Retour de Ra’s Al Ghul pour un épisode en situé Égypte, cherchant à percer définitivement les secrets de l’immortalité pour ne plus avoir à chercher de successeur suite à la défection de Bruce Wayne et la trahison de Talia à son égard. Sur le papier ça promet du lourd. Dans les faits, malheureusement beaucoup moins.
L’épisode a beaucoup de bons points : c’est de loin celui de l’arc narratif de 6-7 épisodes sur La Ligue des Ombres qui exploite le mieux la relation Bruce Wayne / Talia Al Ghul et le tandem de choc qu’ils forment en action. De même, on retrouve pleinement le dépaysement lié aux aventures qui impliquent la Tête de Démon ainsi que l’aspect Indiana Jonesien de ces épisodes, et il est toujours plaisant de voir à quel point la continuité est détaillée et soignée à travers cet arc narratif précis, tant sur le plan des intrigues que des relations entre les personnages (Ra’s est exactement tel qu’il aurait dû être à la sortie de sa défaite précédente, tout comme Talia et Ubu). Les scènes d’actions sont très sympas et j’aime beaucoup la conclusion sur le plan relationnel en fin d’épisode, avec le nouveau retournement de Talia et le geste de reconnaissance final d’Ubu.
Après, il y a plusieurs choses qui viennent entacher le résultat final. Et si la résolution "humaine" est réussie, la scénaristique en revanche l'est beaucoup moins.
Déjà, dommage que l'animation soit aussi aléatoire. Ici, on a un truc combinant effets magnifiques (la couleur de l’eau sur le plan introduisant le château de Talia, ou encore l’aura verdâtre qui entoure Thoth Khepera quand elle sort du puit de Lazare) avec des trucs assez moches pour le coup (le combat final de l’épisode notamment). Sans doute parce que l’environnement présenté ici est loin de l’habituel de la série, mais du coup ce résultat hybride jure un peu.
Le Flashback de début est de surcroît assez inutile. Si l’Archéologue du début est bien Ra’s Al Ghul (et ça reste à déterminer parce que non seulement il est théoriquement bien trop jeune pour l’année annoncée, même avec du Lazare, mais il semble surtout ne pas avoir survécu) il est assez inexplicable qu’il n’ait pas dès lors eu les deux parties du parchemin et déjà vécu cette aventure. Ca n’est donc cohérent que s’il s’agit d’un autre personnage, et cette scène n’a d’utilité que pour teaser la menace de fin d’épisode, et non éclairer le passé de la Tête de Démon. Et même là c’est assez maladroit car on ne prend nullement conscience de la menace tant on croit ferme que le type est Ra’s (physiquement c’était très probable). Pas spécialement ce qu’il y avait de mieux à tirer du truc …
De même, Thoth Khepera semble sortir d’un Puit de Lazare. Mais l’absence de réaction de Ra’s face à cela semble assez étonnante. Ce point n’est jamais expliqué et c’est bien dommage pour ce qui est du background de cet arc du DCAU. Cette histoire aurait juste été 1000 fois plus intéressante si elle enrichissait le personnage de Ra’s et l’histoire de son long et trouble passé, hors là ce n’est qu’une aventure de plus qui ne lui apporte pas grand-chose. Et il était très facile de faire ce peu à travers les éléments qu’offre l’épisode. Et du coup, comment Thoth Khepera survivait-t-elle depuis les années 1890 si elle avait besoin pour cela d’absorber la vie de ses visiteurs, vu que l’accès à son tombeau était obstrué, bloqué et introuvable sans la carte au complet ?
Bref, un épisode correct en soi et même intriguant et prenant sur l’instant mais qui laisse un arrière-goût légèrement amer de par une résolution décevante face au potentiel à disposition couplé au sentiment persistant que de belles opportunités ont été ici loupées. On aurait pu avoir un acte final qui transcende son antagoniste, on en a eu un riche en action mais qui n’exploite pas le 10ème de son potentiel. De l’art de ne faire par retenir que le négatif sur un épisode autrement réussi et appréciable sur le reste à cause d’un truc aussi insignifiant (mais malheureusement conséquent) à l’échelle de l’épisode …
P.S. : HS total sinon, mais à noter qu’il semble que dans le DCAU, Lucius Fox ne semble pas au courant de l’identité de Batman. La deuxième scène de l’épisode semble assez révélatrice à ce sujet, après l’emploi du personnage dans le double épisode introductif de Clayface.
Tiens, une Redemption Story. Ca faisait longtemps.
Ca faisait longtemps certes, mais celui-ci va être le 1er d’une longue série de ce genre d’épisodes qui vont fleurir tout au long de la seconde moitié de saison 3.
Et en parlant de fleurir, ça tombe bien vu que c’est celui de Poison Ivy qui nous concerne ici.
En fait c’est un peu particulier pour un épisode de Redemption Story tout de même parce que ce n’en est une que de façade qui est utilisé contre le Chevalier Noir pour lui brouiller les pistes, là où celles de Catwoman ou du Pingouin dans la saison 2 étaient sincères.
Il y a malgré tout un fond de vérité dans la volonté d’Ivy de fonder une famille et d’être véritablement heureuse, d’autant que ses vols sont aussi motivés pour que sa conception de la famille très à elle puisse se concrétiser. C’est totalement raccord avec l’aspect control freak et obsessionnel du personnage. De là se dégage une vraie émotion durant tout l’épisode la concernant, car ce n’était malgré tout pas qu’une couverture pour ses crimes donc, mais quelque chose qui œuvrait à son bonheur, et d’ailleurs, pour la première fois, où elle arrivait à concilier son humanité avec son extrémisme écologique. La dernière scène de l’épisode est d’ailleurs à ce titre déchirante.
Bien que l’épisode soit paradoxalement plombé par le fait qu’on n’est pas dupe une seule seconde. Le suspense ne prend jamais et le monstre aurait mieux fait d’être révélé bien plus tard dans l’épisode, car l’association à Ivy est évidente avant même qu’elle apparaisse dans l’épisode. Du coup, la dite émotion se fait tardive alors que l’épisode aurait gagné en puissance à ce qu’elle le domine.
Et malheureusement, l’épisode est desservi par une grosse chute de qualité au niveau de l’animation par rapport aux quelques précédents qu’on ait eu. L’épisode n’est pas particulièrement mal animé (même s’il reste dans la moyenne basse de la série), mais après 2 des épisodes graphiquement les plus travaillés de l’animé, fatalement la comparaison ne joue pas en sa faveur quand on regarde les épisodes dans l’ordre (de production of course, celui des DVD, celui validé par Timm, pas cette farce d’ordre de diffusion caca). Et ça fait particulièrement mal lors de l’affrontement final justement …
Reste une implication de Robin sympa et atypique dans l’intrigue, d’autant qu’elle oblige Batman à intervenir en tant que Bruce Wayne, ainsi que le Bat Jet-Ski (idée de génie) pour un épisode appréciable, mais bancal et qui aurait sans doute pu être bien meilleur avec un peu de retouches scénaristiques ou du moins une autre approche narrative.
Ok.
Je ne pensais pas qu’ils parviendraient à faire pire cette saison que l’autre crétin des Alpes qui se prend pour Zeus.
Bah perdu, et en beauté ! Lui au moins avait sa scène finale et la mythologie Grecque pour lui. Cet épisode là n'a guère autre chose que sa musique de potable.
Déjà, quelle idée de nous chercher Le Trio Infernal comme méchants ! Ces ennemis inintéressants, détestables et totalement périmés issus des pires heures de la période flashy / glamour du Chevalier Noir ? Ces trois cons déguisés en animaux et qui n’ont rien d’intéressant à offrir tant sur le plan psychologique (vu qu’ils ne dépassent jamais leur postulat de base, même Croc est plus fascinant qu’eux) que sur le plan physique. Je veux dire merde quoi, même la série de 1966 n’en a pas voulu et n’a pas trouvé quelque chose de drôle à en faire !
Et une fois n’est pas coutume, ils connaissent ici sans doute leur pire version (la série animée de 2005 a fait nettement mieux concernant ces personnages pour le coup et est la seule à leur avoir trouvé un postulat un tant soit peu intéressant. Un comble …). Originellement dans les comics c’étaient des inventeurs qui décidaient de devenir criminels par stimulation intellectuelle et par challenge. C’était déjà pas particulièrement foufou, mais c’était déjà plus consistant que ce que la série a choisi de faire ici. En effet, en en faisant des riches qui se tournent vers le crime pour tromper leur ennui, la série achève ici de leur ôter le peu de substance et d’éventuel intérêt qu’ils avaient, tout en les rendant encore plus détestables et ridicules (d’ailleurs, Batman va jusqu’à leur dire qu’ils sont de pires individus que Le Joker. Je me demande si le Bruce Wayne de Batman Beyond aurait la même opinion compte tenu de ce qu’il vivra par la suite avec le Prince du Rire tiens …).
Alors si en plus ils prennent part à un épisode linéaire as fuck, extrêmement plat au niveau du rythme et sans la moindre fulgurance lors des scènes d’actions (malgré la Batwing. Ils ont réussi à rendre banal une intervention de la Batwing, putain !!!), étant donné qu’en plus on n’est presque jamais du point du vue de Batman et Robin (ça aussi, d’habitude l’intervention de Robin c’est un petit événement vu que ça ne se fait pas tous les jours. Eh bien là non) … Sans oublier les vannes facepalm affligeantes du Trio …
Même son statut d'épisode faisant partie des 5 derniers diffusés (oui, car il fait partie des 5 mis de côtés diffusés en dernier. On comprend pourquoi quand on voit la gueule du résultat) ne le sauve pas. Si l'animation reste passable, la qualité des dessins est en revanche horrible, possiblement le pire de la série à ce niveau, particulièrement sur le personnage de Bruce Wayne qu'on peine souvent à reconnaître. Et le fait qu'il ait été le seul des 5 à ne pas avoir été retouche n'est pas étonnant quand on sait que Bruce Timm haït cet épisode au point de le considérer non seulement comme le pire de la série, mais carrément comme le pire du DCAU. Et si on attendra de voir l'intégralité du DCAU pour aller dans son sens, à l'échelle de la série il est compliqué de ne pas lui donner raison.
Difficile en effet de trancher qui de lui où de l’épisode du Loup Garou mérite le titre de pire épisode de la série. Celui du Loup Garou a certes un degré de ratage plus élevé mais il avait également des partis pris plus intéressants … Ici, ça se tiens un peu mieux, certes, mais ça ne sort contrairement à l'autre jamais de l'ennui absolu et total ne serait-ce qu'une nano-seconde.
Et pourtant, il fallait le faire, rivaliser avec cette daube en termes de médiocrité ...
Cet épisode n’a pas été écrit par Paul Dini. C’est impossible.
Il n’a pu être écrit que par Harley Quinn elle-même, et encore, au moins lors d’une période de folie et/ou de bad trip (possiblement dû à la prise de très fortes substances illicites) particulièrement sévère et intense.
Parce que cet épisode, c’est l’incarnation de la folie. Tout simplement.
On va de scènes improbables en scènes improbables, de passages instantanément cultes dû à une Harley qui n’a jamais été meilleure qu’ici (du moins, jusqu’à présent) et à son association forcée mi-figue mi-raisin avec Batman et Robin, ainsi qu’une réunion avec Le Joker exploitant avec une merveille et une justesse sidérante leur relation Amour / Haine, dans un épisode survolté au rythme endiablé, riche en événements et rebondissements de toutes sortes qui culminent dans une phase finale démentielle proprement hallucinante d’anarchie et de génie (la scène finale, putain).
Il est aussi intéressant de voir que cet épisode est très corrélé au tout aussi excellent épisode Mad Love de The New Batman Adventures. Ces deux épisodes constituent en effet un dyptique d'épisodes parfait de Paul Dini, les deux faces d’une même pièce, celle de la relation entre Harley et Le Joker. Là où cet épisode en est la face grandiloquente, amusante et attachante, l’autre sera la représentation du côté sombre, nocif et tragique de ce couple fou. Mais chaque chose en son temps …
Bref, cet épisode, c’est 20 minutes dans la tête d’Harley Quinn. Et c’est un bonheur absolu instantanément culte qui rejoins sans peine le cercle très fermé des tous meilleurs épisodes de la série. Un magnifique et incessant Rollercoaster infernal dans ce que le DCAU a produit de mieux en matière de divertissement pur.
Harley, je t’aime.