Avis sur les séries
Avis sur les saisons
Une très bonne saison ! Sans doute la meilleure de Tennant, du moins celle qui aligne les meilleurs épisodes sans aucun doute.
La nouvelle compagne, Donna, est vraiment exceptionnelle, que ce soit son caractère, l’actrice, son duo avec le Docteur, tout. L’alchimie des deux porte vraiment tous les épisodes (et en sauve même certains).
L’image ne fait que s’améliorer, on voit que la série a eu plus de moyens. En conséquence, la saison est aussi moins avare en science-fiction, avec beaucoup plus de planètes et d’autres mondes. C'est sans doute encore aujourd'hui une des saisons les plus diverses, colorées, intéressantes à explorer.
La seconde partie est vraiment une des meilleures du show et enchaîne 6 épisodes fantastiques.
Les spéciaux sont plus en demi-teinte, les épisodes de Noël sont tous assez mauvais (et cette "saison + spéciaux" en compte 3, de 2007 à 2009), mais les deux différents finaux que Ten a eu, à savoir Journey's End (la fin de la saison 4 elle-même et la fin de l'ère du Dixième Docteur) et The End of Time 2 (pour le personnage de Ten en lui-même), sont tous les deux dans la même veine : bourrés de qualités malgré quelques faux-pas, ils font tout le charme de la saison et lui donnent son importance, mais montrent aussi ses limites.
La beauté de la saison, c'est que TOUS les épisodes contiennent au moins 2 ou 3 petites références étranges qui trouveront finalement leur explication sur la fin. Entre les multiples retours de personnages, de monstres et de lieux, la saison possède l'une des meilleures continuités du show et approfondit beaucoup la mythologie.
Bref, entre Donna, le fanservice, la conclusion de l'ère du Dizième Docteur et les scénarios globalement de haute volée, c’est du très bon Doctor Who !
Mon classement :
- Forest of the Dead - 18
- Silence in Library - 18
- The Waters of Mars - 18
- Turn Left - 17
- Midnight - 17
- The Stolen Earth - 17
- Journey's End - 16
- The End of Time Part Two - 16
- The Fires of Pompeii - 16
- Partners in Crime - 16
- Planet of the Ood - 15
- The Unicorn and the Wasp - 14
- The Doctor's Daughter - 14
- Planet of the Dead - 13
- The End of Time Part One - 10
- The Next Doctor - 9
- Voyage of the Damned - 9
- The Sontaran Stratagem - 9
- The Poison Sky - 8
"La saison 1, c'est un peu le brouillon de la série : le docteur et sa compagne, qui voyagent à travers l'espace, un mélange d'ambiances, d'époques, de genres et d'émotions. Il faudra attendre quelques années pour un peu plus de folie et de maturité."
Voilà l'avis que j'avais écrit il y a quelques années à propos de la série. Mon avis a depuis pas mal changé.
Cette saison 1 n'est pas que le "brouillon" de la nouvelle série, elle est aussi son socle et son modèle qui finalement a inspiré énormément la suite. Un acteur méconnu du grand public mais à la très bonne réputation dans le milieu, une actrice au contraire très mainstream pour attirer les téléspectateurs, une continuité avec l'ancienne série donnant l'impression d'entrer dans un monde au background immense mais aux possibilités encore plus grandes... Cette saison 1 a brillé dans beaucoup d'aspects, et sans elle, le show n'aurait jamais fonctionné et grandi pour être le show que l'on connait maintenant.
Et elle n'est pas qu'une saison servant de base où l'on "pardonne ses défauts car c'était la première", comme bien des œuvres surestimées sous prétexte de nostalgie, non non. Elle a aussi de très nombreuses qualités en soi. Aucun épisode ne brille particulièrement ni est au-dessus des autres, mais le niveau général est plutôt bon. Les histoires sont variées, différentes dans les tons, et la dynamique entre le Neuvième Docteur et Rose Tyler reste à ce jour l'une des meilleures.
Une chose qui explique selon moi le fait que la saison soit aussi réussie, c'est que Russel T. Davies avait convaincu la BBC de lui laisser reprendre le show afin que cette saison devienne le retour triomphant d'une légende, certes, mais à la base le show a également été conçu pour raconter une histoire avec un début et une fin, dans l'optique d'une annulation... Autrement dit en plus de voir plus large, elle raconte tout de même une histoire d'un point A à un point B et possède un vrai développement et une conclusion. C'est ce qui rend les personnages de Rose et du Docteur si attachants. La grande force de la saison 1 c'est le fait de les voir évoluer ensemble depuis le pilot jusqu'au season-finale. Toute la saison repose sur la spontanéité de Rose qui se mêle au monde à la fois tourmenté et merveilleux du Docteur, permettant à ces deux personnages de s'aider mutuellement à devenir de meilleures personnes. Très peu d'épisodes ne servent aucun propos dans la trame, ce qui donne cette atmosphère générale de confiance et de maîtrise dans toute l'histoire.
C'est cette réussite d'avoir réussi à réintroduire doucement mais sûrement toutes les bases pré-existantes d'une série culte, tout en y ajoutant des touches modernes dans les personnages et d'avoir réussi à écrire et boucler une histoire complète en 13 épisodes seulement, sans pour autant nuire de quelconque façon à une potentielle suite, qui fait de cette première saison une vraie réussite.
Et la suite nous réserve encore les meilleures choses !
Une citation pour résumer la saison :
You could stay here, fill your life with work and food and sleep, or you could go anywhere.
Moyenne de la saison 1 : 14.46
Classement :
- The Empty Child - 17
- The Doctor Dances - 17
- Dalek - 17
- The Parting of the Ways - 16
- Father's Day - 16
- The Long Game - 15
- The End of the World - 15
- The Unquiet Dead - 15
- Bad Wolf - 14
- Rose - 13
- Boom Town - 13
- World War Three - 11
- Aliens of London - 9
Le diptyque de Steven Moffat se place dans le haut du classement, clairement l'épisode le plus moderne et mémorable de la saison, même si finalement il ne représente pas vraiment cette dernière, avec son aspect très romantique, absurde et horrifique. Il est accompagné par le très bon one-shot de Robert Sherman, Dalek, qui complète le podium. Le series-finale et Father's Day complète les "16/20" et pour le coup représentent, eux, très bien cette première saison.
The Long Game a longtemps été un vilain petit canard pour ma part mais son commentaire "politique" sur l'humanité du futur, un gros gros thème de la saison qui se retrouve d'ailleurs dans The End of the World, donne vraiment des thèmes directeurs à cette saison 1. Ces deux épisodes sont très bons et dans le haut niveau de la saison. The Unquiet Dead est vraiment un historical sympa à mes yeux et est un nouvel exemple d'épisode qui s'inscrit très bien dans la saison, servant plusieurs rôles et dans lequel Rose et Nine brillent.
Bad Wolf est une première partie de finale perfectible mais très fun, tout comme Rose, un pilote encore plus perfectible et kitch mais très efficace.
Ne reste donc que le trio des épisodes Slitheen, lourdement en fin de classement. Boom Town ne s'en sort pas trop mal. A noter surtout deux ratés dans la saison : les deux parties de l'attaque des Slitheens à Downing Street. Aliens of London, est un pas en arrière après les trois premiers épisodes de la saison, mais est heureusement rattrapé par une deuxième partie plus réussie, mais pas fameuse non plus au contraire. Ils témoignent de l'aspect cheap souvent reproché à cette saison et à raison, et sont beaucoup plus lents et mal écrits que le reste.
Malheureusement l'une des plus mauvaises saisons du show, bien qu'elle reste suffisamment décente pour qu'on n'ait aucun mal à imaginer une saison moins réussie si cela devait se produire un jour - pour l'instant après 9 saisons, cela n'a toujours pas été le cas, espérons que cela continue.
EDIT de 2019 : lolilol la saison 11 existe donc oubliez, la 2 n'est clairement pas
La grande cause de cette saison 2 plus molassonne c'est que la qualité des standalones n'est pas au rendez-vous. Au cours de mon revisionnage, il n'y a pour ainsi dire qu'UN seul épisode que j'ai un peu plus aimé davantage que le précédent visionnage : School Reunion. TOUS les autres épisodes m'ont apparu comme, parfois, identiques, mais le plus souvent, moins bien que dans mes souvenirs par rapport aux autres saisons (la saison 1 comprise). Mis à part le season-finale, le two-parter du diable, School Reunion donc et ce petit bijou de The Girl in the Fireplace, le reste de la saison est souvent juste "pas mal".
J'aborde toujours chaque saison avec deux angles : la qualité intrinsèque de chaque histoire, grosso modo que l'on peut résumer comme étant la "qualité des standalones", ainsi que fil rouge, que ce soit un arc, une intrigue mystérieuse, l'évolution des personnages ou l'agencement et l'ambiance générale, bref l'objet de la saison. Le fond compte autant que la forme en somme.
J'en ai un peu parlé dans mon avis sur Army of Ghosts, mais Ten convaint moins que Nine en tant que Docteur. Je n'ai absolument rien contre Tennant, il est pour le moment bien dans le rôle, sauf qu'il n'a malheureusement pas encore eu beaucoup de palettes d'émotion à démontrer car l'écriture ne lui rend souvent que peu honneur (cela dépend des épisodes en fait, on en revient à la qualité des standalones, cette dernière ayant un rôle à jouer dans mon appréciation du fil rouge, ces deux blocs ne sont pas distincts). Pas de fausse note particulière pour Tennant donc, mais pas de réel moment emblématique non plus.
Le principal problème, c'est que la transition par Rose est très mal gérée. Elle est trop rapidement balayée dans The Christmas Invasion, ce qui laisse juste une saison où l'on est censé voir deux meilleurs amis vivre les meilleures des aventures possibles... et c'est tout ! Ce que la saison 1 avait soigneusement construit : un Docteur moralement complexe, une compagne humaine et attachante à ses côtés, une relation avec un apport mutuel, un point A et un point B... toute la saison 2 ne fait pas vraiment bouger les choses.
Le pitch est surtout : "donnons à Ten et à Rose une romance naissante", c'est assez bien fait mais ça donne une saison sans grand dynamisme.
A part ça le personnage du Doc n'est pas archi intéressant et se dévoile peu, puisqu'il est "humanisé" à l'extrême par Rose. Sauf rares exceptions (School Reunion par le biais de Sarah Jane Smith et de l'écriture de Toby Withouse qui lui rend honneur même face à des scènes triviales comme face aux Krilitaines, et The Satan Pit dans son échange face au Diable et sa croyance sur le temps), le Dixième Docteur n'est pas un Seigneur du Temps de 900 ans qui a fait une Guerre du Temps. Non, le Dixième Docteur est un alien qui a pour meilleure amie une londonnienne et qui a pris goût à la vie humaine. Pour de vrai. On ne retrouve pas le personnage du Docteur dans son ensemble mais seulement par certains endroits, c'est ce qui me gêne avec cette incarnation. Tous les autres Docteurs sont souvent impliqués et posent leur marque, ce qui créé bien sûr des aspects que l'on aime pas, mais Ten est juste... normal ? La saison s'occupe juste de lui trouver des aventures et du bon temps et ce n'est pas l'approche que je préfère chez Doctor Who.
Le Neuvième Docteur avait un égo surdimensionné concernant son importance par rapport à celles des autres races, le Dixième Docteur est à l'inverse le plus proche possible des humains qu'on pourrait l'être. Le contraste est intéressant, et donne lieu à de très belles choses, notamment son émerveillement face à l'humanité et aux agissements des humains (un thème que l'on retrouve même dans The Age of Steel ou The Impossible Planet, ce genre de petits détails très sympathiques). Je n'ai rien contre un Docteur plus "humain", "charmeur", "drôle" et finalement, plus à même à parler à l'audience mainstream, et je trouve le contexte intéressant car cela permettra une descente aux enfers progressive (dans les saisons suivantes). Le problème est que vu que la descente aux enfers ne peut commencer QUE à partir du départ de Rose, c'est-à-dire dans le dernier épisode de la saison, on a donc toute une saison avec un Docteur qui ne bouge pas d'un pouce.
Il aurait été beaucoup plus judicieux d'intégrer des nuances plus subtiles à son personnage plus souvent. Comme je l'ai dit c'est tout de même en grande partie lié à la faible qualité des loners, il suffit de voir The Idiot's Lantern, Fear Her, Love and Monsters ou même New Earth et le two-parter Cyberman pour voir que le Docteur n'est pas à son meilleur jour. Sur une saison de 14 épisodes en incluant le Noël, c'est beaucoup.
Ce n'est pas la seule chose pour laquelle la saison a pris un tournant opposé à la une. Il n'y a pas de mention de la Time War avant très longtemps, une mythologie très peu poussée, un Docteur très peu intéressant d'un point de vue de son passé... mais aussi une Rose beaucoup plus controversée, à raison.
Si je n'ai aucun mal à dire que la relation Nine/Rose est l'une des meilleures du show, Rose Tyler dans la saison 2 est parfois agaçante sur les bords. Dans le Noël, sa réaction avec le Docteur est un peu disproportionnée. Dans la saison elle est hyper dure avec Mickey ou sa mère sans raison valable, parfois jalouse à l'extrême.
Elle n'a pas que de mauvais aspects cela dit, j'aime beaucoup l'assurance dont elle fait preuve dans certains épisodes comme Tooth and Claw, The Idiot's Lantern, Fear Her ou The Satan Pit, où elle n'hésite pas à prendre la situation en main. Mais où est la Rose Tyler qui était prête à se mettre entre un Dalek et le Docteur pour affirmer son opinion ? Où est la Rose Tyler qui a ouvert le coeur du TARDIS pour sauver le Docteur ? Où est la Rose Tyler qui a brisé toutes les lois du temps pour sauver son père ?
Oui, l'aspect téméraire est toujours là, mais il y a bien un facteur qui manque : le cœur, l'affection, l'humanité, la sensibilité de Rose de la saison 1.
En même temps, avec un Docteur aussi bon-copain, ce n'est pas étonnant. Il déborde tellement d'amour, de joie et d'émotions, qu'elle ne passe plus pour la jeune fille qui découvre l'univers et y apporte son humanité dans les pires situations même les plus négatives... non, maintenant en saison 2, Rose Tyler est plutôt la gamine capricieuse qui a eu la chance d'être dans le TARDIS et qui le prend pour acquis. Je grossis les traits car il y a des épisodes où elle est très bien. Et encore une fois, je n'ai rien contre cette évolution, qui est très joliment adressée par Jackie dans Army of Ghosts, quand elle lui dit qu'elle ne reconnaît plus sa fille... mais ça c'était l'épisode 12 ! Durant toute la majorité de la saison, j'aurais aimé avoir plus de nuances de ce type. En saison 1, on voyait déjà les mauvais traits de la personnalité de Rose, elle était déjà ennuyante avec Mickey, elle était déjà jalouse (de Lynda par exemple), mais puisqu'elle offrait beaucoup d'autres choses à côté, ces aspects ne semblaient pas dominer sa personnalité. Rose en saison 2 est toujours aussi attachante, et elle gagne en confiance, mais on perd ce côté si sensible qui faisait tout son charme et qui était pourtant - je le croyais - inscrit dans son personnage (rien que par son nom - fragile comme une Rose).
Forcément, si on associe dynamique de personnages statique et personnages en eux-mêmes attachants mais pas toujours montrés sous leur meilleur profil, et que l'on y ajoute un arc pas tip top ("Torchwood" étant beaucoup moins subtilement amené que Bad Wolf - c'est parfois mentionné deux fois par épisode - et moins mystérieux aussi), le fil rouge de la saison 2 n'est juste pas bon. La succession quasi-constante de loner est agaçante, il n'y a jamais aucune continuité hormis le départ de Mickey et son retour (une moitié de saison donc, au milieu tout est interchangeable). Pour que la continuité de la saison repose sur un personnage aussi médiocre (il faut voir la transition de Mickey entre School Reunion et The Girl in the Fireplace, elle est nulissime), c'est qu'il y a un problème.
Pour résumer tous mes problèmes avec cette saison 2 :
- Un Docteur limite trop puéril, ou qui ne possède pas assez de moments pour briller malgré Tennant qui pouvait pourtant faire "so much more !" (si vous avez capté la référence, bien joué).
- Une compagne qui perd l'un de ses principaux traits pour devenir parfois agaçante, même si paradoxalement elle est quasiment plus mise au centre que son Docteur dans la saison.
- Un arc qui n'en est pas un, ne laissant qu'une continuité branlante entre les épisodes
- Des standalones trop faibles (l'opener, le double sur les Cybermen, celui avec la télé qui bouffe les gens, celui avec la môme...)
On peut trouver de qualités à cette saison dans l'ensemble. Chaque point positif que je peux trouver ne résulte pas QUE de la performance d'un épisode individuel seulement. La relation Ten/Rose, j'ai beau objectivement trouvé les deux personnages un peu faibles, mon petit coeur de fan encore ébranlé par le premier visionnage de Doomsday ne peut s'empêcher des les aimer ! Ils sont charmants. La saison a aussi tenté de nouvelles choses (certains épisodes expérimentent des genres, comme The Girl in the Fireplace ou Love and Monsters, et la saison créé la notion de Christmas Special).
Oui mais voilà, il faut être réaliste, si le seul but de la saison après The Girl in the Fireplace est d'offrir une belle porte de sortie à Rose, il y avait beaucoup, beaucoup mieux à faire.
Mais au moins maintenant, la voie est libre pour que notre Docteur reprenne du pep's et s'affirme, en espérant que la saison 3 saura plus revenir à ce qui avait fait la très bonne qualité de la première saison : une compagne intéressante, une mythologie et un personnage principal complexes et une meilleure balance entre légèreté/kitsh et sérieux. Ce qu'elle réussira à peu près.
Moyenne de la Saison 2 - 13.85 (tout de même pas mal pour la "pire" saison d'un show)
Classement :
- The Girl in the Fireplace - 19
- Doomsday - 17
- The Satan Pit - 17
- School Reunion - 16
- The Impossible Planet - 16
- Tooth and Claw - 15
- Army of Ghosts - 14
- Love & Monsters - 13
- The Christmas Invasion - 13
- The Age of Steel - 12
- New Earth - 12
- The Idiot's Lantern - 11
- Rise of the Cybermen - 11
- Fear Her - 8
Avis sur les épisodes
Barbara s’impose plus que jamais comme le meilleur personnage du quatuor de la première saison. Susan est malheureusement trop souvent reléguée à l’adolescente idiote et criarde (pas dans cet épisode cela dit, j’y reviendrai), Ian est attachant mais le scénario insiste bien souvent sur son côté mâle dominant (ici au contraire, il est mis en danger non seulement dans le combat précédent qui force Barbara à le sauver, mais ici de nouveau dans un cliffhanger pour une fois assez réussi malgré sa simplicité). Le Docteur est super ici aussi.
Mais c’est bien Barbara qui tire souvent son épingle du jeu. C’est un vrai personnage assez complexe, qui sait souvent rester calme dans les pires situations, qui a un bon don d’analyse et qui tente d’améliorer ses défauts. Elle a aussi vachement la classe et reste impassible dans son rôle face à tous les aztèques. Elle laisse entrevoir ses doutes lorsqu'elle est avec Ian, mais n'est jamais définie par rapport à lui.
BARBARA: Everything I've tried to do… oh, I thought I could alter them.
IAN: You can't fight a whole way of life, Barbara.
BARBARA: I suppose not. I've just been fooling myself.
Elle croit vraiment que les Aztèques sont bons par nature et que Tlotoxl est une mauvaise influence, là où Ian pense qu’il est la norme et qu’Autloc est la seule personne aussi ouverte d’esprit. On voit ici que Barbara est poussée dans ses derniers retranchements en tant que Yetaxa : elle doit utiliser un couteau pour menacer Tlotoxl alors qu’on s’attendait à une ruse pour résoudre le précédent cliffhanger
Elle récupère une nouvelle fois la confiance d’Autloc, le grand prêtre bienveillant qui attire forcément notre sympathie. Mais Barbara finit par devoir admettre qu’elle ne peut pas changer toute une culture, ni l’histoire, et retire ainsi symboliquement sa coiffe de Yetaxa dans la scène où elle s’y résout. Au passage, Barbara fait preuve ici de plus de recul et de retenue que tous les colons qui ne comprenaient pas non plus les croyances des Aztèques et n'en voyaient que les mauvais côtés.
A côté de ça, l’épisode reste toujours ponctué de péripéties intéressantes qui font passer le temps avec plaisir. Utiliser Susan contre Barbara est une bonne idée, et Carol Ann Ford joue plutôt bien ici - cela aide forcément lorsqu’elle est bien écrite, et qu'elle est présente à petites doses, puisque l'actrice était encore en vacances.
Et puis enfin, il y a le Doc qui la joue fine pour prioriser avant tout l’ouverture du tombeau, même si cela peut desservir la couverture de Barbara au passage - un bon move puisque les heures de la supercherie semblent compter. Il est de nouveau associé à Cameca, la retraitée du coin qui… s’entiche un peu de lui. C’est franchement ultra marrant, la nonchalance du Docteur à ce sujet me fait beaucoup sourire, tout comme ses réactions quand il comprend qu’il a effectué par erreur une demande en mariage (son visage est priceless !). Ou encore sa réponse à Ian, une première forme d'humour totalement british absurde de la série :
IAN: Where did you get hold of this?
DOCTOR: My fiancée.
IAN: I see… Your what?!
DOCTOR: Yes, I made some cocoa and got engaged.
Je remarque de plus en plus certaines similitudes avec Marco Polo, serial également scripté par John Lucarotti. Avec le rappel constant du jour de l’éclipse qui consiste aussi en un jour de sacrifice, on s’attend à ce que ce soit le climax du serial à la fin. Les deux serials partagent donc une construction un peu similaire, avec le même but (“retourner au TARDIS”) en toile de fond. Le traitement n'a rien à voir, puisque contrairement à Marco Polo, les voyageurs sont plus libres de leurs mouvements tout en étant clairement antagonisés par la majorité. En revanche, il y a toujours cette idée de convaincre deux figures d’autorité opposées (Autloc et Tlotoxl sont clairement les nouveaux Marco et Tegana), avec quelques variations : la team TARDIS est moins unie que dans Marco Polo car Barbara veut aider la civilisation aztèque à penser différemment, même si elle sait que c'est vain. The Aztecs est aussi plus rythmé avec moins de péripéties “du quotidien” : chaque scène a son importance et tout est réglé comme du papier à musique.
Mais dans le ton, on est vraiment proche. The Aztecs partage aussi plusieurs qualités avec Marco Polo qui en font une histoire tout aussi qualitative : des acteurs impeccables, des dialogues enrichissants pour nos personnages, des personnages secondaires attachants ou charismatiques, une étonnante belle écriture de Susan, des décors somptueux.
Un mot d’ailleurs sur ce jardin au clair de lune : franchement, j’en ai vu des jardins dans la série classique dans les années 70, et c’était moins bien réalisé qu’ici. La caméra nous donne l'impression d'être dans des lieux immenses, ce qui est une belle prouesse, et ce qui fait totalement oublier les quelques séquences où le cameraman devait être en train d’éternuer puisque l’écran tremble un peu. Verity Lambert a demandé, à partir de cet épisode, à disposer de studios plus grand dans la BBC, et on comprend pourquoi.
Plus qu'une partie, déjà !
DOCTOR: Hmm, and the history?
BARBARA: Remains unchanged.
DOCTOR: No rewriting?
C’est une très belle conclusion dans la lignée de tout le serial.
Une fois n’est pas coutume, j’ai encore appris des trucs : les Aztèques n’avaient pas la roue, un fait fascinant alors que celle-ci était forcément inventée à l’époque. Je me suis renseigné et ça me fait tomber sur des articles très intéressants, qui invitent à ce que l’on questionne quelles inventions modernes sont vraiment inéluctables, et quelles autres inventions ne sont qu’un choix. John Lucarotti était aussi fasciné par cet élément que par les sacrifices, et ce n'est pas surprenant qu'il l'ait incorporé dans son script.
Quoiqu’il en soit, cela force le Docteur à en faire une pour créer le système de poulie qui leur permet de soulever le mur coulissant les séparant du TARDIS. C’est dingue quand même que l’entièreté du serial repose uniquement sur le fait de ramener 4 personnes dans une pièce pour ouvrir une porte, mais la preuve en est que c’est rendu intéressant, loin d’être répétitif voire même assez naturel.
Le script est vraiment intelligent, jusque dans un passage avec le méchant que j’estime être totalement meta. Je lis peut-être un peu loin, mais quand un personnage autochtone évoque clairement comme solution à tous leurs problèmes “remettre le quatrième mur”, je pense que l’auteur savait très bien ce qu’il faisait :
TLOTOXL: I had a vision, Tonila, of a room with three walls. The false Yetaxa shall be placed in that room and the fourth wall added. Then order shall be restored.
La phrase n’a de sens au premier degré que si l’on considère que Tlotoxl ment à son guerrier. Ça colle, mais en réalité, je pense qu’il est clair qu’on a ici un script qui souligne à quel point les héros de notre série se sont immiscés dans leur vie, ont interféré beaucoup trop aux yeux des “méchants” de l’histoire (qui ont raison sur toute la ligne au passage, puisque Barbara est bien une fausse déesse qui veut les manipuler - pour leur propre bien selon elle, mais ça se discute), tout ça pour finalement créé du divertissement.
Tlotoxl veut en fait mettre un terme à tout ceci en remettant le quatrième mur en place et en retrouvant sa vie fictive. Quand les personnages partiront, l'épisode s'arrêtera et de "l'ordre" dans l'histoire sera remis.
C’est génial car en plus ça fait écho à l’arrivée des protagonistes dans le serial : par un mur avec un passage secret à sens unique, qui s’est refermé derrière eux, les piégeant dans l’histoire. En rouvrant ce passage, ils parviennent à revenir dans la pièce, sceller le quatrième mur, et en finir avec le chaos qu’ils laissent à l’extérieur, derrière eux.
Et en effet, quel chaos ils laissent ! Suite à un piège tendu à Ian pour être accusé, et malgré le méchant qui se “grille”, mais de façon subtile et sans grande conséquence (contrairement à Keys of Marinus un épisode clairement moins bien écrit malgré ses autres qualités) : nos héros se retrouvent en situation impossible et leur sort dépend entièrement d’Autloc et Cameca, les deux personnes qu’ils ont vraiment su toucher… et c'est la preuve que l’histoire peut bel et bien changer, mais de façon marginale, en faisant des rencontres et le bien autour de soi.
Et autant je ne suis pas très fan du climax d’action Ian vs. Ixta (toujours la partie la plus faible du serial, avec une chorégraphie un peu insipide malgré un décor plutôt crédible), autant les fins pour les autres personnages secondaires sont bonnes, surtout pour Autloc et Cameca.
Cameca tout d’abord, se révèle cruciale au bon déroulement de l’histoire, ce qui n’était pas forcément écrit d’avance. Un peu à la manière de Ping-Cho avec Susan, j’aime beaucoup le lien qu’elle a formé en côtoyant brièvement le Docteur. Elle est écrite comme une femme intelligente qui comprend que le Docteur est destiné à repartir bientôt, pour sa plus grande tristesse, elle qui avait retrouvé goût à la vie avec lui.
DOCTOR, holding the wheel: There you are, my dear, it's nearly finished.
CAMECA: As is our time together. I do not know what its purpose is, but I've always known it would take you from me.
DOCTOR: Yes. I'm sorry, my dear.
CAMECA: Tomorrow will truly be a day of darkness.
DOCTOR: For both of us.
Ce qui est plus inattendu, c’est que le Docteur… s’était finalement aussi beaucoup attaché à Cameca. Leur échange final est assez douloureux, car Cameca espérait malgré tout pouvoir voyager avec lui. Elle aurait fait une bonne compagne. Mais le Docteur ne peut simplement l’accepter pour l’instant, et il ne la regarde même pas, sans doute car ce serait trop douloureux. William Hartnell joue très bien ce passage et c'est assez ouf de se dire que dès la première saison, il vit une histoire d'amour avec une terrienne. Comme quoi, les Docteurs "modernes" (de 8 à 13) n'ont rien inventé.
Quant à Autloc, son sort m’attriste beaucoup. Il renonce à tous ses privilèges suite à sa foi ébranlée, part s’exiler dans le désert, et on ne le revoit jamais… la fin est censée être douce-amère, car comme le dit le Docteur à la fin, il a trouvé une “meilleure” foi, celle où il est loin de la perversité des hommes et vit plus reculé et plus proche de ses Dieux. Mais tout de même, c’est assez dur et loin d’un happy-end avec des aux revoirs chaleureux entre tous les personnages qui se serrent la main devant le TARDIS, comme bien souvent dans les classiques. Par rapport au happy-end de Marco Polo, ici, il n'y a pas d'échappatoire, juste une fuite face à l'échec.
C’est en fait une fin bien loin d’être clichée sur plein d’aspects. Je m’attendais à ce que le scénario nous sorte une Tintin, à base de “Barbara va utiliser l’éclipse pour appuyer ses dires et prouver que les sacrifices ne contrôlent pas le dieu du soleil”. Que nenni : le sacrifié se fait bien sacrifié, les héros n’ont d’autres choix que la fuite, car le “mal” personnifié sous les traits de Tlotoxl a bien trop envahi le palais…
Mais c’est un mal qu’ils ont eux-mêmes déclenché, en s'immisçant trop dans l’histoire. Un homme exilé, plusieurs morts, le “sacrifice parfait” qui se fait effectivement sacrifier, Cameca et son coeur brisé : à bien y réfléchir, The Aztecs est bel et bien le premier épisode où nos héros perdent presque sur toute la ligne.
BARBARA: Tlotoxl had to win.
DOCTOR: Yes.
BARBARA: And the one man I had respect for, I deceived. Poor Autloc. I gave him false hope and in the end he lost his faith.
DOCTOR: He found another faith, a better, and that's the good you've done. You failed to save a civilisation, but at least you helped one man.
La conclusion de l’épisode (je ne compte pas le cliffhanger franchement amené de façon peu fluide et presque hors-sujet, un poil médiocre) est faite à travers un ultime dialogue entre Barbara et le Docteur, les deux personnages les plus importants du serial ; conclusion à travers laquelle Barbara revient sur l’inutilité du voyage dans le temps avec un air très noir et amer comme on en voit rarement.
BARBARA: What's the point of travelling through time and space if we can't change anything? Nothing.
Cela fait un super parallèle à la première partie où le Docteur disait qu'il est impossible de changer l'Histoire, et la suite n'en a été que la démonstration.
Bien sûr, le Docteur rappelle que l’important est d’avoir eu son impact dans le coeur d’un homme... et d’une femme dans son cas, même s’il ne le dira pas : il se contentera de conserver l’ornement qu’elle lui a donné en gage de fiançailles, ne pouvant se résoudre à le laisser sur place, une idée subtile et géniale pour conclure leur aventure.
Ainsi The Aztecs finit de poser les fondations de tous les futurs épisodes historiques de la série : l’Histoire ne change pas, mais les petites différences font les grands moments. C’est une superbe morale pour cet excellent serial, un des meilleurs de la saison et encore aujourd’hui de la série classique...
Note moyenne : 15.75/20
DOCTOR: Yes, it all started out as a mild curiosity in a junkyard, and now it's turned out to be quite a, quite a great spirit of adventure, don't you think?
J’aime beaucoup ce début d’épisode où les compagnons reviennent sur à quel point ils ont changé depuis leurs débuts, et le Docteur et Susan qui réalisent également qu’ils ont changé en présence de leurs deux compagnons humains. C’est, après tout, grâce à Ian et Barbara en un sens, que le Docteur prendra des compagnons humains pour le restant de ses jours.
Passée cette introduction (présente car The Sensorites devait être le final de la saison à la base), et une jolie transition “intérieur du TARDIS -> intérieur du vaisseau mystère” très smooth, on trouve une première partie avec des hauts et des bas.
Le premier acte est très réussi. L’arrivée dans un vaisseau où les deux pilotes sont morts d’une cause mystérieuse, donne un ton macabre original à ce stade. L’idée d’une montre qui se recharge par l’énergie cinétique du poignet, est une jolie revisite de la traditionnelle ficelle de Doyle ou Christie à base de “la montre indique l’heure du décès” (même si l'épisode en profite pour faire une remarque chauviniste de l'époque en ignorant totalement l'avis de Barbara).
On se demande très vite pourquoi les deux pilotes (qui étaient en fait plongés dans le coma) ne cherchent pas à partir avec le Docteur, j’ai même cru à une incohérence. En fait, tout est expliqué par l’influence des Sensorites, un peuple visiblement doté de pouvoirs d’influence psychique.
Le build-up de ces aliens est sans doute la meilleure chose du scénario et du serial. On les mentionne tellement et leurs motivations sont si étranges qu’on ne peut qu’être intrigué.
C’est un peu dommage qu’on se concentre ensuite sur Barbara et Susan menacées par le troisième homme de l’équipage, plus atteint que les autres, dans des scènes franchement ennuyantes à souhait.
L’épisode rate vraiment le coche, je trouve, sur la suggestion de l’existence ou non des Sensorites. En montrant une main alienne voler la serrure du TARDIS (une façon un peu cheap de retenir le groupe dans l’intrigue), l’épisode révèle trop vite que ces Sensorites sont bel et bien présents et potentiellement malveillants. Alors que sans ça, vu comment les humains à bord sont cryptiques et confus, et vu la présence du troisième homme qui a vraiment perdu la boule, on aurait pu légitimement penser qu’il s’agit d’un cas de paranoïa collective, ou autre idée assez inquiétante. Il y aurait même pu avoir un côté un peu meta sur le fait qu’ils se sentent pris au piège dans l’action et observés par tous les côtés.
Au lieu de ça, on n’a aucun doute sur l’existence des Sensorites et cela rend les péripéties avec John trop superflues.
Un autre problème, c’est que c’est globalement mal écrit. Les dialogues sont clunky et on sent que le script n’a pas été relu : Ian qui balance du charabia technique sur le TARDIS comme s’il le connaissait, Susan qui trouve un second cadavre en disant “celle-ci est une fille” (wtf ? osef ?) ou encore plus tard un homme malade qui regarde Barbara et dont les premiers mots sont “vous ressemblez à ma soeur, vous êtes là pour aider ?”. Brrr.
Dommage car il y a tout de même de bonnes idées dans l’histoire, comme les récits assez inquiétants des astronautes, qui nous laissent imaginer le pire sur les Sensorites.
La réalisation a quelques bons côtés : la caméra surtout est bien meilleure ici qu’avant, et il y a des plans plutôt convaincants sur le scanner du vaisseau (le crash vers la planète est pas trop mal fait). En revanche niveau décors, tout est très statique, et l’énorme étiquette “WATER” que Susan et Barbara n’ont pas vu la fout un peu mal.
Reste tout de même un excellent cliffhanger qui vient rattraper le tout, en offrant un payoff réussi à l’effet d’attente instauré autour des Sensorites. Voir une figure alienne aussi “alienne” (ni des robots, ni des gros monstres verts) flotter ainsi dans l’espace, semblant ramper petit à petit sur le vaisseau, est indéniablement une super image, qui ne peut que donner envie de voir de quoi il en retourne.
C’est une introduction inégale car elle manque l’opportunité d’être plus subtile et suggestive, ce qui sera vrai pour tout le serial. Elle réussit quand même à intriguer avec un certain charme macabre.
SENSORITE: You have only proved that you can lock doors. We can unlock them.
Un épisode intéressant, malheureusement ultra limité par le budget et la créativité de l’époque, qui se résout plus à parler de portes et de verrous qu’autre chose…
Il y a pas mal d’idées sympathiques dans l’épisode, mais l’exécution est trop ennuyante pour que j’adore le serial.
Par exemple, le concept de Susan et Barbara qui se concentrent pour penser à la même chose et utilisent ainsi la force de l’esprit contre les Sensorites. C’est pas mal, ça rentre dans le thème "psychique" de l'épisode… mais pourquoi est-ce fait d’une pièce à l’autre, et de façon un peu random, pour tester leur théorie, et pas au cœur d’une scène plus frénétique ?
La scène où Ian et Barbara doivent aller voir ce qui a causé un bruit (l’arrivée des Sensorites dans le vaisseau) est très, trèèèès longue. C’est plutôt bien réalisé et le design des Sensorites est suffisamment creepy pour qu’on ait l’anticipation de leur arrivée, mais tout de même, c’est lent.
On passe en fait bien trop de temps dans ce serial avec des personnages séparés par des portes, c’est tout con mais ça manque de panache. Les péripéties sont répétitives : les deux pilotes ont des maux de tête, le scientifique fou délire un peu, on verrouille/déverrouille une porte, tout va bien, on recommence, etc. Ce schéma ne se répète pas 8 fois non plus, peut-être juste 1 ou 2, mais la sensation qu’il laisse est celle de tourner en rond.
Et c’est dommage, car il y a plusieurs bons dialogues, comme Barbara et Susan qui évoquent leurs points de vue sur le voyage :
SUSAN: Isn't it a better thing to travel hopefully than arrive?
Ou encore un peu de blagues entre les compagnons :
BARBARA: But Doctor, assuming you're right…
IAN: Which he is, of course.
DOCTOR: Naturally.
Tout comme la première partie, il y a tout de même pas mal de qualités dans l’épisode, surtout vers la fin.
Déjà, Carol Ann Ford joue bien dans ce serial et Susan a un rôle enfin intéressant. Elle devient une sorte d’ambassadrice pour les Sensorites, un peu comme elle l’était pour les Thals dans The Daleks, une autre histoire qui l’exploitait assez bien.
Ensuite les Sensorites sont tout de même assez réussis pour l’instant. Barbara comprend (peut-être même avant le spectateur) qu’ils ne sont pas belliqueux par nature, juste un peuple pacifique qui se méfie des humains et de la convoitise de leurs minerais. C’est un message évidemment politique, assez bien fait, parfois éducatif (Ian qui décrit à Susan le spectrographe des minerais). C'est assez original pour l'époque de montrer des aliens non-humanoïdes bienveillants.
Il y a aussi l’idée pas trop mal de comparer les Sensorites à un opposé des chats, qui ne voient vraiment rien dans le noir.
A noter un passage assez retcon par la suite de la série : quand le Docteur évoque justement que les humains voient mieux dans la pénombre que les Sensorites, il s’inclut lui-même en disant “nous les humains”... Et pourtant dans ce même serial, on voit que Susan est réceptive à la télépathie des Sensorites, et le Docteur dit à Ian qu’il est aussi télépathe et a pu voir dans ses pensées par le passé ! Sans doute une erreur de William Hartnell, il en fait beaucoup dans ce serial...
DOCTOR: Telepathy. You know, telepathy isn't only a prerequisite of the Sensorites. I know sometimes what you're thinking.
C’est très imparfait, mais l’ambiance du serial me plait malgré tout suffisamment, tout comme la rencontre avec les Sensorites.
