Heated Rivalry
Deux des plus grandes stars de la Ligue majeure de hockey sont liées par l'ambition, la rivalité et une attraction magnétique qu'aucun d'eux ne comprend vraiment. Ce qui commence comme une liaison secrète entre deux jeunes recrues se transforme en une longue aventure faite d'amour, de déni et de découverte de ...
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| En cours | CA | Pas de durée |
| Drame | Crave, | 2025 |
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Avis sur l'épisode 1.02
Liste des épisodes
Episode 1.01
Les recrues
Episode 1.02
Les olympiens
Episode 1.03
Hunter
Episode 1.04
Rose
Episode 1.05
Je croirai en n’importe quoi
Episode 1.06
Le chalet

Episode 2, et déjà, je commence à développer une relation parasociale pas toute saine pour cette série et son couple… dans l’épisode 1 j’ai compris le phénomène, mais là je crois que je commence à y succomber !
Leur relation va beaucoup trop vite, et je ne dis pas ça comme un reproche à l’épisode, au contraire, ce dernier étant toujours très bien monté et équilibré, à base d’une narration par ellipses agissant comme la marque de fabrique de l’oeuvre/de la saga. L’épisode est moins destabilisant que le premier dans la forme, mais la vitesse à laquelle leur relation défile me prend de court. Et donc je dis que ça va beaucoup trop vite parce qu’à mesure que je voyais les années fondre, je me faisais la remarque qu’on ne va juste pas assez profiter du temps où Hollander et Rozanov semblent avoir un pseudo-équilibre et être heureux dans leur flirt initial, pour vite entrer dans la phase des conflits et aux problèmes, et que ça va être dur à regarder…
Mais en fait, ce sentiment pré-suppose qu’ils ont déjà passé leur pic de bonheur et qu’ils ne sont ensuite destinés qu’à plonger dans une spirale d’animosité, en étant confrontés au monde réel brutal qui ne leur laisse pas de place et qui finira forcément mal. N’est-ce pas ? Ce qui est un raisonnement typiquement fataliste auquel on a toujours été habitué en fiction de ce type — mais la série peut-elle justement transcender ça et faire de ce conflit inévitable, un “simple” coeur du drama sans qu’il n’en soit l’unique issue déprimante ? C’est donc peut-être un bon signe qu’on entre directement dans une phase plus mitigée et inégale de leur relation.
En tout cas pour l’instant, ça n’a pas loupé : après un épisode où ils soufflent entre le chaud et le froid et ont des comportements (surtout Ilya) envoyant des signaux en apparence incohérents, avec une scène de sexe qui étaient plus réjouissante mais qui avait un côté un peu off et destabilisant totalement souhaité, la fin finit par être totalement amère. La scène finale dans l’ascenseur où Shane efface 2 messages est peut-être la plus mémorable du show à ce stade, avec le “We didn’t even kiss…” qui a été un putain de crève-coeur, de CREVE-COEUR !
Hudson Williams se révèle complètement d’ailleurs durant tout l’épisode, car son personnage parle très peu mais communique énormément par le regard, la retenue, les micro-expressions. Son premier degré est tellement poussé voire maladif (son impossibilité de flirter par message, ses réactions de panique qu’il tente d’étouffer, son choix de mots toujours minimalistes…) qu’on flirte de très près avec le spectre de l’autisme avec ce personnage. Ce que le réalisateur et l’autrice du livre semblent avoir plus ou moins confirmé, tout comme l’acteur qui a injecté dans son rôle l’expérience IRL de son père qui était justement diagnostiqué. C’est un sujet hyper intéressant qui n’est pas le focus principal et qui a fait l’objet aussi de certaines critiques, mais qui ajoute aussi une couche de lecture supplémentaire et qui a en tout cas permis à de nombreuses personnes de s’identifier d’une façon parfois inexplicable à ce protagoniste décidément de plus en plus intéressant.
Quant au second, Ilya, il est incarné par un Connor Storrie également toujours aussi bon dans un rôle sans doute plus difficile dans la forme avec la barrière de la langue, qu’il maîtrise franchement avec brio en présence de natifs du langage. Il est clairement plus au centre de cet épisode, qui adopte son point de vue plus que celui de Shane — pourtant dans les deux cas c’est marrant de constater que la réalisation et la narration font que c’est l’autre qu’on garde plus en tête, avec ici une performance de Hudson Williams que j’ai trouvée vraiment percutante, quand bien même on accompagne plus longtemps avec Ilya dans sa terre natale.
Et justement, la recontextualisation de leur relation en Russie au cours des JO de Sochi est clairement une super idée qui rachète totalement la storyline de la famille conflictuelle russe d’Ilya — en même temps, sans son frère qui joue mal, et avec à la place son père en figure antagoniste sénile plus nuancée, c’est tout de suite plus intéressant. Cette intrigue permet de voir son point de vue quand il n’essaie pas d’impressionner Shane, et de montrer un fragment plus sincère de sa vie. Les scènes entre jeunes lors du gala russe m’ont un peu fait penser au voyage d’Eric Effiong de Sex Education au Nigeria où il découvrait une scène underground gay très active, à échelle bien plus réduite ici. Elles servent bien sûr un rôle crucial puisque si Ilya refuse les avances de son ancien mec/plan, c’est à cause de Shane. Même s’il ne le dit pas — car les personnages ne se confient jamais, on comprend tout. C’est aussi rafraîchissant de voir qu’il a à la fois du soutien dans son entourage (son amie Svetlana très au fait de sa bisexualité contrairement à ce que le pilote pourrait laisser penser), et un rapport compliqué à sa famille et à ce qu’on attend de lui. Ce qui le rapproche en réalité énormément de Shane d’après ce qu’on a vu de lui dans l’épisode 1 avec ses parens. Je pense que ça évoque en fait plus largement toutes les attentes descendantes que des parents projettent sur/imposent à leurs enfants, ce qui implique une logique de rentrer dans des cases et de reproduire des comportementes malveillants.
L’épisode est donc particulièrement juste dans la dépiction de l’homophobie enracinée dans la société qui étouffe des jeunes dans leur développement, le tout sans jamais vraiment le souligner, juste avec des réactions et variations dans les évolutions des personnages.
Et même sans parler de la famille d’Ilya, il y a énormément de petites touches ou répliques anodines qui sont de véritables trigger warning quand il s’agit des relations interdites, des relations queer, du rejet de soi internalisé (homophobie ici). Par exemple, le choix de vocabulaire pour parler à Hollander de Rozanov en tant qu’adversaire (“fuck him”) qui souligne l’homophobie banalisée des vestiaires (et encore, sans doute très édulcorée je pense dans la série par rapport à la réalité). Ou encore, l’insécurité qui prend le pas sur le moment présent dans une banale conversation (au café en Russie quand Shane réalise qu’il est dans l’illégalité juste pour ce qu’il pense), avec dans le même dialogue la présupposition clichée que certaines disciplines sont réservées aux gays (le patinage artistique). Le fait de se sentir observé/écouté de façon paranoïaque dans une chambre d’hôtel, le fait de devoir constamment jouer un rôle avec “Lily” et “Jane”… ou bien sûr, le plus dangereux risque lié à une relation gay secrète… la dickpic surprise en présence d’autrui ! Ahah car oui, la série ose aussi aller plus dans la légèreté et dans l’humour pour dédramatiser par petites touches, en opposant ça à des passages toujours plus glaçants dans son aspect tranche de vie, ce qui permet vraiment bien la construction de son univers.
Ce que j’apprécie particulièrement c’est qu’on créé du conflit et de la frustration sur leur relation, mais que même si les deux individus sont évidemment en partie à blâmer, à cause de leur refus de communiquer assez flagrant et leurs démons (surtout du côté d’Ilya ici, qui flirte parfois avec l’antipathie), on comprend tout à fait que tout ça n’est que résultante d’une oppression extérieure et du contexte dans lequel ils évoluent. Donc, que la source de leur toxicité n’est en rien leur relation queer elle-même, mais bien tout le contexte qui l’entoure. Cela renforce d’autant plus le moindre moment de bonheur assez magique, comme le premier vrai bisou d’au revoir sur l’escalier au début (pas du tout glam comme les chambres d’hôtel luxueuses où ils baisent, donc hors du cadre très privé, pourtant il y a bien un bisou, preuve que ça dépasse déjà bien le stade du plan).
Ces moments de “toxicité” ou de frustration qui commencent à envahir la sphère intime du couple étaient inévitables et soulignent l’importance d’avoir établi une ”relation” positive (ou ce qui s’en rapproche le plus, dans la limite de ce que les personnages s’autorisent) dans le premier épisode. L’alchimie des acteurs en privé est toujours au top, on comprend immédiatement pourquoi ils ont été castés ensemble. Leur scène de sexe principal de l’épisode à l’hôtel à la fin qui souligne leur distance physique et émotionnelle et insiste sur le côté voyeuriste avec les grands plans et les fenêtres, c’est vraiment très bien fichu, la réalisation montant clairement d’un cran par rapport au premire épisode. Et franchement, les scènes de sexe en disent plus sur l’évolution des personnages que les dialogues eux-mêmes, avec les regards, les touchers, les quelques phrases (Ilya qui n’est jamais aussi doux et soucieux de Shane que quand il top), les transitions, les absences de tout ça aussi : l’art du non-verbal et de la narration par l’image et non par de la surexplication est impeccable.
Le tout forme un épisode clairement au-dessus du premier, débarrassé de certaines contraintes d’exposition pour commencer à approfondir sérieusement le fond de la série, tout en ne lésinant pas sur l’aspect romance premier degré, en commençant à croiser les deux avec des impacts subtils et déjà très forts.
Bon, j’espère quand même assez naïvement et pour mon petit coeur que la tournure dramatique, légèrement toxique que prend leur relation ne va pas durer et qu’ils finiront par être soudés ensemble face au monde. Car franchement j’étais vraiment dans le mal après cet épisode et cette scène finale, et je me raccroche à l’idée que ce genre d’histoires ne peut déboucher que sur un happy-end… pas vrai ? (comme je l’ai dit, je pense que je suis happé par la romance, c’est fini pour moi)