Critique : Touch 1.11

Le 17 juillet 2012 à 20:30  |  ~ 8 minutes de lecture
Une première partie plaisante qui sert avant tout à introduire le nouveau personnage de Lucy.
Par sephja

Critique : Touch 1.11

~ 8 minutes de lecture
Une première partie plaisante qui sert avant tout à introduire le nouveau personnage de Lucy.
Par sephja

Tsunami et Maelström


Martin Bohm découvre que la compagnie qui emploie sa belle-sœur, Aster Corps, s'intéresse à Jake depuis plusieurs années, essayant de lui voler la garde de son fils. Seulement, le jeune autiste profite de l'inattention de son père pour jeter un dodécaèdre en verre  sur une voiture de police, entrainant l'intervention des autorités. Pendant ce temps, une mystérieuse Lucy erre sur une plage où elle rencontre un homme qui récupère pour les vendre des objets rejetés à la mer appartenant aux victimes du tsunami.

 

 

Résumé de la critique


Un épisode plaisant que l'on peut détailler ainsi :

 

  •  un manque de cohérence assez marqué 
  •  un personnage de Lucy à l'image de la série 
  •  un show doté d'un véritable idéal 
  •  une première partie réussie

 

Le jeu dangereux des coïncidences


Conçu en deux parties, cet épisode de Touch va se découper en trois storylines très distinctes, Tim Kring ayant visiblement abandonné son format en éventail du début de saison qui donnait des intrigues trop dispersées. L'histoire va principalement se pencher sur le cas de Martin Bohm et sa lutte pour conserver la garde de son fils, l'obligeant à en apprendre plus concernant la mystérieuse Amelia. Le début de l'épisode se concentre donc sur la nécessité de lui donner des pistes à suivre, même si la nature singulière de l'aide apportée par Jake donne la sensation de relever de la solution de facilité pour des scénaristes à cours d'inspiration.

 

Les trois histoires n'ont que peu en commun au premier abord, avec d'un côté l'histoire d'une famille japonaise qui se remet du tsunami et de l'autre un homme qui récolte les détritus charriés par les courants marins jusqu'en Amérique. L'ajout de Lucy va paraître de ce point de vue assez anecdotique, sa rencontre sur la plage servant avant tout à nous introduire le personnage incarné par Maria Bello. Si la dimension émotionnelle de sa rencontre avec Ian Gomez est bien exposée, cette histoire de sabre relève du simple remplissage sans enjeu, récit mélodramatique inspiré un attachement connu de Tim Kring pour le Japon.

 

Du point de vue de l'intrigue, Touch ne trouve son intérêt que lors de la résolution finale, posant un twist intelligent qui joue sur le thème de la souffrance engendrée par une séparation définitive. Si la force émotionnelle du récit est bien présente, les enjeux restent pour leur part assez faibles, l'épisode se limitant à n'être qu'une mise en bouche en vue du season final. Une intrigue qui va s'efforcer de corriger les nombreuses zones d'ombre du début de saison, laissant apparaître certaines failles dans le fil directeur de cette saison. 

 

 

L'importance de partager la souffrance


 

Si la mythologie de la série peine à s'imposer, le show conserve cette capacité à profiter des comédiens et de leur capacité à faire exister des personnages à la construction parfois assez maladroite. Ainsi, l'histoire de Lucy est limitée par le fait que les scénaristes ne veulent pas révéler son identité, conservant artificiellement un twist final assez prévisible. Un personnage qui est à l'image des autres personnages du show, femme en quête de traces de son propre passé, essayant d'échapper à sa souffrance due à son impuissance en venant s'immiscer dans les affaires des autres.  

 

Si ce nouveau personnage manque de matière pour être vraiment bien développé, il possède avec Maria Bello une interprète suffisamment expressive pour justifier la dimension affective qu'elle donne à cette simple histoire d'objet trouvé. Sa conscience de la tragédie, son besoin de comprendre l'autre et son refus de croire en une méchanceté gratuite en font l'incarnation parfaite des valeurs de la série. Profondément humaniste, croyant en la force des actes désintéressés et altruistes, Touch parvient en fin de saison à imposer son identité, celui d'un mélodrame élégant qui veut croire en l'existence d'une universalité de l'être humain.

 

Rétablir la connexion entre les êtres, croire en la possibilité de remettre en relation ceux que le destin ou la tragédie a éloigné, voilà la mission que s'est donné Jake et le socle sur lequel repose la création de Tim Kring. Mais plutôt que de miser sur l'idée maladroite du début de saison où l'intrigue se construisait comme un kaléidoscope complexe, le show revient à des bases simples en privilégiant le caractère empathique du scénario. Une histoire de famille et de séparation, point qui va relier Martin Bohm et Lucy, assurant sans difficulté son intégration à l'intérieur de la série.

 

Une vision idéalisé du monde


Avec ses souffrances et ses peines, la séparation est montrée par les auteurs comme une tragédie, portant l'idée d'une destinée chaotique, guidée seulement par un libre arbitre aussi créateur que destructeur. La vie perd son sens, pour laisser l'homme face à son impuissance à justifier le bien fondé de ses actes ou à anticiper les conséquences de ses propres décisions. Pour reconnecter les êtres, Touch met en avant l'apport des nouvelles technologies, les forums sociaux devenant un moyen de guérir les blessures du temps, d'évacuer la peur par la mise en commun des expériences .

 

Cette philosophie, présente dès les premiers épisodes, composait la base du travail des auteurs qui veulent voir dans les nouvelles technologies le média qui permet à l'humanité de former un tout par delà la notion de race ou de genre. Une approche naïve, utopique où la solitude devient impossible, l'homme n'ayant qu'à se connecter au réseau qui est avide de nouveaux membres pour permettre le partage de nouvelles expériences inédites. Un point de vue qui divise assez logiquement, l'identité de Touch reposant sur cette conviction que le bonheur n'est pas possible sans l'appartenance à un groupe et le partage de l'expérience vécue.

 

Si le parti pris de départ peut énerver et laisser l'impression d'un angélisme assez béat et idiot, il faut saluer le choix de cette série qui s'efforce de proposer une vision du monde assez utopique. C'est pourtant au travers du personnage de Clea que le final trouve tout son intérêt, partagée entre ses convictions personnelles et son devoir en tant que professionnelle. Une dualité entre le coeur et la morale qui est au centre du projet de Tim Kring, lui donnant cette sensibilité particulière qui peut séduire autant qu'elle agace.

 

 

Une mise en place poussive, mais plaisante


 

Après une saison inégale, Touch nous offre une première partie d'un final qui revient sur les différents évènements de cette saison, offrant une intrigue plaisante malgré l'absence d'enjeu de ce premier acte. L'arrivée de Maria Bello est concluante, préparant à une seconde partie qui va devoir offrir une conclusion convaincante en éclaircissant une mythologie encore assez confuse. Seul regret, le déroulement de l'intrigue moyennement convaincant, reprenant un fonctionnement sous la forme d'un jeu de piste assez peu enthousiasmant.

 

Au final, un épisode plaisant qui offre un récit dynamique, permettant de masquer en partie les grosses ficelles un peu trop apparentes du scénario. Portée par des acteurs convaincants, l'épisode propose une mise en place légèrement poussive, les scénaristes n'offrant pas de révélations majeures concernant Amélia, son histoire restant pour le moins confuse. Malgré tout, le charme de ce mélodrame fonctionne encore bien grâce à des intrigues secondaires assez touchantes dotées d'un important background dramatique.

 

 

 

J'aime :


  •  une intrigue plaisante et rythmée
  •  le personnage de Maria Bello 
  •  les comédiens convaincants 

 

Je n'aime pas : 

  •  la progression un peu trop mécanique 
  •  le manque d'enjeu de l'intrigue 

 

Note : 13 / 20


Une bonne première partie pour Touch malgré une progression hachée, la faute à des ficelles trop apparentes et un déroulement trop fléché. L'apport de Maria Bello se révèle assez positif, les comédiens restant un des points forts de la série, posant les bases pour un season final assez prometteur.

L'auteur

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