Avis sur les séries
Avis sur les saisons
Une très bonne saison ! Sans doute la meilleure de Tennant, du moins celle qui aligne les meilleurs épisodes sans aucun doute.
La nouvelle compagne, Donna, est vraiment exceptionnelle, que ce soit son caractère, l’actrice, son duo avec le Docteur, tout. L’alchimie des deux porte vraiment tous les épisodes (et en sauve même certains).
L’image ne fait que s’améliorer, on voit que la série a eu plus de moyens. En conséquence, la saison est aussi moins avare en science-fiction, avec beaucoup plus de planètes et d’autres mondes. C'est sans doute encore aujourd'hui une des saisons les plus diverses, colorées, intéressantes à explorer.
La seconde partie est vraiment une des meilleures du show et enchaîne 6 épisodes fantastiques.
Les spéciaux sont plus en demi-teinte, les épisodes de Noël sont tous assez mauvais (et cette "saison + spéciaux" en compte 3, de 2007 à 2009), mais les deux différents finaux que Ten a eu, à savoir Journey's End (la fin de la saison 4 elle-même et la fin de l'ère du Dixième Docteur) et The End of Time 2 (pour le personnage de Ten en lui-même), sont tous les deux dans la même veine : bourrés de qualités malgré quelques faux-pas, ils font tout le charme de la saison et lui donnent son importance, mais montrent aussi ses limites.
La beauté de la saison, c'est que TOUS les épisodes contiennent au moins 2 ou 3 petites références étranges qui trouveront finalement leur explication sur la fin. Entre les multiples retours de personnages, de monstres et de lieux, la saison possède l'une des meilleures continuités du show et approfondit beaucoup la mythologie.
Bref, entre Donna, le fanservice, la conclusion de l'ère du Dizième Docteur et les scénarios globalement de haute volée, c’est du très bon Doctor Who !
Mon classement :
- Forest of the Dead - 18
- Silence in Library - 18
- The Waters of Mars - 18
- Turn Left - 17
- Midnight - 17
- The Stolen Earth - 17
- Journey's End - 16
- The End of Time Part Two - 16
- The Fires of Pompeii - 16
- Partners in Crime - 16
- Planet of the Ood - 15
- The Unicorn and the Wasp - 14
- The Doctor's Daughter - 14
- Planet of the Dead - 13
- The End of Time Part One - 10
- The Next Doctor - 9
- Voyage of the Damned - 9
- The Sontaran Stratagem - 9
- The Poison Sky - 8
"La saison 1, c'est un peu le brouillon de la série : le docteur et sa compagne, qui voyagent à travers l'espace, un mélange d'ambiances, d'époques, de genres et d'émotions. Il faudra attendre quelques années pour un peu plus de folie et de maturité."
Voilà l'avis que j'avais écrit il y a quelques années à propos de la série. Mon avis a depuis pas mal changé.
Cette saison 1 n'est pas que le "brouillon" de la nouvelle série, elle est aussi son socle et son modèle qui finalement a inspiré énormément la suite. Un acteur méconnu du grand public mais à la très bonne réputation dans le milieu, une actrice au contraire très mainstream pour attirer les téléspectateurs, une continuité avec l'ancienne série donnant l'impression d'entrer dans un monde au background immense mais aux possibilités encore plus grandes... Cette saison 1 a brillé dans beaucoup d'aspects, et sans elle, le show n'aurait jamais fonctionné et grandi pour être le show que l'on connait maintenant.
Et elle n'est pas qu'une saison servant de base où l'on "pardonne ses défauts car c'était la première", comme bien des œuvres surestimées sous prétexte de nostalgie, non non. Elle a aussi de très nombreuses qualités en soi. Aucun épisode ne brille particulièrement ni est au-dessus des autres, mais le niveau général est plutôt bon. Les histoires sont variées, différentes dans les tons, et la dynamique entre le Neuvième Docteur et Rose Tyler reste à ce jour l'une des meilleures.
Une chose qui explique selon moi le fait que la saison soit aussi réussie, c'est que Russel T. Davies avait convaincu la BBC de lui laisser reprendre le show afin que cette saison devienne le retour triomphant d'une légende, certes, mais à la base le show a également été conçu pour raconter une histoire avec un début et une fin, dans l'optique d'une annulation... Autrement dit en plus de voir plus large, elle raconte tout de même une histoire d'un point A à un point B et possède un vrai développement et une conclusion. C'est ce qui rend les personnages de Rose et du Docteur si attachants. La grande force de la saison 1 c'est le fait de les voir évoluer ensemble depuis le pilot jusqu'au season-finale. Toute la saison repose sur la spontanéité de Rose qui se mêle au monde à la fois tourmenté et merveilleux du Docteur, permettant à ces deux personnages de s'aider mutuellement à devenir de meilleures personnes. Très peu d'épisodes ne servent aucun propos dans la trame, ce qui donne cette atmosphère générale de confiance et de maîtrise dans toute l'histoire.
C'est cette réussite d'avoir réussi à réintroduire doucement mais sûrement toutes les bases pré-existantes d'une série culte, tout en y ajoutant des touches modernes dans les personnages et d'avoir réussi à écrire et boucler une histoire complète en 13 épisodes seulement, sans pour autant nuire de quelconque façon à une potentielle suite, qui fait de cette première saison une vraie réussite.
Et la suite nous réserve encore les meilleures choses !
Une citation pour résumer la saison :
You could stay here, fill your life with work and food and sleep, or you could go anywhere.
Moyenne de la saison 1 : 14.46
Classement :
- The Empty Child - 17
- The Doctor Dances - 17
- Dalek - 17
- The Parting of the Ways - 16
- Father's Day - 16
- The Long Game - 15
- The End of the World - 15
- The Unquiet Dead - 15
- Bad Wolf - 14
- Rose - 13
- Boom Town - 13
- World War Three - 11
- Aliens of London - 9
Le diptyque de Steven Moffat se place dans le haut du classement, clairement l'épisode le plus moderne et mémorable de la saison, même si finalement il ne représente pas vraiment cette dernière, avec son aspect très romantique, absurde et horrifique. Il est accompagné par le très bon one-shot de Robert Sherman, Dalek, qui complète le podium. Le series-finale et Father's Day complète les "16/20" et pour le coup représentent, eux, très bien cette première saison.
The Long Game a longtemps été un vilain petit canard pour ma part mais son commentaire "politique" sur l'humanité du futur, un gros gros thème de la saison qui se retrouve d'ailleurs dans The End of the World, donne vraiment des thèmes directeurs à cette saison 1. Ces deux épisodes sont très bons et dans le haut niveau de la saison. The Unquiet Dead est vraiment un historical sympa à mes yeux et est un nouvel exemple d'épisode qui s'inscrit très bien dans la saison, servant plusieurs rôles et dans lequel Rose et Nine brillent.
Bad Wolf est une première partie de finale perfectible mais très fun, tout comme Rose, un pilote encore plus perfectible et kitch mais très efficace.
Ne reste donc que le trio des épisodes Slitheen, lourdement en fin de classement. Boom Town ne s'en sort pas trop mal. A noter surtout deux ratés dans la saison : les deux parties de l'attaque des Slitheens à Downing Street. Aliens of London, est un pas en arrière après les trois premiers épisodes de la saison, mais est heureusement rattrapé par une deuxième partie plus réussie, mais pas fameuse non plus au contraire. Ils témoignent de l'aspect cheap souvent reproché à cette saison et à raison, et sont beaucoup plus lents et mal écrits que le reste.
Malheureusement l'une des plus mauvaises saisons du show, bien qu'elle reste suffisamment décente pour qu'on n'ait aucun mal à imaginer une saison moins réussie si cela devait se produire un jour - pour l'instant après 9 saisons, cela n'a toujours pas été le cas, espérons que cela continue.
EDIT de 2019 : lolilol la saison 11 existe donc oubliez, la 2 n'est clairement pas
La grande cause de cette saison 2 plus molassonne c'est que la qualité des standalones n'est pas au rendez-vous. Au cours de mon revisionnage, il n'y a pour ainsi dire qu'UN seul épisode que j'ai un peu plus aimé davantage que le précédent visionnage : School Reunion. TOUS les autres épisodes m'ont apparu comme, parfois, identiques, mais le plus souvent, moins bien que dans mes souvenirs par rapport aux autres saisons (la saison 1 comprise). Mis à part le season-finale, le two-parter du diable, School Reunion donc et ce petit bijou de The Girl in the Fireplace, le reste de la saison est souvent juste "pas mal".
J'aborde toujours chaque saison avec deux angles : la qualité intrinsèque de chaque histoire, grosso modo que l'on peut résumer comme étant la "qualité des standalones", ainsi que fil rouge, que ce soit un arc, une intrigue mystérieuse, l'évolution des personnages ou l'agencement et l'ambiance générale, bref l'objet de la saison. Le fond compte autant que la forme en somme.
J'en ai un peu parlé dans mon avis sur Army of Ghosts, mais Ten convaint moins que Nine en tant que Docteur. Je n'ai absolument rien contre Tennant, il est pour le moment bien dans le rôle, sauf qu'il n'a malheureusement pas encore eu beaucoup de palettes d'émotion à démontrer car l'écriture ne lui rend souvent que peu honneur (cela dépend des épisodes en fait, on en revient à la qualité des standalones, cette dernière ayant un rôle à jouer dans mon appréciation du fil rouge, ces deux blocs ne sont pas distincts). Pas de fausse note particulière pour Tennant donc, mais pas de réel moment emblématique non plus.
Le principal problème, c'est que la transition par Rose est très mal gérée. Elle est trop rapidement balayée dans The Christmas Invasion, ce qui laisse juste une saison où l'on est censé voir deux meilleurs amis vivre les meilleures des aventures possibles... et c'est tout ! Ce que la saison 1 avait soigneusement construit : un Docteur moralement complexe, une compagne humaine et attachante à ses côtés, une relation avec un apport mutuel, un point A et un point B... toute la saison 2 ne fait pas vraiment bouger les choses.
Le pitch est surtout : "donnons à Ten et à Rose une romance naissante", c'est assez bien fait mais ça donne une saison sans grand dynamisme.
A part ça le personnage du Doc n'est pas archi intéressant et se dévoile peu, puisqu'il est "humanisé" à l'extrême par Rose. Sauf rares exceptions (School Reunion par le biais de Sarah Jane Smith et de l'écriture de Toby Withouse qui lui rend honneur même face à des scènes triviales comme face aux Krilitaines, et The Satan Pit dans son échange face au Diable et sa croyance sur le temps), le Dixième Docteur n'est pas un Seigneur du Temps de 900 ans qui a fait une Guerre du Temps. Non, le Dixième Docteur est un alien qui a pour meilleure amie une londonnienne et qui a pris goût à la vie humaine. Pour de vrai. On ne retrouve pas le personnage du Docteur dans son ensemble mais seulement par certains endroits, c'est ce qui me gêne avec cette incarnation. Tous les autres Docteurs sont souvent impliqués et posent leur marque, ce qui créé bien sûr des aspects que l'on aime pas, mais Ten est juste... normal ? La saison s'occupe juste de lui trouver des aventures et du bon temps et ce n'est pas l'approche que je préfère chez Doctor Who.
Le Neuvième Docteur avait un égo surdimensionné concernant son importance par rapport à celles des autres races, le Dixième Docteur est à l'inverse le plus proche possible des humains qu'on pourrait l'être. Le contraste est intéressant, et donne lieu à de très belles choses, notamment son émerveillement face à l'humanité et aux agissements des humains (un thème que l'on retrouve même dans The Age of Steel ou The Impossible Planet, ce genre de petits détails très sympathiques). Je n'ai rien contre un Docteur plus "humain", "charmeur", "drôle" et finalement, plus à même à parler à l'audience mainstream, et je trouve le contexte intéressant car cela permettra une descente aux enfers progressive (dans les saisons suivantes). Le problème est que vu que la descente aux enfers ne peut commencer QUE à partir du départ de Rose, c'est-à-dire dans le dernier épisode de la saison, on a donc toute une saison avec un Docteur qui ne bouge pas d'un pouce.
Il aurait été beaucoup plus judicieux d'intégrer des nuances plus subtiles à son personnage plus souvent. Comme je l'ai dit c'est tout de même en grande partie lié à la faible qualité des loners, il suffit de voir The Idiot's Lantern, Fear Her, Love and Monsters ou même New Earth et le two-parter Cyberman pour voir que le Docteur n'est pas à son meilleur jour. Sur une saison de 14 épisodes en incluant le Noël, c'est beaucoup.
Ce n'est pas la seule chose pour laquelle la saison a pris un tournant opposé à la une. Il n'y a pas de mention de la Time War avant très longtemps, une mythologie très peu poussée, un Docteur très peu intéressant d'un point de vue de son passé... mais aussi une Rose beaucoup plus controversée, à raison.
Si je n'ai aucun mal à dire que la relation Nine/Rose est l'une des meilleures du show, Rose Tyler dans la saison 2 est parfois agaçante sur les bords. Dans le Noël, sa réaction avec le Docteur est un peu disproportionnée. Dans la saison elle est hyper dure avec Mickey ou sa mère sans raison valable, parfois jalouse à l'extrême.
Elle n'a pas que de mauvais aspects cela dit, j'aime beaucoup l'assurance dont elle fait preuve dans certains épisodes comme Tooth and Claw, The Idiot's Lantern, Fear Her ou The Satan Pit, où elle n'hésite pas à prendre la situation en main. Mais où est la Rose Tyler qui était prête à se mettre entre un Dalek et le Docteur pour affirmer son opinion ? Où est la Rose Tyler qui a ouvert le coeur du TARDIS pour sauver le Docteur ? Où est la Rose Tyler qui a brisé toutes les lois du temps pour sauver son père ?
Oui, l'aspect téméraire est toujours là, mais il y a bien un facteur qui manque : le cœur, l'affection, l'humanité, la sensibilité de Rose de la saison 1.
En même temps, avec un Docteur aussi bon-copain, ce n'est pas étonnant. Il déborde tellement d'amour, de joie et d'émotions, qu'elle ne passe plus pour la jeune fille qui découvre l'univers et y apporte son humanité dans les pires situations même les plus négatives... non, maintenant en saison 2, Rose Tyler est plutôt la gamine capricieuse qui a eu la chance d'être dans le TARDIS et qui le prend pour acquis. Je grossis les traits car il y a des épisodes où elle est très bien. Et encore une fois, je n'ai rien contre cette évolution, qui est très joliment adressée par Jackie dans Army of Ghosts, quand elle lui dit qu'elle ne reconnaît plus sa fille... mais ça c'était l'épisode 12 ! Durant toute la majorité de la saison, j'aurais aimé avoir plus de nuances de ce type. En saison 1, on voyait déjà les mauvais traits de la personnalité de Rose, elle était déjà ennuyante avec Mickey, elle était déjà jalouse (de Lynda par exemple), mais puisqu'elle offrait beaucoup d'autres choses à côté, ces aspects ne semblaient pas dominer sa personnalité. Rose en saison 2 est toujours aussi attachante, et elle gagne en confiance, mais on perd ce côté si sensible qui faisait tout son charme et qui était pourtant - je le croyais - inscrit dans son personnage (rien que par son nom - fragile comme une Rose).
Forcément, si on associe dynamique de personnages statique et personnages en eux-mêmes attachants mais pas toujours montrés sous leur meilleur profil, et que l'on y ajoute un arc pas tip top ("Torchwood" étant beaucoup moins subtilement amené que Bad Wolf - c'est parfois mentionné deux fois par épisode - et moins mystérieux aussi), le fil rouge de la saison 2 n'est juste pas bon. La succession quasi-constante de loner est agaçante, il n'y a jamais aucune continuité hormis le départ de Mickey et son retour (une moitié de saison donc, au milieu tout est interchangeable). Pour que la continuité de la saison repose sur un personnage aussi médiocre (il faut voir la transition de Mickey entre School Reunion et The Girl in the Fireplace, elle est nulissime), c'est qu'il y a un problème.
Pour résumer tous mes problèmes avec cette saison 2 :
- Un Docteur limite trop puéril, ou qui ne possède pas assez de moments pour briller malgré Tennant qui pouvait pourtant faire "so much more !" (si vous avez capté la référence, bien joué).
- Une compagne qui perd l'un de ses principaux traits pour devenir parfois agaçante, même si paradoxalement elle est quasiment plus mise au centre que son Docteur dans la saison.
- Un arc qui n'en est pas un, ne laissant qu'une continuité branlante entre les épisodes
- Des standalones trop faibles (l'opener, le double sur les Cybermen, celui avec la télé qui bouffe les gens, celui avec la môme...)
On peut trouver de qualités à cette saison dans l'ensemble. Chaque point positif que je peux trouver ne résulte pas QUE de la performance d'un épisode individuel seulement. La relation Ten/Rose, j'ai beau objectivement trouvé les deux personnages un peu faibles, mon petit coeur de fan encore ébranlé par le premier visionnage de Doomsday ne peut s'empêcher des les aimer ! Ils sont charmants. La saison a aussi tenté de nouvelles choses (certains épisodes expérimentent des genres, comme The Girl in the Fireplace ou Love and Monsters, et la saison créé la notion de Christmas Special).
Oui mais voilà, il faut être réaliste, si le seul but de la saison après The Girl in the Fireplace est d'offrir une belle porte de sortie à Rose, il y avait beaucoup, beaucoup mieux à faire.
Mais au moins maintenant, la voie est libre pour que notre Docteur reprenne du pep's et s'affirme, en espérant que la saison 3 saura plus revenir à ce qui avait fait la très bonne qualité de la première saison : une compagne intéressante, une mythologie et un personnage principal complexes et une meilleure balance entre légèreté/kitsh et sérieux. Ce qu'elle réussira à peu près.
Moyenne de la Saison 2 - 13.85 (tout de même pas mal pour la "pire" saison d'un show)
Classement :
- The Girl in the Fireplace - 19
- Doomsday - 17
- The Satan Pit - 17
- School Reunion - 16
- The Impossible Planet - 16
- Tooth and Claw - 15
- Army of Ghosts - 14
- Love & Monsters - 13
- The Christmas Invasion - 13
- The Age of Steel - 12
- New Earth - 12
- The Idiot's Lantern - 11
- Rise of the Cybermen - 11
- Fear Her - 8
Avis sur les épisodes
C’est la troisième claque d'affilé. C’est certes un peu moins subtil dans son approche du flashback, mais qu'importe à ce stade, c'est plus que justifié.
L'épisode est la parfaite réponse au précédent : peut-être qu'Eren n'est même pas celui qui s'est amené à être ici, peut-être qu'il s'agit d'Ymir elle-même, la titan originelle, dans un bref effort de lucidité pour échapper à sa condition d'esclave ? "From You, 2000 years ago" tire d'ailleurs inévitablement un parallèle avec le pilote de la série dans lequel Eren avait une vision, premier chapitre s'intitulant "To You, 2000 years from now", suggérant qu'effectivement, Ymir avait préparé le terrain pour qu'Eren la libère.
C’est juste magnifique d’inscrire l’histoire dans un effort d’humanité. C'est cohérent avec toute la série encore une fois, tout en restant ouvert à l'interprétation.
Car c'est surtout l'explication d'Eren. Qu'il cherche sans doute à avoir pour se rassurer sur son destin pré-fait et sa véritable nature. Peut-être qu'au contraire, elle n'avait pas prévu un grand dessein pour se rebeller, mais que les mots d'Eren sur le moment l'ont touché. Elle semble en effet ressentir quelque chose pour la première fois en des millénaires, et sans doute réagit-elle face à Eren, étant elle aussi une enfant opprimée ? Eren semble en effet être le premier à la voir en tant que personne et non comme un outil. Là où les Marleyens l’imaginaient en démon, là où Grisha et les restaurationistes l’érigeaient en déesse, là où elle était réellement depuis 2000 ans l’esclave d’un roi Eldien, elle n’est finalement qu’une victime de plus.
EREN: You're not a slave, or a god. You're just a person.
C'est très malin car tout au long de l'anime, j'imaginais Ymir comme une pseudo-déesse ou une prophétesse qui aurait fait un pacte avec le diable ou autre, ce qu’on nous sous-entendait clairement. C'était bien sûr le but de l'anime, alors qu'en réalité Ymir est une énième victime du système qui l'abusait - et c'est peut-être pour cela qu'Eren l'a vite compris, et qu'aucune personne issue de la famille royale ne l'avait compris en 2000 ans, puisque ceux-ci suivaient aveuglément des consignes pour préserver une lignée ou un statu quo.
C'est aussi assez dingue que l'anime avait donné littéralement toutes les réponses qu'on avait besoin de savoir avec la backstory de la Ymir moderne (l'amoureuse d'Historia en saison 2), qui n'était aussi qu'une esclave à la base n'ayant pas demandé ce pouvoir, mais s'étant rebellé contre ses créateurs, et qui a servi de bouc émissaire. Le parallèle est incroyable et prouve que l’anime savait parfaitement où il allait.
Comme toujours dans cet anime, les vrais ennemis ne viennent pas d'ailleurs, ils viennent d'au-dessus - avec une critique politique évidente à travers le roi Fritz. Ce “au-dessus”, ce système pourri, en vient bien souvent à faire de soi-même un ennemi à part entière : la décision d'Ymir n'est franchement pas de bonne augure pour Paradis non plus, le monde ne va pas rester sans rien faire face à la menace titan qui n'était censée rester qu'une option dissuasive. De plus, les Eldiens internés à Liberio ne seront visiblement pas épargnés. La véritable option pour en finir avec sa condition, aurait été de suivre le plan de Zeke : empêcher les Eldiens de se reproduire, pour être libérée en douceur de sa condition et trouver enfin un repos, sans détruire le monde. Mais après tout, pourquoi rester encore esclave pour des décennies ? Et qui dit que les derniers survivants Eldiens n’auraient pas tenté d’utiliser ses pouvoirs également ?
Dans tous les cas, peu importe quel plan était le plus raisonnable ou moralement justifiable. Zeke la traite comme une esclave, un outil, un pouvoir, Eren, comme une humaine. Même Ymir donc, littéralement l'être le plus puissant jamais créé dans l'univers de l'oeuvre, finit par être une autre victime initiale qui se résout à la violence alors que d'autres choix étaient possibles, mais on la comprend tout à fait. Et quelque part, on la soutient. Car elle semble pour la première fois de sa vie avoir pris une vraie décision, exercé son libre-arbitre.
Même si Eren est censé être le méchant de l'histoire (il apporte carrément l'apocalypse en fin d'épisode, en devenant plus ou moins le "démon" qui sommeille en chaque Eldien sur ce plan final instable de toute beauté), c'est forcément libérateur de voir Ymir briser sa condition, et de la voir exprimer une micro-émotion avant de transférer les plein-pouvoirs à Eren, elle qui n'a été qu'une coquille vide exploitée et sans émotion tout au long de sa vie... Son histoire inscrit vraiment la série dans de la méta-physique assez poétique, notamment avec cette idée de servitude éternelle même après sa mort, puisqu'elle a continué d'obéir à sa lignée pour fabriquer des titans dès que ses descendants en avaient besoin.
C'est autant plus jouissif (et tragique à la fois) de voir Ymir se rebeller, après avoir vu une origin-story aussi abjecte que la sienne. Les flashbacks avec le premier roi Fritz qui s'est servi d'Ymir pour sa guerre avant de l'exploiter pour maintenir une lignée de pouvoir, ne sont pas forcément méga surprenants une fois qu'on a compris qui Ymir était : il ne s'agit au début rien de plus qu'une histoire d'un pouvoir tombant entre de mauvaises mains humaines, un roi en position de force qui en fera de mauvaises choses et entraînera une chaîne incroyable de conséquences. Je trouve même un poil dommage que le pays attaqué par les premiers Eldiens soit déjà “Mahr”, ça donne une portée moins universelle au conflit. Mais derrière cette histoire sur le papier convenue, les propos sont particulièrement violents ("Pour te remercier d'être une si bonne esclave, tu auras droit à ma semance"...) tout en étant poignant de réalisme. D’ailleurs, le visuel de tout le flashback d’Ymir, encore plus délavé que d’habitude et avec un ton sépia, rappelle les imageries des contes et était assez sublime.
Je suis vraiment fan en fiction, plus particulièrement en science-fiction, quand une oeuvre aborde des faits qui se développent en légende. Que ce soit dans du Doctor Who comme dans Star Wars, en passant par Lost ou même The 100 : cette idée qui joue au plus proche des croyances humaines m’a toujours fasciné, et ici, à partir d’une simple histoire de batailles de clan et d’un cochon qui s’enfuit, il est facile de voir en quoi tout ceci a pu, au fil des siècles, prendre la forme de légendes.
Le background d'Ymir trouve le juste milieu absolument parfait entre, d'une part, les explications cartésiennes (le parasite qui se mélange à l'ADN d'Ymir lorsqu'elle tombe au plus bas en voulant échapper à ses oppresseurs, le nom des trois murs, la transmission par le cannibalisme) ; et d'autre part, les explications symboliques : tout ce qui concerne l'Axe est toujours très abstrait, Ymir continue de "façonner de ses mains et du désert les titans autour d'elle"... Pourquoi, d'ailleurs ? Parce qu'elle se sent encore redevable face à sa famille Eldienne ? Parce que le parasite veut s'étendre et l'oblige à sauver ses hôtes, et la contrôle ? Encore une fois, plusieurs pistes sont ouvertes, et elles ont toutes du sens : si c'est juste Ymir qui se sent redevable, c'est un terrible rappel que l'esclavage ravage juste la conscience, même ici après la mort ; si c'est le parasite qui fait cela, c'est une sorte d'allégorie de la vie qui cherche à tout prix à s'étendre et à survivre.
Un mot d'ailleurs sur ce fameux parasite aquatique, qui est quand même l'origine absolue des titans dans la série, ce qui n'est pas rien. Le carton du milieu d'épisode nous énonce brièvement les théories : un parasite inconnu, un organisme qui s'est adapté à l'ADN humain, un pouvoir mystique et magique, un signe de (vrais) dieux face à la détresse d'Ymir, ou encore autre chose ? On ne le saura jamais, et c'est sans doute pour le mieux. L'imagerie d'un organisme cellulaire primitif baignant dans une eau profonde (l'origine de la vie, donc) laisse sous-entendre qu'il s'agit d'un organisme issu des débuts de la vie. C'est ce qui était écrit dans le journal de Grisha dans la cave en tant que théorie populaire, c’est aussi ce que Tom Xaver citait à Zeke comme possible raison aux pouvoirs d’Ymir, preuve que la vérité a pu survivre.
Personnellement, je pense que peu importe l'origine biologique, magique ou divine de la créature, la morale est très clairement qu'Ymir est un produit de la cruauté du monde et des humains, étant une esclave dont on a coupé la langue, qui est accusée par les autres d'un crime qu'elle n'a pas commis, qu'elle ne peut donc répondre, ce qui entraîne sa condamnation, sa fuite, sa chute, et tout ce qui s'en suit.
Bref, encore un épisode qui donne l'impression d'expliquer tout le lore, qui fait une autre itération sur le paradoxe bootstrap (cette fois-ci entre Eren et Ymir) et qui relance complètement la suite. C'est génial. La fin semble annoncer un retour à la “normale” pour l’anime, mais cette salve d’épisodes aura vraiment été claque sur claque.
Cet épisode met un peu fin à la série d'épisodes dingueries qu'on vient d'avoir en termes de révélation, mais il fallait bien que ça s'arrête à un moment. La seule scène onirique est la première, où Eren s’adresse à tous les Eldiens depuis l’Axe, dans une séquence assez culte et pourtant démontrant tout le paradoxe du plan d’Eren, puisqu’il condamne de nombreuses personnes Eldiennes au nom de la protection de l’île de Paradis.
Ce retour à la simplicité annonce vraiment la dernière ligne droite de l’anime. Cela reste clairement d'une très bonne qualité. Il se dégage de toute l'ambiance actuelle une vraie sensation d'apocalypse, ce que le filtre brun/rouge, justifié par le Grand Terrassement en marche, vient souligner. Le comportement de Connie par exemple, est absolument effroyable mais aussi complètement approprié. Comme toujours, Armin était la voix de la raison : tuer Falco, c’est négliger le fait que l’ennemi est humain et pourra rétalier alors que le cycle de violence devrait prendre fin. Jean est plus nuancé et tente de justifier le terrassement d’Eren, mais le fait que les titans continuent d’attaquer Shingashina montre qu’Eren s’est perdu dans une violence dont il ne reviendra sûrement pas.
L’épisode s’ouvre avec un nouveau super parallèle entre Eren et Gabi (elle se regarde dans le miroir et s'attache les cheveux en jurant d'accomplir une mission qu'elle se donne), à la différence que Gabi fait le choix de croire en l'humanité, là où Eren s’auto-persuadait que la détruire était la meilleure décision. Gabi est alors immédiatement récompensée par le sauvetage de Kaya, dans des scènes """"filler""" (notez le nombre de guillemets) provoquées encore une fois un peu artificiellement par l’histoire (une nouvelle rencontre fortuite), mais des scènes que j'ai trouvées vraiment cools et émouvantes malgré tout. Les deux orphelines font la paix et Gabi est ensuite sauvée en retour.
Gabi est vraiment mon nouveau personnage préféré de cette saison, elle qui revient de si loin et qui finit par illustrer tout le propos de l’anime. Lorsqu’elle reprend le flambeau de Reiner qui est plutôt en train d’abandonner, c’est très fort. Lorsqu’elle reprend le flambeau (spirituel) de Sasha en sauvant Kaya d’un petit titan qui rampait vers elle, comme Sasha l’avait fait en saison 2, c’est vraiment encore plus fort, sachant quand même que Gabi est celle qui a tué Sasha. La preuve que les individualités derrière un conflit systémique, ce n’est pas forcément blanc ou noir surtout quand on est encore assez jeune pour faire une différence. Niccolo rappelle qu’il y a un “démon en chaque personne” et qu’il y a encore de l’espoir que Kaya et Gabi “sortent de la forêt”, ce que finalement, même Sasha n’avait pas pu faire. En l’espace de quelques épisodes, Gabi a complètement changé (quand elle apprend que Connie a enlevé Falco pour sauver sa mère, elle ne semble même pas en colère mais implore juste le groupe de trouver une solution en négociant avec Eren), et pourtant on a le sentiment que ça a pris son temps. C’est vraiment un super personnage qui est la preuve que le changement est toujours possible.
Je pense que ça sera la morale positive, ou du moins la porte de sortie douce-amère, que prendra l’anime. Ce n’est pas un hasard d’ailleurs si on retrouve ensuite pas mal Keith Sadies, la figure typique de l’ancienne génération mais aussi symbole pour les jeunes cadets. Il mène d’ailleurs des soldats inconnus Jaegerist dans un dernier combat “titans vs. humains” de toute beauté. D’ailleurs, l’animation est vraiment cool ici. Alors certes, on n'échappe toujours pas aux visages de personnages code-barres, mais à part ça l'animation semble avoir vraiment retrouvé des couleurs, et ça fait vachement plaisir de voir qu'ils ont mis le paquet sur ce qui est très certainement le dernier assaut de ce type de l’anime. De nombreux plans font assez nostalgiques et "fins d'une ère", notamment les voltiges de Mikasa (qui, j'ai l'impression, n'avait pas participé à une scène d’action depuis des siècles) ou la mort définitive du titan commandant Pixis, assez touchante.
Je mets +1 pour ce cliffhanger tant attendu. Il est certes prévisible si on comprend que la dissolution du mur implique la dissolution des protections titanesques (franchement vu que les murs n’ont jamais été designés avec la même matière que le crystal de titans, plus bleuté, je ne l’avais pas compris), mais c’est sacrément plaisant de voir que l’histoire ne laissera rien au hasard et bouclera la boucle sur tous les points.
Aussitôt revue, aussitôt le focus : l’épisode a le bon goût de centrer toute sa première moitié sur Annie. De quoi revenir un peu sur Hitch, visage familier mais assez vierge d’une partie du bataillon qui n’a pas subi les aventures extravagantes de l’escouade d’exploration, et qui était plus occupée à nettoyer les débris et s’occuper des victimes après les combats titanesques, un point de vue que l’anime n’a plus montré après les premiers arcs. Cela permet au passage d’aborder les conséquences du Terrassement d’Eren, mais aussi la vraie question de cette fin d’anime : les Eldiens de l’île vont-ils approuver ou non cette apocalypse ?
Il y a, dans le retour d’Annie, quelques hasard un peu forcés par le destin, mais ouvertement soulignés par l’anime comme pour les reconnaître et s’excuser brièvement (”tiens quelle ironie que je tombe sur toi spécifiquement, Hitch” “laisse-moi te raconter mon histoire sur mon père, après tout tu m’as bien parlé des heures en hors-champ quand j’étais dans mon cocon”). Ca passe très bien leur relation est assez amusante, ces deux “amies qui ont toujours été un peu faux-cul envers l’autre mais qui au fond, s’aiment bien”. C’est en particulier satisfaisant si on a vu l’OAV Lost Girl sur Annie.
L’épisode est quand même bien construit car suivre Annie qui revient tout juste plongée dans un monde à peu près pire que comme elle l’a laissé, permet aussi de faire une ancre avec son père de l’autre côté qui est le visage des futures victimes d’Eren. Annie quant à elle, reste assez fidèle à elle-même, dans le sens où on a bien senti qu’elle n’a jamais été aussi impliquée émotionnellement que Reiner, ou aussi patriote que Bertolt, mais qu’elle restait prête à tout peut-être plus qu’eux. Même si son flashback assez express sur son père ne nous en apprend pas tant que ça, il a le mérite de donner de la cohérence à son comportement tout au long de l’anime, notamment lorsqu’on voyait son personnage à travers les yeux de Reiner dans les multiples flashbacks sur l’histoire parallèle des guerriers, où Annie avait toujours insisté pour rentrer le plus vite possible. J’aime cela dit pas mal qu’on n’essaye pas de la faire passer pour une gentille non plus, puisqu’elle a dit qu’elle n’hésiterait pas à tout refaire si elle cela lui permettrait de retrouver sa famille.
Le reste de l’épisode est plus chaotique et fait un tour d’horizon de nos personnages restants, ce qui traduit bien un peu l’incertitude du futur actuellement. Armin continue de culpabiliser d’avoir survécu à Erwin, Mikasa se fait dire à Armin de “penser par elle-même pour une fois”, Jean se remémore ses débuts où il espérait une carrière tranquille à la Hitch dans la brigade militaire.
Et à la fin de l’épisode, j’ai été très heureux de retrouver la douce voix amusante d’Hanze vient nous redonner un peu la banane dans une scène post-générique un peu loufoque, confirmant une survie très anticipée et un peu ennuyante de Livai (qui a l’air heureusement assez mal en point pour ne réalistiquement plus faire de combats avant la fin de l’anime).
La scène un peu batarde de l’épisode selon moi est celle où Floch menace les Marleyiens Volontaires (et en tue un). Dans un instant très mégalomaniaque, Floch embrasse pleinement son aspect “antagoniste bras droit d’Eren” et prétend même qu’Eren l’avait mis au courant de tout le plan depuis des mois. Je ne suis pas fan des scènes assez poussives où Floch a encore confiance en Jean, Mikasa et les autres, mais Floch est un personnage assez cool du fait qu’il soit né vraiment de la bataille de Shingashina où tout le bataillon sauf lui s’est fait décimé, et qu’il représente ainsi vraiment le patriotisme héroïque né de la violence et de la mort totale. Ce personnage a donc toujours quelque chose de cohérent et d’un peu tragique.
L’ending est remplacé par une scène de fin très solenelle où un Connie tourmenté amène un Falco naïf et décidément trop mims vers sa mort. C’est vraiment un mini crève-coeur, et c'est marrant que la série passe d'enjeux littéralement métaphysiques et universels à un enjeu principal très "simple" (Connie qui veut sauver sa mère de l'apocalypse), mais qui illustre tout aussi bien le propos de la série : pourra-t-il sacrifier un innocent pour ses intérêts, quitte à reproduire un cycle de violence ?
Je trouve que derrière cet arc en aspect anti-climatique, se cache énormément d'enjeux : si Connie sacrifie Falco, il perpétuera encore les horreurs de la guerre et les conséquences sur Gabi, symbole de l'ouverture d'esprit depuis peu, risquera de retomber dans ses travers.
En tout cas, je suis assez fan qu’en cette fin d’anime, on prenne le temps de se recentrer sur les personnages, ce qui faisait un peu défaut à l’anime parfois. Maintenant, Eren a déjà “gagné”, le climax semble derrière tout le monde, les personnages ont enfin le temps de prendre des décisions personnelles ou de se questionner justement. C’est très bien vu.
Rarement SNK s'était essayé à l'humour, sans doute car le ton n'était jamais de mise, mais avec la double vanne sur les titans qui doivent se brosser les dents, j'avoue que j'étais plié de rire.
Par contre, c’est de très très loin le pire épisode de l’arc de cette deuxième partie de saison. Il m’a fait beaucoup de frayeur. Il me rappelle les heures très sombres de la fin de la première moitié avec les épisodes mal rythmés et tout moches. Clairement là, MAPPA avait repris des points depuis le début de la seconde moitié, mais force est de constater que le timing était toujours juste un peu trop short, car on ne peut pas me faire croire qu’autant de temps et de budget ont été consacrés à cet épisode qu’à tous les autres.
Certaines séquences étaient juste dégueulasses. Les traits noirs crispés, l’animation des visages au rabais, c’était ouf comment c’était laid. Et puis niveau rythme et montage, c’est une bouillie sur certains points.
Alors heureusement, ce n’est pas sur tout l’épisode. Il y a beaucoup de trucs très bien. La première scène où Hanze est forcée de tuer un soldat du bataillon, techniquement de son bataillon (d’ailleurs, ce n’est pas anodin qu’il portait une ancienne tenue) pour se protéger, est assez émouvante et très bien fait. Il y a malheureusement quelques détails qui tâchent même dans les bons moments, comme Hanze qui dit “si Livai est aussi résistant c’est que c’est un Ackermann”, une théorie que j’ai toujours trouvée assez relou et fumeuse, trop mystique. En tout cas, l’association Hanzi/Livai/Pieck/Theo Magath est très inattendue et pas déplaisante.
La séquence principale de l’épisode, c’est le sauvetage de Falco. Et là niveau visuel c’est beaucoup moins glorieux. La scène perd donc un peu en intérêt, même si je comprends que c’était un épisode “moins pire que les autres” pour y sacrifier du budget et du temps. Mais tout de même, Armin manque de se suicider et Connie change complètement d’avis et de motivations. C’est plutôt bien écrit et ça aurait mérité mieux.
Ce qui est très mal écrit en revanche, ce sont les retrouvailles de tout le groupe avec Annie. Mais quelle horreur ! Il aurait été préférable qu’ils se croisent sur la route, et qu’ils prennent vraiment le temps de parler. Là, tout est fait au détour de la place du marché, pourquoi pas, mais dans la séquence la plus moche de toute la série, et avec un rythme totalement à la rue. Annie laisse un mot à Hitch pour dire “Coucou, je suis tombé sur mes anciens meilleurs ennemis, on embarque ensemble vers de nouvelles aventures, bye”, c’est affreux.
Certes, l'idée qu'Annie ait écouté tout ce que les personnages lui disaient depuis son sommeil, donne l'impression qu'elle n'a jamais vraiment quitté la série ni l'action. C’est aussi le cas pour le spectateur, qui l'a revu bon nombre de fois depuis la fin de saison 1, soit dans son cocon, soit à travers plein de flashbacks. Mais j’en attends clairement plus de ces retrouvailles, et la série va évidemment devoir finir par l’aborder.
Le reste de l’épisode s’attache à quelques scènes pour que toutes les motivations des personnages principaux s’alignent afin qu’ils forment une fine équipe. Mikasa revoit la fille qui l’idôlatre et récupère son écharpe, probablement déteminée à aller sauver Eren malgré tout. Jean fait le choix de suivre ses amis plutôt que Floch même si ça implique de trahir et de prendre les décisions les plus difficiles, ce qui n’est pas très surprenant. Les séquences où on nous fait croire que Yelena et Onyankopon vont mourir ne sont pas très crédibles car ils font durer trop le suspens. Cela dit, j’aime beaucoup le petit passage où Onyankopon pète un câble (et j’ai cru un peu à sa mort imminente) en évoquant que les habitants de l’île l’auraient utilisé pour sa force de travail pour ensuite le jeter comme un malpropre, assez sous-textée politiquement, Onyankopon accusant ouvertement Floch de s’être autoproclamé chef d’une milice xenophobe.
Les deux teams finales constituées par Armin, Mikasa, Reiner, Annie, Gaby, Falco, Connie, ainsi que celle de Hanze, Rivai, Jean, Peak, Jelena et Onyankopon, toutes deux en passe d'aller sauver le monde, sont quand même vachement jouissives. C’était très laborieux cet épisode pour tous les rassembler, mais le résultat envoie du lourd. On sent quand même les efforts de l'anime en termes d'attachement aux personnages en cette fin d'oeuvre, et heureusement !
Dans un arc moins bon (comme les épisodes 10-16 de la saison), j’aurais été plus sévère avec l’épisode. Mais là, entre quelques bonnes séquences, le fait que les personnages soient attachants et qu'on est en fin de route avec une équipe assez jouissive pour la mission finale, je suis plus indulgent.
