Critique : Riverdale 1.01

Le 07 février 2017 à 06:41  |  ~ 10 minutes de lecture
La série super attendue de la CW faisait son arrivée, prête à nous introduire à tous ses secrets : réussite ou four ?
Par RasAlGhul

Critique : Riverdale 1.01

~ 10 minutes de lecture
La série super attendue de la CW faisait son arrivée, prête à nous introduire à tous ses secrets : réussite ou four ?
Par RasAlGhul

Il existe deux choses auxquelles tu ne peux pas échapper dans la vie : la mort et les teen dramas. Vu que je ne suis pas très motivé pour mourir là maintenant tout de suite, je vais plutôt m’intéresser aux seconds.

« Hop hop hop, je crois que t’as oublié une troisième chose, hombre !

– Une référence obligatoire au personnage que j’ai créé de toutes pièces dans le but de faire rire les lecteurs de mes articles ?

– Bah c’est beaucoup moins drôle dit comme ça. Tu m’as dérobé mon momentum comique !

– Ah parce que tu en avais un ? Déso gros, c’était pas voulu.

– Je ne vais même pas relever, t’as clairement de la frustration qui ressort, là. T’as regardé quoi dernièrement pour que tu sois dans cet état ?

– Bah écoute, je me suis dit que le pilote de Riverdale serait pas mal.

– Oulah ! T’es sûr de vouloir te lancer dans cette aventure ? Au vu de ton état, c’est pas forcément la série que je t’aurais conseillée.

– Bah pourquoi ? Je fais confiance à la CW. Ils sortent de bonnes séries tout de même.

– Au vu de Frequency et No Tomorrow, c’est sympathique mais sans plus. Néanmoins, c’est pas ça que je voulais dire. Y a que des beaux mecs et des belles nanas, dans une ambiance mystérieuse et sexy. Au vu de ta frustration...

– Ah mais c’est génial ça !

– On l’a comparée à The Vampire Diaries.

– Ah. C’est pas grave, j’ai toujours envie de me lancer !

– Suit yourself, c’est ton problème. »

 

Betty, Veronica, Jughead et Archie

 

J’attendais Riverdale avec une certaine impatience. Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu affaire à un teen-show qui verse dans le drama plutôt que dans la comédie. Depuis la fin de Skins et mon visionnage intensif de Veronica Mars il y a de cela quelques années, en réalité. Entre-temps j’ai grandi, vu plus de séries et ma perception de ces dernières a logiquement évolué.

Riverdale est adaptée d’un des comics les plus connus aux États-Unis : Archie. Petite anecdote comme ça : les aficionados de la romance considèrent les relations alambiquées entre Archie Andrews, Veronica Lodge et Betty Cooper comme le summum des triangles amoureux. Alors moi, vous me connaissez. Je suis un peu shipper sur les bords. Du coup, il ne m’en fallait pas vraiment plus pour être curieux de ce que la série avait à offrir.

 

 

Game changer ! Archie got hot !

 

Riverdale s’éloigne assez vite de son matériau source, afin de nous proposer une histoire à sa sauce. En soi, ce n’est pas très embêtant, iZombie avait fait la même chose et on a bien vu ce que cela a donné. En revanche, ce qui frappe tout de suite, c’est la plastique de tous les acteurs. Loin de moi l’idée de faire le critique superficiel, mais j’ai du mal à comprendre comment personne ne s’était rendu compte qu’Archie (K.J. Apa) était hot avant de le voir avec ses tout nouveaux abdos ! À ce sujet, la CW ne se prive pas de bien poser la focale sur le corps de notre héros. Je ne m’en plains pas, bien au contraire. C’est juste que, malheureusement, c’est un peu sa seule qualité pour le moment.

 

Archie

 

On en vient dès lors à un gros problème de ce pilote : le héros a le charisme d’une huître. D’ailleurs, il est souvent relégué à l’arrière-plan dans cet épisode. L’interprétation pour le moins médiocre de K.J. Apa n’aide évidemment pas, mais tout ce qui touche à Archie se transforme en gros cliché. Comme j’avais pu le faire pour Clary Fay dans Shadowhunters, voici donc ma liste des trucs clichés qui se passent autour de notre héros :

 

  • Il fait évidemment du football américain. Sérieusement, à quand une histoire sur un mec qui fait, je ne sais pas moi, du volley ?
  • Mais au fond de lui, Archie est un grand sensible. Il préfère jouer de la guitare et écrire des chansons. J’ai eu de sérieuses vibes de Brandon dans The Fosters, ce qui n’est jamais une bonne chose. En plus, Brandon avait du talent, Archie a juste des abdos.
  • Pour ne rien arranger, Archie couche avec sa prof de musique ! J’aime beaucoup Sarah Habel, de la regrettée "Rush", mais là ça va pas du tout cette histoire !

 

En fait, le personnage n’est absolument pas intéressant et ne dégage rien. Ce qui fait que, puisqu’on n’aura jamais l’occasion de lui sauter dessus, il est difficile de s’attacher au personnage. Ce qui pose problème, lorsqu’il est la tête d’affiche de la série !

 

 

Une histoire adolescente tout ce qu’il y a de plus classique… avec un twist

 

Mais je ne vais pas seulement taper sur ce bon vieil Archie. Il faut le dire, quasiment tout le monde joue faux dans ce pilote ! Je ne sais pas si c’est la faute aux acteurs ou aux dialogues, mais je me suis souvent retrouvé en-dehors de l’action principale. Pourtant je regarde Supergirl et généralement toutes les séries de l’Arrowverse. Mais là, le niveau est haut.

 

Archie, Veronica et Betty

 

C’est dommage parce que l’histoire n’est pas inintéressante. Comme tout bon teen drama qui se respecte, Riverdale raconte l’histoire du passage à l’âge adulte, qui va être précipité à la suite de la mort d’un des adolescents les plus populaires du lycée de Riverdale. Betty (Lili Reinhart), Veronica (Camila Mendes), Cheryl (Madelaine Petsch) et même Archie, tous vont devoir se confronter à ce qu’il s’est passé. Ils vont probablement en ressortir vivants – quoique –, mais ils en ressortiront surtout changés à vie.

Riverdale n’est donc pas novatrice, et si l’on ajoute cela à la médiocrité de la majorité des dialogues, on a du mal à rentrer dans l’histoire. En fait, on a le droit à tous les archétypes adolescents possibles et imaginables. Betty la gentille fille sans réellement de personnalité, Veronica l’ancienne mean girl en repentir et Cheryl la mean girl assumée, on ne nage pas dans des eaux inconnues. Comme dans chaque série pour adolescents qui plus est, les parents n’ont clairement pas le beau rôle. Je n’aime absolument pas la mère de Betty (Mädchen Amick), et le père d’Archie et la mère de Veronica ne m’inspirent pas plus que cela.

 

 

Un potentiel pourtant attirant, qui se repose sur un talent visuel certain

 

Après avoir lu ces deux premières parties, vous pouvez légitimement vous demander si cela vaut vraiment le coup de continuer cette série. Vu que je suis un optimiste confirmé, il y a pourtant plusieurs choses qui méritent qu’on s’arrête dessus.

 

Betty

 

D'abord, Betty et Veronica s’imposent déjà comme les Most Valuable Players de la série. L’idée de les rendre amies plutôt que rivales est très intéressant, puisque les amitiés entre lycéennes opèrent généralement selon des clichés inhérents aux notions de genre. Qui plus est, les deux actrices sont celles qui se portent le mieux au sein de ce pilote, et j’ai bien envie de voir où les scénaristes vont mener cette histoire. J’ai un petit faible pour Betty, cela doit être mon côté timide.

Qui plus est, Riverdale se montre parfois plus intelligente qu’elle en a l’air. Je disais au-dessus que les dialogues étaient majoritairement médiocres, mais certains se montrent vraiment drôles et bien trouvés. Surtout quand les scénaristes déconstruisent tout de suite certains clichés qu’ils venaient à peine de mettre en place (un faux baiser lesbien et le meilleur ami gay notamment). Cela montre qu’ils en ont un peu dans la tête, et cela m’incite à leur faire confiance pour la suite.

Riverdale est également belle à regarder, notamment au niveau de ses paysages et de son ambiance. Je me retrouve à découvrir certaines parties de Vancouver que je ne connaissais pas encore, tandis que le brouillard continuel qui se pose sur la ville possède son charme et son mysticisme. On reconnaît l’influence de Twin Peaks – rien qu’au niveau de son intrigue – et il existe des séries bien pires au niveau de la marche à suivre. Pour ne rien gâcher, la bande-son se montre parfaitement au point, avec des titres très bien choisis, entre Mike Posner et Tegan and Sara.

 

Riverdale est pour le moment une énigme : je sais que je n’ai pas aimé ce pilote, et plutôt de manière franche. Néanmoins, la série m’intrigue au plus haut point et j’ai clairement envie de lui laisser une chance. Reste à voir où les scénaristes vont nous mener. Le potentiel est là, il s’agit maintenant de ne pas se planter.

 

Affiche promo de Riverdale


J’ai aimé :

 

  • La patte visuelle.
  • La bande-son.
  • Betty. Girl crush.
  • L’amitié entre Betty et Veronica.

 

Je n’ai pas aimé :

 

  • Des clichés adolescents terribles. Sérieusement, les gens jouent encore à Seven minutes in heaven ?
  • Des dialogues en grande partie médiocres.
  • Des parents absolument inintéressants.
  • Archie.
  • Archie et sa prof de musique.
  • Archie et sa musique.
  • Archie et le football.
  • Archie et son chien. Non je déconne, il n’a pas de chien.

 

Ce qu’il faudra à la série pour devenir bonne (et il y a moyen) :

 

  • Déconstruire les archétypes adolescents.
  • Améliorer les dialogues. Moins de pop culture et davantage de concret.
  • Soit abandonner les parents, soit sérieusement améliorer ce qu’on leur donne à faire.
  • Que les acteurs rentrent dans leur rôle.
  • Qu’Archie devienne un tant soit peu intéressant.

 

Ma note : 11/20.

L'auteur

Commentaires

Avatar Altaïr
Altaïr
<3

Avatar Galax
Galax
T'es dur avec Archie ^^ Autrement j'approuve ce que tu dis :)

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