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Avis sur les épisodes
Le plan des Daleks est sacrément bien trouvé, exploitant avec intelligence la mythologie de la série. L’épisode utilise extrêmement bien les 3 entités impliquées dans le conflit, j’aime surtout l’utilisation que font les Daleks de la petite fille, aussi poétique que morbide.
Le Special Weapons Dalek <3
Remembrance of the Daleks me prouve qu'il est possible d'innover quand il s'agit les Daleks. L'idée d'une planète prise en otage par la confrontation de 2 camps Dalek apporte des enjeux plus originaux qu'une simple invasion. La scène de bataille est d'ailleurs assez impressionnante pour le budget restreint de la série.
Mais c'est surtout dans son écriture que l'épisode brille, Sylvester McCoy a vraiment trouvé ses marques depuis Dragonfire (il piège d'ailleurs d'une façon similaire les ennemis dans ces deux histoires), ici en particulier dans ses échanges avec Davros, mais aussi dans sa confrontation avec le dernier Dalek restant sur Terre, une scène simple et maligne qui prouve le soin apporté au script, là où nous aurions pu juste voir le Docteur repartir pour d'autres aventures après avoir évincé la menace principale.
L'épisode va même plus loin en remettant l'humanité au centre de son récit dans ses derniers instants. Que ce soit avec Ace, qui aura vraiment brillé dans ce serial - confrontée à la fois aux Daleks et à sa propre espèce - ou avec la scène de l'enterrement, conclusion bien sombre qui rappelle la portée des dommages collatéraux dans chaque décision du Docteur. Toute l'ambiguïté du personnage est superbement retranscrite durant ce serial, à tel point qu'on a jamais l'impression de voir le showrunner forcer le début d'un quelconque arc.
Davros, malgré son faible temps de présence, est aussi très bien utilisé. Toute l'hypocrisie de son idéologie nauséabonde est révélée au grand jour, que ce soit dans l'usage que font les Daleks d'une petite fille pour réussir à dépasser leur imaginaire limité, ou bien dans sa convoitise d'un artefact de Gallifrey, révélant sa frustration de ne jamais pouvoir devenir un Seigneur du Temps.
Fun fact, RTD aurait apparemment révélé que ce conflit entre Davros et le Docteur autour de la Main d'Omega aurait amorcé le début de la Guerre du Temps. J'aime bien cette idée, d'autant plus que l'épisode amorce beaucoup de thèmes qui seront repris dans la nouvelle série.
L'épisode est assez brouillon, on ne comprend pas l'intérêt de certains persos (les néo-nazis en particulier, mais les Cybermen n'apportent pour le moment pas grand chose à l'histoire). C'est une gigantesque course au McGuffin qui tient surtout pour le personnage de Lady Peintforte, voyageuse temporelle qui fait écho au Docteur. J'aime bien l'idée, et l'actrice est assez bonne dans le rôle.
On sent une vibe très "Moffat" dans ce script, que ce soit dans l'écriture de Lady Peinteforte, les jeux sur les voyages temporels des différents protagonistes, le côté foutraque et surchargé du récit, un Docteur plus taquin que jamais et cette fin tout en phrases sibyllines sur la vraie nature du Docteur et son grand secret si bien gradé qui mettrait en péril l'univers tout entier. Dommage que les Cybermen soient assez mal utilisés et que le climax traîne en longueur, Ace appuyant même sur le fait que le Docteur a déjà utilisé un plan similaire deux épisodes plus tôt.
Silver Nemesis n'est donc pas un épisode déplaisant, à mi-chemin entre la série classique et la moderne dans ses intentions, ce qui est plutôt intéressant pour ce qui est supposé être un épisode anniversaire. Si l'intrigue globale peine à convaincre, l'ensemble dispose de suffisamment d'idées sympathiques pour marquer les esprits, notamment dans le portrait toujours très réussi du Docteur de McCoy, aussi flegmatique que manipulateur.
