Critique : Covert Affairs 2.13

Le 21 novembre 2011 à 10:44  |  ~ 7 minutes de lecture
Un épisode confus et maladroit, sauvé par la qualité de ses interprètes.
Par sephja

Critique : Covert Affairs 2.13

~ 7 minutes de lecture
Un épisode confus et maladroit, sauvé par la qualité de ses interprètes.
Par sephja

Comprendre les motivations d'un autre 

Annie est interrompue en plein rendez-vous par un appel du FBI : en effet, un agent de la CIA s'est mis en contact avec l'une de leurs sources créant un conflit entre les agences. L'agent Walker se rend au rendez-vous et retrouve une vieille connaissance du Mossad, Eyal Lavine, qui prétend évidemment ne rien savoir de toute cette affaire. La CIA lui ordonne alors de le suivre pour découvrir quelles sont ses réelles intentions et surtout l'identité de sa cible. 

 

Résumé de la critique 

Un épisode correct que l'on peut détailler ainsi : 

  •  un duo vedette impeccable qui fait la qualité de l'épisode 
  •  une intrigue confuse qui peine à s'installer et fait du remplissage 
  •  l'opposition de Jai et de Joan intéressante
  •  un arc Auggie bien pauvre 

 

 

Un épisode en forme de face à face

Difficile de trouver un point de départ à cette critique tant l'épisode est déséquilibré entre son intrigue maladroite et sa forme séduisante, l'une prenant clairement le pas sur l'autre. La réalisation est impeccable, offrant au duo Piper Perabo - Oded Fehr la place pour s'exprimer pleinement, l'agent du Mossad ayant une relation particulière avec Annie. Mystérieux et toujours aussi ambigu, la série mise sur ce duo troublant qui occupe la quasi-totalité des scènes, l'agent Walker essayant de démêler la vérité des mensonges.

La question des motivations de Eyal va lentement apparaître, offrant l'occasion de développer son passé ce que les scénaristes font tout en prenant le temps d'installer une évolution graduée dans leur relation. L'occasion de voir l'évolution de l'agent Walker par rapport à leur première rencontre, la jeune espionne naïve ayant laissée la place à une femme qui sait désormais faire la différence entre le vrai du faux. Joueur et menteur dans le premier acte, l'agent du Mossad est lentement percé à jour, révélant lentement le vrai visage d'un homme en quête de vengeance.

De ce seul point de vue, l'épisode serait de l'excellent Covert Affairs, avec un duo de comédiens principaux épatants et un final assez réussi et élégant. Seulement, pour justifier ce retour d'Eyal, la série va nous proposer un scénario incroyablement confus et creux, qui ne va finalement servir que d'excuse à la recomposition du duo.

 

Une intrigue particulièrement confuse

Le problème principal de l'épisode va venir de sa construction et surtout de la volonté des auteurs de nous plonger dans la même confusion que l'héroïne. Sans véritable contexte, l'épisode nous amène à une première confrontation dont le but est de réintroduire l'agent du Mossad, l'intrigue ne pouvant pas se développer tant que Eyal garde sous silence ses intentions. Entre mensonge et vérité, l'épisode cherche à installer un trouble, Annie devant découvrir les secrets d'un homme sur lequel elle possède un historique qui ne joue pas à son avantage. 

Encore une fois, l'aspect géopolitique et mythologique va être le principal défaut de l'épisode, les scénaristes utilisant cette confusion pour ne pas donner de véritable background à l'intrigue. Cet épisode, s'il avait fait l'objet d'une préparation dans les intrigues précédentes, aurait été sûrement un des meilleurs de la série. Mais la confusion est telle au démarrage qu'il est difficile d'entrer dans une histoire dont les enjeux restent aussi flous. De ce point de vue, la dernière partie de l'épisode est bien plus convaincante, même si certaines ficelles sont vraiment trop visibles. 

Un scénario qui sert juste d'excuse à ces retrouvailles, offrant une place particulière à Jai tout en se montrant là aussi d'une clarté plus que discutable. Une fois révélés les motivations d'Eyal, la série décolle vraiment et nous offre un bon divertissement, à la fois élégant et efficace.

 

 

Désordre hiérarchique 

Le vrai problème avec cet épisode réside en fait dans le cadre hiérarchique où elle se déroule, le rapport de force entre Jai et Joan restant particulièrement flou. Impossible de savoir dans cette série qui est le supérieur de qui et comment, tant les cartes sont brouillées par des auteurs qui ne maîtrisent pas cet aspect de leur show. Pourtant, ce conflit entre Joan et Jai, entre la rigueur de l'épouse Campbell et l'impulsivité du fils Wilcox est au centre de la construction du personnage d'Annie, mais n'est jamais mis en avant pour se limiter ici à un simple affrontement verbal assez fade. 

Sans mythologie, Covert Affairs ne construit rien sur la longueur et donne l'impression d'un manque d'enjeu à Langley assez inquiétant. L'impuissance d'Auggie est le symbole de la pauvreté de la partie de l'intrigue se situant au QG de l'Agence, là où des rapports de force complexes devraient pourtant avoir lieu. Ce flou structure rejaillit alors sur Jai et le voir agir sur le terrain comme un simple agent laisse pantois, à croire qu'un chef de section comme lui n'a finalement pas tant de pouvoir que cela. 

Seul son attachement à Annie vient donner du sens à un tel dévouement, mais ne fait que consolider la position de l'agent Walker au sein de la CIA. A trois épisodes de la fin de saison, l'absence d'enjeux personnels et le manque de pression pesant sur Annie laissent quelques inquiétudes sur l'espoir d'une éventuelle montée en puissance du show.

 

Une saison deux difficile pour Auggie 

Si aucun arc ne semble vouloir accentuer la pression sur Annie en vue du final, le cas d'Auggie est plus complexe, les auteurs nous imposant une intrigue romantique sans réel intérêt, offrant seulement un peu de temps de présence à Christopher Gorham. L'absence de son duo avec Annie est un défaut de l'épisode, l'agent Walker menant nombre de ses missions à l'étranger loin de Langley. Si le côté dépaysant est particulièrement appréciable, le manque d'enjeu des intrigues d'Auggie est révélateur clairement les lacunes d'un show en manque d'imagination. 

En conclusion, un divertissement correct qui doit tout au duo Piper Perabo - Oded Fehr et à une mise en scène qui prend le temps de développer leurs rencontres. Seulement, l'intrigue est loin d'être à la hauteur, cumulant les invraisemblances et les zones d'ombres en restant particulièrement flou sur le background de l'histoire. L'affrontement entre Jai et Joan n'a pas l'effet attendu à cause d'un scénario pas assez précis qui dévoile trop tardivement les enjeux de cette histoire. La fin de saison approche et rien ne semble vouloir troubler la routine du show, à l'exception de la romance passable d'Auggie. 

 

J'aime : 

  •  le duo Annie Walker - Eyal Lavine 
  •  le final assez élégant et efficace 
  •  la réalisation plutôt subtile dans les rencontres entre les deux agents 

 

Je n'aime pas : 

  •  le background peu développé 
  •  la storyline d'Auggie 
  •  certaines incohérences dans le scénario 
  •  l'introduction assez maladroite 

 

Note : 11 / 20 

Si les deux comédiens principaux offrent un divertissement de qualité, les failles du scénario et une intrigue assez floue empêchent d'apprécier pleinement les retrouvailles entre les deux agents. De plus, l'aspect confus du scénario se confirme à Langley où la confrontation entre Jai et Joan n'a pas l'impact prévu. Correct, sans plus.

L'auteur

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