Avis sur les séries
Avis sur les saisons
Une très bonne saison ! Sans doute la meilleure de Tennant, du moins celle qui aligne les meilleurs épisodes sans aucun doute.
La nouvelle compagne, Donna, est vraiment exceptionnelle, que ce soit son caractère, l’actrice, son duo avec le Docteur, tout. L’alchimie des deux porte vraiment tous les épisodes (et en sauve même certains).
L’image ne fait que s’améliorer, on voit que la série a eu plus de moyens. En conséquence, la saison est aussi moins avare en science-fiction, avec beaucoup plus de planètes et d’autres mondes. C'est sans doute encore aujourd'hui une des saisons les plus diverses, colorées, intéressantes à explorer.
La seconde partie est vraiment une des meilleures du show et enchaîne 6 épisodes fantastiques.
Les spéciaux sont plus en demi-teinte, les épisodes de Noël sont tous assez mauvais (et cette "saison + spéciaux" en compte 3, de 2007 à 2009), mais les deux différents finaux que Ten a eu, à savoir Journey's End (la fin de la saison 4 elle-même et la fin de l'ère du Dixième Docteur) et The End of Time 2 (pour le personnage de Ten en lui-même), sont tous les deux dans la même veine : bourrés de qualités malgré quelques faux-pas, ils font tout le charme de la saison et lui donnent son importance, mais montrent aussi ses limites.
La beauté de la saison, c'est que TOUS les épisodes contiennent au moins 2 ou 3 petites références étranges qui trouveront finalement leur explication sur la fin. Entre les multiples retours de personnages, de monstres et de lieux, la saison possède l'une des meilleures continuités du show et approfondit beaucoup la mythologie.
Bref, entre Donna, le fanservice, la conclusion de l'ère du Dizième Docteur et les scénarios globalement de haute volée, c’est du très bon Doctor Who !
Mon classement :
- Forest of the Dead - 18
- Silence in Library - 18
- The Waters of Mars - 18
- Turn Left - 17
- Midnight - 17
- The Stolen Earth - 17
- Journey's End - 16
- The End of Time Part Two - 16
- The Fires of Pompeii - 16
- Partners in Crime - 16
- Planet of the Ood - 15
- The Unicorn and the Wasp - 14
- The Doctor's Daughter - 14
- Planet of the Dead - 13
- The End of Time Part One - 10
- The Next Doctor - 9
- Voyage of the Damned - 9
- The Sontaran Stratagem - 9
- The Poison Sky - 8
"La saison 1, c'est un peu le brouillon de la série : le docteur et sa compagne, qui voyagent à travers l'espace, un mélange d'ambiances, d'époques, de genres et d'émotions. Il faudra attendre quelques années pour un peu plus de folie et de maturité."
Voilà l'avis que j'avais écrit il y a quelques années à propos de la série. Mon avis a depuis pas mal changé.
Cette saison 1 n'est pas que le "brouillon" de la nouvelle série, elle est aussi son socle et son modèle qui finalement a inspiré énormément la suite. Un acteur méconnu du grand public mais à la très bonne réputation dans le milieu, une actrice au contraire très mainstream pour attirer les téléspectateurs, une continuité avec l'ancienne série donnant l'impression d'entrer dans un monde au background immense mais aux possibilités encore plus grandes... Cette saison 1 a brillé dans beaucoup d'aspects, et sans elle, le show n'aurait jamais fonctionné et grandi pour être le show que l'on connait maintenant.
Et elle n'est pas qu'une saison servant de base où l'on "pardonne ses défauts car c'était la première", comme bien des œuvres surestimées sous prétexte de nostalgie, non non. Elle a aussi de très nombreuses qualités en soi. Aucun épisode ne brille particulièrement ni est au-dessus des autres, mais le niveau général est plutôt bon. Les histoires sont variées, différentes dans les tons, et la dynamique entre le Neuvième Docteur et Rose Tyler reste à ce jour l'une des meilleures.
Une chose qui explique selon moi le fait que la saison soit aussi réussie, c'est que Russel T. Davies avait convaincu la BBC de lui laisser reprendre le show afin que cette saison devienne le retour triomphant d'une légende, certes, mais à la base le show a également été conçu pour raconter une histoire avec un début et une fin, dans l'optique d'une annulation... Autrement dit en plus de voir plus large, elle raconte tout de même une histoire d'un point A à un point B et possède un vrai développement et une conclusion. C'est ce qui rend les personnages de Rose et du Docteur si attachants. La grande force de la saison 1 c'est le fait de les voir évoluer ensemble depuis le pilot jusqu'au season-finale. Toute la saison repose sur la spontanéité de Rose qui se mêle au monde à la fois tourmenté et merveilleux du Docteur, permettant à ces deux personnages de s'aider mutuellement à devenir de meilleures personnes. Très peu d'épisodes ne servent aucun propos dans la trame, ce qui donne cette atmosphère générale de confiance et de maîtrise dans toute l'histoire.
C'est cette réussite d'avoir réussi à réintroduire doucement mais sûrement toutes les bases pré-existantes d'une série culte, tout en y ajoutant des touches modernes dans les personnages et d'avoir réussi à écrire et boucler une histoire complète en 13 épisodes seulement, sans pour autant nuire de quelconque façon à une potentielle suite, qui fait de cette première saison une vraie réussite.
Et la suite nous réserve encore les meilleures choses !
Une citation pour résumer la saison :
You could stay here, fill your life with work and food and sleep, or you could go anywhere.
Moyenne de la saison 1 : 14.46
Classement :
- The Empty Child - 17
- The Doctor Dances - 17
- Dalek - 17
- The Parting of the Ways - 16
- Father's Day - 16
- The Long Game - 15
- The End of the World - 15
- The Unquiet Dead - 15
- Bad Wolf - 14
- Rose - 13
- Boom Town - 13
- World War Three - 11
- Aliens of London - 9
Le diptyque de Steven Moffat se place dans le haut du classement, clairement l'épisode le plus moderne et mémorable de la saison, même si finalement il ne représente pas vraiment cette dernière, avec son aspect très romantique, absurde et horrifique. Il est accompagné par le très bon one-shot de Robert Sherman, Dalek, qui complète le podium. Le series-finale et Father's Day complète les "16/20" et pour le coup représentent, eux, très bien cette première saison.
The Long Game a longtemps été un vilain petit canard pour ma part mais son commentaire "politique" sur l'humanité du futur, un gros gros thème de la saison qui se retrouve d'ailleurs dans The End of the World, donne vraiment des thèmes directeurs à cette saison 1. Ces deux épisodes sont très bons et dans le haut niveau de la saison. The Unquiet Dead est vraiment un historical sympa à mes yeux et est un nouvel exemple d'épisode qui s'inscrit très bien dans la saison, servant plusieurs rôles et dans lequel Rose et Nine brillent.
Bad Wolf est une première partie de finale perfectible mais très fun, tout comme Rose, un pilote encore plus perfectible et kitch mais très efficace.
Ne reste donc que le trio des épisodes Slitheen, lourdement en fin de classement. Boom Town ne s'en sort pas trop mal. A noter surtout deux ratés dans la saison : les deux parties de l'attaque des Slitheens à Downing Street. Aliens of London, est un pas en arrière après les trois premiers épisodes de la saison, mais est heureusement rattrapé par une deuxième partie plus réussie, mais pas fameuse non plus au contraire. Ils témoignent de l'aspect cheap souvent reproché à cette saison et à raison, et sont beaucoup plus lents et mal écrits que le reste.
Malheureusement l'une des plus mauvaises saisons du show, bien qu'elle reste suffisamment décente pour qu'on n'ait aucun mal à imaginer une saison moins réussie si cela devait se produire un jour - pour l'instant après 9 saisons, cela n'a toujours pas été le cas, espérons que cela continue.
EDIT de 2019 : lolilol la saison 11 existe donc oubliez, la 2 n'est clairement pas
La grande cause de cette saison 2 plus molassonne c'est que la qualité des standalones n'est pas au rendez-vous. Au cours de mon revisionnage, il n'y a pour ainsi dire qu'UN seul épisode que j'ai un peu plus aimé davantage que le précédent visionnage : School Reunion. TOUS les autres épisodes m'ont apparu comme, parfois, identiques, mais le plus souvent, moins bien que dans mes souvenirs par rapport aux autres saisons (la saison 1 comprise). Mis à part le season-finale, le two-parter du diable, School Reunion donc et ce petit bijou de The Girl in the Fireplace, le reste de la saison est souvent juste "pas mal".
J'aborde toujours chaque saison avec deux angles : la qualité intrinsèque de chaque histoire, grosso modo que l'on peut résumer comme étant la "qualité des standalones", ainsi que fil rouge, que ce soit un arc, une intrigue mystérieuse, l'évolution des personnages ou l'agencement et l'ambiance générale, bref l'objet de la saison. Le fond compte autant que la forme en somme.
J'en ai un peu parlé dans mon avis sur Army of Ghosts, mais Ten convaint moins que Nine en tant que Docteur. Je n'ai absolument rien contre Tennant, il est pour le moment bien dans le rôle, sauf qu'il n'a malheureusement pas encore eu beaucoup de palettes d'émotion à démontrer car l'écriture ne lui rend souvent que peu honneur (cela dépend des épisodes en fait, on en revient à la qualité des standalones, cette dernière ayant un rôle à jouer dans mon appréciation du fil rouge, ces deux blocs ne sont pas distincts). Pas de fausse note particulière pour Tennant donc, mais pas de réel moment emblématique non plus.
Le principal problème, c'est que la transition par Rose est très mal gérée. Elle est trop rapidement balayée dans The Christmas Invasion, ce qui laisse juste une saison où l'on est censé voir deux meilleurs amis vivre les meilleures des aventures possibles... et c'est tout ! Ce que la saison 1 avait soigneusement construit : un Docteur moralement complexe, une compagne humaine et attachante à ses côtés, une relation avec un apport mutuel, un point A et un point B... toute la saison 2 ne fait pas vraiment bouger les choses.
Le pitch est surtout : "donnons à Ten et à Rose une romance naissante", c'est assez bien fait mais ça donne une saison sans grand dynamisme.
A part ça le personnage du Doc n'est pas archi intéressant et se dévoile peu, puisqu'il est "humanisé" à l'extrême par Rose. Sauf rares exceptions (School Reunion par le biais de Sarah Jane Smith et de l'écriture de Toby Withouse qui lui rend honneur même face à des scènes triviales comme face aux Krilitaines, et The Satan Pit dans son échange face au Diable et sa croyance sur le temps), le Dixième Docteur n'est pas un Seigneur du Temps de 900 ans qui a fait une Guerre du Temps. Non, le Dixième Docteur est un alien qui a pour meilleure amie une londonnienne et qui a pris goût à la vie humaine. Pour de vrai. On ne retrouve pas le personnage du Docteur dans son ensemble mais seulement par certains endroits, c'est ce qui me gêne avec cette incarnation. Tous les autres Docteurs sont souvent impliqués et posent leur marque, ce qui créé bien sûr des aspects que l'on aime pas, mais Ten est juste... normal ? La saison s'occupe juste de lui trouver des aventures et du bon temps et ce n'est pas l'approche que je préfère chez Doctor Who.
Le Neuvième Docteur avait un égo surdimensionné concernant son importance par rapport à celles des autres races, le Dixième Docteur est à l'inverse le plus proche possible des humains qu'on pourrait l'être. Le contraste est intéressant, et donne lieu à de très belles choses, notamment son émerveillement face à l'humanité et aux agissements des humains (un thème que l'on retrouve même dans The Age of Steel ou The Impossible Planet, ce genre de petits détails très sympathiques). Je n'ai rien contre un Docteur plus "humain", "charmeur", "drôle" et finalement, plus à même à parler à l'audience mainstream, et je trouve le contexte intéressant car cela permettra une descente aux enfers progressive (dans les saisons suivantes). Le problème est que vu que la descente aux enfers ne peut commencer QUE à partir du départ de Rose, c'est-à-dire dans le dernier épisode de la saison, on a donc toute une saison avec un Docteur qui ne bouge pas d'un pouce.
Il aurait été beaucoup plus judicieux d'intégrer des nuances plus subtiles à son personnage plus souvent. Comme je l'ai dit c'est tout de même en grande partie lié à la faible qualité des loners, il suffit de voir The Idiot's Lantern, Fear Her, Love and Monsters ou même New Earth et le two-parter Cyberman pour voir que le Docteur n'est pas à son meilleur jour. Sur une saison de 14 épisodes en incluant le Noël, c'est beaucoup.
Ce n'est pas la seule chose pour laquelle la saison a pris un tournant opposé à la une. Il n'y a pas de mention de la Time War avant très longtemps, une mythologie très peu poussée, un Docteur très peu intéressant d'un point de vue de son passé... mais aussi une Rose beaucoup plus controversée, à raison.
Si je n'ai aucun mal à dire que la relation Nine/Rose est l'une des meilleures du show, Rose Tyler dans la saison 2 est parfois agaçante sur les bords. Dans le Noël, sa réaction avec le Docteur est un peu disproportionnée. Dans la saison elle est hyper dure avec Mickey ou sa mère sans raison valable, parfois jalouse à l'extrême.
Elle n'a pas que de mauvais aspects cela dit, j'aime beaucoup l'assurance dont elle fait preuve dans certains épisodes comme Tooth and Claw, The Idiot's Lantern, Fear Her ou The Satan Pit, où elle n'hésite pas à prendre la situation en main. Mais où est la Rose Tyler qui était prête à se mettre entre un Dalek et le Docteur pour affirmer son opinion ? Où est la Rose Tyler qui a ouvert le coeur du TARDIS pour sauver le Docteur ? Où est la Rose Tyler qui a brisé toutes les lois du temps pour sauver son père ?
Oui, l'aspect téméraire est toujours là, mais il y a bien un facteur qui manque : le cœur, l'affection, l'humanité, la sensibilité de Rose de la saison 1.
En même temps, avec un Docteur aussi bon-copain, ce n'est pas étonnant. Il déborde tellement d'amour, de joie et d'émotions, qu'elle ne passe plus pour la jeune fille qui découvre l'univers et y apporte son humanité dans les pires situations même les plus négatives... non, maintenant en saison 2, Rose Tyler est plutôt la gamine capricieuse qui a eu la chance d'être dans le TARDIS et qui le prend pour acquis. Je grossis les traits car il y a des épisodes où elle est très bien. Et encore une fois, je n'ai rien contre cette évolution, qui est très joliment adressée par Jackie dans Army of Ghosts, quand elle lui dit qu'elle ne reconnaît plus sa fille... mais ça c'était l'épisode 12 ! Durant toute la majorité de la saison, j'aurais aimé avoir plus de nuances de ce type. En saison 1, on voyait déjà les mauvais traits de la personnalité de Rose, elle était déjà ennuyante avec Mickey, elle était déjà jalouse (de Lynda par exemple), mais puisqu'elle offrait beaucoup d'autres choses à côté, ces aspects ne semblaient pas dominer sa personnalité. Rose en saison 2 est toujours aussi attachante, et elle gagne en confiance, mais on perd ce côté si sensible qui faisait tout son charme et qui était pourtant - je le croyais - inscrit dans son personnage (rien que par son nom - fragile comme une Rose).
Forcément, si on associe dynamique de personnages statique et personnages en eux-mêmes attachants mais pas toujours montrés sous leur meilleur profil, et que l'on y ajoute un arc pas tip top ("Torchwood" étant beaucoup moins subtilement amené que Bad Wolf - c'est parfois mentionné deux fois par épisode - et moins mystérieux aussi), le fil rouge de la saison 2 n'est juste pas bon. La succession quasi-constante de loner est agaçante, il n'y a jamais aucune continuité hormis le départ de Mickey et son retour (une moitié de saison donc, au milieu tout est interchangeable). Pour que la continuité de la saison repose sur un personnage aussi médiocre (il faut voir la transition de Mickey entre School Reunion et The Girl in the Fireplace, elle est nulissime), c'est qu'il y a un problème.
Pour résumer tous mes problèmes avec cette saison 2 :
- Un Docteur limite trop puéril, ou qui ne possède pas assez de moments pour briller malgré Tennant qui pouvait pourtant faire "so much more !" (si vous avez capté la référence, bien joué).
- Une compagne qui perd l'un de ses principaux traits pour devenir parfois agaçante, même si paradoxalement elle est quasiment plus mise au centre que son Docteur dans la saison.
- Un arc qui n'en est pas un, ne laissant qu'une continuité branlante entre les épisodes
- Des standalones trop faibles (l'opener, le double sur les Cybermen, celui avec la télé qui bouffe les gens, celui avec la môme...)
On peut trouver de qualités à cette saison dans l'ensemble. Chaque point positif que je peux trouver ne résulte pas QUE de la performance d'un épisode individuel seulement. La relation Ten/Rose, j'ai beau objectivement trouvé les deux personnages un peu faibles, mon petit coeur de fan encore ébranlé par le premier visionnage de Doomsday ne peut s'empêcher des les aimer ! Ils sont charmants. La saison a aussi tenté de nouvelles choses (certains épisodes expérimentent des genres, comme The Girl in the Fireplace ou Love and Monsters, et la saison créé la notion de Christmas Special).
Oui mais voilà, il faut être réaliste, si le seul but de la saison après The Girl in the Fireplace est d'offrir une belle porte de sortie à Rose, il y avait beaucoup, beaucoup mieux à faire.
Mais au moins maintenant, la voie est libre pour que notre Docteur reprenne du pep's et s'affirme, en espérant que la saison 3 saura plus revenir à ce qui avait fait la très bonne qualité de la première saison : une compagne intéressante, une mythologie et un personnage principal complexes et une meilleure balance entre légèreté/kitsh et sérieux. Ce qu'elle réussira à peu près.
Moyenne de la Saison 2 - 13.85 (tout de même pas mal pour la "pire" saison d'un show)
Classement :
- The Girl in the Fireplace - 19
- Doomsday - 17
- The Satan Pit - 17
- School Reunion - 16
- The Impossible Planet - 16
- Tooth and Claw - 15
- Army of Ghosts - 14
- Love & Monsters - 13
- The Christmas Invasion - 13
- The Age of Steel - 12
- New Earth - 12
- The Idiot's Lantern - 11
- Rise of the Cybermen - 11
- Fear Her - 8
Avis sur les épisodes
L’intrigue du Docteur continue de porter le serial : c’est rare de le voir solo, et ici, entre son arrivée à Paris avec de vrais figurants et de vraies rues (ça fait du bien des décors un peu crédibles), ou son changement de costume assez cocasse, il assure plus ou moins le show. Hartnell excèle dans ce décalage comico-sérieux.
Le reste varie du non-remarquable au mauvais, avec des dialogues très moyens :
LEMAITRE: I hope for your sake that they're satisfactory. Otherwise, instead of being jailer here, you could find yourself a prisoner.
Les péripéties de Ian qui s’échappe de la prison sont longues et un peu nazes niveau mise en scène. Quant à Susan et Barbara, la petite fille du Docteur reste une vraie bonne à rien avec ici un mal de dos et de tête au pire moment, ne laissant au scénario que la possibilité d’une rescousse par des rebelles monarques pour libérer Susan et Barbara.
C’est très facile, même si au moins, avoir de nouveaux personnages fait du bien, et donne un peu de contexte en mentionnant Robespierre et en liant l’intrigue avec ce que sait Ian (même si franchement, le monde est petit, comme on dit).
Le pseudo début de romance (ou de drague à sens quasi unique) qui débute avec Barbara ne m’enchante guère, car le rythme lent du serial n’appelait pas à plus de remplissage, et je trouve qu’on n’exploite pas très bien le contexte pour le moment, mais attendons de voir ce que la suite nous réserve, maintenant que tous nos personnages ne sont plus aussi restreints dans leurs mouvements…
La note ne tient plus que pour Hartnell.
Il y a un semblant d’exploitation de contexte historique au début de l’épisode, lorsque One est face à Robespierre qui se demande quel héritage il laissera, avec une certaine paranoïa…
Autrement cela reste la partie probablement la plus faible. Susan qui tombe malade, c’est vachement nul et qu’est-ce que ça vient faire dans une histoire sur les conséquences de la Révolution française ? C’est un sacré manque d’imagination et d’idées pour une période pourtant très riche. Les filles passent donc du temps à aller chez le médecin pour se faire suspecter, ce qui est une avancée très artificielle. J’ai compris que le serial n’avait plus rien à dire quand elles se font RE-capturer à la fin de l’épisode… quelle horreur.
Mais même avant ça, l’épisode souffre de son écriture très médiocre et de son rythme mauvais : Ian retrouve ainsi le groupe principal, enfin ! - l’acteur étant revenu de vacances. Mais les retrouvailles portent peu d’émotion, les personnages ont immédiatement le confort chez les rebelles, ça manque de conflits entre personnages tout ça.
Le spectateur a inévitablement du mal à s’impliquer quand la seule chose faisant avancer l’intrigue, à part la séparation artificielle des personnages, ce sont les derniers mots du compagnon de cellule de Ian - qu’on ne connaissait pas - et qui, comme par hasard, a un lien avec les personnages secondaires du jour. Léon = James Stirling sauf qu’en fait c’est un piège, on s’en fout et c’est vachement prévisible.
Pour le mauvais rythme, je citerais en exemple le cliff de l’épisode précédent portant sur la bague du Docteur, cliff censé trahir sa couverture, qui ne revient qu’au milieu de cette partie… ce qui démontre le remplissage de l’épisode et sa mauvaise construction.
C’est un épisode perdu et même s’il a été animé, la reconstitution et l’animation ne peuvent rendre totalement hommage au bon jeu de William Hartnell, qui sauvait la partie précédente : son côté manipulateur et orateur ressort quand même un peu, mais sans prise de caméra, c’est plus compliqué de lui donner vie.
LEMAITRE: He will be staying at least until tomorrow night.
DOCTOR: Definitely no longer.
A moins de développer sérieusement la partie anglais + résistants français VS tyrans révolutionnaires, pour au moins faire quelque chose d’utile du contexte au lieu de tergiverser sur d’énièmes séparations/retrouvailles de la team TARDIS, je ne vois pas ce qui peut aider le serial à ce stade.
LEMAITRE: If that order is disobeyed, I'll have you guillotined!
L’épisode s’ouvre par beaucoup de discussion sur la délivrance ou non des personnages, avec un geôlier qui fait toujours confiance au Docteur à ce stade, ce qui n’a aucun sens, et le Doc et Susan qui se font RE-capturer (envie de mourir face à un tel script).
Cette partie démarre donc très mal… avant de finir par être probablement la plus convaincante du serial.
L’intrigue avec Ian faisant figurer les vrais rebelles et leur rivalité avec les aristocrates exploite beaucoup mieux le contexte que les précédentes parties. Ce n’est pas encore parfait, par exemple Robespierre qui apparaît ici et qui n’a pas de lien avec la team TARDIS, ce qui est assez frustrant (même si plus réaliste que la nouvelle série où le Doc tombe toujours sur la figure historique la plus connue de l’époque).
Tout n’est pas présenté de la façon la plus passionnante possible, mais on voit qu’ils ont au moins un peu bossé leur sujet. Il y a notamment ce passage ironique où Robespierre mentionne une date :
ROBESPIERRE: Mark my words, LeMaitre. If this plot is successful, tomorrow, the 27th of July 1794, will be a date for history.
Un jour historique selon lui, qui sera en effet retenu… pour sa chute.
Le fait que Léon était finalement le traître pouvait se voir venir, mais idem, Barbara, toujours la voix de la sagesse et de la pertinence, rappelle qu’aux yeux de son groupe il était au contraire un fidèle.
JULES: He betrayed us, Barbara.
BARBARA: He was a traitor to you. To his side he was a patriot.
Il y a tout un joli discours sur la révolution, où Barbara explique que malgré les exactions de Robespierre, il y a eu du bon. J’aime beaucoup la façon dont elle fact-check Ian :
BARBARA: The revolution isn't all bad, and neither are the people who support it. It changed things for the whole world, and good, honest people gave their lives for that change.
IAN: Well, he got what he deserved.
BARBARA: You check your history books, Ian, before you decide what people deserve.
C’est aussi cool que l’ennemi du Doc, Lemaître, à savoir l’ami de Robespierre, avait compris ce que le Doc allait faire et l’a laissé faire même s’il avait appris dès l’épisode 3 qu’il était traître. Ca revient un peu sur cette incohérence de l’avoir laissé sortir de prison bêtement (même si ça ne retire rien au fait que la péripétie était chiante). De plus, Lemaître ne fait pas ça pour une raison bête comme "'l'observer" ou autre, mais surtout pour faire du chantage pour savoir où sont la cachette des aristocrates, ce qui a du sens.
L’épisode se conclut avec encore un peu plus de discours politique pas mal foutu, avec Jules Renan explique qu’il n’est pas aristocrate mais qu’il refuse juste le chaos, en rappelant au passage la naissance de la “middle class” :
IAN: We took it for granted you belonged to the other side, the aristocracy.
JULES: No. I have no title or position. I belong, well, in the middle. But I hate to see order thrown out of the window like so much dust. There can be no loyalty or honour where anarchy prevails.
Et dans l’ensemble même au-delà des intrigues politiques et de Ian/Barbara bien gérés, le reste de l’épisode est plus divertissant, avec notamment le Doc qui manipule le geôlier en lui faisant croire que ses idées viennent de lui, ce qui est assez cocasse et montre son espièglerie ainsi que son évolution puisqu’il se met en danger pour ses amis.
Reste à voir si la partie finale saura capitaliser sur ce regain d’intérêt.
JULES: Come, Lemaitre. We mustn't keep them waiting. I hope they have a pleasant journey.
STIRLING: So do I. But to where, Jules? Funny, I get the impression they don't know where they're heading for. Come to that, do any of us?
Tout le premier acte est assez haletant en guise de conclusion, avec le twist Stirling = Lemaître imprévue qui donne du sens au reste du serial, et tout ce plan pour découvrir qui est le contact du politicien… qui termine par montrer Napoléon Bonaparte !
Twist un peu de fou, qui rythme l’épisode. Toute la scène de la taverne a un côté pièce de théâtre assez plaisant. Comme je suis français je pense que je surcôte un peu ce passage, car en soi ce n'est pas bien compliqué de montrer une figure historique connue dans une pièce à faire un complot, et le serial prend peu de risques là-dessus. En plus, tout est largement faux (Napoléon qui n'a visiblement jamais conspiré ainsi, Robespierre qui n'était pas la tête unique à faire tomber...). Il y a bien des inspirations réelles (Robespierre qui a la mâchoire détruite durant son arrestation), mais pas grand-chose. Mais qu'importe, cela reste appréciable à mes yeux.
La fin est moins intéressante, avec un interminable passage en prison pour que le Docteur en position de force fasse sortir Susan, ce qui n’a aucun sens. La politique est aussi somme toute assez sommaire.
Reste une petite réf aux Aztèques qui fait plaisir, au fait qu’il est impossible de changer l’histoire. C’est une scène brève mais qui permet une belle continuité et unité autour de la saison.
BARBARA: I know. You can't influence or change history. I learnt that lesson with the Aztecs.
DOCTOR: The events will happen, just as they are written. I'm afraid so and we can't stem the tide. But at least we can stop being carried away with the flood!
Tout comme le speech final qui a le bon goût de lier le contexte historique incertain avec le voyage incertain de notre troupe. Le tout avant d’ouvrir la série sur un nouveau voyage. A cette époque, la saison 2 de la série est déjà confirmée (et tournée), mais j’aime quand même le fait que ce serial conclut les choses plutôt bien.
DOCTOR: Well, unlike the old adage, my boy, our destiny is in the stars, so let's go and search for it!
Le serial dans son ensemble ne casse pas trois briques, avec par rapport à Marco Polo et The Aztecs, un échec total de sa volonté d'éducation, ce qui est rédhibitoire. Sans surprise en enlevant cela, les épisodes historiques se retrouvent à être des courses poursuites et des histoires de confiance, avec beaucoup d'allers-retours lourdingues, une Susan insupportable, etc. L'histoire réserve, malgré ses imprécisions et erreurs, pas mal de twists sur ses meilleures parties, et le propos sur la Révolution n'est pas mauvais, même si la saison 1 s'achève dans l'ensemble sur l'un de ses moins bons épisodes.
Note moyenne : 11.5/20
