Critique : Suburgatory 1.20

Le 12 mai 2012 à 08:59  |  ~ 8 minutes de lecture
Un épisode inégal qui propose quelques scènes intéressantes grâce au numéro réjouissant d'Alan Tudyk, mais aussi deux storylines décevantes concernant Tessa et Lisa.
Par sephja

Critique : Suburgatory 1.20

~ 8 minutes de lecture
Un épisode inégal qui propose quelques scènes intéressantes grâce au numéro réjouissant d'Alan Tudyk, mais aussi deux storylines décevantes concernant Tessa et Lisa.
Par sephja

Mère porteuse et conséquence 

 

Georges continue à fréquenter Eden, ce qui a le don d'insupporter Noah, celui-ci lui faisant signer un contrat certifiant qu'il évitera toute intrusion physique dans le corps de sa mère porteuse. Très possessif, il montre de nombreuses attentions envers la jeune femme qui agace profondément son épouse, subissant sur ce point l'influence de Sheila Shay qui lui conseille de lutter contre l'intrusion de celle-ci. Pendant ce temps, Tessa se découvre des talents de vendeuse et commence à subir l'influence de Dallas. 

 

Résumé de la critique 

 

Un épisode inégal que l'on peut détailler ainsi : 

  •  un épisode qui peine à démarrer
  •  des gags très inégaux
  •  le cas de Tessa qui pose problème 
  •  la maternité et ses conséquences 

 

 

Surcharge positive et négative 

 

Pour cet épisode, Suburgatory poursuit l'intrigue romantique entre Eden et Georges, marquant un désir d'exploiter au mieux le couple entre Jeremy Sisto et Alicia Silverstone. Deux personnages arrivés à Chatswin par accident, l'un pour protéger sa fille de l'influence New-Yorkaise et l'autre pour permettre à l'épouse de Noah d'avoir un enfant sans les inconvénients de la grossesse. D'ailleurs, les auteurs se heurtent à un petit problème de crédibilité, Eden passant brutalement d'un premier trimestre à un second trimestre de grossesse sans que ce laps de temps soit en cohérence avec le reste de l'intrigue.

Il n'est pas nouveau de souligner les problèmes de continuité de Suburgatory, les auteurs s'amusant à le signaler eux-mêmes lors des retrouvailles entre Wolfe et Yakult. Pourtant le principal défaut de cet épisode va venir d'un constat, à savoir du fait que cette intrigue ne repose que sur une scène que les scénaristes s'efforcent d'amener avec pas mal de maladresse, celle de l'échographie. Une séquence collective où les Werner, les Altman et Sheila Shay se disputent concernant la volonté de Noah de voir cette mère porteuse comme un temple à la gloire de son enfant. Une scène réussie certes, mais qui va souffrir d'une mise en place poussive, la première partie de l'épisode laissant un fort sentiment de confusion. 

Ainsi, la connexion entre la storyline des Shay et cette histoire de mère porteuse n'apparaît que trop tardivement, les scénaristes peinant à équilibrer leur épisode. L'idée est évidemment de ramener sur le devant le thème central de la série, à savoir l'image de la mère, élément fondateur d'un show qui va offrir un divertissement inégal, la faute à un ensemble de gags pas toujours très inspirés.

 

Des gags inégaux 

 

La qualité principale que l'on peut reconnaître à Suburgatory concerne la capacité des scénaristes à faire preuve de variétés dans leur approche de l'humour. La légèreté y côtoie les pires lourdeurs, en particulier concernant les tentatives de Georges pour ne pas embrasser Eden, idée étrange des scénaristes qui ne fonctionne pas du tout. Une façon ridicule de briser le charme romantique d'un couple assez crédible grâce à la bonne alchimie entre les interprètes, les acteurs sauvant à plusieurs reprises l'épisode du désastre de nombreux gags particulièrement faibles. 

Alan Tudyk est l'exemple parfait du travail effectué par ceux-ci, apportant un peu de dignité à un personnage pas vraiment gâté par des répliques vulgaires et des storylines peu reluisantes. L'enthousiasme qu'il montre à l'idée d'être père est pour le moins touchante, sa bonne volonté et sa maladresse plutôt lourde créant le décalage comique venant de son incapacité à se maîtriser. Certes, l'acteur cumule les grimaces agaçantes, mais dans le seul but pour donner à ces dialogues le ton légèrement parodique qui permet de faire passer une vulgarité particulièrement récurrente. De même, l'apport d'Anne Gasteyer est discutable, sa présence n'apportant pas grand-chose  dans cette intrigue déjà pour le moins surchargée. 

Mal équilibré, l'épisode multiplie les fautes de goût, entre une histoire de Tessa totalement déconnectée du reste de l'épisode et celle de Lisa particulièrement lourde. La scène dans la grange n'est ni drôle, ni utile, le seul effet comique à des fausses toiles d'araignées pas vraiment soignées, montrant le manque d'inspiration qui saisit par moment la série en matière de ressorts comiques. Souvent vulgaire pour masquer son manque d'idées, les auteurs ratent plusieurs bonnes occasions, comme cette vidéo d'adoption particulièrement décevante tant les auteurs disposaient d'une idée en or. 

 

 

L'évolution de Tessa 

 

Après une saison entière à refuser Chatswin et à affirmer son indépendance, Tessa trouve soudain sa place en tant que vendeuse dans le magasin de Dallas, lui donnant l'occasion non pas de s'affirmer, mais de changer totalement son personnage. Au lieu d'inscrire dans un arc à long terme, les auteurs choisissent la stratégie de la métamorphose, la transformant en une banlieusarde typique, acceptant l'influence de ce quartier en affichant un goût nouveau pour la frivolité et le mauvais goût. Un virage direct, beaucoup trop brutal, servant juste à amener un season final où le point de départ du show va s'inverser, celle-ci refusant de quitter cet univers où elle a fini par trouver sa place. 

Jamais subtil dans l'évolution des personnages, les auteurs réussissent l'exploit de vouloir nous faire croire à une métamorphose totale qui souligne l'incompréhension entre le spectateur et l'héroïne du show. Plutôt juste dans sa performance, Jane Levy peine vraiment à exister face à Cheryl Hines ou le reste de la troupe, le registre comique ne lui réussissant pas beaucoup. Un changement de personnalité opportun pour les scénaristes, mais pas pour la crédibilité du personnage, les auteurs utilisant la jeune femme au gré de leur inspiration, laissant apercevoir son côté versatile et superficielle. 

Difficile de cerner Tessa Altman, son évolution cette saison appuyant l'idée d'une fille capricieuse et pathétique, refusant de s'intégrer pour le seul plaisir d'embêter un père trop protecteur. Portrait confus d'une adolescente en crise, Suburgatory confirme le manque de solidité d'un duo vedette qui n'existe plus vraiment, les scènes entre père et fille s'étant réduits au strict minimum. Une construction étrange où le héros se retrouvent au second plan et où les personnages secondaires servent de moteur aux différentes intrigues, exemple type du problème majeur que rencontre la série.

 

Les différentes formes de la maternité

 

Je vais laisser de côté les autres reproches que l'on pourrait faire à cet épisode pour éviter les redites par rapport aux critiques précédentes, la série n'ayant que rarement réussi à corriger ses défauts du début de saison. Mieux vaut s'intéresser à un point intéressant de cet épisode, à savoir le thème de la maternité au travers de l'histoire de cette mère porteuse, abandonnant son enfant pour d'autres raisons que la mère biologique que Tessa. Un parallèle intéressant qui mériterait d'être développé, mais l'expérience d'une saison à écrire ces critiques m'a prouvé qu'il ne fallait malheureusement pas trop en attendre de Suburgatory. 

En conclusion, un épisode moyen qui repose un peu trop sur une scène d'échographie réussie, mais qui engendre un certain déséquilibre entre les différentes storylines. En effet, l'histoire de Lisa est assez mal exploitée tandis que celle de Tessa ne vient que confirmer le manque d'épaisseur d'un personnage qui prend un virage  brutal dans son comportement, laissant apparaître l'absence de finesse dans l'écriture. Une intégration brutale qui installe un certain malaise, le spectateur ayant la sensation claire de s'être fait promener toute la saison, en espérant que le season final saura apporter enfin un peu de sens à la création d'Emily Kapnek. 

 

J'aime : 

  •  la scène de l'échographie 
  •  les comédiens plutôt bons 
  •  le couple Jeremy Sisto - Alicia Silverstone... 

 

Je n'aime pas : 

  •  ... sauf le gag récurrent où Georges esquive ses baisers 
  •  le changement total de caractère de Tessa 
  •  l'intrigue de Lisa Shay mal construite 
  •  certains gags très vulgaires 

 

Note : 11 / 20 

Si l'épisode réserve quelques bonnes scènes comme l'échographie et doit beaucoup à sa troupe de comédiens qui sauve l'épisode d'une suite de gags assez vulgaires. L'évolution de Tessa pose par contre la question du sens profond d'une série qui aura construit son héroïne sur le principe du rejet d'un univers pour brutalement changer d'avis, donnant l'image d'une héroïne particulièrement versatile.

L'auteur

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Image Suburgatory
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11.61

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