Avis sur les séries
Avis sur les saisons
Une très bonne saison ! Sans doute la meilleure de Tennant, du moins celle qui aligne les meilleurs épisodes sans aucun doute.
La nouvelle compagne, Donna, est vraiment exceptionnelle, que ce soit son caractère, l’actrice, son duo avec le Docteur, tout. L’alchimie des deux porte vraiment tous les épisodes (et en sauve même certains).
L’image ne fait que s’améliorer, on voit que la série a eu plus de moyens. En conséquence, la saison est aussi moins avare en science-fiction, avec beaucoup plus de planètes et d’autres mondes. C'est sans doute encore aujourd'hui une des saisons les plus diverses, colorées, intéressantes à explorer.
La seconde partie est vraiment une des meilleures du show et enchaîne 6 épisodes fantastiques.
Les spéciaux sont plus en demi-teinte, les épisodes de Noël sont tous assez mauvais (et cette "saison + spéciaux" en compte 3, de 2007 à 2009), mais les deux différents finaux que Ten a eu, à savoir Journey's End (la fin de la saison 4 elle-même et la fin de l'ère du Dixième Docteur) et The End of Time 2 (pour le personnage de Ten en lui-même), sont tous les deux dans la même veine : bourrés de qualités malgré quelques faux-pas, ils font tout le charme de la saison et lui donnent son importance, mais montrent aussi ses limites.
La beauté de la saison, c'est que TOUS les épisodes contiennent au moins 2 ou 3 petites références étranges qui trouveront finalement leur explication sur la fin. Entre les multiples retours de personnages, de monstres et de lieux, la saison possède l'une des meilleures continuités du show et approfondit beaucoup la mythologie.
Bref, entre Donna, le fanservice, la conclusion de l'ère du Dizième Docteur et les scénarios globalement de haute volée, c’est du très bon Doctor Who !
Mon classement :
- Forest of the Dead - 18
- Silence in Library - 18
- The Waters of Mars - 18
- Turn Left - 17
- Midnight - 17
- The Stolen Earth - 17
- Journey's End - 16
- The End of Time Part Two - 16
- The Fires of Pompeii - 16
- Partners in Crime - 16
- Planet of the Ood - 15
- The Unicorn and the Wasp - 14
- The Doctor's Daughter - 14
- Planet of the Dead - 13
- The End of Time Part One - 10
- The Next Doctor - 9
- Voyage of the Damned - 9
- The Sontaran Stratagem - 9
- The Poison Sky - 8
"La saison 1, c'est un peu le brouillon de la série : le docteur et sa compagne, qui voyagent à travers l'espace, un mélange d'ambiances, d'époques, de genres et d'émotions. Il faudra attendre quelques années pour un peu plus de folie et de maturité."
Voilà l'avis que j'avais écrit il y a quelques années à propos de la série. Mon avis a depuis pas mal changé.
Cette saison 1 n'est pas que le "brouillon" de la nouvelle série, elle est aussi son socle et son modèle qui finalement a inspiré énormément la suite. Un acteur méconnu du grand public mais à la très bonne réputation dans le milieu, une actrice au contraire très mainstream pour attirer les téléspectateurs, une continuité avec l'ancienne série donnant l'impression d'entrer dans un monde au background immense mais aux possibilités encore plus grandes... Cette saison 1 a brillé dans beaucoup d'aspects, et sans elle, le show n'aurait jamais fonctionné et grandi pour être le show que l'on connait maintenant.
Et elle n'est pas qu'une saison servant de base où l'on "pardonne ses défauts car c'était la première", comme bien des œuvres surestimées sous prétexte de nostalgie, non non. Elle a aussi de très nombreuses qualités en soi. Aucun épisode ne brille particulièrement ni est au-dessus des autres, mais le niveau général est plutôt bon. Les histoires sont variées, différentes dans les tons, et la dynamique entre le Neuvième Docteur et Rose Tyler reste à ce jour l'une des meilleures.
Une chose qui explique selon moi le fait que la saison soit aussi réussie, c'est que Russel T. Davies avait convaincu la BBC de lui laisser reprendre le show afin que cette saison devienne le retour triomphant d'une légende, certes, mais à la base le show a également été conçu pour raconter une histoire avec un début et une fin, dans l'optique d'une annulation... Autrement dit en plus de voir plus large, elle raconte tout de même une histoire d'un point A à un point B et possède un vrai développement et une conclusion. C'est ce qui rend les personnages de Rose et du Docteur si attachants. La grande force de la saison 1 c'est le fait de les voir évoluer ensemble depuis le pilot jusqu'au season-finale. Toute la saison repose sur la spontanéité de Rose qui se mêle au monde à la fois tourmenté et merveilleux du Docteur, permettant à ces deux personnages de s'aider mutuellement à devenir de meilleures personnes. Très peu d'épisodes ne servent aucun propos dans la trame, ce qui donne cette atmosphère générale de confiance et de maîtrise dans toute l'histoire.
C'est cette réussite d'avoir réussi à réintroduire doucement mais sûrement toutes les bases pré-existantes d'une série culte, tout en y ajoutant des touches modernes dans les personnages et d'avoir réussi à écrire et boucler une histoire complète en 13 épisodes seulement, sans pour autant nuire de quelconque façon à une potentielle suite, qui fait de cette première saison une vraie réussite.
Et la suite nous réserve encore les meilleures choses !
Une citation pour résumer la saison :
You could stay here, fill your life with work and food and sleep, or you could go anywhere.
Moyenne de la saison 1 : 14.46
Classement :
- The Empty Child - 17
- The Doctor Dances - 17
- Dalek - 17
- The Parting of the Ways - 16
- Father's Day - 16
- The Long Game - 15
- The End of the World - 15
- The Unquiet Dead - 15
- Bad Wolf - 14
- Rose - 13
- Boom Town - 13
- World War Three - 11
- Aliens of London - 9
Le diptyque de Steven Moffat se place dans le haut du classement, clairement l'épisode le plus moderne et mémorable de la saison, même si finalement il ne représente pas vraiment cette dernière, avec son aspect très romantique, absurde et horrifique. Il est accompagné par le très bon one-shot de Robert Sherman, Dalek, qui complète le podium. Le series-finale et Father's Day complète les "16/20" et pour le coup représentent, eux, très bien cette première saison.
The Long Game a longtemps été un vilain petit canard pour ma part mais son commentaire "politique" sur l'humanité du futur, un gros gros thème de la saison qui se retrouve d'ailleurs dans The End of the World, donne vraiment des thèmes directeurs à cette saison 1. Ces deux épisodes sont très bons et dans le haut niveau de la saison. The Unquiet Dead est vraiment un historical sympa à mes yeux et est un nouvel exemple d'épisode qui s'inscrit très bien dans la saison, servant plusieurs rôles et dans lequel Rose et Nine brillent.
Bad Wolf est une première partie de finale perfectible mais très fun, tout comme Rose, un pilote encore plus perfectible et kitch mais très efficace.
Ne reste donc que le trio des épisodes Slitheen, lourdement en fin de classement. Boom Town ne s'en sort pas trop mal. A noter surtout deux ratés dans la saison : les deux parties de l'attaque des Slitheens à Downing Street. Aliens of London, est un pas en arrière après les trois premiers épisodes de la saison, mais est heureusement rattrapé par une deuxième partie plus réussie, mais pas fameuse non plus au contraire. Ils témoignent de l'aspect cheap souvent reproché à cette saison et à raison, et sont beaucoup plus lents et mal écrits que le reste.
Malheureusement l'une des plus mauvaises saisons du show, bien qu'elle reste suffisamment décente pour qu'on n'ait aucun mal à imaginer une saison moins réussie si cela devait se produire un jour - pour l'instant après 9 saisons, cela n'a toujours pas été le cas, espérons que cela continue.
EDIT de 2019 : lolilol la saison 11 existe donc oubliez, la 2 n'est clairement pas
La grande cause de cette saison 2 plus molassonne c'est que la qualité des standalones n'est pas au rendez-vous. Au cours de mon revisionnage, il n'y a pour ainsi dire qu'UN seul épisode que j'ai un peu plus aimé davantage que le précédent visionnage : School Reunion. TOUS les autres épisodes m'ont apparu comme, parfois, identiques, mais le plus souvent, moins bien que dans mes souvenirs par rapport aux autres saisons (la saison 1 comprise). Mis à part le season-finale, le two-parter du diable, School Reunion donc et ce petit bijou de The Girl in the Fireplace, le reste de la saison est souvent juste "pas mal".
J'aborde toujours chaque saison avec deux angles : la qualité intrinsèque de chaque histoire, grosso modo que l'on peut résumer comme étant la "qualité des standalones", ainsi que fil rouge, que ce soit un arc, une intrigue mystérieuse, l'évolution des personnages ou l'agencement et l'ambiance générale, bref l'objet de la saison. Le fond compte autant que la forme en somme.
J'en ai un peu parlé dans mon avis sur Army of Ghosts, mais Ten convaint moins que Nine en tant que Docteur. Je n'ai absolument rien contre Tennant, il est pour le moment bien dans le rôle, sauf qu'il n'a malheureusement pas encore eu beaucoup de palettes d'émotion à démontrer car l'écriture ne lui rend souvent que peu honneur (cela dépend des épisodes en fait, on en revient à la qualité des standalones, cette dernière ayant un rôle à jouer dans mon appréciation du fil rouge, ces deux blocs ne sont pas distincts). Pas de fausse note particulière pour Tennant donc, mais pas de réel moment emblématique non plus.
Le principal problème, c'est que la transition par Rose est très mal gérée. Elle est trop rapidement balayée dans The Christmas Invasion, ce qui laisse juste une saison où l'on est censé voir deux meilleurs amis vivre les meilleures des aventures possibles... et c'est tout ! Ce que la saison 1 avait soigneusement construit : un Docteur moralement complexe, une compagne humaine et attachante à ses côtés, une relation avec un apport mutuel, un point A et un point B... toute la saison 2 ne fait pas vraiment bouger les choses.
Le pitch est surtout : "donnons à Ten et à Rose une romance naissante", c'est assez bien fait mais ça donne une saison sans grand dynamisme.
A part ça le personnage du Doc n'est pas archi intéressant et se dévoile peu, puisqu'il est "humanisé" à l'extrême par Rose. Sauf rares exceptions (School Reunion par le biais de Sarah Jane Smith et de l'écriture de Toby Withouse qui lui rend honneur même face à des scènes triviales comme face aux Krilitaines, et The Satan Pit dans son échange face au Diable et sa croyance sur le temps), le Dixième Docteur n'est pas un Seigneur du Temps de 900 ans qui a fait une Guerre du Temps. Non, le Dixième Docteur est un alien qui a pour meilleure amie une londonnienne et qui a pris goût à la vie humaine. Pour de vrai. On ne retrouve pas le personnage du Docteur dans son ensemble mais seulement par certains endroits, c'est ce qui me gêne avec cette incarnation. Tous les autres Docteurs sont souvent impliqués et posent leur marque, ce qui créé bien sûr des aspects que l'on aime pas, mais Ten est juste... normal ? La saison s'occupe juste de lui trouver des aventures et du bon temps et ce n'est pas l'approche que je préfère chez Doctor Who.
Le Neuvième Docteur avait un égo surdimensionné concernant son importance par rapport à celles des autres races, le Dixième Docteur est à l'inverse le plus proche possible des humains qu'on pourrait l'être. Le contraste est intéressant, et donne lieu à de très belles choses, notamment son émerveillement face à l'humanité et aux agissements des humains (un thème que l'on retrouve même dans The Age of Steel ou The Impossible Planet, ce genre de petits détails très sympathiques). Je n'ai rien contre un Docteur plus "humain", "charmeur", "drôle" et finalement, plus à même à parler à l'audience mainstream, et je trouve le contexte intéressant car cela permettra une descente aux enfers progressive (dans les saisons suivantes). Le problème est que vu que la descente aux enfers ne peut commencer QUE à partir du départ de Rose, c'est-à-dire dans le dernier épisode de la saison, on a donc toute une saison avec un Docteur qui ne bouge pas d'un pouce.
Il aurait été beaucoup plus judicieux d'intégrer des nuances plus subtiles à son personnage plus souvent. Comme je l'ai dit c'est tout de même en grande partie lié à la faible qualité des loners, il suffit de voir The Idiot's Lantern, Fear Her, Love and Monsters ou même New Earth et le two-parter Cyberman pour voir que le Docteur n'est pas à son meilleur jour. Sur une saison de 14 épisodes en incluant le Noël, c'est beaucoup.
Ce n'est pas la seule chose pour laquelle la saison a pris un tournant opposé à la une. Il n'y a pas de mention de la Time War avant très longtemps, une mythologie très peu poussée, un Docteur très peu intéressant d'un point de vue de son passé... mais aussi une Rose beaucoup plus controversée, à raison.
Si je n'ai aucun mal à dire que la relation Nine/Rose est l'une des meilleures du show, Rose Tyler dans la saison 2 est parfois agaçante sur les bords. Dans le Noël, sa réaction avec le Docteur est un peu disproportionnée. Dans la saison elle est hyper dure avec Mickey ou sa mère sans raison valable, parfois jalouse à l'extrême.
Elle n'a pas que de mauvais aspects cela dit, j'aime beaucoup l'assurance dont elle fait preuve dans certains épisodes comme Tooth and Claw, The Idiot's Lantern, Fear Her ou The Satan Pit, où elle n'hésite pas à prendre la situation en main. Mais où est la Rose Tyler qui était prête à se mettre entre un Dalek et le Docteur pour affirmer son opinion ? Où est la Rose Tyler qui a ouvert le coeur du TARDIS pour sauver le Docteur ? Où est la Rose Tyler qui a brisé toutes les lois du temps pour sauver son père ?
Oui, l'aspect téméraire est toujours là, mais il y a bien un facteur qui manque : le cœur, l'affection, l'humanité, la sensibilité de Rose de la saison 1.
En même temps, avec un Docteur aussi bon-copain, ce n'est pas étonnant. Il déborde tellement d'amour, de joie et d'émotions, qu'elle ne passe plus pour la jeune fille qui découvre l'univers et y apporte son humanité dans les pires situations même les plus négatives... non, maintenant en saison 2, Rose Tyler est plutôt la gamine capricieuse qui a eu la chance d'être dans le TARDIS et qui le prend pour acquis. Je grossis les traits car il y a des épisodes où elle est très bien. Et encore une fois, je n'ai rien contre cette évolution, qui est très joliment adressée par Jackie dans Army of Ghosts, quand elle lui dit qu'elle ne reconnaît plus sa fille... mais ça c'était l'épisode 12 ! Durant toute la majorité de la saison, j'aurais aimé avoir plus de nuances de ce type. En saison 1, on voyait déjà les mauvais traits de la personnalité de Rose, elle était déjà ennuyante avec Mickey, elle était déjà jalouse (de Lynda par exemple), mais puisqu'elle offrait beaucoup d'autres choses à côté, ces aspects ne semblaient pas dominer sa personnalité. Rose en saison 2 est toujours aussi attachante, et elle gagne en confiance, mais on perd ce côté si sensible qui faisait tout son charme et qui était pourtant - je le croyais - inscrit dans son personnage (rien que par son nom - fragile comme une Rose).
Forcément, si on associe dynamique de personnages statique et personnages en eux-mêmes attachants mais pas toujours montrés sous leur meilleur profil, et que l'on y ajoute un arc pas tip top ("Torchwood" étant beaucoup moins subtilement amené que Bad Wolf - c'est parfois mentionné deux fois par épisode - et moins mystérieux aussi), le fil rouge de la saison 2 n'est juste pas bon. La succession quasi-constante de loner est agaçante, il n'y a jamais aucune continuité hormis le départ de Mickey et son retour (une moitié de saison donc, au milieu tout est interchangeable). Pour que la continuité de la saison repose sur un personnage aussi médiocre (il faut voir la transition de Mickey entre School Reunion et The Girl in the Fireplace, elle est nulissime), c'est qu'il y a un problème.
Pour résumer tous mes problèmes avec cette saison 2 :
- Un Docteur limite trop puéril, ou qui ne possède pas assez de moments pour briller malgré Tennant qui pouvait pourtant faire "so much more !" (si vous avez capté la référence, bien joué).
- Une compagne qui perd l'un de ses principaux traits pour devenir parfois agaçante, même si paradoxalement elle est quasiment plus mise au centre que son Docteur dans la saison.
- Un arc qui n'en est pas un, ne laissant qu'une continuité branlante entre les épisodes
- Des standalones trop faibles (l'opener, le double sur les Cybermen, celui avec la télé qui bouffe les gens, celui avec la môme...)
On peut trouver de qualités à cette saison dans l'ensemble. Chaque point positif que je peux trouver ne résulte pas QUE de la performance d'un épisode individuel seulement. La relation Ten/Rose, j'ai beau objectivement trouvé les deux personnages un peu faibles, mon petit coeur de fan encore ébranlé par le premier visionnage de Doomsday ne peut s'empêcher des les aimer ! Ils sont charmants. La saison a aussi tenté de nouvelles choses (certains épisodes expérimentent des genres, comme The Girl in the Fireplace ou Love and Monsters, et la saison créé la notion de Christmas Special).
Oui mais voilà, il faut être réaliste, si le seul but de la saison après The Girl in the Fireplace est d'offrir une belle porte de sortie à Rose, il y avait beaucoup, beaucoup mieux à faire.
Mais au moins maintenant, la voie est libre pour que notre Docteur reprenne du pep's et s'affirme, en espérant que la saison 3 saura plus revenir à ce qui avait fait la très bonne qualité de la première saison : une compagne intéressante, une mythologie et un personnage principal complexes et une meilleure balance entre légèreté/kitsh et sérieux. Ce qu'elle réussira à peu près.
Moyenne de la Saison 2 - 13.85 (tout de même pas mal pour la "pire" saison d'un show)
Classement :
- The Girl in the Fireplace - 19
- Doomsday - 17
- The Satan Pit - 17
- School Reunion - 16
- The Impossible Planet - 16
- Tooth and Claw - 15
- Army of Ghosts - 14
- Love & Monsters - 13
- The Christmas Invasion - 13
- The Age of Steel - 12
- New Earth - 12
- The Idiot's Lantern - 11
- Rise of the Cybermen - 11
- Fear Her - 8
Avis sur les épisodes
Un “what if” pas dénué d’intérêt pour donner une idée d’à quoi ressemblerait les personnages d’Eren et Mikasa si leur vie avait été marginalement plus normale. La réponse est évidemment : Mikasa est amoureuse.
L’épisode est assez beau et est joliment intégré au présent puisqu’on peut voir tout ça comme un gros flash défilant devant les yeux de Mikasa lorsqu’elle pensait mourir, ou lorsqu’elle voit Eren au-dessus du mur.
En revanche, il m’a un peu perdu dans son dernier tiers, quand Mikasa tombe sur une sorte d’illusionniste, métaphore de son futur, qui vient retarder artificiellement l’histoire. C’est un délire un peu trop poussé et hors-propos à mon sens.
Et puis la morale “au fond, quoiqu’il arrive Eren aurait mené à sa propre perte” est intéressante, mais ultimement, met plus en valeur le personne d’Eren que celui de Mikasa, ce qui est un brin dommage dans un épisode consacré à elle. Cela dit, on comprend bien qu’en étant devenue forte, Mikasa a été en mesure de tenir tête à Eren et de le sauver à de nombreuses reprises, aux côtés d’Armin. Leur “première rencontre” dans cet univers alternatif, près de l’arbre où la première scène de l’anime prend place, est assez russie.
Et puis j’aime toujours beaucoup quand l’anime prend le temps de parler du rêve de ces personnages de voir les plaines, l’océan, et même ce qu’il y a au-delà, et on voit à quel point le désir primal de liberté d’Eren est plus fort que tout, plus fort que ce que Mikasa peut proposer. Je ne m’attendais donc pas à avoir un épisode centré sur un jeune Eren plein d’espoir et de rage, mais c’est toujours bon à prendre.
C’est la fin. La vraie fin, cette fois.
Et comme le spécial précédent, ce grand téléfilm final est en fait la mise bout à bout de 4 épisodes adaptant chacun un chapitre du manga final, donc c’est parti :
- 1ère partie : The Battle of Heaven and Earth
On est dans le pur climax de l’anime et franchement, c’est cheum.
Pas l’animation, pour une fois, ça, ça va. Plus les décors et la direction artistique. C’est bête et très subjectif, mais la zone aride avec un rocher digne d’un grand désert australien dans lequel avance un titan originel tout blanc, ça fait vraiment juste pas du tout très stylé pour un dernier combat, je trouve ça très laid. L’anime avait tellement de lieux potentiellement géniaux pour conclure, un peu dommage qu’on termine par ce paysage assez dégueu. Bien sûr, la terre orangé qui contraste avec le ciel bleu, illustre assez bien le côté "bataille heaven and earth", mais il y avait sûrement moyen d'évoquer cette thématique sans sacrifier une direction artistique (à mes yeux) plus jolie.
Ça, plus le fait que les familles des guerriers honorifiques de Mahr, notamment le père d’Annie, sont présents pour voir leurs enfants combattre, ce qui est bien pratique...
Oui je commence bien par quelques petites choses qui relèvent du pinaillage car sinon, comme d’hab depuis la deuxième partie de cette ultime saison, c’est juste impeccable et épique à souhait, et on a donc un bon premier épisode.
La très bonne idée, c’est de faire un best-of des titans spéciaux de l’anime, en ajoutant en plus des titans jamais vus : Ymir possède tous les pouvoirs et maintenant qu’elle est du côté d’Eren, elle invoque des répliques d'anciens titans spéciaux, ce qui donne à ce combat final une allure de véritable apocalypse où les héros n’ont aucune chance. Bref, de l’épique à fond. C’est sympa de revoir au passage le Warhammer titan en action qui stoppe net la progression du charrette.
Armin est le MVP évident de cette fin d’anime, et il se fait ici capturer comme un con, ce qui est pratique pour le scénario qui peut donc éviter de lui faire déclencher sa transformation en colossal et accéder plutôt à ses réflexions sur Eren et sur la moralité de la fin de l’anime. Il comprend qu’Ymir est de son côté et questionne encore en quoi Eren fait ceci au nom de la liberté. Le fait qu'Ymir agit indépendament pour Eren est ma foi assez attendu si on a suivi les derniers épisodes, mais ça explique assez pourquoi Eren ne cherche pas non plus trop fort à arrêter ses amis, tout en permettant à l'audience d'avoir quand même un combat final entre titans digne de ce nom.
Point bonus pour Falco qui devient un titan Faucon à la fin, une idée géniale annoncée déjà dans la précédente partie, qui permet vraiment de faire encore du jamais vu avec les titans (il y avait même une réplique en saison 3 ou 4 d’un Marleyien qui disait “heureusement qu’aucun titan ne sait voler”) et qui est littéralement le sauveur de ce dernier groupe rempart de l’humanité, et par conséquent, plus libre qu’Eren ne le sera jamais. Là où Eren ne fait que s'imaginer voler dans les cieux lorsqu'il déclenche le Rumbling (sous sa forme enfantine qu'il n'a plus, représentant son innocence fantasmée), Falco l'accomplit pour de vrai.
A noter enfin que l’épisode nous dévoile l’air de rien, que c’est bien Ymir qui avait laissé l’enclos des cochons ouvert, et qui n’était donc pas “innocente”… si tant est que l’on considère cet acte comme un crime, ce qui est bien sûr tout le but. J'étais tout de même assez soulagé que le reste du final ne revient jamais objectivement sur cette période que je préfère laisser ouvert à l'interprétation.
15/20
- 2ème partie : Dedicate Your Heart
Je ne m’y attendais pas mais j’ai rigolé plein de fois dans l’épisode. Pieck qui court le long d’un ossement titan pendant un plan beaucoup trop long avant de dire “c’est là que j’envie l’équipement tri-dimensionnel”, Mikasa qui passe 20 secondes à essayer de faire comprendre à Annie qu’elle a vu un okapi car elle ne connaît pas cet animal qu’elle peine à décrire, Gabi qui ne pense toujours qu’à tirer avec son fusil à chaque instant (et qui réalise encore un headshot qui va sauver tout l’humanité)...
Le combat est super fun, dynamique et rythmé, avec quelques actions combos entre les titans qui sont méga satisfaisantes, comme Annie qui projette Mikasa pour qu’elle file à la vitesse de l’éclair. Un beau callback au fait qu’Annie avait pour habitude de prendre les câbles du bataillon pour les écraser. Les deux squads qui attaquent en parallèle fonctionnent bien ensemble, et le retour des personnages qui possédaient les titans spéciaux (Bertolt, les frères Galliard, Xaver qu’on avait jamais vu en action, et surtout notre Ymir du bataillon) c’est le genre de choses épiques appropriées pour un climax qui réutilise une dernière fois des éléments et des personnages introduits depuis le début. Bref, tout fait très fanservice (terme pas péjoratif) mérité et doux, qui permet aux héros de reprendre le dessus de façon crédible dans un combat pourtant perdu d’avance.
On notera également que Livai accepte enfin le fait d’avoir choisi Armin comme successeur d’Erwin, ce qui va probablement lui permettre d’accomplir enfin sa promesse à ce dernier de tuer Zeke, puisque Zeke réapparaît en fin d’épisode vulnérable, grâce à Armin qui le rallie à sa cause.
Armin, qui est donc clairement le héros de cette fin d’anime pour l’instant, devient au centre de la scène la plus importante de l’anime à ce stade puisqu'elle nous donne le propos philosophique de l’oeuvre : lorsqu’il questionne avec Zeke l’intérêt de la vie. Et c’est là qu’on comprend le prisme de la liberté selon Eren (qui est aussi le point de vue de Zeke quand il en parle à Armin) : si la vie ne cherche qu’à proliférer et que toutes nos décisions et nos peurs ne sont que des réactions instinctives pour échapper à la mort, est-on vraiment libre de nos choix ? Peut-être que la seule démonstration de libre-arbitre que l’on pourrait faire, c’est accepter la mort et avoir au moins un souffle de soulagement libre avant de partir ? Finalement, si la vie nous rend esclave, choisir de mourir, c’est notre seule forme de liberté ?…
Zeke repositionne donc Ymir et la source de la vie comme les vrais méchants de l’histoire, tout en justifiant leurs actes, en expliquant l’origine des titans comme un instinct de survie d’Ymir mélangé à un pouvoir assez abstrait et métaphysique du ver luisant aquatique source de l’instinct de survie du monde vivant (pourquoi pas, hein, ça reste suffisamment abstrait et ambigü pour qu’on y interprète ce qu’on veut là-dedans). J'aime beaucoup l'emploi du sable comme figure d'opposition, qui exploite le très bon lore abstrait de l'Axe et la représentation des pouvoirs d'Ymir qui brise les lois de la nature en façonnant le monde des titans. Et la question posée est intéressante : en quoi les êtres vivants devraient “gagner” face à la force inébranlable de la nature, dont nous perturbons l’équilibre par une guerre sans fin ?
Sauf que la réponse, c’est que bien sûr, la vie vaut la peine d’être vécue au-delà de l’instinct de survie et de la guerre engendrée par cet instinct. Et ça, il faut quelqu’un d’innocent comme Armin pour le voir. Armin ramène de la couleur dans ce monde (et dans ce spécial, aux tons très froids) grâce à une feuille orangée, en repensant… à un souvenir doux et chaleureux d’une après-midi d’automne où il courait vers un arbre (tiens tiens…) avec ses amis.
Un souvenir/plaisir simple, comme il peut en exister des tas (visister un marché, jouer à la balle avec son père de coeur…). C’est une morale classique, très “Soul” de Pixar par exemple, et vue dans sans doute des milliers d’autres oeuvres. Mais comme toujours avec l’Attaque des Titans, c’est présenté de façon tellement sublime et essentielle, et intégré à un univers si complexe et cohérent bercé dans une oeuvre de guerre avant tout, que c’est juste magnifique.
Les parallèles avec Eren sont typiquement géniaux : là où ce dernier répète sans cesse que sa venue au monde lui était destinée, mais l’a rendu piégé par son propre destin bien plus grand que lui… Armin dit qu’il a pris conscience qu’il est venu au monde au moment où il courait avec ses amis, pour vivre ce genre de petits moments. Autre exemple : Eren est parasité par ses souvenirs du futur, à tel point qu’il a fini lui-même par influencer son histoire, jusqu'à ce que passé et avenir soient mélangés, une notion qui efface sa capacité à faire des choix, donc son humanité (suite à sa visite dans l'Axe, il n'existe plus qu'en dieu ou démon). Armin, quant à lui, arrive dans l’Axe et détourne le débat (qui n’a pas de sens, en vrai) fort philosophique avec Zeke, pour juste repenser à un souvenir simple, daté, fini. C’est ça être vivant, finalement. Et c’est clairement ça l’inconnue de l’équation pour Zeke, le “plaisir simple” qu’Ymir n’a jamais eu et auquel elle aspire quitte à rester esclave (ou en contrôle ?) de la vie pendant 2000 ans. Armin ressort de l'Axe en ayant répandu le bien par la parole et par son choix du partage.
Les idées sont plus claires que jamais et il ne reste plus à la vie que de triompher.
Très très bel épisode.
18/20
- 3ème partie : A Long Dream
Réinjecter la personnalité des titans “traîtres” (Zeke, Bertolt & co) pour save the day, en voilà une autre bonne idée, simplement en faisant ce qu’Armin a toujours voulu faire donc : en parlant. Zeke reconnecte enfin avec son père, dans un très beau plan où il peut s’adresser à la fois à Tom Xaver et à Grisha Jaeger, car après tout, même s’il a été un peu manipulé et aimé par les deux, pourquoi choisir ?
C’est le premier et dernier instant de paix et de liberté que Zeke aura eu, finalement, avant de mourir un peu comme il le souhaitait, dans un super plan où Livai conclut son character arc et sauve l’humanité au passage. Les scènes avec le bébé passé de mains en mains dans une foule d’inconnus qui cherchent à échapper au terrassement, nous spoilaient plus ou moins que le Rumbling allait s’arrêter pile à temps, mais reste une démonstration assez jolie et presque crédible d’une humanité et du “monde vivant” qui peut parfois posséder un instinct de survie presque bienveillant.
Là où l’épisode laisse encore planer un certain mystère, c’est sur les intentions d’Ymir l’originelle, qui est devenue vraiment un personnage à part entière depuis quelques temps. En effet, si elle a tous les pouvoirs, il n’y a aucune raison que le Rumbling se stoppe une fois la mort de Zeke (ça empêche seulement Eren de continuer le contrôle les titans colossaux). Si elle autorise Armin et Zeke à agir dans l’Axe et d’obtenir l’aide des anciens titans colossaux qu’ils ont connu, c’est pareil.
C’est plutôt le gros ver source de la vie qui devient le “méchant” incarné. J’avoue que ce n’était pas sur mon bingo de la fin de l’anime, je ne pensais même pas le revoir d’ailleurs. C’est toujours assez ouvert de savoir dans quelle mesure son influence a entraîné tous les choix d’Ymir ou si c’est l’inverse, en tout cas ce boss final plutôt inattendu permet de réserver encore deux trois surprises (le gaz pour transformer quasiment tous les personnages en titans anormaux qui viennent le protéger, ce qui évoque les comportements de tous les titans anormaux de l’anime finalement). J’avoue que j’aurais préféré qu’on laisse ce ver tranquille à l’état de mystère : ce qu’on avait vu dans l’épisode origine d’Ymir me suffisait et je trouve ça un peu moins percutant et intéressant de le voir se manifester physiquement aussi “simplement”, maintenu par Reiner, Annie et Pieck. Même si l'image que Reiner deviendra ainsi le nouveau "Helos" qui a combattu la menace titan ultime, est une belle conclusion à son redemption arc.
Cela n’enlève rien malgré tout à la force du climax. Les retrouvailles entre Gabi, Annie, Falco etc. et leurs parents fonctionnent (c’est un peu le seul but d’avoir gardé ces personnages en vie aussi longtemps franchement), et ça fonctionne d’autant plus quand on croit un instant qu’ils vont tous mourir juste après.
Et puis il y a ce dernier acte où on imagine un monde où Mikasa avait avoué ses sentiments à Eren pour qu’ils se sauvent, et en quoi ça n’aurait sans doute rien changé… un what if très vain finalement, ce que Mikasa réalise, avant de prendre la décision tant attendue et tant teasée depuis des lustres : tuer elle-même Eren. Le double-mouvement des Ackerman pendant qu’Armin combat Eren est l’aboutissement des combats de l’anime et il est à la hauteur des attentes, avec un ralenti final de toute beauté où les personnages (et le public) sont juste soulagés et heureux de ce point final.
S’en suit un passage assez glauque où Mikasa dit adieu à Eren en embrassant sa tête décapitée tandis qu’Ymir regarde avec tendresse la scène, le tout dans la bouche d’un titan géant (drôle de phrase hors-contexte, quand même). Et si… tout n’était qu’une histoire d’amour ?
C’est une fin qui se voyait venir depuis la saison 4, ou bien si l’on se contentait des premiers épisodes de la saison 1. Mais il faut avouer que les trois saisons au milieu de tout ça ont sacrément brouillé les pistes. L’idée assez cool de faire d’Eren un pseudo-"gentil" au final, qui avait bel et bien une idée derrière la tête et joué un jeu pour se placer en démon et retourner ses amis contre lui pour les placer en sauveur, m’a aussi bien eu. Heureusement, c'est fait sans compromettre sa mort et la condamnation du génocide qu'il a entraîné.
Ce n'est pas la "conclusion" parfaite que j'espérais, car je trouve qu'on a trop touché à ce ver et que je redoute un peu la rédemption d'Eren, mais le spectacle final vaut tout de même le détour, et après tout, il reste encore un épisode.
15/20
- Dernière partie : Toward the Tree on That Hill
Mikasa comme la clé de toute l’histoire, et beh… c’est assez fort parce que c’est à la fois le plus cohérent et le plus surprenant. L’histoire de ce personnage est assez fascinante car elle brisait à la fois beaucoup de codes de la “fille forte” des shonen, avant d’être presque effacée pendant la moitié de l’anime, le tout pour nous expliquer que tout était prévu et qu’elle représente la porte de sortie de l’histoire et de l’humanité, soit toute la morale de l’oeuvre. Ses migraines peuvent d’ailleurs rétrospectivement être vues tout au long de l’anime comme la force du destin qui se manifeste pour aboutir à sa conclusion, ce qui est très beau et très meta (l’anime a ainsi fait progressé ses deux Ackerman OP car il ne pouvait en être autrement pour arriver à la libération des titans). Comme si dans un monde qui nous montre des possibilités de timelines infinies, c'est une seule succession de petits choix, qui a donné l'histoire telle qu'on l'a connu aujourd'hui.
Finalement, que ça soit suite à la mort de ses parents dans son enfance où elle se bat pour Eren après une pulsion, ou quand elle choisit de ne pas lui répondre à Mahr quand il lui parle de leur relation : ce sont les choix de Mikasa qui ont forgé toute l’histoire. J’irais même plus loin, on peut lire son personnage comme étant le seul à être vraiment libre (avec une option sur Armin). Le bataillon d'exploration, Erwin, Ymir, Zeke, Dina Fritz, Grisha Jager, Historia, la famille Reiss, les guerriers de Mahr, évidemment Eren, possiblement Armin à cause d’Eren : tous sont contraints par un futur déjà écrit. Mikasa, elle, est immunisée contre les pouvoirs de titans, contre les pouvoirs du scénario aussi (elle a la plus grosse plot armor avec Livai pour une bonne raison, même si ce dernier aurait dû mourir selon le mangaka). Elle est surtout immunisée contre l’influence d’Eren qui ne l’a jamais considéré vraiment dans ses plans, ou qui la protégeait indirectement (on se souvient des mots de la Chouette qui ne cherchait qu’à protéger Armin et Mikasa). Sa dépendance envers Eren n'est donc que le fruit de ses propres sentiments, qu'elle peut apprendre à contrôler. C’est donc un peu la seule qui permet de véritablement apporter la liberté à Eren, à Ymir, à tout le monde.
C’est assez fort et osé, un parti-pris assez tranché aussi qui ne colle pas forcément au caractère très abstrait de l’oeuvre, mais ça me plaît beaucoup car l’anime rend ça cohérent avec ses personnages. Jusqu’au bout, même en sachant que Mikasa pourrait finir par le tuer pour sauver le monde, Eren ne comprend pas en quoi Mikasa a quelque chose de spécial aux yeux d’Ymir, alors qu’il avait compris qu’Ymir se projetait en elle une fille qui se croit esclave de ses sentiments mais qui peut, en réalité, s’en sortir. Eren est vraiment incapable de percevoir les sentiments là où Mikasa les accepte enfin et peut vivre sa vie tout en redonnant sa liberté à Ymir, dans un échange final entre les deux femmes où on comprend que le vrai “futur jamais obtenu” qui a conditionné tout le reste, c’est celui d’une esclave qui ne se serait pas sacrifié pour son maître (cf. le plan où elle ne s'est pas interposée pour le roi et a pu retrouver ses filles). Ce parallèle entre les deux femmes est quelque chose que je n'avais pas prévu et qui pourtant semble très cohérent et illustre le propos d'une histoire qui se répète à travers les âges, une idée ma foi fascinante.
Fin très poétique, très logique, qui réserve quand même quelques derniers twists de tour de manche, comme le fait qu’Eren est aussi celui qui a contrôlé le titan de Dina Fritz pour aller tuer sa mère et assurer toute son histoire. J’ai envie de dire que ce n’était même pas obligé que l’anime revienne là-dessus (le simple souvenir de la promesse qu’elle avait faite à Grisha suffisait), mais c’est tout de même la preuve encore assez folle que l’anime ne laisse rien au hasard et tire constamment des parallèles qui transcendent le temps et la logique de fiction pour rendre sa morale et son protagoniste les plus gris possible. Car on peut aussi voir toutes ces "invraisemblances" de l'anime (comportement des titans au gré du scénario, regroupement des personnages dans un même lieu et une même époque très pratique) comme l'influence de choix individuels qui n'en était pas, et qui imite la main invisible du créateur, esclave de son oeuvre, ou bien de celle d'Ymir, esclave elle aussi, tout deux motivé par l'envie de se libérer et de finir l'histoire. Ce que le mangaka fait finalement au chapitre 139 (ou 13+9, comme la malédiction d'Ymir et le nombre de titans spéciaux), 139 représentant la vie et la mort dans la mythologie japonaise, là où le nombre 140 représente l'expression de la liberté, qui ne sera donc jamais atteinte par une oeuvre évoquant de telles thématiques : la seule liberté qui reste, c'est le chapitre 140 qui peut exister dans notre imaginaire.
La conversation entre Armin et Eren, vivement critiquée par les fans du manga (et effectivement, je trouve qu'elle fait partie des dialogues un peu trop rapides de cette fin, tout comme la réaction un peu trop expédiée des héros après la mort d'Eren), reste pertinente parce qu’elle tente à la fois une pseudo redemption-arc pour Eren qui fait tout ça au nom du sauvetage de l’humanité et de ses amis, mais aussi, pas vraiment, car elle montre aussi à quel point il a tort de ne pas tenter de changer le futur, d’entraîner la mort de Sasha, Hanzi et tant d’autres, d’avoir abusé d’un pouvoir qu’il a obtenu dès sa naissance ce qui l’a condamné à être mauvais. L'histoire de "shingeki no kyojin" reste après tout celle du titan assaillant, donc d'Eren.
Mais finalement, le fait d’avoir redonné à Mikasa le choix final est un geste assez beau qui permet à Eren, s’il n’a jamais vraiment pu se libérer de son cycle auto-réalisateur et qu’il est resté, comme il le dit, “esclave de la liberté”, il permet au moins d’offrir ce vrai choix à Mikasa, puisqu’Eren confirme que c’est l’unique inconnue qui lui restait et que sa décision lui a donc appartenu à elle. Historia rappelle tout de même qu’Eren a beau être l’alpha et l’omega de tout le conflit, il ne reste qu’un individu : c’est une somme de décisions qui a prédestiné toute l’histoire.
Tout de même, pour un anime qui a démarré parfois à nous faire dire “oui c’est très bien mais bon, personnages un peu faibles”, conclure par le quadruple enchaînement Livai qui pleure d’avoir enfin conclu l’histoire du bataillon et finit par donner de la nourriture à des enfants dans l'épilogue + Connie et Jean qui acceptent leur sort final mais sont ramenés à la vie et revoient Sasha + Gabi et Falco qui se retrouvent et finissent heureu·x·ses + Reiner qui retrouve sa mère qui lui pardonne, purée, c’est puissant.
Et puis le montage pendant le générique et tout l’épilogue, il fait très mal aussi. Car ce n’est pas une fin heureuse, loin de là. Ce n’est même pas une fin.
Et heureusement. Quatre saisons de conflits pour aboutir sur un “bon, le monde qu’Eren nous a laissé n’a plus de titans et plus d’humains, mais il va falloir se battre pour obtenir la paix, un jour”, oui c'est pas fini, et c'est peu satisfaisant. Les Jaegeristes ne vont pas s'arrêter maintenant. Le monde reste méfiant du peuple Eldien. Oui, les pensées extrêmes ne disparaissent pas du jour au lendemain, et peuvent toujours resurgir. Car c’est impossible de résoudre le conflit en un cycle. Et le montage final tend à prouver que c’est juste le cycle de la vie.
Là où la fin reste très maligne, c’est qu’elle laisse plein de portes à l’interprétation tout en apportant quelques réponses définitives. Tout n’a pas de réponse claire, car après tout pourquoi la vie aurait-elle du sens sur toute la ligne ? Les personnages ne peuvent pas prendre un recul aussi direct sur leurs vies (et je suis un peu abasourdi de voir autant de fans critiquer la fin et proposer une "meilleure" version qui ne fait que rendre tous les personnages robotiques et omniscients, mais bon, pourquoi ce genre de fanbase me surprend encore...). Je suis tout de même particulièrement fan de quelques plans très ambigüs comme celui où Historia accouche pile quand le monde est libéré des titans, ce qui peut être uniquement un symbole, ou amené une vraie théorie de la réincarnation d’Ymir par exemple, surtout que sa grossesse reste un énorme mystère et qu'il y a une théorie tout de même qui reste crédible qu'il s'agit du fils d'Eren, comme quoi peut-être qu'un Jaeger pourra être libre ?
En tout cas, ces petites pistes restent trop ouvertes. Ce qui est moins ouvert, c'est plutôt la bad-ending. L'anime aurait pu prendre le choix optimiste et choisir de conclure sur Mikasa qui enterre Eren près de l'arbre, avec cette intervention de l'oiseau qui représente Eren (enfin !). La plupart des shonen aurait sans doute conclu là-dessus (et le manga concluait là-dessus de base avant que le mangaka l'ait réécrit). Mais ensuite, voir Mikasa refaire sa vie, puis mourir vieille, avant de voir que les années peuvent défiler en un claquement de doigt jusqu'à une nouvelle destruction, c’est vachement rude quand même, ça m’a fait vraiment me sentir tout petit et ça nous rappelle à quel point leur histoire est aussi insignifiante que la nôtre, que tous les efforts peuvent vite être vains.
Et puis ça part en full montage apocalyptique avant de re-boucler dans une scène post-générique sans doute facile ? Mais aussi parfaite pour la série. Franchement, ce montage final est peut-être ce que j’ai préféré de ce dernier épisode. Tout peut recommencer, tout va recommencer. Mais comme on l'a appris il y a deux épisodes, la vie vaut la peine d'être vécue.
18/20
