Critique : American Horror Story 1.11

Le 27 décembre 2011 à 04:23  |  ~ 6 minutes de lecture
Cette semaine dans American Horror Story, les scénaristes veulent réduire le taux de naissances des abonnés de FX.

Critique : American Horror Story 1.11

~ 6 minutes de lecture
Cette semaine dans American Horror Story, les scénaristes veulent réduire le taux de naissances des abonnés de FX.
Par Antofisherb

 

Compte tenu du nom de l'épisode et de celui qui concluera la saison, il était clair que la grossesse de Vivien allait prendre la place centrale de ces deux derniers épisodes. En ce qui concerne ce Birth, l'épisode est encore une fois une réussite (même si ça commence à devenir une habitude) notamment grâce à sa réalisation, avec cependant deux parties bien différentes.

 

 

Une première partie qui sert principalement de montée en puissance et de mise en bouche

 

 

contance ahs

 

 

Déjà, l'épisode commence très fort par une séquence de pré-générique qui en fera probablement sursauté plus d'un. Le fameux Thaddeus nous apparaît alors peu à peu dans l'obscurité de la cave à travers un lent travelling avançant dans un silence de mort. Une transition est en plus faite par la suite avec la confrontation de deux "camps" concernant le sort du bébé.

 

La réalisation est également de mise dès la scène suivante, lorsque Ben cherche à emmener Violet à l'hôpital pour aller voir sa mère. En effet, mis à part le fait qu'ils cachent une petite incohérence par rapport à l'épisode précédent (Violet qui peut d'un seul coup aller jusqu'au jardin alors qu'elle ne pouvait même pas sortir de la maison dans le 1.10), de grands et souples mouvements de caméra font ressortir une impression bizarre de tournis, impression renforcée par un cadrage inversé prenant le point de vue de Violet assez déstabilisant.

En outre, deux scènes un peu plus tard commencent respectivement par une contre-plongée totale sur un jouet pour bébé puis sur une plongée inverse, avant d'adopter dans d'autres scènes un montage très décousu comme la série sait si bien en faire. Cette mise en scène particulièrement soignée participe donc grandement au caractère maladif de ce début d'épisode, cependant son propos comme l'action à proprement parler en sont du coup moins mis en avant.

Malgré tout, à défaut d'être important, le propos n'en est pas pour autant inintéressant. En effet, dans une scène, les scénaristes traitent de l'homophobie et notamment concernant l'adoption d'enfants par les homosexuels (thèmes qui semblent être chers à Ryan Murphy, en témoigne par exemple Glee), tandis que dans une autre le "sortilège" qu'apprend la médium à Violet pour éliminer un fantôme est tourné en ridicule.

 

 

Une deuxième partie au comble de l'étouffement.

 

 

ben et vivien

 

On pourrait dire que la deuxième partie de l'épisode commence lorsque Vivien a ses premières contractions tandis que Ben vient d'apprendre la mort de Violet. A ce moment-là de l'épisode, on sent que tous les éléments ont été mis en place pour nous produire une deuxième moitié d'épisode d'anthologie. Et c'est bel et bien le cas.

 

En effet, nous assistons à une scène en huis-clos étouffante qui nous donne à voir le double accouchement de Vivien, qui sert finalement d'élément de réunion de presque tous les fantômes du manoir, en plus de faire ressortir ceux de Ben. Ce long calvaire, qui lui sera d'ailleurs fatal, permet ainsi de plonger l'ensemble de la famille Harmon dans un état de psychose particulièrement dépressif. Cette ambiance psychotique à la David Lynch est naturellement renforcée par une réalisation inspirée qui nous met vraiment mal à l'aise... pour notre plus grand bonheur.

Afin de réaliser l'accouchement dans de bonnes conditions (qui a une toute autre connotation dans ce contexte bien), Ben et Violet aident mentalement Vivien, tandis que l'aspect "technique" est assuré par l'excellent choix du docteur/savant fou. Le salon est quant à lui presque plongé dans l'obscurité, quelques bougies rajoutant une lumière orangée faussement chaleureuse. Constance est bien évidemment à l'affût prête à s'emparer du bébé qu'elle considère lui revenir de droit (Chad étant bizarrement occupé à faire autre chose à ce moment-là). Et voilà, tout est prêt, la joie que devrait procurer la naissance de deux bébés peut enfin se transformer en horreur.

Et pour cela, le réalisateur se déchaîne. En effet, tout d'abord la lumière des flammes permet de recourir à des plans floutés qui donnent une atmosphère assez psychédélique, renforcée ensuite par des plans montés en surrimpression tandis que résonnent dans un bruit sourd les cris de Vivien. De plus, ces cris se surperposent à ceux intérieurs de Ben, symbolisant sa prise de conscience de la situation de sa famille bientôt litéralement coincée à l'intérieur de cette «Murder House». Puis, à ces cris de terreur se succède une astucieuse scène mettant en parallèle la situation présente avec le premier accouchement de Vivien. Le décalage est particulièrement frappant lors de l'issue des deux accouchements : heureux pour l'un, tragique pour l'autre, puisque le bébé est mort-né (c'est en fait une ruse de Constance mais l'effet est sur l'instant le même pour Vivien et Ben).

 

Et le calvaire continue ensuite de plus belle avec l'arrivée du deuxième bébé, dans une ambiance moins psycho-horrifique mais d'une lenteur plus réaliste et donc encore plus éprouvante. La mise au monde du bébé est en revanche particulièrement prononcée au niveau de la mise en scène, puisque une contre-plongée totale saisissante montrant Vivien qui fournit ses derniers efforts précède un court passage totalement muet avant de retrouver les cris "réalistes" de Vivien.

Enfin, la mort de cette dernière est particulièrement émouvante et d'un calme apaisant : la caméra tourne aussi lentement qu'elle se laisse abandonner à sa mort sous les yeux de Ben et Violet. Dans un silence total, un travelling arrière révèle finalement le vide atour de la famille Harmon : passé l'agitation autour des bébés, ils se retrouvent seuls pour affronter la situation.

 

Je pourrai bien sûr vous parler de l'apparition surprise d'Hayden, du destin tragique que se réserve finalement Tate et Violet, ou encore de l'acceptation de Vivien du sort de sa famille (comme quoi il y avait un paquet de choses à dire dans cet épisode aux deux facettes), mais ça me semblait tellement mieux de finir sur cette image tragiquement calme qui illustre cette deuxième partie et qui fera probablement le lien avec le season finale...

 

J'ai aimé :

  •  la séquence de pré-générique
  •  particulièrement la deuxième partie
  •  la réalisation générale

 

Je n'ai pas aimé :

  •  à la limite, la première partie qui en comparaison est un peu moins marquante

 

Ma note : 17/20.

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