"Je suis fatigué Alfred. On peut rendre ses forces à un corps fatigué, mais il n'en est pas de même pour un esprit fatigué. Quelques fois je me demande si ce que j'ai fait à servi à quelque chose. J'ai maîtrisé quelques incendies c'est vrai, j'ai gagné quelques batailles. Mais la guerre continue Alfred, toujours et encore ..."
"Je viens ici tous les ans, et chaque fois je me demande si ce sera la dernière. Si je ne ferais pas mieux d'oublier le passé, de me résoudre à mener une vie normale. Le philosophe Santayana dit que celui qui oublie le passé est condamné à le répéter sans cesse, mais il a aussi dit qu'un fanatique est quelqu'un qui s'active d'autant plus qu'il a perdu de vue le but qu'il s'était donné."
"Cette vie c'est moi qui l'ai choisie. Je me suis servi de la nuit. Je suis devenu la nuit. Je sais que tôt ou tard je me ferais avoir. Peut-être par le Joker ou Double-Face, ou tout bêtement par un petit malfrat de rien du tout. Mais je l'ai choisie, et je ne le regrette pas. Mais faire payer aux autres mes erreurs, ça je ne peux pas le supporter. Qui sait de mes amis, de mes proches, quel sera le prochain que je laisserais tomber ? Leslie ? Alfred ? Ou même toi ?"
"Et puis que restera-t'il de tout ce que j'aurais fait ? Des tee-shirts avec mon sigle ? Je ne serais plus qu'un cliché, plus utile au tourisme qu'à la lutte contre le crime."
"Quand on contemple trop longtemps l'abîme, on finit par s'y perdre. Peut-être est-il temps à Batman de retourner à la nuit qui l'a engendré, avant qu'il ne fasse d'autres victimes !"
J'ai vraiment besoin d'écrire autre chose que ces citations de l'épisode pour justifier qu'il soit l'un des sommets suprêmes de la série, et d'ailleurs sans doute le meilleur épisode avec celui de Freeze jusqu'ici ?
C'est ce genre d'épisodes qui ont fait de Batman TAS une série à part dans le paysage des dessins animés.
En effet, que de noirceur, de profondeur et de thématiques creusées pour ce qui n’était à la base qu’un programme jeunesse. Et ceci en seulement 20 minutes.
Point de super-vilains ici en effet, ni même vraiment d’intrigue aux rebondissements nombreux et ou haletant (l’avancée de l’épisode étant aisément devinable, quoique vu l'audace dont peut faire parfois preuve la série ... mais de toutes façons, l'intérêt de l'épisode n'est clairement pas là), juste un long débat entre notre héros, sa conscience, ses convictions et ses visées, soutenu des points de vues de ceux que son action à affecté de près ou de loin, de ceux qu’il a inspirés à ceux auquel il s’est opposé, sans négliger l’avis des tiers impactés de manières périphériques par les évènements qu’il provoque, tout en saisissant au vol l’occasion d’explorer à merveille les relations aussi belles que complexes qui lie Batman à chacun de ses vrais alliés d’alors. Et quel débat !
Jamais je n’aurais vu une série jeunesse plonger si intimement et justement dans l’essence de son héros. Sous couvert de l’éternel récidive de certains voyous et d’une blessure du Commissaire Gordon en fonction dont Batman s’impute la responsabilité sous prétexte que s’il n’avait pas déposé ses roses annuelles à l’endroit où ses parents ont été tués il serait arrivé dans les 5 minutes plus tôt qui aurait pu éviter ce terrible incident, c’est toute une rhétorique dressant petit à petit le portrait, complet, réaliste, sombre et sans retouches, de ce héros fascinant et de son combat, dans sa justesse, ses imperfections, ses décalages entre volontés et effets obtenus, son extrême difficulté et l’héritage qu’il laissera.
Et vu que la série n’est jamais meilleure que quand elle plonge au cœur de son héros torturé et que le traitement ici déployé est une fois de plus aussi parfait que saisissant, cela donne un chef d’œuvre absolu, gorgés de scènes aussi magnifiques que puissantes (l’épisode fout plusieurs fois des frissons, c’est dire), assurément parmi les plus marquantes et importantes de ce personnage comme du DCAU.
D’ailleurs c’est aussi un épisode qui sera enrichi par le futur de ce dernier, car Batman Beyond nous montrera au final un futur qui, s’il n’est pas aussi pessimiste et sombre que Bruce Wayne l’aurait cru, n’est au final pas si éloigné de ce qu’il redoutait, notamment vis-à-vis de la perte de signification du symbole Batmanien là où ceux de certains de ses adversaires verront leur héritage cultivé par des malfrats, qui seront fatalement toujours plus nombreux que ceux qui poursuivront le sillage du Chevalier Noir. Mais ça, on y viendra en temps voulu.
En attendant, c’est ni plus ni moins d’un des meilleurs épisodes de tout le DCAU dont nous profiterons ici ...
Et sans doute le plus beau chef d’œuvre qu’il n’ait jamais offert à son héros.
Hmm ...
Non, y'a un truc qui coince vraiment dans cet épisode.
Qui est pourtant assez important puisqu'il introduit dans le DCAU un arc narratif pour l'instant fort gentillet, mais qui va en saison 3 très vite prendre beaucoup d'ampleur au point d'avoir des répercutions dans chacune des séries de ce dernier, jusqu'à même Batman Beyond : ni plus ni moins que la société des ombres du pour l'instant dans l'ombre Ra's Al Ghul.
Et qui dispose de quelques spécificités intéressantes, notamment le fait que ce soit un épisode avec une violence visuelle très prononcée (on a quand même, même si ce n'est pas énoncé comme tel, plusieurs morts violentes non dissimulées), même par rapport aux standards habituels de la série. Sans doute dans le but de bien montrer que ce n'est pas une menace banale à laquelle Batman à affaire ici. Même si le résultat final aura trop tendance à donner le sentiment inverse de celui recherché ...
Peut être est-ce justement parce qu'il doit introduire tant de choses en si peu de temps que l'épisode ne fonctionne pas plus que cela : l'épisode n'a en effet que 20 minutes pour nous introduire la ligue des ombres, leur force et portée d'action, Talia Al Ghul, sa relation ambigue avec Batman et enfin, même si dans un bref caméo, Ra's Al Ghul en personne, tout en dealant avec l'affaire de la trahison de cette même ligue par le Comte Vertigo. C'est mine de rien beaucoup pour un one part qui ne connaîtra pas de suite directe avant un certain temps et si certains aspects comme la dynamique Batman / Talia où l'icônisation de la Ligue des Ombres fonctionnent a peu près bien, d'autres sont nettement moins réussis, comme à peu près tout ce qui touche au Comte Vertigo.
Au contraire de la Ligue des Ombres, cet adversaire est très mal icônisé. On ne sait rien de sa backstory. L'épisode ne nous dit d'ailleurs ni son plan à long terme (on sait juste qu'il veut voler la foreuse de Wayne. Pourquoi, ça reste un grand mystère ...), ni les raisons qui font qu'il ai trahi Ra's Al Ghul ... ou bien qu'il ait été trahi par ce dernier, vu les informations à notre disposition, ça pourrait très bien être l'inverse.
Comme Batman on avance constamment dans l'ombre le concernant, lui faisant perdre ainsi toute menace, d'autant qu'en plus de semblant constamment dépassé par une force qui lui est supérieure (et qui lui veut du mal), les solutions à employer contre les spécificités de cet ennemi, soit la seule chose qu'il lui restait pour faire un méchant un minimum intimidant, sautent aux yeux assez rapidement. Son destin devenant d'autant plus prévisible que les auteurs n'ont pas pu s'empêcher de jouer dans l'acte final avec la similarité entre le nom du méchant et celui du chef d'oeuvre d'Hitchcock ...
Le côté très rushed de l'épisode sur pleins de points à aussi tendance à donner l'impression que l'épisode n'a jamais vraiment commencé et que ce n'était au bout du compte qu'une intrigue très mineur qui n'a même pas eu de vraie résolution. Ce qui est clairement son cas dans l'arc qu'il débute, mais ça, vu qu'on n'en prendra conscience que bien plus tard, en l'état c'est assez frustrant et diminue fortement l'impact qu'un épisode pourtant sur le papier si important aura au final à l'échelle de l'ensemble de la série. En plus de rendre l'épisode au final assez ennuyeux ...
Et le démasquage de Batman par Talia est définitivement beaucoup trop vite expédié pour l'importance que ça a.
Bref, avec un méchant peu réussi et la sensation trop prononcée que tout ceci n'est qu'un teaser pas foufou d'un futur distant, cet épisode deviens le moins convainquant que la série nous ait livré depuis un certain temps ...
Tiens, un épisode P.O.V. ! Ca faisait un sacré bail qu'on n'en avais pas eu un. Au delà du fait que les origin stories se font logiquement de plus en plus rares, la seconde saison c'est de toutes façons beaucoup moins essayé à l'exercice que la précédente. Et quand on voit le résultat de cet épisode, on aurait tendance à regretter qu'elle ne l'ai pas plus fait ...
Que cet épisode est excellent !
Que ce soit dans sa construction géniale, son ambiance balançant en un rien de temps d'un humour noir franchement efficace à une tension viscérale, passant parfois même dans la mélancolie, à son excellent personnage principal aussi bourré de contradictions qu'attachant et drôle bien malgré lui, ou encore sa gestion du suspense bien fortiche dans son genre (on arrive, malgré un cadre super héroïque de série télé dessin animé jeunesse, à réellement douter de la survie de Batman pendant une bonne partie de l'épisode), cet épisode fait preuve à chaque instant d'une excellente maîtrise. Et puis cette musique à l'orgue ... <3
Ajoutons à tout cela le fait qu'ils saisissent au vol l'occasion de creuser davantage le background criminel de la ville et leur mode de fonctionnement, ainsi qu'en explorant le lien profond qui lie Batman et le Joker dans une succession de séquences plus dingues et géniales les unes que les autres réussissant l'exploit d'explorer réellement et de rendre hommage à cette relation hors du commun en ne la faisant jamais intervenir en elle même, Batman et le Joker ne se croisant pas de l'épisode (tout le passage avec le Joker est fabuleux, d'autant que Harley y est particulièrement en forme. L'enterrement, putain ...), ainsi qu'une chute astucieuse qui en tirera parti et l'on obtiens sans mal en plus d'un des épisodes les plus inventifs et divertissants de la saison, un des grands moment de la série.
"Sans Batman, le crime n'est plus amusant." <3
La saison 2 semble se remettre à flot en fin de parcours, espérons que ça continuera ainsi !
Suite et fin des aventures de Clayface au sein de la série.
Suite parce que c'est sans doute le premier épisode de la série (hors two parts et donc non dans l'immédiat) à être une véritable suite d'un épisode antérieur. La plupart des retours de méchants iconiques s'articulent sur une autre intrigue qui ne nécessite pas d'avoir vu les précédents épisodes impliquant le personnage pour être suivis. Ici, non seulement ce n'est pas le cas (tout le background de Clayface et de ce qu'il s'est passé avec lui est nécessaire à la pleine compréhension de ce qui se passe. Ce qui n'est jamais rappelé ici ...), mais je pense également que cet épisode ne peut pas s'apprécier pleinement si l'on le voit sans avoir vu Feat of Clay auparavant. Bien qu'il ne s'agisse ici pas d'un prolongement de l'intrigue de Feat of Clay, tout ce qui attrait aux positions de Batman, de Clayface ainsi que leur relation restent clairement marqués par les événements du passé, auquel l'épisode fait régulièrement écho, étant justement l'un de ses thèmes phares
Et fin parce qu'il s'agit également non seulement du premier, mais aussi tout bonnement d'un des rares ennemi de la série qui aura un épisode lui donnant une situation finale aussi ... définitive.
Et c'est sans doute ce qui fait qu'il est autant réussi.
Si l'intrigue est le gros du temps assez linéaire et sans grand éclats, elle bénéficie en revanche à chaque instant du même ton tragique qui avait rendu Feat of Clay si puissant, encore plus décuplé ici par la position de faiblesse particulière dans lequel il se trouve (un thème inédit de la part de la série jusqu'à présent), mais aussi de par la chute de l'épisode. De manière générale, l'épisode bénéficie avec le retour de Clayface de tout ce qui avait contribué à la réussite de son origin story, du personnage charismatique et fascinant aux spécificités très cools pour les scènes d'actions que permet son personnage, ainsi qu'et surtout de son excellent thème musical qui bénéficie ici d'envolées lyriques folles, et étant donné qu'en plus ça manquait un chouïa de musiques d'envergures dans les derniers épisodes, ça offre un sacré plus à ce Mudslide.
Mais bon, de toutes façons, ce qui sublime clairement l'épisode, c'est bien entendu son acte final qui le fait passer d'un épisode maîtrisé mais sans étincelle de génie à une fresque tragique poignante, propulsant d'ailleurs à ce titre la dernière scène d'office dans le panthéon des plus grands moments du DCAU.
Où l'on assiste impuissant au très violent choc frontal entre l'inflexibilité de Batman et la passion de Clayface, qui mènera ni plus ni moins qu'à la mort de ce dernier.
Et une vraie de vraie mort cette fois, visuellement confirmée, contrairement à l'hypothétique du Joker dans The Laughing Fish et à la quasi certaine de Kyodaï Ken. Certes ce ne sera pas la seule fois que le DCAU tuera un méchant, mais c'est assurément l'une de ses morts les plus mémorables !
Car cette scène finale, entre la violence physique comme phsychologique du combat entre Batman et Clayface, les cris puis pleurs de Stella, cet orage funeste et cette terrible chute soutenue par une musique à se damner ... Elle se place quand même là pour une série avec ce genre de public cible. Et c'est assurément l'un des passages les plus émouvants de la série ...
C'est un épisode qui a beaucoup de détracteurs pour une raison précise : en effet, pas mal de fans trouvent out of character le fait que Batman stoppe la guérison de Clayface, surtout étant donné le fait qu'il lui proposait son aide à ce sujet en début d'épisode. Pour moi ce n'est pas le cas, étant donné que ce que pas mal de gens semblent oublier, c'est que Clayface était en train de sa guérir dans un laboratoire financé par de l'argent volé, grâce à un isotope également dérobé. Et je pense qu'au cours des 51 épisodes précédents, on a quand même largement eu le temps de constater que Bruce Wayne est intraitable sur la question du crime, même si la cause de son ennemi peut être juste ou compréhensible.
Une bien piètre tentative de certains pour porter atteinte à ce qui est une nouvelle fois un grand moment de la série, qui va définitivement bien mieux en cette fin de saison 2. Et quel plaisir de la suivre avec pareille forme !
Juste dommage que pour ce faire, on ait du se séparer d'un personnage si réussi ... enfin, du moins, pour cette série.