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Il a quand même bien évolué, le Chiby, depuis le début de son run. Là où Resolution était une proposition fainéante, Revolution of the Daleks fait - un peu comme sur Spyfall - le pari inverse : multiplier les personnages, intrigues, références pour combler tous les fans. C'est loin d'être le Dr Who que je préfère, mais sans doute est-ce celui que nous méritons...
Chibnall réussit donc l'exploit d'offrir une sortie satisfaisante à 2 compagnons anecdotiques dans une intrigue d'invasion Dalek correcte (avec même une résolution maligne, chose que je n'espérais plus chez Chiby), tout en référençant le passé (Capitaine Jack, correctement utilisé, ou bien les refs au final de la saison 12) tout en apportant quelques éléments très chibnallesque pas déplaisants (les Daleks drones de combat, le retour d'un Robertson franchement fendard sur certaines répliques). Enfin, il faut saluer l'évolution visuelle de la série qui offre quelques superbes plans (le Docteur en Oncoming Storm encerclé par les Daleks dans les cieux, c'était franchement une chouette idée). L'écriture reste toujours un peu maladroite (le "We dot get alien in Sheffield !" final de Graham), mais franchement, si on m'avait dit il y a 1 saison que Chibnall parviendrait à jongler avec autant d'éléments sans se prendre les pieds dans le tapis, je n'y aurais pas cru.
Très bonne première qui prend son temps pour poser les bases du récit, la menace est d'ailleurs à peine introduite ce qui est assez rare pour le signaler. Le scénario est de Ian Briggs, déjà à l'origine de Dragonfire que j'avais beaucoup apprécié (et qui est assez peu aimé, apparemment) et qui avait aussi cette qualité d'introduire beaucoup de personnages marquants (et Ace évidemment) et une certaine richesse dans les enjeux parfois limités des scripts de la série.
L'épisode gère vraiment bien le sentiment d'urgence, avec cette invasion inéluctable qui réserve quelques effets réussis (les mains à travers les portes et fenêtres qui reprennent l'imagerie des zombies en vogue dans les années 80) et un vrai désespoir chez les protagonistes, tiraillés entre la complexité de leurs conflits et l'émergence d'un danger qui les dépasse tous.
Mais l'épisode surprend surtout pour sa tonalité très adulte avec une Ace, qui a démarré comme un jeune adolescente en quête d'aventures, qui se reconnaît ici en tant qu'adulte et semble de moins en moins apprécier le comportement paternaliste du Docteur. The Curse of Fenric, finalement, semble être une histoire de transition : des peuples belliqueux qui prennent conscience que le combat devra bientôt céder le pas à autre chose, une jeune fille qui s'interroge sur le sens qu'elle veut donner à sa vie, une série qui gagne en maturité et en profondeur (on est bien loin de Time of the Rani) et une mythologie qui semble s'épaissir au vu des derniers mots de l'épisode...
En tant que fan de The God Complex, je ne peux que valider la fin de cet épisode...
C'est quand même assez fascinant que Battlefield comme The Curse of Fenric mettent en avant un Docteur occupé à régler des conflits qu'il a entamé dans une autre de ses vies. Pour un fan de l'ère Matt Smith comme moi, et de toutes ses circonvolutions narratives, j'apprécié énormément cet aspect de l'ère McCoy.
L'épisode se permet en plus un beau toutéliage avec de précédents épisodes, créant un véritable arc entre les 3 saisons du septième Docteur. J'imagine même que l'évocation à 2 reprises de divinités nordiques devait participer d'un lore plus important, à moins que ça ne soit qu'une heureuse coïncidence.
Tout dans cette conclusion est intelligemment mené, et c'est vraiment incroyablement rare dans les Classics (de ce que j'en ai vus) qui ont tendance à parfois résoudre par dessus la jambe certains pans d'intrigue. Ici, que ce soit dans l'énigme du Docteur (allier les ennemis pour l'emporter), l'utilisation d'Ace, sa relation avec le Docteur, l'acting des acteurs "possédés" par Fenric et toutes les thématiques sous-jacentes de l'épisode (Ace dans l'eau, visuellement kitsch mais symboliquement fort), The Curse of Fenric est vraiment un modèle de ce que la série classique peut faire de mieux.
