Avis sur les séries
Avis sur les saisons
Comme Jo, je me suis fait en accéléré l'intégrale de la saison 1 pour préparer le retour totalement inespérée et inattendu du show.
Bon, évacuons le gros truc qui tache à la revoyure : on est vraiment dans une série de mecs, écrits par des mecs pour un public essentiellement de mecs, c'est le male gazing à fond les baskets et le narrateur a une vision assez binaire des femmes. Soit elles sont un phantasme (la fille trophée, qui est belle et sexy, mais pas fun et un peu casse-couille) soit elles sont réduites à des relations sexuelles. Ce sera donc hyper intéressant de voir comment cette vision qui semble venir d'un autre temps (alors que Bref a été créée en 2012, c'est fou, on dirait un autre siècle presque) sera traitée dans cette saison 2,
notamment la question de Kheiron (dont je ne me rappelais plus que le twist arrivait si tard dans le show)
Mais à part ça, la série n'a pas vieilli et reste un sacré monument d'humour, mais surtout d'inventivité. Les auteurs ont exploité leur concept jusqu'au bout, n'hésitant pas à expérimenter, tout en réussissant à raconter une histoire de fond qui tient debout avec des personnages attachants qu’on prend plaisir à suivre. Certains épisodes, notamment ceux qui parlent du quotidien, peuvent parler à tout le monde et certains concepts (surtout les sentiments ou travers de vie personnifiés en humain) sont une trouvaille énorme.
Bref, le plaisir de suivre ce looser un peu lâche et médiocre, très autocentré, donc terriblement humain en fait, est toujours intact, y compris la fin
qui peut ressembler à une queue de poisson, mais qui au contraire montre que le narrateur a évolué et qu'il est en paix avec lui-même.
Je trouve d'ailleurs les notes et les avis des anciens du site assez durs, peut-être que le format "un épisode de 2 minutes" par jours nuit à une vision d'ensemble, mais aussi que passant sur Canal +, on attendait de Bref d'être hyper drôle à chaque fois.
Bref, je suis prêt pour la saison 2.
Fleur Bleue propose de petites pastilles de 2 à 3 minutes pleines de charmes, très bien interprétées et dialoguées, portant sur la sexualité évidemment, mais aussi sur les relations humaines, le tout avec beaucoup de drôlerie, de fraicheur et d’ouverture d’esprit et une première saison qui se termine sur une chouette discussion entre Fleur et sa mère. Vraiment charmant.
Mon classement subjectif et je pense que chacun doit avoir le propre donc probablement très différent son rapport aux thèmes abordés
1 – le mec déconstruit 2 – l’eco-anxieux 3 – sa maman 4 – le mec déguisé (avec le top Xavier Lacaille) 5 – la meuf du bar 6 – le mec épilé 7 – le patriote 8- le mec très jeune 9 – son bro 10 – le mec inquiet
Malgré de grands noms du cinéma d’horreur (Tobe Hopper, John Carpenter, Dario Argento, Joe Dante, une anthologie très décevante. Seul la Maison des Sévices tient son rang, les autres segments alternent le sympa sans plus ou le sans-intérêt. Pas du tout indispensable…
Avis sur les épisodes
Pas évident d’exploiter jusqu’à la moelle une franchise sans lasser. Nouvelle pièce du casse-tête avec cet Alien Earth.
En 2012, Ridley Scott avait bien bien tenté de reprendre le contrôle de sa création, mais il nous avais tous un peu perdu, malgré de bonnes thématiques et beaucoup n’était pas monté dans son vaisseau. Quelques années plus tard, Romulus avait retrouvé un succès public et financier, avec un opus efficace mais qui se contentait de reproduire les recettes déjà établies. Et cette année, les Aliens reviennent en série avec les Xénomorphes et un concept fort : cette fois les ET belliqueux envahiront la Terre, sacrilège quel seul les AVP avaient osé. Au commande : Noah Hawley dont j'avais très bien aimé Legion. Les espoirs d’une renaissance réussie de la saga sont donc permis.
Le pilote commence par un remake d’Alien, le premier, qui m’a fait son petit effet, mais un remake qui a la bonne idée de se passer en hors-champs, histoire de ne pas re raconter une nouvelle fois une histoire qu’on connaît par cœur. D’ailleurs la seule attaque d’un Alien démontre que la créature à force d’exploitation a malheureusement perdu son pouvoir effrayant et fascinant. Ensuite on embraye sur un nouvel hommage et c'est Aliens qui est cité, avec cette escadre de militaires ultra entrainés qui va servir de chair à monstres. Notons que ce début d'intrigue corrige une des incohérences de Romulus qui voyait Weyland-Yutani abandonnait totalement une station spatiale, avec en son bord des créatures et s'en désintéressait en la laissant errer dans l’espace, ce qui n'avait aucune logique. Ici le vaisseau a la bonne idée narrative de s’écraser sur Terre et on suit les militaires pénétrer dans les décombres.
Et ce point de départ permet de retrouver ce qui fonctionne à chaque fois, je trouve, dans les films : les débuts lorsqu’un groupe humain débarque dans la gueule du loup, inconscient du danger qui, nous le savons, les attendent. Ici une nouvelle fois, ça marche, la tension est palpable, malgré une profusion de jumps scares pas très honnêtes. Mais dès que les tiques / limaces attaquent les deux soldats, on retourne malheureusement dans sur les rails du train fantômes qu’on connaît que trop.
L’autre point commun de tous les films Aliens est la présence d’androïdes qui amènent souvent avec eux des questions existentiels. Dans AE, ils sont encore présents et sont, comme souvent, les personnages les plus imprévisibles et intéressants, que ce soit le glaçant Morrow ou Wendy et sa troupe de Lost Boys (référence hyper appuyée à Peter Pan, ce défaut a été remonté aussi par mes camarades de serieall) qui seront sans doute les protagonistes principaux. Si Wendy est assez solaire et sera, à priori, moins inoubliables que les deux héroïnes des films de Scott, elle s'avère, elle et ses copains, être un peu mon point de réserve de ce pilote, l'idée d'une troupe d’enfants dans des corps de super héros pouvant vite déraper dans le nawak ou le niais. En tout cas, les quelques moments où le temps a paru un peu long durant le visionnage ont été associé à eux.
Brefffff, je ne savais pas quoi à attendre de cette série, mais le premier épisode est honnête et divertissant, faisant le grand écart entre le cahier des charges obligatoire d’une production Alien et la recherche d’un peu d’originalité sans tomber dans l’excès de Promethus et Covenant.
Donc pour le moment j’aime bien.
Le pilote m'avait déconcerté en abordant frontalement une histoire classique "Alien", je pensais plus à voir une série prenant pied dans l'univers de la série mais dont les xénomorphes n'apparaitraient que plus tard et de loin, dans un état d'esprit proche de Promotheus en fait. Mais soit, m'étais-je dit, pourquoi pas, cela peut être une bonne base que de prendre les ingrédients classiques de la saga pour commencer autre chose ensuite et partir vers des destinations inconnues.
Cet espoir vient de partiellement disparaitre avec cet épisode 2 catastrophique.
Cet épisode m'a fait penser à vieux chewing-gum retrouvé sous une table, sans saveur et pleins de morceaux de bois et de poussières, qu'on mâchouille, étire inutilement et recrache. Ici, rien n'a de sens, la structure narrative est charcutée et mélangée puis vomie sur nous. On subit pendant une heure des gens qui se baladent dans les couloirs, semblant parfois se téléporter ou disparaissant et réapparaissant sans logique. Pendant ce temps, les Aliens jouent à cache-cache (ils sont très forts à ce jeu) ou charcutent des dizaines de figurants, mais étrangement épargnent toujours Hermit.
Ce postulat hyper mal fichue est mélangé avec des flashback pesants, des chats zombies, des créatures bizarres à la Prometheus/Covenant (ce n'est pas un compliment), des discours pseudo-philosophiques, des personnages prenant des décisions méga-connes (comment les trois soldats qui sautent à l'étage plus bas comptaient remonter ??) et il y a même Hermit qui verbalise tout haut "c'est d'origine Alien", alors qu'il n'a encore rien vu, puis qui, plus tard, demande une preuve de son identité à Wendy en la questionnant sur un souvenir datant de ... la crèche. Ouf, sa sœur a gardé une très bonne mémoire de ses années où elle portait des couches et connaît la réponse. Bref, cet épisode est une torture (j'ai parlé des Lost Boys et de leurs comportements exaspérants ? Je ne suis pas sûr), une expérience sensorielle qui vire au bad-trip.
Et fatalement j'ai décroché progressivement, m'éloignant émotionnellement de ce qui se passait à l'écran. En plus, je commence à craindre vraiment que l'intégralité des 8 épisodes se passent dans le vaisseau et la tour infernale.
Le début de l'épisode est toujours exaspérant avec cet Alien réticent à croquer Joe une bonne fois pour toute. Heureusement, après cela s'améliore, on quitte le vaisseau échoué et les androïdes prennent le contrôle de la narration pour un résultat pas extraordinaire, mais qui à moins le mérite de sortir des sentiers battus. Même la troupe des Lost Boys laissent entrevoir un soupçon de "déjà-mieux". Les espoirs re-ouvrent les yeux.
Oh oui Slightly, prends Joe comme victime, s'il te plait, je n'en peux plus de ce personnage, il m'insupporte. Ou bien prends Kavalier, ce serait une bonne idée que cette caricature de grand méchant riche et cruel disparaisse du show, il me sort par les trous de nez. D'ailleurs, notons que c'est rigolo que de faire, une nouvelle fois dans une fiction, du grand méchant un multimillionnaire capitaliste sociopathe et de confier cela à ...Disney, le tout dans un monde où Donald Trump a été élu et qui est dominé par les Munsk, Bolloré, Arnault, Bézos, etc, etc qu'on vend comme des modèles de réussites. Hypocrisie, quand tu nous tiens.
Sinon, à part ça, l'épisode est un supplice.
A chaque début de scène d'une discussion, on sait qu'on va en baver et qu'on va souffrir à se farcir des dialogues souvent hyper-cons ou méga-appuyés (le plan de l'araignée qui bouffe sa proie en surimpression de Slightly qui s'en va discuter avec Morrow, on nous prend vraiment pour de tels idiots ??), le tout sur un ton péremptoire de celui qui croit avoir inventé l'eau chaude. Il n'y a que le moment avec le copain de Chevrere Jack-a-plusieurs-oeils qui est sympa et
la dernière scène qui laisse inaugurer un rapprochement affectif avec les Aliens, comme cela avait été abordé dans Alien 4. Par contre, par pitié, ne faites pas revenir le Newborn, aka le monstre le plus moche de l’histoire du Cinéma.
Bref, Alien Earth, quand il y a des Aliens, c'est complétement con et quand il n'y a pas d'Alien, c'est chiant.
