Avis sur les séries
Avis sur les saisons
Une très bonne saison ! Sans doute la meilleure de Tennant, du moins celle qui aligne les meilleurs épisodes sans aucun doute.
La nouvelle compagne, Donna, est vraiment exceptionnelle, que ce soit son caractère, l’actrice, son duo avec le Docteur, tout. L’alchimie des deux porte vraiment tous les épisodes (et en sauve même certains).
L’image ne fait que s’améliorer, on voit que la série a eu plus de moyens. En conséquence, la saison est aussi moins avare en science-fiction, avec beaucoup plus de planètes et d’autres mondes. C'est sans doute encore aujourd'hui une des saisons les plus diverses, colorées, intéressantes à explorer.
La seconde partie est vraiment une des meilleures du show et enchaîne 6 épisodes fantastiques.
Les spéciaux sont plus en demi-teinte, les épisodes de Noël sont tous assez mauvais (et cette "saison + spéciaux" en compte 3, de 2007 à 2009), mais les deux différents finaux que Ten a eu, à savoir Journey's End (la fin de la saison 4 elle-même et la fin de l'ère du Dixième Docteur) et The End of Time 2 (pour le personnage de Ten en lui-même), sont tous les deux dans la même veine : bourrés de qualités malgré quelques faux-pas, ils font tout le charme de la saison et lui donnent son importance, mais montrent aussi ses limites.
La beauté de la saison, c'est que TOUS les épisodes contiennent au moins 2 ou 3 petites références étranges qui trouveront finalement leur explication sur la fin. Entre les multiples retours de personnages, de monstres et de lieux, la saison possède l'une des meilleures continuités du show et approfondit beaucoup la mythologie.
Bref, entre Donna, le fanservice, la conclusion de l'ère du Dizième Docteur et les scénarios globalement de haute volée, c’est du très bon Doctor Who !
Mon classement :
- Forest of the Dead - 18
- Silence in Library - 18
- The Waters of Mars - 18
- Turn Left - 17
- Midnight - 17
- The Stolen Earth - 17
- Journey's End - 16
- The End of Time Part Two - 16
- The Fires of Pompeii - 16
- Partners in Crime - 16
- Planet of the Ood - 15
- The Unicorn and the Wasp - 14
- The Doctor's Daughter - 14
- Planet of the Dead - 13
- The End of Time Part One - 10
- The Next Doctor - 9
- Voyage of the Damned - 9
- The Sontaran Stratagem - 9
- The Poison Sky - 8
"La saison 1, c'est un peu le brouillon de la série : le docteur et sa compagne, qui voyagent à travers l'espace, un mélange d'ambiances, d'époques, de genres et d'émotions. Il faudra attendre quelques années pour un peu plus de folie et de maturité."
Voilà l'avis que j'avais écrit il y a quelques années à propos de la série. Mon avis a depuis pas mal changé.
Cette saison 1 n'est pas que le "brouillon" de la nouvelle série, elle est aussi son socle et son modèle qui finalement a inspiré énormément la suite. Un acteur méconnu du grand public mais à la très bonne réputation dans le milieu, une actrice au contraire très mainstream pour attirer les téléspectateurs, une continuité avec l'ancienne série donnant l'impression d'entrer dans un monde au background immense mais aux possibilités encore plus grandes... Cette saison 1 a brillé dans beaucoup d'aspects, et sans elle, le show n'aurait jamais fonctionné et grandi pour être le show que l'on connait maintenant.
Et elle n'est pas qu'une saison servant de base où l'on "pardonne ses défauts car c'était la première", comme bien des œuvres surestimées sous prétexte de nostalgie, non non. Elle a aussi de très nombreuses qualités en soi. Aucun épisode ne brille particulièrement ni est au-dessus des autres, mais le niveau général est plutôt bon. Les histoires sont variées, différentes dans les tons, et la dynamique entre le Neuvième Docteur et Rose Tyler reste à ce jour l'une des meilleures.
Une chose qui explique selon moi le fait que la saison soit aussi réussie, c'est que Russel T. Davies avait convaincu la BBC de lui laisser reprendre le show afin que cette saison devienne le retour triomphant d'une légende, certes, mais à la base le show a également été conçu pour raconter une histoire avec un début et une fin, dans l'optique d'une annulation... Autrement dit en plus de voir plus large, elle raconte tout de même une histoire d'un point A à un point B et possède un vrai développement et une conclusion. C'est ce qui rend les personnages de Rose et du Docteur si attachants. La grande force de la saison 1 c'est le fait de les voir évoluer ensemble depuis le pilot jusqu'au season-finale. Toute la saison repose sur la spontanéité de Rose qui se mêle au monde à la fois tourmenté et merveilleux du Docteur, permettant à ces deux personnages de s'aider mutuellement à devenir de meilleures personnes. Très peu d'épisodes ne servent aucun propos dans la trame, ce qui donne cette atmosphère générale de confiance et de maîtrise dans toute l'histoire.
C'est cette réussite d'avoir réussi à réintroduire doucement mais sûrement toutes les bases pré-existantes d'une série culte, tout en y ajoutant des touches modernes dans les personnages et d'avoir réussi à écrire et boucler une histoire complète en 13 épisodes seulement, sans pour autant nuire de quelconque façon à une potentielle suite, qui fait de cette première saison une vraie réussite.
Et la suite nous réserve encore les meilleures choses !
Une citation pour résumer la saison :
You could stay here, fill your life with work and food and sleep, or you could go anywhere.
Moyenne de la saison 1 : 14.46
Classement :
- The Empty Child - 17
- The Doctor Dances - 17
- Dalek - 17
- The Parting of the Ways - 16
- Father's Day - 16
- The Long Game - 15
- The End of the World - 15
- The Unquiet Dead - 15
- Bad Wolf - 14
- Rose - 13
- Boom Town - 13
- World War Three - 11
- Aliens of London - 9
Le diptyque de Steven Moffat se place dans le haut du classement, clairement l'épisode le plus moderne et mémorable de la saison, même si finalement il ne représente pas vraiment cette dernière, avec son aspect très romantique, absurde et horrifique. Il est accompagné par le très bon one-shot de Robert Sherman, Dalek, qui complète le podium. Le series-finale et Father's Day complète les "16/20" et pour le coup représentent, eux, très bien cette première saison.
The Long Game a longtemps été un vilain petit canard pour ma part mais son commentaire "politique" sur l'humanité du futur, un gros gros thème de la saison qui se retrouve d'ailleurs dans The End of the World, donne vraiment des thèmes directeurs à cette saison 1. Ces deux épisodes sont très bons et dans le haut niveau de la saison. The Unquiet Dead est vraiment un historical sympa à mes yeux et est un nouvel exemple d'épisode qui s'inscrit très bien dans la saison, servant plusieurs rôles et dans lequel Rose et Nine brillent.
Bad Wolf est une première partie de finale perfectible mais très fun, tout comme Rose, un pilote encore plus perfectible et kitch mais très efficace.
Ne reste donc que le trio des épisodes Slitheen, lourdement en fin de classement. Boom Town ne s'en sort pas trop mal. A noter surtout deux ratés dans la saison : les deux parties de l'attaque des Slitheens à Downing Street. Aliens of London, est un pas en arrière après les trois premiers épisodes de la saison, mais est heureusement rattrapé par une deuxième partie plus réussie, mais pas fameuse non plus au contraire. Ils témoignent de l'aspect cheap souvent reproché à cette saison et à raison, et sont beaucoup plus lents et mal écrits que le reste.
Malheureusement l'une des plus mauvaises saisons du show, bien qu'elle reste suffisamment décente pour qu'on n'ait aucun mal à imaginer une saison moins réussie si cela devait se produire un jour - pour l'instant après 9 saisons, cela n'a toujours pas été le cas, espérons que cela continue.
EDIT de 2019 : lolilol la saison 11 existe donc oubliez, la 2 n'est clairement pas
La grande cause de cette saison 2 plus molassonne c'est que la qualité des standalones n'est pas au rendez-vous. Au cours de mon revisionnage, il n'y a pour ainsi dire qu'UN seul épisode que j'ai un peu plus aimé davantage que le précédent visionnage : School Reunion. TOUS les autres épisodes m'ont apparu comme, parfois, identiques, mais le plus souvent, moins bien que dans mes souvenirs par rapport aux autres saisons (la saison 1 comprise). Mis à part le season-finale, le two-parter du diable, School Reunion donc et ce petit bijou de The Girl in the Fireplace, le reste de la saison est souvent juste "pas mal".
J'aborde toujours chaque saison avec deux angles : la qualité intrinsèque de chaque histoire, grosso modo que l'on peut résumer comme étant la "qualité des standalones", ainsi que fil rouge, que ce soit un arc, une intrigue mystérieuse, l'évolution des personnages ou l'agencement et l'ambiance générale, bref l'objet de la saison. Le fond compte autant que la forme en somme.
J'en ai un peu parlé dans mon avis sur Army of Ghosts, mais Ten convaint moins que Nine en tant que Docteur. Je n'ai absolument rien contre Tennant, il est pour le moment bien dans le rôle, sauf qu'il n'a malheureusement pas encore eu beaucoup de palettes d'émotion à démontrer car l'écriture ne lui rend souvent que peu honneur (cela dépend des épisodes en fait, on en revient à la qualité des standalones, cette dernière ayant un rôle à jouer dans mon appréciation du fil rouge, ces deux blocs ne sont pas distincts). Pas de fausse note particulière pour Tennant donc, mais pas de réel moment emblématique non plus.
Le principal problème, c'est que la transition par Rose est très mal gérée. Elle est trop rapidement balayée dans The Christmas Invasion, ce qui laisse juste une saison où l'on est censé voir deux meilleurs amis vivre les meilleures des aventures possibles... et c'est tout ! Ce que la saison 1 avait soigneusement construit : un Docteur moralement complexe, une compagne humaine et attachante à ses côtés, une relation avec un apport mutuel, un point A et un point B... toute la saison 2 ne fait pas vraiment bouger les choses.
Le pitch est surtout : "donnons à Ten et à Rose une romance naissante", c'est assez bien fait mais ça donne une saison sans grand dynamisme.
A part ça le personnage du Doc n'est pas archi intéressant et se dévoile peu, puisqu'il est "humanisé" à l'extrême par Rose. Sauf rares exceptions (School Reunion par le biais de Sarah Jane Smith et de l'écriture de Toby Withouse qui lui rend honneur même face à des scènes triviales comme face aux Krilitaines, et The Satan Pit dans son échange face au Diable et sa croyance sur le temps), le Dixième Docteur n'est pas un Seigneur du Temps de 900 ans qui a fait une Guerre du Temps. Non, le Dixième Docteur est un alien qui a pour meilleure amie une londonnienne et qui a pris goût à la vie humaine. Pour de vrai. On ne retrouve pas le personnage du Docteur dans son ensemble mais seulement par certains endroits, c'est ce qui me gêne avec cette incarnation. Tous les autres Docteurs sont souvent impliqués et posent leur marque, ce qui créé bien sûr des aspects que l'on aime pas, mais Ten est juste... normal ? La saison s'occupe juste de lui trouver des aventures et du bon temps et ce n'est pas l'approche que je préfère chez Doctor Who.
Le Neuvième Docteur avait un égo surdimensionné concernant son importance par rapport à celles des autres races, le Dixième Docteur est à l'inverse le plus proche possible des humains qu'on pourrait l'être. Le contraste est intéressant, et donne lieu à de très belles choses, notamment son émerveillement face à l'humanité et aux agissements des humains (un thème que l'on retrouve même dans The Age of Steel ou The Impossible Planet, ce genre de petits détails très sympathiques). Je n'ai rien contre un Docteur plus "humain", "charmeur", "drôle" et finalement, plus à même à parler à l'audience mainstream, et je trouve le contexte intéressant car cela permettra une descente aux enfers progressive (dans les saisons suivantes). Le problème est que vu que la descente aux enfers ne peut commencer QUE à partir du départ de Rose, c'est-à-dire dans le dernier épisode de la saison, on a donc toute une saison avec un Docteur qui ne bouge pas d'un pouce.
Il aurait été beaucoup plus judicieux d'intégrer des nuances plus subtiles à son personnage plus souvent. Comme je l'ai dit c'est tout de même en grande partie lié à la faible qualité des loners, il suffit de voir The Idiot's Lantern, Fear Her, Love and Monsters ou même New Earth et le two-parter Cyberman pour voir que le Docteur n'est pas à son meilleur jour. Sur une saison de 14 épisodes en incluant le Noël, c'est beaucoup.
Ce n'est pas la seule chose pour laquelle la saison a pris un tournant opposé à la une. Il n'y a pas de mention de la Time War avant très longtemps, une mythologie très peu poussée, un Docteur très peu intéressant d'un point de vue de son passé... mais aussi une Rose beaucoup plus controversée, à raison.
Si je n'ai aucun mal à dire que la relation Nine/Rose est l'une des meilleures du show, Rose Tyler dans la saison 2 est parfois agaçante sur les bords. Dans le Noël, sa réaction avec le Docteur est un peu disproportionnée. Dans la saison elle est hyper dure avec Mickey ou sa mère sans raison valable, parfois jalouse à l'extrême.
Elle n'a pas que de mauvais aspects cela dit, j'aime beaucoup l'assurance dont elle fait preuve dans certains épisodes comme Tooth and Claw, The Idiot's Lantern, Fear Her ou The Satan Pit, où elle n'hésite pas à prendre la situation en main. Mais où est la Rose Tyler qui était prête à se mettre entre un Dalek et le Docteur pour affirmer son opinion ? Où est la Rose Tyler qui a ouvert le coeur du TARDIS pour sauver le Docteur ? Où est la Rose Tyler qui a brisé toutes les lois du temps pour sauver son père ?
Oui, l'aspect téméraire est toujours là, mais il y a bien un facteur qui manque : le cœur, l'affection, l'humanité, la sensibilité de Rose de la saison 1.
En même temps, avec un Docteur aussi bon-copain, ce n'est pas étonnant. Il déborde tellement d'amour, de joie et d'émotions, qu'elle ne passe plus pour la jeune fille qui découvre l'univers et y apporte son humanité dans les pires situations même les plus négatives... non, maintenant en saison 2, Rose Tyler est plutôt la gamine capricieuse qui a eu la chance d'être dans le TARDIS et qui le prend pour acquis. Je grossis les traits car il y a des épisodes où elle est très bien. Et encore une fois, je n'ai rien contre cette évolution, qui est très joliment adressée par Jackie dans Army of Ghosts, quand elle lui dit qu'elle ne reconnaît plus sa fille... mais ça c'était l'épisode 12 ! Durant toute la majorité de la saison, j'aurais aimé avoir plus de nuances de ce type. En saison 1, on voyait déjà les mauvais traits de la personnalité de Rose, elle était déjà ennuyante avec Mickey, elle était déjà jalouse (de Lynda par exemple), mais puisqu'elle offrait beaucoup d'autres choses à côté, ces aspects ne semblaient pas dominer sa personnalité. Rose en saison 2 est toujours aussi attachante, et elle gagne en confiance, mais on perd ce côté si sensible qui faisait tout son charme et qui était pourtant - je le croyais - inscrit dans son personnage (rien que par son nom - fragile comme une Rose).
Forcément, si on associe dynamique de personnages statique et personnages en eux-mêmes attachants mais pas toujours montrés sous leur meilleur profil, et que l'on y ajoute un arc pas tip top ("Torchwood" étant beaucoup moins subtilement amené que Bad Wolf - c'est parfois mentionné deux fois par épisode - et moins mystérieux aussi), le fil rouge de la saison 2 n'est juste pas bon. La succession quasi-constante de loner est agaçante, il n'y a jamais aucune continuité hormis le départ de Mickey et son retour (une moitié de saison donc, au milieu tout est interchangeable). Pour que la continuité de la saison repose sur un personnage aussi médiocre (il faut voir la transition de Mickey entre School Reunion et The Girl in the Fireplace, elle est nulissime), c'est qu'il y a un problème.
Pour résumer tous mes problèmes avec cette saison 2 :
- Un Docteur limite trop puéril, ou qui ne possède pas assez de moments pour briller malgré Tennant qui pouvait pourtant faire "so much more !" (si vous avez capté la référence, bien joué).
- Une compagne qui perd l'un de ses principaux traits pour devenir parfois agaçante, même si paradoxalement elle est quasiment plus mise au centre que son Docteur dans la saison.
- Un arc qui n'en est pas un, ne laissant qu'une continuité branlante entre les épisodes
- Des standalones trop faibles (l'opener, le double sur les Cybermen, celui avec la télé qui bouffe les gens, celui avec la môme...)
On peut trouver de qualités à cette saison dans l'ensemble. Chaque point positif que je peux trouver ne résulte pas QUE de la performance d'un épisode individuel seulement. La relation Ten/Rose, j'ai beau objectivement trouvé les deux personnages un peu faibles, mon petit coeur de fan encore ébranlé par le premier visionnage de Doomsday ne peut s'empêcher des les aimer ! Ils sont charmants. La saison a aussi tenté de nouvelles choses (certains épisodes expérimentent des genres, comme The Girl in the Fireplace ou Love and Monsters, et la saison créé la notion de Christmas Special).
Oui mais voilà, il faut être réaliste, si le seul but de la saison après The Girl in the Fireplace est d'offrir une belle porte de sortie à Rose, il y avait beaucoup, beaucoup mieux à faire.
Mais au moins maintenant, la voie est libre pour que notre Docteur reprenne du pep's et s'affirme, en espérant que la saison 3 saura plus revenir à ce qui avait fait la très bonne qualité de la première saison : une compagne intéressante, une mythologie et un personnage principal complexes et une meilleure balance entre légèreté/kitsh et sérieux. Ce qu'elle réussira à peu près.
Moyenne de la Saison 2 - 13.85 (tout de même pas mal pour la "pire" saison d'un show)
Classement :
- The Girl in the Fireplace - 19
- Doomsday - 17
- The Satan Pit - 17
- School Reunion - 16
- The Impossible Planet - 16
- Tooth and Claw - 15
- Army of Ghosts - 14
- Love & Monsters - 13
- The Christmas Invasion - 13
- The Age of Steel - 12
- New Earth - 12
- The Idiot's Lantern - 11
- Rise of the Cybermen - 11
- Fear Her - 8
Avis sur les épisodes
La “partie 3” de cette dernière saison de SNK est constituée de deux longs spéciaux pour être un grand final cinématographique, mais réalistiquement cela reste une adaptation de chapitres de manga et c’est donc tout naturellement découpable en épisodes (et découpé au Japon, où le contenu a été diffusé épisodiquement). Ce qui est un peu bizarre c’est que le special est découpé en 2 sections, alors qu’en réalité le special a été diffusé en 3 épisodes, avec un nouvel opening, très cool avec l’imagerie de la flèche qui se transforme en oiseau, et un nouvel ending, qui reprend encore l’essentiel de toute la morale : Mikasa et Eren qui s’aiment dans un style encore plus épuré que tout le reste de l’anime, ce qui représente leur liberté (la mouette) et la paix au lieu de la destruction (le papillon qui s’envole au lieu d’être écrasé par le Rumbling).
1ère partie : The Rumbling
Quoi de plus approprié qu’ouvrir le début de la fin par une reprise de la première scène où Eren faisait un rêve… et cette scène semble légèrement twistée : Eren se réveille en pleurant et Mikasa a les cheveux très courts. On dirait qu’il y a un rêve dans un rêve, la “Mikasa aux cheveux courts” disant même à Eren “Te revoilà”.
Je pense que le message est clair : Eren sera sauvé à la fin de l’anime.
Et d’ailleurs, toute la première moitié de l’épisdoe, aussi horrible soit-elle, est dépeinte après avoir montré Eren comme regrettant à l’avance ses actes et s’auto-justifiant par le fait paradoxal que tout est écrit à l’avance, qu’on ne peut changer le futur (comme lorsqu’il sauve l’enfant des rues alors qu’il ne souhaitait plus le faire), et que renoncer serait en fait… renoncer à son libre-arbitre, puisqu’il est pesuadé d’avoir choisi son destin.
Bien sûr, ce qu’Eren ne comprend pas sur le coup à mon sens, c’est que dans les faits, il choisit quand même de sauver le garçon. Et c’est là, dans le moment présent, et dans l’acte de bonté, que réside la démonstration de son libre-arbitre. D’ailleurs, le sauvetage est passé en hors-champ, preuve qu’il manque l’essentiel. En tout cas, la scène où il pleure face à l’orphelin Ramzi est belle à en pleurer et prouve qu’il a encore une conscience malgré tout. Il accorde juste plus de valeur à son libre-arbitre qu’à toute autre chose, et il associe le survol des terres qu’il a oblitérées à la sensation d’un enfant qui volerait dans le ciel, libre comme un oiseau. Dommage que sa vision du monde extérieur n’ait pas collé à ses attentes, car quelque part, sa vision de la liberté doit lui paraître bien plus amère que prévue également.
La suite où on voit de nombreux visages, qu’ils soient innocents ou moins innocents (les parents de Zeke & Grisha en prison par exemple), dans leurs derniers instants avant d’être écrasés par une force qui les dépasse, est vraiment terrorisante. C’est la menace qui plannait sur tous nos personnages à l’intérieur des murs dans le pitch de la série, et la voir s’exécuter non pas sur eux mais sur le reste du monde, est vraiment un changement de perspective fort.
Annie et Armin partagent enfin une scène pleine de sentiments et de douceur, ce qui semble être le maître-mot de cette fin d’anime. Décidément, l’amour va vraiment sauver le monde ? Je suis à fond derrière l’idée, il faut oser faire quelque chose d’aussi élémentaire tout en nailant l’exécution. Armin reste persuadé qu’Eren peut être raisonné car il n’a pas encore tout vu du monde qu’il s’apprête à détruire. Je pense que c’est peine perdue à ce niveau-là, mais qu’Armin y croit est très logique.
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2ème partie : The Wings of Freedom
Le sentiment de conclusion dans le moindre détail est vraiment ce qui sublime cette fin d’anime. C’est Livai qui reprend ses épées avec seulement 2 doigts restants, ce qui ne lui pose pas de problèmes puisqu’il a toujours combattu avec une technique atypique où il n’utilisait de toute façon que deux doigts. C’est aussi Livai qui fait un dernier salut à sa commandante Hanze, remarquant, comme le spectateur, que c’est aussi la première fois que Livai fait ce salut, lui qui n’a pas été recruté dans le bataillon par Erwin de façon conventionnelle et avec zéro patriotisme. C’est Hanze qui demande à Pieck si elle pourra monter sur son titan charrette un jour, elle qui est et restera une scientifique fangirl de tous les titans avec qui elle a noué une relation unique qui les a amenés là où ils sont aujourd’hui. C’est aussi Floch qui meurt non pas en pariah alors qu’il a manqué de ruiner tous les plans du bataillon, mais en victime persuadée d’avoir eu raison. C’est, enfin, Hanze qui nomme Armin comme 15ème commandant du bataillon d’exploration, passant donc le flambeau d’Erwin à celui à qui cela revient le mieux.
S’en suit donc la scène la plus émouvante peut-être de toute la série à ce stade, où Hanze, dans un élan de sacrifice final, se donne en spectacle pour honorer la mémoire de tous ses anciens compagnons d’arme, qu’iel finit par retrouver à la fin dans un réveil à la fois heureux et tragique. La mort d’Hanze se voyait venir, mais le combat est magnifique, et c’est la première fois que l’anime me fait pleurer à ce point.
Sur une autre note, au début d’épisode, on notera que Mikasa est bien plus à l’aise de capter les signaux entre Annie et Armin que les siens avec Eren… L’épisode nous donne la réponse à la question qu’Annie lui a posé au moins 3 fois maintenant : est-ce qu’elle est prête à tuer Eren ? Non, elle veut quand même le ramener. Annie s’en fiche, elle s’éloigne du combat. Ce qui aurait pu être une bonne porte de sortie pour le personnage, ne sera sans doute pas sa fin, vu que Gabi et Falco sont avec elle, or, je ne peux pas croire qu’aucun des trois n’aura de rôle à jouer lors du climax final.
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3ème partie : In the Depths of Despair
La dernière partie de l’épisode regroupe les Guerriers et les Soldats en “pécheurs” et c’est l’aboutissement notamment de la redemption arc de Reiner, qui est désormais érigé au même rang que nos héros. Là où Eren… les convoque dans l’Axe pour leur expliquer qu’ils n’essaient pas de les arrêter car il respecte leur libre-arbitre plus que tout, mais qu’il ne changera jamais d’avis. C’est assez cool de couper l’herbe sous le pied aux voeux de négociation des personnages.
Comme prévu, Annie, Falco et Gabi n’ont pas dit leur dernier mot et réalisent avec une idée assez folle que Falco va sans doute pouvoir voler, ayant eu une partie du pouvoir du titan bestial en étant transformé en titan à la base par Zeke. L’idée est géniale car même si elle peut sembler un peu magiquement tirée du chapeau sur le papier, elle évoque en fait les pouvoirs du titan féminin qui sont d’ailleurs enfin canonisés explicitement : celui de pouvoir emprunter le pouvoir des autres titans spéciaux au besoin (d’où le fait qu’Annie possédait un cri ET une super endurance ET un bon combat corps-à-corps ET une capacité de durcissement ET un cocon comme le titan marteau).
Falco qui va finalement pouvoir être celui qui va voler au-dessus des nuages pour aller libérer le monde, soit ce qu’Eren rêvait de faire, en voilà une belle ironie. Il a suffi à Falco de rêver, ce qu’Eren fait constamment, mais pas d’autres choses que de destruction. Car avec les pouvoirs divins d’Ymir, Eren pourrait littéraement tout faire, s’envoler à jamais, et il ne choisit que l’anéantissement de la liberté d’autrui.
Je suis un peu moins fan de l’anti-subtilité énorme des soldats de Mahr qui disent en haut-parleur “nous avons créé Eren ce démon et nous promettons de ne plus jamais commettre les mêmes erreurs en perpétuant un cycle de violence”. Cela me semble un peu facile, là où les regrets de la mère de Reiner suffisaient amplement et résonnent plus avec le spectateur.
Mais qu’importe, cela reste une mise en bouche de toute beauté pour l’affrontement ultime. Le titan d’Eren qui entre en action en pouvant générer à la volée le titan bestial de Zeke qu’il possède, voilà une autre nouvelle idée très cool. En tuant Zeke, tout le plan d’Eren s’arrêterait, et Livai n’est sans doute gardé en vie par l’anime que pour cet unique but. Aurait-on trouvé la porte de sortie pour en finir avec l’apocalypse sans tuer Eren pour autant ?
Je suis terriblement hypé mais aussi terrifié par le dernier épisode à venir…
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Over a century ago, mankind's natural predator suddenly appeared.
Quelle réplique glaçante pour ouvrir ce second épisode... et quelle idée géniale. Toute la séquence introductive est démente.
Cet épisode est complètement lié au pilote et capitalise sur tout ce qu'on sait pour l'instant : Armin respecte l'ordre, tandis que Mikasa protège Eren et est prêt à tout, même à être le personnage le plus OP tout anime confondu. Eren est attaquant, agressif, idéaliste et imprudent. Toute la dynamique du trio fonctionne bien.
Idem pour le lore. On a là encore un foreshadowing assez dingue. Sur des choses parfois simples à faire (le flash rapide où Eren rêve d'une seringue). Mais sur des choses plus subtiles également. Par exemple, comment ne pas voir que le titan cuirassé qui défonce le mur principal, est clairement doué d'intelligence et différent des autres ? Pourtant, la première fois, je ne l'avais pas vu, trop occupé à être impressionné par la menace que représentent les titans.
On retrouve là encore des thématiques très intéressantes et singulières qui donnent une identité à l'anime, qui réalise un début tonitruant et sans aucune faute.
Le montage d'introduction passe en revue 80% des personnages de la brigade de jeunes qu'on suit. C'est efficace pour bien nous faire retenir qui est qui, mais c'est un peu trop typique du shonen et notamment de SNK, où on nous force un peu trop à nous attacher aux personnages alors que ça vient selon moi assez naturellement de par leur mission de survie qui ne tient constamment qu'à un fil.
En plus, ça dessert un peu la surprise de l'anime, car (spoilers sur toute la saison 1)
Clairement tous les personnages retenus ici sont soient super importants et des futurs protagonistes, soient des traîtres, donc... A l'inverse, tous les "petits" personnages comme Marco, Hanna, Franz, Thomas, Mina, qui pour le moment ne sont pas distinguables des personnages comme Connie, Jean ou Annie, n'ont aucune introduction... ce qui nous fait dire qu'ils sont moins importants, et ça desservira l'effet de surprise de leur mort très imminente.
Tout le reste est assez génial. Il y a, comme prévu lorsque j'ai commencé à revoir l'anime, un bon trois-quarts des scènes qui se lisent d'une autre perspective. Le passage où Reiner et Eren combattent à main nue notamment, est très fort de sens. Eren se demande d'ailleurs pourquoi diable un soldat combatterait d'autres hommes... même en voyant la série la première fois, on voit où l'anime veut en venir, mais les titans sont tellement fascinants et imposants que pour l'instant, comme Eren, on est obnubilé par la guerre entre hommes et titans. Pourtant, Annie pointe déjà du doigt l'incohérence de l'entraînement des hommes face à la guerre, qui s'y préparent tellement pour au final la fuire à tout prix.
Au-delà des phrases de certains personnages à prendre différemment désormais, ce qui est assez génial, c'est aussi bien écrit au premier degré, comme toujours.
Bien sûr, il y a ce côté shonen où ils rejoignent tous la brigade et finissent par être sélectionnés. Mais c'est cohérent avec le monde construit dans les premiers épisodes. Et même si la série peinera parfois à expliquer pourquoi autant de personnages clés se sont retrouvés en même temps dans le même lot de candidats, l'histoire souligne en revanche largement le fait que les événements de "that day" qui ont constitué le premier épisode avec la chute du mur Maria, a motivé le peuple à soutenir la cause du bataillon et à former plus de soldats, ce qui est crédible.
+1 point pour ce cliffhanger génial et inattendu qui remet directement le spectateur dans le feu de l'action, et commence à donner un ton très particulier que possède l'anime à présenter un cycle sans fin de violence et de désillusion, où le moindre progrès de notre groupe de personnages va être sans arrêt sappé par un twist tragique. Et puis le titan colossal, il a toujours autant de gueule.
Ce qui est bien c'est qu'avec cette première partie d'épisode autant centrée sur Armin, ils nous vendent à fond la mort d'Eren. Je ne sais plus si à l'époque de mon premier visionnage j'étais vraiment convaincu de sa mort dès le début, mais là, il n'y avait presque plus de doute.
On continue d'itérer sur l'horreur des titans avec ce plan absolument terrifiant où un titan court de façon complètement incontrôlée, au point d'écraser un figurant qui passait par là. Aucune retenue dans l'horreur et le gore, tout en assumant une part de ridicule, ce qui donne un côté uncanny à ces monstres, juste ce qu'il faut pour rendre ça malsain. C'est bien vu car c'est aussi là qu'intervient Mikasa, et qu'on découvre pour la première fois 1) à quel point elle est OP et 2) que les titans peuvent bien être tués et maîtrisés. C'est la première fois qu'on voit en effet l'humanité riposter.
C'est une étape importante et là où c'est bien vu, c'est que le coeur du conflit n'est pas vraiment Mikasa qui tue un titan. Certes, c'est le focus en termes d'animation, mais le plus clair du temps de la seconde moitié d'épisode est concentré sur deux choses :
1) la politique et les querelles des hommes entre eux, et non pas avec les titans. Le titan de l'épisode que Mikasa tue n'a été une vraie menace que parce que les hommes échouaient à s'entendre pour évacuer, ce qui résume un peu tout le propos de l'oeuvre. Déjà dans l'épisode précédent où on voyait le commandant Pixis perdre du temps à faire des courbettes à un Duc déconnecté de la réalité. Et là encore avec le riche chef d'entreprise qui pense pouvoir contrôler Mikasa par de l'argent. Bien sûr, elle ne cède pas, et va même contre le système, mais pour que de tels pourritures existent, on se dit que la corruption doit être monnaie courante dans leur monde
2) le reste de l'épisode est bien sûr concentré sur la backstory de Mikasa, avec le traditionnel "demi-épisode flashback" si cher à l'anime et qui viendra "interrompre" tant de scènes d'action ensuite (mais si c'est bien fait, tant mieux, ça fait varier le rythme).
Là, ce qui est très réussi, c'est le parallèle entre la ripose de l'humanité qui se rebelle contre les titans, et celle de Mikasa et Eren quand ils sont enfants, qui tiennent tête aussi à des méchants plus grands et plus imposants qu'eux, à savoir les assassins de la mère de Mikasa (encore un combat humain vs. humain, et une violence sans doute plus crue et plus terrible que celle représentée par les titans). Et je trouve ça de bon goût que cette relation étonnante et un peu étrange, fraternelle mais ambigue, s'explique par le contexte dans lequel elle est née, à savoir un événement tragique inommable. Il aurait été très facile de verser dans la tragique romance où Mikasa est prête à tout pour Eren par amour. En fait, Mikasa est avant tout motivée par un besoin d'être proche d'une famille qu'elle n'a plus. Eren représente pour elle la seule balise de sauvetage possible. On peut dire que tout part d'un geste de bonté dans un monde cruel (l'écharpe qu'il lui donne pour la réchauffer quand où elle était au plus bas de toute sa vie, écharpe qui la définit aujourd'hui). Mais aussi, on remarque que là où sa mère lui disait de fuire, Eren lui disait de se battre, par exemple, ce qui lui fait prendre conscience de la façon dont leur monde fonctionne. En tout cas, selon Eren.
On peut malheureusement un peu lire tout ça comme "Mikasa complètement dépendante et définie selon Eren", comme depuis le début de l'anime. On peut d'ailleurs se dire que la rendre OP sans vraie "raison" (elle est littéralement plus forte que les soldats d'élite plus vieux qu'elle) est une façon de la faire exister par elle-même... mais que même ça, c'est tourné de façon à justifier qu'elle puisse considérer que protéger Eren est son premier devoir. Bref, clairement on passe pas très loin du syndrome Trinity, mais... mais il y a quand même une complexité et un drame inhérent à son personnage qui va au-delà d'Eren, je trouve. La preuve, même si elle ne répète sans cesse qu'elle ne vivra que pour Eren, elle a clairement sa propre intrigue ici et tient tête par conviction au marchand - preuve qu'elle en a, des convictions, et une boussole morale pour défendre les faibles.
Et sans aller jusqu'à dire que c'est le meilleur personnage féminin de l'histoire des shonen comme on peut parfois le lire, ça reste quand même une fille très intéressante qui dévoile plus de facettes et de développement qu'initialement prévue par les premiers épisodes. Dans un anime avec des protagonistes aussi faibles, sensibles ou à fleur de peau qu'Armin et Eren, le caractère de Mikasa rééquilibre bien les choses. Et si avoir la fille du trio qui agit comme médiateur et valeur sûre, c'est quelque chose de très classique, c'est plutôt rafraîchissant que ça soit elle la plus forte en tout, là où ce sont habituellement les garçons élus ou les mentors OP qui ont ce rôle.
En parallèle, on notera aussi que le réalisme de la cruauté du lore est toujours aussi réussie, avec ici une mention explicite des origines asiatiques de Mikasa et de sa mère, qui prouve que l'origine ethnique des personnages de l'anime semble avoir une explication dans le lore de la série (et c'est bien le cas), et qui est tournée de façon toujours très sombre avec cette idée du marché noir pour vendre et exploiter l'enfant. Mikasa ne comprend sans doute pas tout ça quand elle est jeune, et en nous montrant ce flashback à ce moment précis, on se dit que c'est peut-être aussi une façon de montrer que Mikasa peut reconsidérer son passé après coup.
Enfin, le flashback nous renvoie toujours aux symboles très forts de ce début d'anime sur la notion de proie et de chasseur, avec l'éveil de Mikasa à la fois dans le passé et le présent. Elle a ouvert les yeux sur son monde grâce à Eren et aux tramas qu'elle a subi, et ainsi, chaque meurtre qu'elle peut commettre est avant tout motivé par le fait qu'elle... est plus forte que l'autre. Cela boucle joliment sur tous les thèmes de l'anime et de son personnage, avec cette dévotion pour Eren et le fait qu'elle peut régner, si elle veut, dans un monde où la loi du plus fort l'emporte.
