fil rouge de la saison 2 n'est juste pas bon. La succession quasi-constante de loner est agaçante, il n'y a jamais aucune continuité hormis le départ de Mickey et son retour (une moitié de saison donc, au milieu tout est interchangeable). Pour que la continuité de la saison repose sur un personnage aussi médiocre (il faut voir la transition de Mickey entre School Reunion et The Girl in the Fireplace, elle est nulissime), c'est qu'il y a un problème.
Pour résumer tous mes problèmes avec cette saison 2 :
- Un Docteur limite trop puéril, ou qui ne possède pas assez de moments pour briller malgré Tennant qui pouvait pourtant faire "so much more !" (si vous avez capté la référence, bien joué).
- Une compagne qui perd l'un de ses principaux traits pour devenir parfois agaçante, même si paradoxalement elle est quasiment plus mise au centre que son Docteur dans la saison.
- Un arc qui n'en est pas un, ne laissant qu'une continuité branlante entre les épisodes
- Des standalones trop faibles (l'opener, le double sur les Cybermen, celui avec la télé qui bouffe les gens, celui avec la môme...)
On peut trouver de qualités à cette saison dans l'ensemble. Chaque point positif que je peux trouver ne résulte pas QUE de la performance d'un épisode individuel seulement. La relation Ten/Rose, j'ai beau objectivement trouvé les deux personnages un peu faibles, mon petit coeur de fan encore ébranlé par le premier visionnage de Doomsday ne peut s'empêcher des les aimer ! Ils sont charmants. La saison a aussi tenté de nouvelles choses (certains épisodes expérimentent des genres, comme The Girl in the Fireplace ou Love and Monsters, et la saison créé la notion de Christmas Special).
Oui mais voilà, il faut être réaliste, si le seul but de la saison après The Girl in the Fireplace est d'offrir une belle porte de sortie à Rose, il y avait beaucoup, beaucoup mieux à faire.
Mais au moins maintenant, la voie est libre pour que notre Docteur reprenne du pep's et s'affirme, en espérant que la saison 3 saura plus revenir à ce qui avait fait la très bonne qualité de la première saison : une compagne intéressante, une mythologie et un personnage principal complexes et une meilleure balance entre légèreté/kitsh et sérieux. Ce qu'elle réussira à peu près.
Moyenne de la Saison 2 - 13.85 (tout de même pas mal pour la "pire" saison d'un show)
Classement :
- The Girl in the Fireplace - 19
- Doomsday - 17
- The Satan Pit - 17
- School Reunion - 16
- The Impossible Planet - 16
- Tooth and Claw - 15
- Army of Ghosts - 14
- Love & Monsters - 13
- The Christmas Invasion - 13
- The Age of Steel - 12
- New Earth - 12
- The Idiot's Lantern - 11
- Rise of the Cybermen - 11
- Fear Her - 8
Avis sur les épisodes
J'ai pris du plaisir à regarder cette saison ! Après les deux précédentes assez amères, c'était un coup de frais nécessaire, en particulier sur la narration et le casting. Même si je dirais que ses forces ne suffisent pas forcément à la rendre géniale.
C'est une saison solide et assez constante tout du long. On sent que les monteurs ont pris beaucoup plus de plaisir à nous raconter de nombreuses storylines exagérées et mises en avant, ce qui a assuré un divertissement quasi constant.
Comme avec 90% des saisons, ça partait très bien dès le début : le pitch est super cool, je suis un peu triste de me dire que c'était la dernière fois qu'on a eu une saison de Survivor avec une division thématique. Le premier épisode enchaîne les choses originales : épreuve sur le bateau de départ, pas mal d'accent mis sur les histoires personnelles de plusieurs candidats, thème qui prend du temps à être révélé ce qui nous permet de commencer à connaître le passé et les futures intrigues de chacun, quelques enjeux de société aussi avec un côté lutte des classes déjà plus réussi en 10 minutes que l'entièreté de la saison 30... Et une fin épique avec une medevac de Pat loin d'être frustrante, qui lance toute l'histoire David vs. Goliath !
Avec des plans d'environnement épiques et la musique qui a, je trouve, monté encore d'un cran cette saison, il y a tout un air très cinématographique super réussi. A la fin de l'épisode 2, la réalisation de l'entrée au lieu du tribal council (que l'on découvre, puisqu'il ne figurait pas dans l'épisode 1) est vraiment excellente.
La saison écope du défaut tout de même classique du format de tribus 2*10 à laquelle littéralement aucune saison de nouveaux joueurs n'échappe : pas mal de gens restent oubliables, confondables... Pour un petit tour de piste : Jessica (who ?), Jeremy, Carl qui n'aura marqué la saison que par l'avantage qu'il a su obtenir et bien joué (je lui reconnais au moins son "ding" caractéristique), Natalia, même quelques candidats qui sont allés loin comme Kara, Alison, Davie (je n'ai pas bien compris la hype autour), ou encore Alec qui a été vraiment transparent sauf dans ses 3 derniers épisodes en gros... difficile de faire un montage vraiment parfait pour tout le monde si on a 20 candidats !
Mais il faut reconnaître que le casting reste la grande force de la saison, et que la mise en valeur de toutes les personnalités en est une autre. Ils ont su en effet trouver des personnalités énormes et les enrober avec soin, même dans le pré-merge... A savoir : Natalie <3
Incroyable personnage Goliath. Sans elle, le pré-merge aurait été d'un ennui mortel. Grâce à elle, j'ai eu l'impression que la saison a eu beaucoup de temps d'écran sur le camp et la survie, ce qui faisait presque old-school. Et elle représente bien tout son aspect comique : l'affaire des oeufs, le running-gag de la chemise avec la scène déjà culte d'Angelina... Natalie a vraiment un caractère jamais vu, et les épisodes réussissent pourtant à s'en moquer avec douceur ce qui fait qu'on ne peut que tomber sous son charme. Jusque dans la réunion, où elle est restée fidèle à elle-même, pour un grand moment de rigolade. On peut dire que les Natalie remportent vraiment la palme des joueuses les plus mémorables par prénom dans l'ensemble !
A part elle (et Lyrsa, allez), le pré-merge est comme d'hab constitué de départs assez vite oubliés. Il faut avouer que malgré des dynamiques cools dans les deux tribus initialement, la saison a eu l'idée saugrenue de les mixer après 3 conseils... pfff, dans une saison avec un casting aussi large ? Je suspecte que l'abandon de Bi ait précipité les choses puisqu'ils voulaient faire du 3*5 + 1 Exile, et ils ont dû le faire un épisode plus tôt que prévu. Mais bon, un peu dommage malgré tout, la dynamique à deux tribus prenait vraiment de la vitesse et la saison trouvait ses marques.
Je sais que tout est fait d'avance et que la production ne peut pas ajuster ses twists selon le bon déroulé de la saison. Mais justement ! Je regrette l'époque où Survivor nous surprenait sur le déroulé à chaque saison : switch, pas switch, 2 switchs ? Merge à 13 ou à 9 ? Final 3 ou 2 ? Depuis plusieurs saisons, sauf exceptions, c'est très mécanique, toujours le même schéma que le précédent, c'est un peu lassant, même les candidats ne sont plus surpris ("oh là il y aura un swap" "là il y aura un merge"), même Probst leur confirme oralement quand c'est le cas alors qu'avant c'était toujours un "vous partez du principe que... mais rien n'est sûr". Ils ne sont surpris qu'avec des nouveaux types d'avantages, c'est tout.
Les avantages justement, parlons-en. Déjà, on sent clairement qu'on se trouve bien dans l'ère des "avantages" vu leur nombre et leur importance. Mais ici c'est vrai que ça porte bien ses fruits. Sans doute car, par "chance", ce sont les underdogs qui obtiennent de quoi renverser la tendance, et ils jouent bien avec ! J'aurais donc envie de dire que c'est un peu purement circonstanciel que ça fonctionne. Il y en a eu quand même énormément. Mais au moins, contrairement à une certaine saison qui s'est conclue par un run d'idoles, ici les avantages étaient assez variés et plus surprenants, façon "Cambodia" : cachés sur l'île, un dans une épreuve, des indices ou des idoles direct, une échelle planquée, un symbole dessiné sur l'emblème de la merge comme indice (idée originale et sympa !)...
Par contre, je n'ai pas aimé l'annulateur d'idole. Je suis peut-être taumatisé par Koh-Lanta qui a ruiné ce qui était sa meilleure saison depuis des lustres avec ce twist horripilant, et c'est vrai que son utilisation dans Survivor nécessite plus de jugeotte, mais je n'aime pas quand même. Soit ça ne marche pas et franchement, à quoi bon ? Soit ça marche comme ici, et franchement c'est trop OP. Rien que dans le principe, ça agit comme lance invicible, ça cause un faux-espoir pour l'éliminé si ça réussit, ça remet trop en cause des principes du jeu. Personnellement, j'aimais beaucoup Dan et même si le montage a fait tout son possible pour le rendre un peu idiot et détestable vu sa sortie, je trouvais son histoire et sa personnalité assez cool. J'espère ne pas revoir cet avantage, car au moins il symbolise un peu le côté "lance-pierres des David contre Goliath" pour contrebalancer le problème que les personnes en force majoritaire trouvent les avantages, en ce sens il a eu sa place dans cette saison et vraiment c'est un miracle qu'il ait été réussi. Mais mieux vaut ne pas pousser sa chance hein ? Laissons-le à l'état de relique unique.
Ironiquement, la période de la saison où il n'y a presque aucun avantage en jeu reste la plus ennuyante. Mais ce n'est sans doute qu'une corrélation et pas une causalité selon moi. Tout comme le moment avec plein d'avantages n'est pas mieux grâce aux avantages, mais surtout pour ses personnages. Du coup, ça ronronne surtout après le swap (hormis Natalie) : j'attendais juste les conseils. Mais avec trois équipes, c'est inévitable : plus de candidats finissent par tomber dans l'oubli, le montage est plus déséquilibré, d'autant qu'une des trois équipes était vraiment en-dessous physiquement et ça n'a pas loupé, ils ont presque tout le temps perdu. Bref, rien à voir avec les avantages, plus avec le fait que les grandes qualités de la saison (les personnalités bigger-than-life, le montage surprenant, le thème David vs. Goliath) sont moins efficace dans la configuration 3 équipes pré-merges.
J'aimerais que la prod sache parfois se rendre compte quand un pitch et des tribus initiales fonctionnent, pour adapter leurs twists et ne pas faire de swaps par exemple. J'imagine qu'en faisant ça elle pourrait s'attirer les critiques de truquer le jeu... mais soyons réaliste, elle influence sûrement déjà là où elle peut pour créer une belle histoire, et j'en suis le premier ravi.
La merge permet de redonner des couleurs à la saison et profite du mix d'alliances pour donner une configuration assez sympa : on sent que la saison va reprendre son conflit principal de David vs. Goliath, mais que celui-ci ne va pas durer : on a déjà le présentiment qu'on va vite passer à autre chose, car trop d'alliances et de duos sont présents entre tribus (d'autant plus que la saison a la bonne idée de nommer toutes ses alliances : les Rockstars, les Mason-Dixon, les Brocachos... un aspect assez cool qui les rend plus mémorables et permet d'y voir plus clair). Le pagonging ne dure donc pas longtemps et on apprécie de voir les David underdog inverser la tendance contre les Goliath grâce à des avantages bien joués.
Quand même, "coup de bol" que ce thème "forcé" de la saison se réalise de façon satisfaisante... mais ce qui est encore plus cool, c'est que ce renversement des Goliath par les David ne dure pas, et tant mieux ! Car après, on peut tomber dans une situation inverse, avec un contre-Pagonging où les underdogs deviennent les favoris trop évidents. Avoir des David oubliables et des Goliath attachants (Mike...) a permis d'éviter tout ça, contrairement à d'autres saisons. On voit même apparaître sur la fin un mouvement de "voting blocks" comme théorisé par la saison 31, preuve que le jeu était assez moderne et réussi, peut-être justement grâce aux swaps et avantages qui sont pourtant tant décriés.
La saison a quand même bien caché son jeu car beaucoup de départs m'ont semblé venir plus tôt que ce à quoi je m'attendais (Elizabeth à la merge, John lors du meilleur conseil de la saison, et surtout Gabby et Christian). Mais c'est aussi car tellement de candidats étaient mémorables ! En soi un casting sympa ça n'a rien de nouveau, même dans cette "ère" j'ai trouvé ceux des saisons 32 et 33 très bons.
Le vrai truc rafraîchissant sur le casting, c'était le nombre de candidats qui étaient over the top ! Ou bien, dont le montage gonflait cet aspect - même résultat ! John le Goliath Catcheur est un exemple, comme beaucoup d'égos dans la tribu des Goliath au sens large, et ce qui est amusant c'est que ceux qui sont allés le plus loin s'écartent de ce modèle. Angelina, une méchante totalement exagérée elle aussi, que je n'aurais franchement jamais pu saquer (son sacrifice pour le riz qu'elle rabâchait sans cesse, sa backstory "femme de militaire" juste relou), mais elle est rendue assez attachante aussi par le montage qui la tourne en dérision et apporte pas mal de comédie. C'est vraiment la candidate "troisième place, aucun vote" idéale.
Autre exemple typique de "l'originalité" de la saison : dès le premier épisode, on nous montre tout ce qu'il y a à savoir sur Christian à travers son premier confessional "accéléré" avec ellipses, juste incroyable. C'est probablement le candidat à l'archétype de Cochran le plus appréciable que j'ai jamais vu ! Ses métaphores aux conseils étaient souvent hilarantes, et le moment où il torture Alec sur une épreuve jusqu'à épuisement était un grand moment.
Cette épreuve intense était d'ailleurs la meilleure de la saison de loin, car sinon, je n'ai jamais senti autant la répétitivité des épreuves post-merge. A part celui où il fallait balancer un pendule, puis les deux-trois épreuves finales, on a eu je crois 5 ou 6 d'épisodes d'affilé avec toujours de l'endurance ou de la patience, je n'en pouvais plus. Je préfère de loin les puzzles, même si l'idéal est de mixer.
Et c'est peut-être un peu controversé comme opinion, mais j'ai trouvé assez dommage que les gagnants des épreuves étaient si variés et aléatoires. En effet, ça nullifie un peu toutes les discussions autour de "challenge threats" qui ont rythmé les stratégies, et ça n'aide pas à ce que des candidats se démarquent. Parfois, les "clichés" et le déroulé classique, ça peut aider ! C'est un mal pour un bien car ça a tout de même ajouté à de l'imprévisibilité dans les immunisés, c'est déjà ça. Et puis, Alec a obtenu ce rôle de "challenge beast" au final, ils ont pu quand même en faire quelque chose.
Bref, l'histoire se suit vraiment avec plaisir. J'ai trouvé ça aussi génial qu'énormément de choses préparées dès le premier épisode aient trouvé un intérêt parfois à la toute fin : le fameux montage ellipse de Christian qui est réutilisé pour qu'il gagne une épreuve, le lien Nick/Mike qu'on retrouve à la toute fin, Angelina qui évoque les femmes qui trouvent les idoles pour qu'elle en trouve une -- complètement aidée par des mecs -- dans le dernier épisode ! etc. C'est vraiment nickel comme narration ! De ce fait, presque aucun épisode ou même conseil ne se détache particulièrement à mon sens.
C'est pas forcément la meilleure qualité de la saison. Les conseils par exemple, souffrent de vouloir trop nous surprendre et ne nous expliquent pas assez les contre-stratégies mises en place. Et bien souvent, les lendemains de conseil ne sont pas assez explicites non plus. C'est fait aussi dans une logique de nous préserver de qui est vraiment en contrôle et qui ira loin, et de mettre l'accent sur les personnalités et non sur la stratégie - ce que j'ai apprécié, qu'on s'entende bien ! Mais parfois, l'effet de surprise reste raté : malheureusement, Nick était mon choix de gagnant depuis la merge environ, et ça n'a pas loupé.
Mais bon, c'était aussi parce que je voulais le voir gagner, il était super attachant, très mémorable tout de suite à la "JT", beau gosse, charismatique et pourtant under the radar, backstory plaisante, quelques coups stratégiques très sympa (très bonne idée le fait de faire semblant de trouver une fausse idole) qui se sont parfois retournés contre lui, mais il a su toujours se cacher derrière des menaces plus grosses, et a fait un immunity run au bon moment. C'est un gagnant pas très "clean" dans son jeu mais assez complet !
(et quel soulagement d'avoir enfin tout le casting de Winners at War, j'en pouvais plus de jongler pour éviter les spoils à chaque saison, et j'ai même pas réussi tout le temps d'ailleurs... je maudirai toujours ceux qui ont appelé cette saison ainsi, et j'ai même été spoil sur l'issue de cette saison elle-même, pff... bref, fin du coup de gueule).
Etonnamment, plus la saison David vs. Goliath progresse à la fin, plus on se rapproche d'un modèle Cambodia assez "impersonnel" où les candidats sont juste des nombres, gèrent des jeux, ne s'en veulent pas du tout de se faire éliminer. C'est sympa mais j'aime aussi les bons dramas, donc bon. J'ai eu l'impression de mieux les connaître au début qu'à la fin. Et puis, Nick devient vraiment le vainqueur trop évident (c'était couru d'avance dès l'élimination de Gabby et Christian les deux épisodes qui l'ont précédé), donc bon, entre ça et le twist du F4 toujours horrible, c'était pas génial génial la finale. D'ailleurs, pour critiquer encore de plus belle ce twist du F4 : je déteste la façon ultra anti-climatique qui est faite pour annoncer qui est choisi pour aller au FTC : "ah donc vous immunisez Angelina ? Super passons au challenge avec les deux autres"... Je crois qu'à chaque saison je trouverai un nouveau truc négatif à dire sur ce twist tant qu'il existe.
Une bonne saison grâce à des choses simples, mais efficaces : casting, pitch, déroulement et montage, malgré une fin légèrement moins intense que possible. Clairement, c'est la saison qui a le plus de potentiel (et de mérite !) à devenir la future "usine à candidats qui reviennent" comme l'ont été Kaoh Rong, Cagayan, Cook Islands ou Australian Outback - je suis tellement prêt à revoir Christian, Natalie, Mike, Gabby, Nick, Angelina, même Dan, John, Alec ou Kara ! A la réunion, j'ai été trop content de voir que Zeke a eu un petit mot, ça m'a rappelé qu'on peut vraiment se hyper pour une nouvelle génération de joueurs et de joueuses, et je sens que dans quelques années s'ils réussissent leurs futurs All-Stars, David vs. Goliath ne pourra que devenir de plus en plus emblématique.
Meilleur épisode depuis 4 saisons, ça fait du bien d'avoir du jeu imprévisible. La présence de joueurs qui ont déjà joué reste un incontournable.
Un conseil d'anthologie prend les trois quarts de l'épisode et à raison ! Que des magouilles et de la paranoïa, c'est ça qu'on vient chercher.
Je dois avoir un faible pour les saisons avec le moindre returnees car franchement, j'ai beaucoup aimé cette saison alors que je n'en attendais pas des masses vu sa non-réputation...
Je trouve qu'on ne vante pas assez le bien que ça fait de démarrer une saison avec déjà 4 candidats connus. C'est 4 noms de moins à retenir, 4 trajectoires déjà intéressantes, 4 têtes qui se démarquent et qui fédèrent, surtout dans une saison au mix anciens & nouveaux, clairement un super format selon moi. Le début est prenant immédiatement !
En plus, le fait de placer 2 légendes dans chaque équipe, donne une dynamique totalement originale. Aucune saison ne s'en rapproche, car il y a un vrai dilemme entre jouer ensemble ou s'affronter, et une lutte de pouvoirs pour conquérir les nouveaux. Ce qui s'en rapproche le plus je dirais, c'est la dynamique des "précédents gagnants dans les saisons All Stars", et encore, ce n'est pas tout à fait pareil. Et que ce soit Wentworth et Dave qui doivent composer ensemble, ou Aubry qui tente de pousser son équipe contre Joe, on a eu des dynamiques super intéressantes.
Et puis :
voir Dave se faire un allié précieux dès le début là où il avait un jeu social horrible au commencement de sa première saison ;
voir Aubry compléter son palmarès en trouvant enfin une idole... avant de se prendre un retour de flammes ironique car elle se retrouve en position de force pour la première fois de sa carrière, et ne sait pas jouer autrement qu'en underdog. Une fin ironique qui lui va très bien ! ;
voir Joe continuer d'être le golden boy le plus golden de l'histoire ;
et voir Kelley Wentworth être en danger dès le jour 1 et s'en tirer conseil après conseil, jusqu'à finir par être la dernière légende sortie...
Non vraiment, il y a juste un truc inégalable de voir des joueurs déjà connus re-jouer.
Dans le cas de Kelley typiquement, que beaucoup ont l'air de ne pas trop avoir apprécié cette fois-ci : certes le montage l'a rendu un peu moins sympathique qu'avant, mais elle a su s'adapter dans différentes positions (ciblée, underdog, puis lead de son alliance...), et a survécu un nombre assez impressionnant de conseils, tombant juste à cause d'un excès de confiance de trop. Bref toujours un plaisir d'avoir une joueuse "à la Cambodia", surtout quand il n'y a pas que des gens comme elle dans l'aventure - on a ainsi pu aussi vraiment s'identifier à elle et la découvrir humainement pour la première fois en trois saisons, je pense.
Sinon, la grande originalité de la saison, c'est bien sûr l'Edge of Extinction. Je n'ai vraiment rien contre le concept. Au contraire, c'est la première saison "moderne" de nouveaux où j'ai eu l'impression de pouvoir aussi bien connaître tous les boots pré-merge grâce à ça. Wendy était chaotique mais très mignonne et j'adore la positivité qu'elle a dégagé. Keith et Reem sont deux premiers départs comiques mémorables - surtout cette dernière, qui aura vraiment été la matriarche de l'Edge. La grande force de Survivor pour moi c'est avant tout de connaître les gens et dans une saison avec seulement 14 nouveaux et tous sauf 2 qui sont présents du premier épisode au dernier, j'ai vraiment eu la sensation de voir le cast grandir.
Je dois admettre que ce n'est pas THE cast non plus : on a déjà vu mieux, avec malheureusement quelques joueurs oubliables (Julia, Eric) ou trop discret (Lauren, Victoria, Ron, même Gavin)... Mais ils ont tous au moins 1 ou 2 épisodes où ils sont incontournables, et rarement celui de leur départ, ce qui rend les choses excitantes. Je pense que le fait que l'alliance majoritaire ait des personnages plus ennuyants que des Wardog, des Kelley ou des Aurora, permet aussi de mettre en valeur tout ceux que je viens de citer, afin de valoriser leur blindside et de semer le doute sur qui mérite vraiment de gagner la saison. Ceci afin de préparer à une victoire évidente (donc frustrante) de Devens, coiffé au poteau par Chris, ce qui est très satisfaisant.
Au passage, Devens reste quand même un personnage de télé assez extra, avec quelques idées excellentes, notamment celle de cacher 2 fausses idoles d'un coup, de quoi montrer que Lauren et Julie ne sont pas fut fut avec les idoles. Dommage pour une saison où les filles reconnaissaient encore qu'elles trouvent moins d'idoles que les mecs en général, ce qui était bien vu et a bien lancé l'histoire de Lauren notamment, qui finit par mal l'utiliser.
Même des personnages "éteints" par moments, comme Gavin ou Julie ont clairement des traits de caractère assez mémorables. Le challenge des loved ones a révélé pas mal de profondeur pour les candidats, un peu plus que d'habitude j'ai trouvé, surtout pour Gavin. Et Julie et ses sauts d'humeur entraînent le meilleur conseil depuis 5 saisons qui se joue totalement en live pendant 20 minutes où le jury est aussi choqué que le spectateur.
J'ai aussi adoré Wardog qui était super charismatique, un archétype "Tony" très divertissant, qui faisait des big moves calculés et pas vains, qui a débuté une série de blindsides où les plus grosses cibles tombent tour à tour, afin que de futures nouvelles cibles (Ron, Aurora, Devens) émergent de façon inattendues : ça m'a rappelé l'excellente tournure de San Juan del Sur par exemple. Je n'ai pas trouvé Ron si "méchant" que cela au contraire, j'étais assez content de son jeu, et j'ai beaucoup beaucoup aimé l'histoire et l'évolution d'Aurora, que je n'ai jamais trouvé aussi invisible que l'Edgic visiblement -- impossible vu son histoire.
Les nouveaux jouent bien et ça ne ronronne pas, c'est sans aucun doute le meilleur casting de nouveaux dans une saison mix. Peut-être est-ce pour cela qu'aucun nouveau ne dépasse le top 8 ! En termes de déroulement, on a un très beau combo Ulonging au début (pour bien connaître une tribu et créer une notion d'underdogs, qui va très bien à la saison et à l'Edge) + un merge chaotique + un post-merge pas du tout Pagonging ensuite, avec une légère période voting blocks à un moment pour faire tomber les têtes (mais pas trop non plus pour ne pas virer à la foire au big move insensé) : c'est vraiment un rythme à faire pâlir les meilleures saisons.
Je trouvais même qu'il n'y avait pas assez de EoE vers la fin ! Ca fonctionnait mieux au début. J'aimais beaucoup le symbole du lever de drapeau blanc, la simplicité du geste fait que la tentation est très grande. Je trouvais aussi le mystère gardé autour de cet Edge pendant tous les premiers épisodes, très très réussi : le spectateur est aussi perdu que les candidats et ça valorise vraiment ce que traverse Reem notamment. J'ai même trouvé les départs de Wendy et Keith, pourtant des semi-abandons, très touchants.
J'aurais aimé avoir encore plus de scènes avec les anciens sur la fin donc, même si je comprends que l'intérêt est aussi de masquer la tournure finale (et ils ont bien réussi - je pense que personne n'avait vu venir cette fin) tout en donnant plus de temps d'écran aux personnages encore en jeu.
En tout cas, quand je pense à l'Edge, je repense à tellement de bons moments :
la scène où Jeff rappelle tous les sortants : ils ont su reproduire un peu la magie de Pearl Islands
la scène suivant la réintégration de Devens où tous les candidats de l'Edge font une montage russe d'émotions en apprenant qu'il leur reste encore une chance (mais que ça implique de souffrir à nouveau deux semaines)(le "I KNEW IT" d'Aubry qui vient du coeur !
le passage où ils lisent une lettre écrite par eux-mêmes avant l'aventure - une idée géniale ! qui semble détourner astucieusement le concept des lettres des loved ones,
et bien sûr cet affrontement final de haute tension entre Aurora et Joe, les deux challenges beasts de la saison, qui se font coiffer au poteau par Chris dans la dernière épreuve...
... avant de conclure par un tour de presque tout le monde par Jeff, qui est ce qui se rapproche le plus du Rites of Passage (R.I.P.) depuis 10 saisons !
C'est vraiment d'excellents moments dramatiques, touchants, surprenants... c'est aussi ça Survivor ! Ce côté "dépassement de soi" et "chacun grandit à travers le jeu" reste un des grands intérêts de l'émission pour moi, qui s'était un peu perdu depuis Kaoh Rong.
Donc au risque de m'attirer les foudres, je préfère franchement une Edge of Extinction à, par exemple, un nullificateur d'idoles... ouspies... aussitôt joué aussitôt oublié...
Et puis aussi, l'Edge a fait que la structure de la saison n'était pas la même que les 10 saisons qui ont précédé.. Et franchement ça fait du bien, le modèle d'élimination ne changeait plus depuis des lustres. Je l'ai déjà dit mais ça me manque l'époque de Survivor où d'une saison sur l'autre, on ne savait pas quel twist il y aurait ni quel format de tribus ou de finales on aurait. D'ailleurs, cette saison 38 n'y échappe pas : le tribe expansion de l'épisode 4 m'a frustré et soulé. Bon, moins que dans les saisons récentes car il y avait un effet Ulong à contrer et de bons premiers épisodes, et en plus le hasard a fait que presque aucune dynamique n'a changé car la composition est restée la même ! J'étais ravi.
Dans les autres "mécaniques qui deviennent systématiques" de la série, je déteste toujours autant, oui vous l'avez déjà deviné, ce challenge de feu à la fin...
... MAIS et c'est un grand mais, quel PLAISIR de voir que Chris s'est complètement saisi de ce twist et en a fait son moment charnière.
Du coup, il est temps de parler du dernier élément controversé de la saison, j'imagine.
Franchement je savais très bien à quoi m'attendre quand j'ai vu que Chris gagnait : plein de déclarations comme quoi il est le pire gagnant ou le moins méritant, etc. Comme souvent je ne suis pas d'accord.
Déjà je me souvenais bien de lui, preuve que le montage n'a pas fait n'importe quoi même en dissimulant bien son retour. Je lui trouve un certain charme et charisme. Ensuite, l'argument comme quoi il a fait un jeu parfait en 5 jours là où les autres finalistes ont fait énormément d'erreurs en 39... ben il est difficilement contrable. Oui, c'est plus facile de jouer un jeu parfait sur 5 jours que sur 39, mais pour moi ça n'enlève rien au résultat, à savoir un palmarès parfait. Résultat qu'il a très, très bien vendu (malgré quelques faux-pas lors du débat final), et dans une saison où 99% du jury n'a passé que 4 jours à être un jury et pas à être focus sur le jeu, le débat final a sans doute été le plus important de tous. Je pense qu'ils étaient sincères quand ils ont tous levé la main au moment où Jeff demande qui est encore indécis. Et je pense qu'énormément de jury finaux se jouent sur le dernier conseil, ce que beaucoup de fans oublient.
A côté de ça, le montage a bien vendu l'inconstance de Julie et la passivité de Gavin. Etait-ce la réalité ou simplement pour nous faire passer la pilule ? Vu que Chris a eu une écrasante majorité, je pense que la réponse est vite vue.
Quant au caractère "honnête" de ce twist : jusqu'à preuve du contraire, tous les candidats savaient qu'il y allait avoir un retour. Que cette personne qui allait revenir allait être forcément très appréciée par le futur jury. Qu'elle viendrait avec d'énormes informations. Qu'elle aurait très probablement une protection comme Devens a eu après son retour (ce n'est pas sorcier à deviner). Et surtout, l'alliance majoritaire savait aussi que Devens, constamment isolé, irait forcément s'allier avec la personne qui revient, et qu'il suffirait donc d'une idole ou d'une voix en plus pour tout changer.
Et pourtant, toute cette connaissance n'a pas empêché Lauren de sauver Chris :bounce: Ou l'alliance majoritaire d'éliminer Aurora ou Victoria à des moments mal choisis :scratch: Ou encore qu'ils laissent Devens chopper 3 idoles, tandis que Chris s'imisce dans leur groupe... Et surtout, de ne laisser tellement aucune illusion à Devens qu'il n'y avait aucune chance pour qu'il ne s'allie pas avec lui quitte à ne pas pouvoir faire plus loin que top 4. Et devinez ce qu'il s'est passé...
Je ne dis pas que tout ça était facile ou injustifié, que Gavin a très mal joué. C'est dur de composer avec un twist aussi important... mais quand même, c'est pas du jamais vu, ils n'ont jamais vu South Pacific ? C'est le but d'une saison de Survivor, s'adapter aux conditions.
Et puis Chris est juste trop fort, le héros par excellence qui est tombé dans la bonne saison certes, mais quel gagnant n'a pas eu une part de chance là-dedans ? Sur sa première épreuve après son retour il pourrait tricher sur les nombres mais ne le fait pas, il aide même Julie à gagner ! Son social game est juste immaculé, il est venu en sous-marin et a tout défoncé, en redorant même le blason du twist du feu. Quel héros !
Il représente bien sa saison car pour une ère souvent qualifiée de "bourrée d'avantages" je n'ai pas vraiment senti le problème ici (ni dans la 37 d'ailleurs - je commence à me dire que ce n'était qu'une tendance rapide des saisons 34 à 36). J'ai eu peur quand j'ai vu qu'ils remplaçaient les métiers par l'avantage possédé par le candidat dans les confess, ça représente un peu l'évolution du jeu, qui est dépersonnalisé et trop axé stratégie. Mais en fait, c'était plutôt discret et bien utilisé, ça évite de nous rappeler constamment par des scènes inutiles "Oh tiens j'ai encore mon avantage, je vais peut-être l'utiliser à ce conseil, ou peut-être pas..." à chaque épisode...
Certes, les avantages étaient discrets en grande partie car peu de candidats ont su/pu utiliser les avantages : le Menu trouvé par Ron au début ne servira que de leurre à la fin, les extra votes ou avantages donnés par les personnes de l'Edge aux candidats en jeu n'ont pas toujours été joués au bon moment... Mais ils ont tous eu un rôle à jouer même dans les "non-décisions" ou les mauvaises décisions des personnages : Aubry et Kelly qui partent trop confiante avec une idole, Aurora qui donne son double vote à Ron qui l'élimine avec, Laurel qui sauve Chris et lui donne la victoire car à la recherche d'un big move qu'elle n'avait pas encore fait... tout cela était très intéressant !
J'ai aussi beaucoup aimé l'idée des idoles séparées en deux valables sur le deuxième conseil après une réintégration de l'Edge. Encore une réinvention du concept des idoles de façon assez équilibrée. Mon discours aurait pu être très différent si Devens nous avait fait une Ben mais ce ne fut pas le cas, fort heureusement. Le jeu social a primé vraiment la plupart du temps, les meilleurs conseils sont d'énormes jeux de dupes ultra basés sur l'instinct et le jeu social, et il y en a eu plusieurs cette saison.
Cette saison est finalement assez similaire à David vs. Goliath dans son montage et ce renouveau fait du bien : il y a un vrai accent mis sur l'humour, les personnages et l'imprévisibilité. Je l'ai même préférée à David vs. Goliath, je pense ! Il faut souligner vraiment le côté comique du montage qui rend les épisodes super appréciables, très souvent avec un décalage de la narration : Aubry qui panique et va manigancer avec chaque personne, c'est drôle et ça nous dit tout ce qu'il y a à savoir sur le jeu de celle-ci cette année. Ou le moment où Victoria dit qu'elle veut virer Joe et la caméra agrandit l'angle pour le montrer juste derrière... Ou encore quand quelqu'un dit "mais Wendy ne volerait quand même pas la flint" et qu'on cut directement sur un "MWAHAHAH JE LEUR AI VOLE LA FLINT" de Wendy !
Au fond, qu'est-ce qu'il manque à la saison ? Raffiner un peu mieux son concept de Edge qui a été un peu mal géré sur la fin. Ne pas surcharger le montage de Devens par rapport à l'alliance majoritaire lors des derniers épisodes. Un casting un poil meilleur, et plus mis en valeur avec deux ou trois """poids morts""" en moins (je mets des guillemets considérant que même les 3 poids morts de la saison seraient juste dans la bonne moyenne d'une saison médiocre).
En attendant on a quand même eu aucun temps mort, plein de surprises, des thématiques claires et un "contrôle" de cet environnement chaotique, un conseil d'anthologie (peut-être dans le top 5 je pense), plein de candidats mémorables, des conclusions de storylines et des envies d'en revoir plein d'entre eux... Peut-être que le fait de savoir qu'il n'y a à ce jour plus aucune saison avec des retours me biaise un peu :( mais j'ai eu beaucoup d'affection pour cette saison, qui est définitivement unique sur énormément de points.
Et unique après 38 saisons, c'est quand même une belle prouesse.
La réunion, aussi courte soit-elle, a fait l'effort de checker presque tout le monde, et tease une saison 39 que je sais d'avance très controversée, mais sur le papier le concept est encore innovant et intéressant. Hâte de voir tout ça !
