Avis sur les séries
Avis sur les saisons
Une très bonne saison ! Sans doute la meilleure de Tennant, du moins celle qui aligne les meilleurs épisodes sans aucun doute.
La nouvelle compagne, Donna, est vraiment exceptionnelle, que ce soit son caractère, l’actrice, son duo avec le Docteur, tout. L’alchimie des deux porte vraiment tous les épisodes (et en sauve même certains).
L’image ne fait que s’améliorer, on voit que la série a eu plus de moyens. En conséquence, la saison est aussi moins avare en science-fiction, avec beaucoup plus de planètes et d’autres mondes. C'est sans doute encore aujourd'hui une des saisons les plus diverses, colorées, intéressantes à explorer.
La seconde partie est vraiment une des meilleures du show et enchaîne 6 épisodes fantastiques.
Les spéciaux sont plus en demi-teinte, les épisodes de Noël sont tous assez mauvais (et cette "saison + spéciaux" en compte 3, de 2007 à 2009), mais les deux différents finaux que Ten a eu, à savoir Journey's End (la fin de la saison 4 elle-même et la fin de l'ère du Dixième Docteur) et The End of Time 2 (pour le personnage de Ten en lui-même), sont tous les deux dans la même veine : bourrés de qualités malgré quelques faux-pas, ils font tout le charme de la saison et lui donnent son importance, mais montrent aussi ses limites.
La beauté de la saison, c'est que TOUS les épisodes contiennent au moins 2 ou 3 petites références étranges qui trouveront finalement leur explication sur la fin. Entre les multiples retours de personnages, de monstres et de lieux, la saison possède l'une des meilleures continuités du show et approfondit beaucoup la mythologie.
Bref, entre Donna, le fanservice, la conclusion de l'ère du Dizième Docteur et les scénarios globalement de haute volée, c’est du très bon Doctor Who !
Mon classement :
- Forest of the Dead - 18
- Silence in Library - 18
- The Waters of Mars - 18
- Turn Left - 17
- Midnight - 17
- The Stolen Earth - 17
- Journey's End - 16
- The End of Time Part Two - 16
- The Fires of Pompeii - 16
- Partners in Crime - 16
- Planet of the Ood - 15
- The Unicorn and the Wasp - 14
- The Doctor's Daughter - 14
- Planet of the Dead - 13
- The End of Time Part One - 10
- The Next Doctor - 9
- Voyage of the Damned - 9
- The Sontaran Stratagem - 9
- The Poison Sky - 8
"La saison 1, c'est un peu le brouillon de la série : le docteur et sa compagne, qui voyagent à travers l'espace, un mélange d'ambiances, d'époques, de genres et d'émotions. Il faudra attendre quelques années pour un peu plus de folie et de maturité."
Voilà l'avis que j'avais écrit il y a quelques années à propos de la série. Mon avis a depuis pas mal changé.
Cette saison 1 n'est pas que le "brouillon" de la nouvelle série, elle est aussi son socle et son modèle qui finalement a inspiré énormément la suite. Un acteur méconnu du grand public mais à la très bonne réputation dans le milieu, une actrice au contraire très mainstream pour attirer les téléspectateurs, une continuité avec l'ancienne série donnant l'impression d'entrer dans un monde au background immense mais aux possibilités encore plus grandes... Cette saison 1 a brillé dans beaucoup d'aspects, et sans elle, le show n'aurait jamais fonctionné et grandi pour être le show que l'on connait maintenant.
Et elle n'est pas qu'une saison servant de base où l'on "pardonne ses défauts car c'était la première", comme bien des œuvres surestimées sous prétexte de nostalgie, non non. Elle a aussi de très nombreuses qualités en soi. Aucun épisode ne brille particulièrement ni est au-dessus des autres, mais le niveau général est plutôt bon. Les histoires sont variées, différentes dans les tons, et la dynamique entre le Neuvième Docteur et Rose Tyler reste à ce jour l'une des meilleures.
Une chose qui explique selon moi le fait que la saison soit aussi réussie, c'est que Russel T. Davies avait convaincu la BBC de lui laisser reprendre le show afin que cette saison devienne le retour triomphant d'une légende, certes, mais à la base le show a également été conçu pour raconter une histoire avec un début et une fin, dans l'optique d'une annulation... Autrement dit en plus de voir plus large, elle raconte tout de même une histoire d'un point A à un point B et possède un vrai développement et une conclusion. C'est ce qui rend les personnages de Rose et du Docteur si attachants. La grande force de la saison 1 c'est le fait de les voir évoluer ensemble depuis le pilot jusqu'au season-finale. Toute la saison repose sur la spontanéité de Rose qui se mêle au monde à la fois tourmenté et merveilleux du Docteur, permettant à ces deux personnages de s'aider mutuellement à devenir de meilleures personnes. Très peu d'épisodes ne servent aucun propos dans la trame, ce qui donne cette atmosphère générale de confiance et de maîtrise dans toute l'histoire.
C'est cette réussite d'avoir réussi à réintroduire doucement mais sûrement toutes les bases pré-existantes d'une série culte, tout en y ajoutant des touches modernes dans les personnages et d'avoir réussi à écrire et boucler une histoire complète en 13 épisodes seulement, sans pour autant nuire de quelconque façon à une potentielle suite, qui fait de cette première saison une vraie réussite.
Et la suite nous réserve encore les meilleures choses !
Une citation pour résumer la saison :
You could stay here, fill your life with work and food and sleep, or you could go anywhere.
Moyenne de la saison 1 : 14.46
Classement :
- The Empty Child - 17
- The Doctor Dances - 17
- Dalek - 17
- The Parting of the Ways - 16
- Father's Day - 16
- The Long Game - 15
- The End of the World - 15
- The Unquiet Dead - 15
- Bad Wolf - 14
- Rose - 13
- Boom Town - 13
- World War Three - 11
- Aliens of London - 9
Le diptyque de Steven Moffat se place dans le haut du classement, clairement l'épisode le plus moderne et mémorable de la saison, même si finalement il ne représente pas vraiment cette dernière, avec son aspect très romantique, absurde et horrifique. Il est accompagné par le très bon one-shot de Robert Sherman, Dalek, qui complète le podium. Le series-finale et Father's Day complète les "16/20" et pour le coup représentent, eux, très bien cette première saison.
The Long Game a longtemps été un vilain petit canard pour ma part mais son commentaire "politique" sur l'humanité du futur, un gros gros thème de la saison qui se retrouve d'ailleurs dans The End of the World, donne vraiment des thèmes directeurs à cette saison 1. Ces deux épisodes sont très bons et dans le haut niveau de la saison. The Unquiet Dead est vraiment un historical sympa à mes yeux et est un nouvel exemple d'épisode qui s'inscrit très bien dans la saison, servant plusieurs rôles et dans lequel Rose et Nine brillent.
Bad Wolf est une première partie de finale perfectible mais très fun, tout comme Rose, un pilote encore plus perfectible et kitch mais très efficace.
Ne reste donc que le trio des épisodes Slitheen, lourdement en fin de classement. Boom Town ne s'en sort pas trop mal. A noter surtout deux ratés dans la saison : les deux parties de l'attaque des Slitheens à Downing Street. Aliens of London, est un pas en arrière après les trois premiers épisodes de la saison, mais est heureusement rattrapé par une deuxième partie plus réussie, mais pas fameuse non plus au contraire. Ils témoignent de l'aspect cheap souvent reproché à cette saison et à raison, et sont beaucoup plus lents et mal écrits que le reste.
Malheureusement l'une des plus mauvaises saisons du show, bien qu'elle reste suffisamment décente pour qu'on n'ait aucun mal à imaginer une saison moins réussie si cela devait se produire un jour - pour l'instant après 9 saisons, cela n'a toujours pas été le cas, espérons que cela continue.
EDIT de 2019 : lolilol la saison 11 existe donc oubliez, la 2 n'est clairement pas
La grande cause de cette saison 2 plus molassonne c'est que la qualité des standalones n'est pas au rendez-vous. Au cours de mon revisionnage, il n'y a pour ainsi dire qu'UN seul épisode que j'ai un peu plus aimé davantage que le précédent visionnage : School Reunion. TOUS les autres épisodes m'ont apparu comme, parfois, identiques, mais le plus souvent, moins bien que dans mes souvenirs par rapport aux autres saisons (la saison 1 comprise). Mis à part le season-finale, le two-parter du diable, School Reunion donc et ce petit bijou de The Girl in the Fireplace, le reste de la saison est souvent juste "pas mal".
J'aborde toujours chaque saison avec deux angles : la qualité intrinsèque de chaque histoire, grosso modo que l'on peut résumer comme étant la "qualité des standalones", ainsi que fil rouge, que ce soit un arc, une intrigue mystérieuse, l'évolution des personnages ou l'agencement et l'ambiance générale, bref l'objet de la saison. Le fond compte autant que la forme en somme.
J'en ai un peu parlé dans mon avis sur Army of Ghosts, mais Ten convaint moins que Nine en tant que Docteur. Je n'ai absolument rien contre Tennant, il est pour le moment bien dans le rôle, sauf qu'il n'a malheureusement pas encore eu beaucoup de palettes d'émotion à démontrer car l'écriture ne lui rend souvent que peu honneur (cela dépend des épisodes en fait, on en revient à la qualité des standalones, cette dernière ayant un rôle à jouer dans mon appréciation du fil rouge, ces deux blocs ne sont pas distincts). Pas de fausse note particulière pour Tennant donc, mais pas de réel moment emblématique non plus.
Le principal problème, c'est que la transition par Rose est très mal gérée. Elle est trop rapidement balayée dans The Christmas Invasion, ce qui laisse juste une saison où l'on est censé voir deux meilleurs amis vivre les meilleures des aventures possibles... et c'est tout ! Ce que la saison 1 avait soigneusement construit : un Docteur moralement complexe, une compagne humaine et attachante à ses côtés, une relation avec un apport mutuel, un point A et un point B... toute la saison 2 ne fait pas vraiment bouger les choses.
Le pitch est surtout : "donnons à Ten et à Rose une romance naissante", c'est assez bien fait mais ça donne une saison sans grand dynamisme.
A part ça le personnage du Doc n'est pas archi intéressant et se dévoile peu, puisqu'il est "humanisé" à l'extrême par Rose. Sauf rares exceptions (School Reunion par le biais de Sarah Jane Smith et de l'écriture de Toby Withouse qui lui rend honneur même face à des scènes triviales comme face aux Krilitaines, et The Satan Pit dans son échange face au Diable et sa croyance sur le temps), le Dixième Docteur n'est pas un Seigneur du Temps de 900 ans qui a fait une Guerre du Temps. Non, le Dixième Docteur est un alien qui a pour meilleure amie une londonnienne et qui a pris goût à la vie humaine. Pour de vrai. On ne retrouve pas le personnage du Docteur dans son ensemble mais seulement par certains endroits, c'est ce qui me gêne avec cette incarnation. Tous les autres Docteurs sont souvent impliqués et posent leur marque, ce qui créé bien sûr des aspects que l'on aime pas, mais Ten est juste... normal ? La saison s'occupe juste de lui trouver des aventures et du bon temps et ce n'est pas l'approche que je préfère chez Doctor Who.
Le Neuvième Docteur avait un égo surdimensionné concernant son importance par rapport à celles des autres races, le Dixième Docteur est à l'inverse le plus proche possible des humains qu'on pourrait l'être. Le contraste est intéressant, et donne lieu à de très belles choses, notamment son émerveillement face à l'humanité et aux agissements des humains (un thème que l'on retrouve même dans The Age of Steel ou The Impossible Planet, ce genre de petits détails très sympathiques). Je n'ai rien contre un Docteur plus "humain", "charmeur", "drôle" et finalement, plus à même à parler à l'audience mainstream, et je trouve le contexte intéressant car cela permettra une descente aux enfers progressive (dans les saisons suivantes). Le problème est que vu que la descente aux enfers ne peut commencer QUE à partir du départ de Rose, c'est-à-dire dans le dernier épisode de la saison, on a donc toute une saison avec un Docteur qui ne bouge pas d'un pouce.
Il aurait été beaucoup plus judicieux d'intégrer des nuances plus subtiles à son personnage plus souvent. Comme je l'ai dit c'est tout de même en grande partie lié à la faible qualité des loners, il suffit de voir The Idiot's Lantern, Fear Her, Love and Monsters ou même New Earth et le two-parter Cyberman pour voir que le Docteur n'est pas à son meilleur jour. Sur une saison de 14 épisodes en incluant le Noël, c'est beaucoup.
Ce n'est pas la seule chose pour laquelle la saison a pris un tournant opposé à la une. Il n'y a pas de mention de la Time War avant très longtemps, une mythologie très peu poussée, un Docteur très peu intéressant d'un point de vue de son passé... mais aussi une Rose beaucoup plus controversée, à raison.
Si je n'ai aucun mal à dire que la relation Nine/Rose est l'une des meilleures du show, Rose Tyler dans la saison 2 est parfois agaçante sur les bords. Dans le Noël, sa réaction avec le Docteur est un peu disproportionnée. Dans la saison elle est hyper dure avec Mickey ou sa mère sans raison valable, parfois jalouse à l'extrême.
Elle n'a pas que de mauvais aspects cela dit, j'aime beaucoup l'assurance dont elle fait preuve dans certains épisodes comme Tooth and Claw, The Idiot's Lantern, Fear Her ou The Satan Pit, où elle n'hésite pas à prendre la situation en main. Mais où est la Rose Tyler qui était prête à se mettre entre un Dalek et le Docteur pour affirmer son opinion ? Où est la Rose Tyler qui a ouvert le coeur du TARDIS pour sauver le Docteur ? Où est la Rose Tyler qui a brisé toutes les lois du temps pour sauver son père ?
Oui, l'aspect téméraire est toujours là, mais il y a bien un facteur qui manque : le cœur, l'affection, l'humanité, la sensibilité de Rose de la saison 1.
En même temps, avec un Docteur aussi bon-copain, ce n'est pas étonnant. Il déborde tellement d'amour, de joie et d'émotions, qu'elle ne passe plus pour la jeune fille qui découvre l'univers et y apporte son humanité dans les pires situations même les plus négatives... non, maintenant en saison 2, Rose Tyler est plutôt la gamine capricieuse qui a eu la chance d'être dans le TARDIS et qui le prend pour acquis. Je grossis les traits car il y a des épisodes où elle est très bien. Et encore une fois, je n'ai rien contre cette évolution, qui est très joliment adressée par Jackie dans Army of Ghosts, quand elle lui dit qu'elle ne reconnaît plus sa fille... mais ça c'était l'épisode 12 ! Durant toute la majorité de la saison, j'aurais aimé avoir plus de nuances de ce type. En saison 1, on voyait déjà les mauvais traits de la personnalité de Rose, elle était déjà ennuyante avec Mickey, elle était déjà jalouse (de Lynda par exemple), mais puisqu'elle offrait beaucoup d'autres choses à côté, ces aspects ne semblaient pas dominer sa personnalité. Rose en saison 2 est toujours aussi attachante, et elle gagne en confiance, mais on perd ce côté si sensible qui faisait tout son charme et qui était pourtant - je le croyais - inscrit dans son personnage (rien que par son nom - fragile comme une Rose).
Forcément, si on associe dynamique de personnages statique et personnages en eux-mêmes attachants mais pas toujours montrés sous leur meilleur profil, et que l'on y ajoute un arc pas tip top ("Torchwood" étant beaucoup moins subtilement amené que Bad Wolf - c'est parfois mentionné deux fois par épisode - et moins mystérieux aussi), le fil rouge de la saison 2 n'est juste pas bon. La succession quasi-constante de loner est agaçante, il n'y a jamais aucune continuité hormis le départ de Mickey et son retour (une moitié de saison donc, au milieu tout est interchangeable). Pour que la continuité de la saison repose sur un personnage aussi médiocre (il faut voir la transition de Mickey entre School Reunion et The Girl in the Fireplace, elle est nulissime), c'est qu'il y a un problème.
Pour résumer tous mes problèmes avec cette saison 2 :
- Un Docteur limite trop puéril, ou qui ne possède pas assez de moments pour briller malgré Tennant qui pouvait pourtant faire "so much more !" (si vous avez capté la référence, bien joué).
- Une compagne qui perd l'un de ses principaux traits pour devenir parfois agaçante, même si paradoxalement elle est quasiment plus mise au centre que son Docteur dans la saison.
- Un arc qui n'en est pas un, ne laissant qu'une continuité branlante entre les épisodes
- Des standalones trop faibles (l'opener, le double sur les Cybermen, celui avec la télé qui bouffe les gens, celui avec la môme...)
On peut trouver de qualités à cette saison dans l'ensemble. Chaque point positif que je peux trouver ne résulte pas QUE de la performance d'un épisode individuel seulement. La relation Ten/Rose, j'ai beau objectivement trouvé les deux personnages un peu faibles, mon petit coeur de fan encore ébranlé par le premier visionnage de Doomsday ne peut s'empêcher des les aimer ! Ils sont charmants. La saison a aussi tenté de nouvelles choses (certains épisodes expérimentent des genres, comme The Girl in the Fireplace ou Love and Monsters, et la saison créé la notion de Christmas Special).
Oui mais voilà, il faut être réaliste, si le seul but de la saison après The Girl in the Fireplace est d'offrir une belle porte de sortie à Rose, il y avait beaucoup, beaucoup mieux à faire.
Mais au moins maintenant, la voie est libre pour que notre Docteur reprenne du pep's et s'affirme, en espérant que la saison 3 saura plus revenir à ce qui avait fait la très bonne qualité de la première saison : une compagne intéressante, une mythologie et un personnage principal complexes et une meilleure balance entre légèreté/kitsh et sérieux. Ce qu'elle réussira à peu près.
Moyenne de la Saison 2 - 13.85 (tout de même pas mal pour la "pire" saison d'un show)
Classement :
- The Girl in the Fireplace - 19
- Doomsday - 17
- The Satan Pit - 17
- School Reunion - 16
- The Impossible Planet - 16
- Tooth and Claw - 15
- Army of Ghosts - 14
- Love & Monsters - 13
- The Christmas Invasion - 13
- The Age of Steel - 12
- New Earth - 12
- The Idiot's Lantern - 11
- Rise of the Cybermen - 11
- Fear Her - 8
Avis sur les épisodes
Tour d’horizon de tous les personnages de Paradise et ce qu’ils ont fait pendant trois ans. C’est assez sympa, notamment de retrouver Hanze que j’adore, dans toute son excitation loufoque qui masque un certain talent stratégique mais aussi une fascination geek assez communicative sur toute la technologie de leur univers.
Cet épisode est presque entièrement un flashback, mais cela ne se ressent pas tellement on a l’impression de voir la continuité de la fin de saison 3. La plupart de nos questions sont répondues à ce stade, notamment qui sont Yelena, Onyankopon et les autres “Marleyiens” (en fait, ils n’en sont pas) qui viennent en aide à Paradis. Tout cela pour le plan de Zeke qui repose sur la maîtrise du titan royal d’Eren.
Le problème de l’épisode, c’est que le plan de Zeke… est encore un mystère. C’est clairement la plus grande inconnue car ça change absolument toute la posture de l’anime. Voir Livai qui coopère avec lui (certes, contre son gré) sans trop savoir pourquoi, c’est forcément bizarre.
Et il y a un peu de rétention d’informations agaçante, même si c’est logique que Zeke ne dévoile pas toutes ses cartes. En plus, c’est assez bizarre que l’anime nous montre qu’Eren se rappelle tout juste de comment il a activé son pouvoir en touchant la main de DIna Fritz, alors qu’il a eu la même scène en fin de saison 3 et qu’il avait délibérément gardé ça pour lui pour protéger Historia, ce qu’il rappelle ici. En fait, je ne comprends pas bien pourquoi l’anime répète deux fois la même scène, et je trouve ça un peu gros qu’Eren ait oublié ça.
L’épisode va quand même très vite, notamment à la fin où Dot Pixis garde Yelena, Onyankopon et tous les anti-Marleyiens captifs sous prétexte que ça va aider à contrôler Zeke. C’est un peu bizarre car, forcément, raconter 3 ans en 15 minutes, ce n’est pas évident.
Une sous-intrigue de l’épisode concerne Niccolo, un prisonnier Marleyien cuisinier qui a flirtouillé avec Sasha et qui semble vouloir connaître sa famille, ce qui est une petite éclaircie douce prouvant qu’une paix à petite échelle est possible et que la rancoeur de la guerre amenant plus de violence n’est pas la seule voie possible. Mikasa pense la même chose à grande échelle, en évoquant le fait que si le reste du monde les considère pour l’instant comme des démons, avec du temps, certains comme Yelena et les autres pourraient être convaincus du contraire.
Comme d’hab, l’anime reste impeccable sur ses symboles et parallèles à travers les arcs, comme le fait qu’Eren soulève les bateaux sous sa forme de titan Assaillant comme Eren Krueger avant lui, ou bien sûr, Annie qui réapparaît pour la première fois en guise de conscience à qui Armin se confie.
Enfin, j’aime beaucoup le montage de fin de l’épisode, qui alterne entre Mikasa, Armin et Eren, résumant leurs visions respectives de la meilleure démarche à suivre pour l’humanité, qui tourne autour de la trinité combattre/vivre/gagner : “Combattre ou mourir” pour Armin, car toute notion de victoire ou de défaite lui est inconnue, “Gagner pour vivre” pour Mikasa qui est la plus forte en combat mais qui n’en a que faire, et bien sûr, “La seule façon de gagner, c’est de combattre” pour Eren, dont la vie passe au second plan.
Un épisode de transition entre l’arc Marley et l’ultime arc de la série “War for Paradise”, même s’il semble plutôt annoncer une période de redescente.
Aïe aïe aïe, c’est terrible. C’est probablement le pire épisode de l’anime à ce stade.
Clairement, le studio a été pressé par le temps. S’ils avaient fait remarquablement bien illusion, c’est la catastrophe ici.
Ça démarre par cette atroce, ATROCE scène avec la famille Azumabito qui est introduite n’importe comment, qui a connaissance de l’existence de Mikasa, et où l’anime fait un retcon avec cette histoire d’emblème tatoué sur le bras de Mikasa.
C’est N.I.M.P.O.R.T.E. Q.U.O.I. C’est horrible car en saison 1, durant le flashback de Mikasa, ce que sa mère lui transmet en guise d’héritage familial est un symbole de broderie. La série avait volontairement choisi de s’écarter du manga, trouvant sans doute que l’histoire du tatouage était peu pertinente ou trop clichée. Un bon choix à mon sens. 4 saisons plus tard, pas le temps de faire attention aux détails : on adapte le manga bêtement, sans faire attention aux raccords avec l’anime. Vraiment, c’est la PREMIÈRE fois que l’anime, qui avait jusqu’à là fait un sans faute, fait un tel faux pas. Ça peut paraître anodin mais c’est vraiment lunaire comment cette scène n’a pas sa place dans l’anime.
En plus, ça rend Mikasa doublement spécial (elle qui l’était déjà avec son statut de Ackerman), ce qui n’était selon moi pas nécessaire. Historia a un bref dialogue pour se rapprocher de Mikasa en faisant la remarque qu’elle est contente de ne pas être la seule à avoir un fardeau familial, mais pareil, ça aurait pu faire l’objet de tellement plus d’approfondissement.
Il y avait pourtant des idées intéressantes à évoquer aussi ouvertement la mixité des populations à l’intérieur du mur (ou plutôt, la non-mixité), mais c’est très mal fait. Le fait qu’on ait des flashbacks sur une rencontre entre Zeke et la cheffe Azumabito pour réitérer que l’intérêt de l’île de Paradis réside dans une ressource rare, ce qu’on savait déjà, c’est vraiment du remplissage et de la complexification inutile alors que l’anime a bien d’autres sujets sur le feu.
En prime, difficile de voir en quoi tout cela explique pourquoi la cheffe Azumabito était gentille avec l’Eldien Udo lors de la soirée de la déclaration de guerre. Juste par sympathie Eldien ? Mais si elle suivait les plans de Zeke, il me semble que les Eldiens guerriers de Mahr ne sont vraiment pas mis au même niveau que ceux de l’île. A nouveau, tout cela serait plus clair si on savait ce que Zeke traficotait.
À ce stade, l’anime se tire une balle dans le pied en refusant d’explorer le personnage de Zeke. Être dans l’inconnu vis à vis de son plan ou de sa relation avec Eren, alors qu’il est évident qu’ils ont quelque chose en tête, créé une distance entre le spectateur et le récit, probablement censé représenter la distance entre Eren et ses amis. Sauf que c’est vraiment terriblement mal exécuté. La chronologie des événements devient presque inutilement dure à suivre, comme dans les pires heures de la saison 3A.
Le reste de l’épisode est tout aussi maladroit. Toute la diplomatie avec l’extérieur du monde est vraiment très légère et grossière. Si l’idée d’un personnage comme Yelena est assez intéressante, c’est vraiment raconté de façon décousue et expéditive. L’anime fait un speedrun assez hallucinant, comme si on feuilletait rapidement les pages d’un livre d’histoire des années dans le futur. Nos personnages devraient être incapables d’appréhender le monde extérieur, et ils avouent même ne pas être trop sûr de ce que constitue une “nation”, mais encore une fois cette idée est survolée et tout semble très facile.
Le fait qu’Historia soit désormais enceinte et que des personnages tierces évoque qui est son amoureux est aussi un exemple de travail totalement bâclé de l’anime, qui aurait pu largement développer cela dans une scène dédiée.
Ce genre de développement de personnages est complètement dilué dans cet épisode. Hanze par exemple, est vraiment challengée sur tous les bords par son rôle ô combien pesant de cheffe du bataillon d’exploration. Le moment où elle considère qu’Erwin a fait une erreur en la nommant à sa suite, est assez touchant, mais il ne prend pas parce qu’Hanze est vraiment baladé de timeline en timeline, de rencontres en rencontres au cours de cet épisode, sans vraie ancre ou repère pour le spectateur. On ne sait plus vraiment ce qu’elle pense, à part quand on a accès à ses pensées directes (comme sa réflexion disant qu’elle n’est pas à l’aise avec le fait de laisser le fardeau de la décision aux prochaines générations). Ses dialogues avec Eren dans la cellule par exemple, sont extrêmement peu cohérents et pas agréables à suivre.
Juste après, on retrouve les mêmes personnages un an plus tard (mais un an plus tôt du coup)(ça va, vous suivez ? moi bof) où cette fois, Eren est encore plein d’espoir et n’a pas envie de recourir au grand terrassement, où la famille orientale a donné une réponse négative, bref, c’est un joyeux bordel. S’en suit une séquence particulièrement moche à bord du train, où les personnages évoquent avec embarras leur attachement mutuel les uns pour les autres, au point où aucun d’entre eux ne devrait recevoir de titans, une condamnation à mort. C’est vite fait touchant, mais l’anime joue vraiment sur plein de tableaux et bascule à une vitesse déconcertante entre les époques et les groupes de personnages, sans vraie cohérence. On dirait qu’il a vite envie de revenir à la bagarre, et sacrifie sa cohérence au passage. D’ailleurs, les personnages se font des remarques visiblement motivées par l’auteur qui veut rappeler des choses au spectateur (exemple : Jean qui dit à Mikasa “eh on ne sait toujours pas trop c’est quoi le deal avec les Ackerman, tu es encore trop importante pour la suite”), ce qui vient complètement déshumaniser le développement.
Il y a aussi ce passage anodin où Livai remarque que tous les personnages ont grandi et sont désormais bien plus grand en taille. Livai est en effet très petit car il a grandi dans la ville souterraine et était mal nourri. Ce qui aurait pu être un angle de développement à nouveau intéressant (la relation entre Livai et son bataillon ayant été très peu développée jusqu’à maintenant), n’est plus qu’une réplique perdue, que je peux à peine critiquer car au moins elle est cohérente avec l’univers.
Il faut noter enfin, à quel point le dessin devient péniblement moche pour un anime sorti en 2020. Les traits des personnages deviennent bâclés, mention spéciale au crâne du chef Pixis qui semble désormais faire deux fois sa taille normale. Il y a aussi des mâchoires qui bougent sur un plan et pas l'autre. Et au-delà de ça, ce n’est plus de l’animation. Les plans sont fixes et des successions de slideshows. On sent que, comme ce n'est pas un épisode "important" ou riche en action, ils ont dû passer moins de temps/taff dessus, d’où les traits bâclés, moins personnels, les couleurs délavées. Thématiquement ça marche bien pour Eren qui a beaucoup changé psychologiquement, Armin à la limite, mais les autres…
Dans le fond comme dans la forme, très gênant. L’anime sait où il va, c’est sûr, mais c’est bien le seul, et il condense/sacrifie ici plusieurs chapitres autour de la diplomatie et du questionnement des actions de nos héros, qui auraient pu être bien plus réussies.
C’est difficile, cet arc, tout de même. Cet épisode a de bien meilleures choses que le précédent, mais le montage est toujours trop musclé et décousu.
Par exemple, il y a des scènes éparpillées random à Mahr où Reiner et les autres apprennent que Zeke les a trahi, acceptent ce fait, ne le questionnent pas, discutent des possibilités de contre-attaque, prennent des décisions. Le tout en l’espace de 50 secondes.
Il y a aussi une scène entre Zachary et Kiyomi Azumabito qui sont finalement encore alliés (je crois que je n’ai donc rien compris à l’épisode précédent ? leurs relations n’étaient-elles pas endommagées suite au refus de la famille Azumabito de les aider ?), avant que Kiyomi explique qu’ils ont une nouvelle invention géniale pour les aider (l’équivalent d’un hydravion). C’est genre le fusil de Tchekov le plus mal caché de l’histoire.
Il y a, enfin, quelques scènes où Hanze se confronte au peuple, puis à Floch et à des figurants soldats dissidents qui soutiennent Eren et se font enfermer, puis enfin à un personnage méga ultra secondaire qui avait subi leur coup d’état en saison 3. Tout est à nouveau en méga speedrun. Il n’est pourtant pas dur de voir comment redécouper cet épisode et le précédent pour former deux tout cohérents : un premier épisode sur les difficultés d’Hanze à gérer le commandement d’une armée qui fait face à des conflits internationaux pour la première fois de son existence ; un second épisode sur la diplomatie avec ces nations en question.
Au lieu d’effectuer un vrai travail de narration ou d’adaptation, l’anime fonce et ne réussit donc rien : ni à vraiment nous rendre Hanze plus intéressante qu’elle ne l’était déjà, ni à rendre la diplomatie intéressante tout court.
Il y a aussi un passage avec Dot Pixis et Yelena, une pseudo-trahison de Floch, une jeune recrue qui admire Mikasa car elle l’avait sauvé il y a quatre ans dans l’arc de la bataille de Trost, etc. Franchement, il y a trop de choses dans tous les sens, et même si on sait que tout est cohérent, on ne le ressent pas.
Pourtant, l’épisode fonctionne mieux que le précédent et reste assez appréciable car il a une intrigue qui prend le plus de place qui est plutôt très réussie : celle de Gabi, Falco et Kaya.
Voilà une vraie bonne idée de confronter les points de vue de ces deux orphelines de guerre, avec en plus un lien avec Sasha assez touchant. Certes, c’est un peu une coïncidence facile, mais ça a toujours été un peu le cas avec plusieurs révélations de la série. Cela donne tout de même un intérêt rétroactif au très bon épisode de Sasha en saison 2 où elle sauvait cette petite fille avec juste son courage et une hache. Encore une fois, la continuité de l’anime est vraiment impeccable, et les coïncidences ne sont pas gênantes dans la mesure où ce cycle d’effet papillon de l’anime fait partie intégrante de leur univers. De plus, contrairement aux autres références un peu vaines de la série (comme la fille sauvée par Mikasa - un parallèle intéressant qui aurait mérité plus de développement pour justement donner à l’épisode une cohérence thématique), toutes les scènes avec Kaya marchent car l’anime prend le temps de nous faire comprendre tous les enjeux émotionnels, et d’en montrer les conséquences sur les personnages.
On voit venir en effet tout le conflit : que Gabi change d’avis et prenne petit à petit plus la position neutre de Falco, de Kaya, et probablement de beaucoup de jeunes qui veulent changer les choses. J'aimerais beaucoup que Gabi mûrisse un peu plus vite qu’elle ne le fait, mais vu comment elle semble être un personnage principal désormais, j’imagine qu’il y a encore le temps.
Malgré tout, rien qu’avoir des personnages qui se posent et discutent de la situation, ça fait vachement plaisir car c’est tout ce que l’anime n’avait jamais eu le temps de faire depuis le début, puisque les titans accaparaient (à raison) l’attention de nos héros.
Pour citer toutefois encore un autre bémol, c'est quand même toujours vraiment off dans le design. Ils essayent à tout prix de gratter des économies partout, notamment sur les bouches. Le calcul est simple : plus les plans sont statiques, plus ils économisent de l’argent. C’est une règle exponentielle en animation. Donc, ils évitent au plus possible de montrer les bouches des personnages quand ils parlent, pour ne pas avoir à les animer. Ce qui donne beaucoup de plans (notamment avec Hanze) où les têtes sont juste coupées, alors que ça n’a aucun sens dans le récit.
De plus, certaines séquences sont juste hideuses. Le débat final entre Gabi et Kaya, c’est deux prototypes de dessin avec des traits de plus en plus noirs pour montrer la pression de la conversation et la fermeté des visages, c’est vraiment très disgracieux.
En soi je m'en fiche un peu, je préfère une bonne histoire et je pense que ça indique qu'ils gardent des sous pour les combats à venir. Mais ça commence à trop se voir, et il ne faudrait pas que la phase “fauchée” dure plus longtemps.
Bref, je ne suis pas du tout rassuré pour l’arc, car une bonne séquence suffit certes à détacher un épisode, mais pas à corriger tous les problèmes du moment. Au moins, l’anime a pris son temps cette fois-ci, à un moment anodin mais pourtant critique, qui fait le pont entre la saison 2, la mort récente de Sasha, tout le conflit à venir, et probablement la morale de l'oeuvre sur la passation de causes plus grandes que les individus.
Patatra bis. Le précédent épisode n’était qu’une éclaircie.
C’est bâclé et moche. Il y a encore moins de mouvement dans l’animation qu’avant. Le contexte politique est flou de ouf.
Ce speedrun est en train de massacrer le dernier arc d’un anime excellent. Quel dommage.
Pour parler de l’épisode, ça démarre avec une scène avec Hitch (qu’on a du mal à reconnaître vu qu’ils ne peuvent même pas dessiner son trait caractéristique, ses cheveux, correctement) très balek, à part qu'on comprend que la série évite de nous donner trop de réponses en empêchant artificiellement Armin de toucher Annie.
Ensuite, on s’attache à expliquer (avec un flashback qui s’intègre, euh, quelque part, j’ai un peu arrêté d’essayer de remettre tout en ordre) le rôle extrêmement tarabiscoté de Yelena dans le contre-plan Jaeger du vrai plan Jaeger lui-même motivé par le plan Zeke+Eren. Un rôle caché de Yelena, qu’on nous a présenté il y a deux épisodes, qu’on connaît à peine, et que même ses potes comme Onyankopon n’avaient pas connaissance… mais bordel était-ce nécessaire de compliquer autant la narration de cette révolte intra-bataillon ?
L’idée d’une telle rebellion a pourtant du sens. Ils sont vraiment en train de retourner le patriotisme de l’anime, le symbole “sasageyo”, comme un appel à une guerre voire à un génocide, bref, de remettre en question l’aspect très militant de l’anime. C’est une idée puissante et la bonne voie pour sortir de la dynamique “héros vs. méchants” de l’anime.
Mais c’est fait tellement n’importe comment. La façon dont Zachary meurt par exemple, avec cette accentuation énorme de la chaise piégée remarquée par Mikasa et Armin, c’est si mal écrit. Le personnage de Zachary méritait tellement plus. Comparer son épisode en saison 1 où il est central avec ses dernières apparitions où il est plus important mais pourtant n’a jamais vraiment le focus, quel gâchis. L’anime n’arrive pas à donner de la cohérence entre son ancien monde et son nouveau, en tout cas pas en aussi peu de temps.
Ensuite, suite à ce terrorisme naissant, l’épisode passe presque autant de temps à montrer que les militaires trouvent un nom au groupe des Jaegerists, qu’à effectivement les développer.
Enfin, comme par hasard (ça fait beaucoup de fois dans l’arc), le régiment va aller interroger le cuisinier Niccolo, qui aimait bien Sasha. Jusqu’ici rien d’illogique, ils semblent mieux le connaître que d’autre, mais il s’avère que c’est aussi le cuisinier du restaurant… où se rendent la famille Braus avec Gabi et Falco. Comme c’est pratique.
L’ultime plan final (clignez des yeux et vous le manquerez) montrant Pieck infiltrée à l’île de Paradis, vient teaser sans doute la suite des affrontements, qui n’auront lieu que dans quelques épisodes j’imagine, le temps que le contexte douloureusement mis en place soit enfin clair pour tous les personnages.
