Critique : Body of Proof 2.18

Le 07 avril 2012 à 16:57  |  ~ 8 minutes de lecture
Une première partie dynamique et plaisante pour un double épisode qui joue la carte de la menace épidémique avec une certaine réussite.
Par sephja

Critique : Body of Proof 2.18

~ 8 minutes de lecture
Une première partie dynamique et plaisante pour un double épisode qui joue la carte de la menace épidémique avec une certaine réussite.
Par sephja

Danger Infection 

Dani Alvarez est violemment percutée par une voiture devant Peter, son comportement montrant avant l'impact des signes inquiétants de perte de lucidité. Aussitôt, une série d'autres victimes apparaissent, remplissant les urgences de patients se plaignant d'une forte fièvre avant de mourir en quelques heures. Le docteur Kate Murphy fait le choix d'appeler les services de gestion de crise épidémique, tandis qu'une vidéo paraît pour revendiquer cet attentat terroriste.

 

Résumé de la critique 

Un épisode plaisant que l'on peut détailler ainsi :

  •  une intrigue dynamique et efficace 
  •  une intrigue qui peine à surprendre et joue la carte de la sécurité 
  •  un format épidémique peu adapté à la série 
  •  un premier acte assez convaincant 

 

 

Marquer la fin de saison 

C'est l'opération sauvetage pour BoP et les scénaristes n'y vont pas de main morte avec une intrigue spéciale mettant en scène dès la première séquence le décès de Dani Alvarez. Il s'agit clairement ici de marquer les esprits et de regonfler le score audimat de la série en cherchant à sortir le show de la routine pour montrer la capacité de l'équipe créative à offrir un épisode plus ambitieux que d'ordinaire au niveau des enjeux. Repoussé à plusieurs reprises, ce double épisode a été très travaillé et cela se sent dans le rythme de l'intrigue très maîtrisé et la mise en scène réaliste de cette crise infectieuse.

En effet, la mort du Dr Alvarez va révéler l'existence d'une souche virale qui touche une bonne part de la population de Philadelphie, créant un début de panique chez les membres de l'institut médico-légal. Pour appuyer le caractère exceptionnel de cette situation, les auteurs font appel à un casting de seconds rôles de qualité avec un Luke Perry très bon en spécialiste des maladies infectieuses et Dean Norris en agent du FBI irresponsable. Très bien gérée, cette histoire s'avère prenante et crédible, avec une Dana Delany qui tient son rang d'héroïne à la perfection.

Seulement, si l'épisode porte la marque d'une volonté forte de relancer la série et cherche à impressionner, il oublie la dimension comique qui faisait le charme de Body of Proof. Certes, la menace est suffisamment sérieuse pour justifier une ambiance assez lourde, mais il est évident que les scénaristes craignent beaucoup que la moindre touche d'humour ne vienne nuire à la crédibilité de l'ensemble. En effet, si l'épisode est un divertissement efficace et dynamique, il est aussi terriblement rigide dans sa progression, pris au piège de sa propre ambition.

 

Rester dans les rails, ne pas griller ses cartouches

En construisant leur épisode spécial, les auteurs de Body of Proof ont fait preuve d'une vraie exigence du point de vue de l'efficacité, oubliant au passage de développer des intervalles comiques pour marquer des respirations dans l'intrigue. Ainsi la légèreté habituelle de BoP laisse place à un sentiment de panique collective qui s'installe devant la menace représentée par ce mystérieux terroriste particulièrement convaincant. Seulement, en privilégiant l'efficacité du récit, les auteurs rendent une copie très lisse qui peine à surprendre en offrant que tardivement une progression grâce à l'excellent duo entre Morris et Baker.

La description de l'organisation du travail pour trouver le patient zéro est intéressante, mais reste un peu trop confuse, la faute à un manque flagrant d'informations sur les différents patients. Certaines scènes sont un peu trop explicités, comme l'arrestation du jeune internaute qui sert avant tout à montrer les failles de la politique du FBI de gestion de la crise. Un passage certes bien écrit, mais qui laisse apparaître l'aspect trop mécanique de cette intrigue qui ne parvient pas à surprendre, les auteurs essayant visiblement de ne pas griller leurs cartouches avant le deuxième acte.

Progresser dans l'histoire sans trop en dire, voilà la difficulté de cet épisode qui peine à garder vivante la sensation de panique des premiers instants. La faute à une Megan Hunt un peu trop calme et à un scénario qui peine à rendre compte du climat hors du laboratoire, ne pensant que trop tardivement à utiliser Lacey pour exploiter cette partie de l'intrigue. Une gestion de la tension dramatique discutable, obligeant les auteurs à proposer un twist final prévisible et très discutable, idée maladroite et prévisible qui vient nuire à la qualité d'ensemble de l'épisode.

 

 

Abus de cadavres 

Avec cette série de décès en chaîne, l'équipe de BoP se retrouve vite débordée, empêchant la série d'exploiter son credo considérant le corps comme la parfaite scène de crime. Ici, les victimes sont multiples, très diverses et la recherche des causes du décès reste assez difficile, montrant intelligemment combien la panique peut-être l'ennemi des scientifiques dans une telle bataille. La menace est en effet si grande que l'équipe du Docteur Hunt se retrouve vite mise à l'écart au profit de celle de Luke Perry, plaçant les scénaristes devant l'obligation de justifier dans un premier temps le retour au premier plan de leur héroïne.

Dès lors, l'implication de Dani Alvarez devient indispensable, permettant de justifier le besoin pour les héros de BoP de participer à l'enquête, quitte à offrir des répliques assez peu inspirées à Peter Dunlop. Obligée de s'imposer, l'héroïne joue la carte habituelle de l'orgueil en affichant un regard dépassionné et cynique plutôt efficace, évitant ainsi le piège de la sur dramatisation. L'occasion aussi de souligner une erreur des auteurs qui auraient dû proposer un nombre de cadavres limité dans un premier temps et identifiable, afin que leur nombre puisse s'accroître durant tout l'épisode, évitant la sensation à mi-épisode que la crise sanitaire est sur la voie du déclin.

De même, le comportement du Dr Murphy est terriblement discutable, la chef de l'institut commettant une faute professionnelle trop énorme pour être vraiment crédible. Une ficelle trop grosse qui se répercute dans le cliff de fin d'épisode artificiel et plutôt prévisible, servant à marquer une rupture avant une seconde partie axée sur le principe de la course contre-la-montre.

 

Lundi, l'instant décisif 

Si le scénario n'est pas exempt de tout défaut, il offre malgré tout un divertissement de qualité et aura atteint son objectif, à savoir refaire passer la série au-dessus des 10 millions de spectateurs grâce au lead-in de Dancing With the Star. Une entreprise de sauvetage qu'il reste à confirmer la semaine prochaine, en espérant que Body of Proof parvienne à arracher une troisième saison méritée, surtout à la vue de cet épisode spécial soigné et efficace. Un récit convaincant qui prouve que les scénaristes sont capables de produire une histoire à grande échelle et de sortir le show de sa routine.

En conclusion, un premier acte efficace, dynamique et plaisant, fruit d'un travail soigné des auteurs qui misent clairement dessus pour l'obtention d'une éventuelle saison trois. Une menace bactériologique mise en scène de manière très crédible, obligeant le docteur Hunt à s'affirmer face à un Luke Perry convaincant, installant tous les éléments nécessaires avant un second acte qui s'annonce prometteur. Seul point noir, une mauvaise gestion de la partie liée à la gestion de la communication et un comportement du docteur Murphy assez peu crédible, facilité évidente permettant d'introduire un twist trop prévisible pour être vraiment efficace.

 

J'aime : 

  •  les premières minutes très convaincantes 
  •  les comédiens très bons  
  •  très dynamique et sans réel temps mort 

 

Je n'aime pas : 

  •  le comportement du docteur Murphy discutable 
  •  la partie liée à l'agent du FBI Johnson 

 

Note : 13 / 20 

Un premier acte réussi pour cet épisode spécial de Body of Proof qui voit Megan et son équipe faire face à une attaque bactériologique de grande ampleur. Malgré quelques lourdeurs et un twist trop téléphoné, l'ensemble s'avère être plutôt plaisant et efficace, installant un réel suspense en vue de la partie II dans trois jours. 

L'auteur

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