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Avis sur les épisodes
Beaucoup plus convaincant que la soupe des deux dernières semaines, mais pas parfait non plus.
Comme attendu, le gros point fort de cet épisode tient bien évidemment dans sa réalisation : malgré une gestion de la lumière pour le moins étrange qui m'a obligé à bidouiller assez fortement mes réglages, Miguel Sapochnik nous sort encore une fois un taf de patron. Même si sa mise en scène est moins racée et originale que pour la Bataille des Bolton, l'épisode nous en met plein la gueule à travers une série de séquences épiques et visuellement fortes : on retiendra en vrac la charge des Dothrakis et leur massacre en hors-champ (excellent parti-pris soit dit en passant), l'ensemble des séquences aériennes (corneilles et dragons confondus), le réveil des morts, la marche de Jon Snow face au martyre baroque de ses camarades, ou encore l'ensemble de la séquence du Bois Sacré. Seuls quelques plans zombies nanars, le remake des cuisines de Jurassic Park version Arya et les scènes dans les cryptes peinent un peu plus à convaincre, mais ne boudons pas notre plaisir pour autant et réjouissons-nous qu'il soit possible de savourer un tel travail d'orfèvre à la télévision en 2019.
Côté écriture, je suis toutefois beaucoup plus partagé et sors de l'épisode avec un réel sentiment de frustration. La prise de risque est tout simplement inexistante : on nous avait promis un survival horror de la pire espèce, un carnage duquel personne ne sortirait indemne. On nous a même bassinés pendant deux épisodes avec des retrouvailles fan-service au possible, dont l'écriture infâme laissait au moins entrevoir l'aboutissement d'arcs amorcés il y a déjà de nombreuses années. Que nenni ! Le body count étonnamment famélique est extrêmement convenu et ne compte aucune réelle mort majeure susceptible de bouleverser l'échiquier en place (à part bien évidemment celle du Night King, mais j'y reviendrai plus tard). La platitude des morts en question peine à susciter quelque émotion tant elles cochent toutes les cases du cliché sacrificiel : seules celles de Lyanna et Mélisandre interpellent, avec notamment une jolie dernière séquence, mais c'est bien tout...
Surtout, l'épisode conclue trop rapidement et trop facilement l'arc qui apparaissait clairement comme l'horizon final de l'oeuvre originale (souvenez-vous de la toute première séquence du livre et de la série...). Je reste particulièrement circonspect face à la manière dont le Night King et les White Walkers sont évacués du tableau à trois épisodes du terme de la saga. Car au final, que raconte le Trône de Fer si ce n'est l'absurdité des hommes et de leurs construits politiques et sociaux, incarnée dans le premier cycle de l'histoire par La Guerre des Cinq Rois et ses désastreuses conséquences, puis par l'inéluctable progression des morts aux allures de Jugement Dernier pour cette société à bout de souffle et son indigne trône martial ? Les perspectives qui s'ouvrent désormais pour la fin de la série semblent bien peu réjouissantes, entre quelques prises de bec sans grande conséquence au sein du trio Sansa-Dany-Jon et Cersei en boss final (avec les séquences obligatoires des retrouvailles Lannister et Clegane...). Ô que j'espère me tromper, mais j'ai grand peur !
Au final, la seule satisfaction scénaristique de l'épisode résidera dans le choix symbolique et pertinent d'avoir fait briller Arya (et Mélisandre !) après les échecs successifs de Daenerys et Jon, mais c'est bien trop peu face aux choix décevants d'un épisode qui aurait pu être autrement plus marquant sur le plan de l'écriture.
TLDR : visuellement c'est bien, scénaristiquement c'est moins bien.
Sans vouloir me vanter, je pense que les histoires que j'improvisais en jouant aux Lego à 6 ans avaient plus de sens que cet épisode. Tout est dit, bravo champions !
