Retour d’une création de la série qu’on ne s’attendait pas à revoir dans ce qui fut le dernier épisode diffusé de la série (mais loin d’être le dernier produit) : Griffe Rouge, la sanguinaire terroriste internationale qui avait rythmé la première rencontre de Batman et Catwoman en milieu de saison 1. Et une fois n’est pas coutume, eh bien très franchement, on aurait pu s’en passer …
Non pas que le personnage n’ait pas le potentiel de produire une suite réussie, mais force est de constater qu’ici ça n’est pas le cas du tout. Et la fin de l’épisode semblant mener à sa mort (elle n’ait jamais réapparue de tout l’univers Batman depuis en tout cas, séries du DCAU comme Comics), on n’aura probablement jamais la réponse à cette question.
Le fait est qu’ici ça ne marche pas parce que non seulement le personnage reste tout aussi unidimensionnel et manichéen que dans sa première apparition, sans que cela ne soit compensé par un scénario conséquent derrière et d’autres personnages forts massivement exploités à côté, mais la pauvreté d’écriture la concernant ici est telle que son plan lui-même ne tiens pas la route, multipliant les actions contradictoires (notamment dans le dernier acte ou c’est la foire à la connerie).
Au lieu de meubler en mettant 5 minutes à lui faire comprendre que Alfred lui lâche le bon mot de passe depuis des plombes, ou encore lancer le missile nucléaire malgré le paiement (bon, ça encore ça passe vu sa cruauté) avec un délai d’une heure réductible à volonté puis se casser de la salle en la laissant sans surveillance avec Alfred et son pote encore dedans alors qu’elle sait que sa base est investie par le Dynamic Duo et qu’il vient pour tout désamorcer (et d’ailleurs, elle ne fait pas le rapprochement entre Alfred / Bruce Wayne / Dick Grayson et Batman & Robin ? C’est vrai que Batman va tous les soirs à Londres …), ce qui est impressionnant pour une pointure du terrorisme international, on aurait surement gagné au change à connaître ses convictions politiques ou un peu de son background.
Mais non, le personnage est ici désespérément vide et incohérent, manquant d’emporter l’épisode dans la tombe avec elle, l’histoire n’étant de surcroit intéressante que parce que et lorsqu’elle implique Alfred, et assez ennuyeuse même dans les phases d’action le reste du temps.
Bref, merci à Alfred de prendre part très activement à l’intrigue du jour et de nous dévoiler de nouvelles facettes sympathiques de sa personnalité comme de son histoire qui était demeuré jusqu’ici inexplorée, et à la Batwing pour sa scène d'action finale tendue et réussie, parce que sans cela, je crois que cet épisode était bon pour aller rejoindre Zeus, voir les 3 connards de riches blasés de la vie …
Dernier épisode de la série sur l’arc de La Ligue des Ombres (qui se poursuivra et se conclura néanmoins dans les série suivantes, et pas forcément celles auxquelles on s’attendrait d’ailleurs), Ra’s Al Ghul nous gratifie pour sa dernière apparition d’un épisode très … particulier.
Un épisode quasi intégralement flashback à la fin du 19ème siècle sur les déboires qu’a connu Ra’s avec le chasseur de prime Jonah Hex, un ancien héros de DC du temps où ils proposaient des aventures de western dans les comics, ayant l’objectif des épisodes de redemption stories (et d’ailleurs, cet épisode va ouvrir une série de redemption stories sur cette fin de saison).
J’avoue que je ne sais guère quoi penser de cet épisode. Si l’aventure est fort plaisante à suivre sur le moment, bénéficiant d’une très belle animation, d’une ambiance western délicieuse et d’un protagoniste très attachant et charismatique, l’épisode souffre en revanche d’antagonistes vraiment insignifiants (Ra’s est léthargique et Arkady est aussi détestable que peu intimidant) et d’une intrigue simplette et un peu facile, cousue de fils blancs et de facilités scénaristiques parfois incompréhensibles (pourquoi Ra’s laisse Jonah en vie ? pourquoi Jonah ne fait rien contre Arkady une fois qu’il l’a sous le coude ? En quoi Ra’s peut-il espérer que Batman changerais d’avis sur lui en lui racontant cette histoire ? Et surtout, du coup : qu’est ce qui fait que Batman le laisse partir à la fin ?).
Qui plus est, l’épisode n’apporte absolument rien en termes de background significatif, ni pour ce qui est de l’univers de la série (à l’échelle du DCAU cependant, il me semble qu’Hex réapparait dans un épisode de Justice League Unlimited, mais c’est tout) et surtout ni au personnage de Ra’s Al Ghul. Non pas que ce fusse obligé, mais du coup il ne bénéficie de rien non plus qui aurait pu relever son intérêt …
Ce qui est certain en revanche c’est que l’aspect redemption story ne marche pas du tout et que je ne comprends pas pourquoi Batman laisse couler sur ce coup-là. Je ne voie pas en quoi le twist final viens changer quoi que ce soit au tableau de Ra’s, qui a pour moi au contraire davantage prouvé son fanatisme et son extrémisme à sa cause que l’inverse. Et si à la rigueur je peux comprendre que cet aspect humain d’un père souhaitant s’occuper de son fils dans ses derniers instants (qu’on lui connaissait déjà un peu via Talia) ait touché Batman, je ne voie pas comment ça a pu le faire au point qu’il loupe délibérément une occasion de l’enfermer pour les crimes toujours impunis de ses précédentes confrontations, surtout que ça reste au moins une effraction avec dégâts d’une maison de retraite.
D’ailleurs en fait, ce qui est marrant avec ce twist, c’est que l’épisode serait sans doute plus cohérent en l’état et s’alignerait mieux à ses objectifs de redemption story si la révélation aurait été qu’Hex est le fils de Ra’s et non Arkady (ou alors que les 2 soient ses fils). Le comportement de Ra’s dans l’épisode se tiens paradoxalement beaucoup plus dans cette situation que dans l’épisode en tant que tel ...
Divertissant et atypique sur le coup mais trop bancal et même assez vain au bout du compte, il s’agit sans doute du moins bon des épisodes impliquant Ra’s Al Ghul. On appréciera le dépaysement et les scènes d’actions forts sympathiques, mais ça s’arrête là.
P.S. : Étant le dernier des 5 mis de côté pour une diffusion en 1995, cet épisode est donc le dernier de la série dans son ordre correct (de production donc) à proposer le cultissime générique d’ouverture de la série. Néanmoins, ce dernier sera de retour dans The New Batman Adventures.
Dernier tour de piste significatif pour le Riddler, cette fois de tout le DCAU pour lui (ses quelques réapparitions suivantes étant en effet extrêmement anecdotiques, à tel point que je me demande s'il ne réapparaît pas plus en tant que mannequin d'entrainement dans la Batcave qu'en temps que tel).
Dans une confrontation mettant un point final au trouble du personnage de fort belle manière, à travers une redemption story (encore une. Et ce n'est pas fini ...) prouvant définitivement par A + B pourquoi il est à jamais irrécupérable.
Lui qui est pourtant l'adversaire de Batman qui aurait sur le papier le plus de facilité à réaliser une réinsertion dans la société, et qui plus est comme tend à le prouver cet épisode, de "haut rang social".
La réponse était bien entendu évidente : son incapacité à accepter le fait que Batman puisse le surpasser.
Si cette nouvelle aventure surpasse sans mal la précédente pour ce qui est de son exploitation du personnage (bien que cette dernière compensait avec un contexte d'action original pour ce dernier), elle reste en revanche bien loin de l'épisode original car elle n'a pas le même degré de maîtrise narrative que lui, notamment sur l'aspect redemption story et sur le rythme de l'épisode.
L'aspect redemption ne prend jamais parce qu'au lieu de faire de son obsession de Batman la cause de sa rechute, L'Homme Mystère ne s'en sert que d'objectif de fin de carrière. Du coup, en termes de puissance émotionnelle, l'implication est bien moins forte qu'elle n'ait pu l'être pour Poison Ivy, Catwoman ou Le Pingouin par exemple.
Et parce qu'également du coup, en jouant malgré tout la carte du criminel faussement clean et non du criminel qui rechute après avoir vraiment essayé, l'épisode perd beaucoup de temps en faux semblant et laisse relativement peu de place à ses meilleures parties : les confrontations à base d'énigmes entre L'Homme Mystère et Batman, qui auraient pu être plus nombreuses et davantage dynamiser cet épisode assez mou en première partie.
Il est également dommage de ne reléguer Robin ici qu'au rang de boulet (un trait de caractère qu'il a trop souvent tendance à hériter en cette fin de série, ce qui est dommage car ils avaient jusqu'ici su réellement éviter cela) et de ne pas l'inclure dans la résolution de l'épisode. A ce prix là, il aurait été absent qu'on aurait pas vu la différence.
Néanmoins les dites confrontations sont suffisamment entrainantes et divertissantes pour compenser les vraies faiblesses de l'épisode, notamment à travers l'excellente victoire finale de Batman et la position dans laquelle il met Nigma à la fin (qui est à la fois Latérale de Sécurité et relative à de la torture psychologique bien méritée). D'autant que côté animation ça suit toujours, cette fin de saison étant particulièrement réussie de ce côté là ...
Mais c'est malgré tout un peu dommage que cet épisode se contente d'être bon lorsqu'il aurait sans doute pu être la meilleure aventure impliquant celui qui était dans les années 60 la Némésis suprême de Batman plus encore que le Joker (ce n'est pas moi qui le dit, c'est la série de 1966). Ce qui n'aurait pas été spécialement un mal au sein d'une saison si homogène que peu d'épisode parviennent à vraiment sortir du lot malgré leurs qualités indéniables ...
Jusqu'à présent, la saison 3 avait été une saison de très haut niveau global et beaucoup plus homogène que les 2 premières. L'inconvénient, c'est que du coup, peu d'épisodes sortent significativement du lot pour se hisser avec les autres perles du zénith de la série. Avant cet épisode, j'étais assez marron pour pouvoir faire un vrai top 10 significatif des meilleurs épisodes de la saison en bout de course.
Mais grâce à cet épisode, ça va être plus facile. Seconde Chance étant en effet un épisode fabuleux et fascinant.
Déjà du point de vue de l'animation et du dessin, c'est excellent. On a des techniques d'animation totalement inédites très réussies dans ses angles de vue inhabituels pour la série, et certains plans et décors sont à se damner, surtout lors du dernier acte de l'épisode. C'est peut être bien l'épisode le mieux animé de la série (le 1er film et certains séries ultérieures du DCAU seront toutefois meilleurs sur ce point là).
Mais bien entendu, ça ne s'arrête pas là.
Sous ses aspects de redemption story (ah bah oui je vous l'avais dit, on est au coeur du cyclone de ce côté là), cet épisode nous propose une intrigue encore jamais vue au sein de la série : un whodunnit sur l'enlèvement d'un méchant. Double Face ici en l'en l'occurrence.
Et du coup si la solution se laisse aisément deviner, c'est surtout un prétexte pour explorer le background de la criminalité et de ses codes en Gotham, ainsi que la relation d'équipe entre Batman et Robin le temps qu'ils recherchent Harvey. Le 1er aspect permet des caméos fort sympathiques (j'adore particulièrement celui du Pingouin) et le second permet enfin de redorer le blason de Robin en cette fin de saison où il s'en prend décidément plein la gueule.
Et bien entendu, une fois le pot au rose découvert, on obtiens une sublime confrontation finale avec Double Face dans un magnifique décor à son image, nous permettant pour la première fois depuis ses réapparition d'explorer à nouveau sa psychologie à travers de nombreuses scènes très fortes et émouvantes, en particulier les deux dernières qui le consacre en magnifique figure tragique à laquelle on reste désespérément attaché.
S'il n'est pas tout à fait du niveau de ce dernier, on tiens ici enfin le vrai digne successeur du sublime two parter Two Face en ce qui concerne l'exploitation du personnage, et qui préfigure pas mal un tout aussi excellent épisode dans l'un de ceux qui lui est consacré dans The New Batman Adventures.
Et ça fait quand même plaisir de voir la dynamique Batman / Robin relancée en cette fin de saison qui la mettait un peu à mal (et sans que ça serve la suite comme les tensions croissantes qu'on l'on peut déceler ici entre Bruce et Dick).
Allez, encore un ou deux des comme-ça, et je l'aurais mon top 10 sympa de la saison ...