Après 2 épisodes décevants, la série reprend du poil de la bête avec l'adaptation à sa sauce d'un des arcs les plus célèbres de l'histoire du Chevalier Noir : celui d'Hugo Strange, un ennemi de la Chauve Souris qui a pour lui la caractéristique très particulière d'avoir été le 1er ennemi, et surtout le seul à le faire aussi rapidement et définitivement (il me semble que contrairement aux autres vilains qui quand ils le font finisse soit mort soit amnésique soit par perdre l'info, il est le seul à la conserver sur la durée), à avoir découvert qui se cachait derrière le masque du justicier.
Et c'est par là même assez prodigieux la manière dont parviens cet épisode à synthétiser le tout en juste une vingtaine de minute (pourtant vu le contexte, un two-part aurait été compréhensible), car c'est parfaitement réussi et pensé en termes de rythme et de scénario.
Après avoir posé le décor très rapidement (et permis de placer Alfred dans un rôle actif, ce que j'adore toujours), l'épisode nous confronte directement à la menace Strange face à laquelle une fois n'est pas coutume Batman (alors sous les traits de Bruce Wayne) se fera avoir est y sera impuissant. Cela permet également le temps de cette scène d'approfondir la psychologie de notre héros par l'intermédiaire d'une véritable fouille psychiatrique de sa psychée par Strange et sa machine qui là encore aboutit sur quelque chose de très intéressant et d'assez peu commun pour une série visant le jeune public mettant en scène un super-héros ("Je voulais me venger !". Enfin cette phrase qu'on avait progressivement deviné finit par devenir officielle et reconnue par notre héros lui-même).
S'en suit alors une réunion de super-vilains jouissive et on ne peut plus pertinente (tant dans le fait que Strange et ses sbires n'étant à eux-seuls pas une menace physique suffisante pour Batman que par celui que la présence de Double Face discrédite la révélation de l'identité par Strange auprès des super vilains récurrents présent) avec un Joker particulièrement drôle et des interactions entre les trois vraiment sympa, au coeur d'un scénario qui s'il n'est pas du côté des méchants d'une imprévisibilité débordante est en revanche du côté de notre héros vraiment prenante car jusqu'au bout on peine à voir comment Bruce va pouvoir à la fois venir à bout de ce quatuor d'ennemis mais surtout régler le problème Strange sans en arriver à la mort de ce dernier par Batman ou un autre des vilains. Et le twist final est de ce point de vue là vraiment bien foutu, car ne venant en plus pas de nulle part (par la présence de l'élément salvateur dans la séquence d'intro).
Un poil dommage cependant que Strange ne réapparaîtra jamais plus dans la série comme d'ailleurs il me semble dans tout le DCAU. Car pour le coup, les problématiques que soulèveraient un retour du gaillard auraient été intéressantes à explorer. Mais bon, d'un autre côté, il valait mieux un one-shot parfaitement maîtrisé comme ici (d'autant que vu la fin, rien n'appelle Hugo Strange à revenir) plutôt qu'une suite foireuse qui n'aurait pas su réellement se confronter à ces obstacles.
Bref, après une petite période de disette, Batman est bel et bien de retour en pleine forme ! Espérons que ça va durer dans cette "toujours-aussi-géniale-mais-décidément-bien-moins-homogène-que-la-précédente" seconde saison ...
J'ai toujours eu un peu de mal avec ce double épisode là.
J'avoue que je ne sais pas trop pourquoi car l'épisode n'a rien de vraiment honteux.
Il était certes très ancré dans l'air de son temps vis à vis d'un de ses thèmes principaux (donc en 1992-93 ... ce qui date quand même) mais sur certains sujets reste globalement d'actualité malgré tout. Bien que là encore dans le traitement de ses thèmes, ça reste ultra basique (non seulement à la vue de ce qui a été fait sur le sujet, même dans d'autres oeuvres destinées aux enfants, que dans le degré de réflexion que la série peut habituellement proposer, souvent bien plus vaste que ce que l'on a ici) et les pistes les plus intéressantes qu'auraient pu prendre cette histoire ne sont du coup, et c'est surement dû au fait que l'épisode date autant, pas exploités (pour le coup au sein de l'univers du Batman de Nolan où le personnage est beaucoup plus techno dépendant ne serait-ce qu'au sein de son costume même (ce qui n'est pas le cas ici), je pense que le rendu serait plus intéressant).
Son méchant ne casse certes pas trois pattes à un canard et n'est pas psychologiquement intéressant mais constitue toutefois un challenge corsé (et de type assez inhabituel) et une vraie menace pour le Chevalier Noir alors que de prime abord il avait tout pour être vraiment ridicule.
L'animation n'est pas folichonne mais on a quelques belles scènes qui marquent à leur façons ...
L'absence de grande figure maléfique permet à des personnages secondaires de connaître un développement intéressant (surtout Gordon et Carl Russum qui s'il reste un personnage de troisième plan aura un rôle important dans quelques épisodes futurs).
Et en plus ce qui est vraiment cool c'est qu'il permet l'entrée en scène de Barbara Gordon dans la série d'une belle manière avec quelques prémices de Batgirl dans les parages..
Par contre ce que je peux distinguer comme vrai défaut de l'épisode, du moins sur cette première partie, c'est un vrai problème de rythme : toute cette partie n'est qu'une gigantesque introduction. Ca commence à bouger (et encore) à 5 minutes de la fin et le reste du temps, malgré une scène d'intro sympa, c'est vraiment long pour ce que ça raconte et apporte, d'autant qu'en plus l'épisode est vraiment très prévisible dans le déroulé de sa première partie. Bref, niveau maintien d'intérêt et stimulation du spectateur, on a vu mieux ...
Et d'ailleurs consacrer un double épisode à Batman vs Hal/Terminator quand on en consacre qu'un seul à l'arc Hugo Strange, on peut trouver ça discutable (d'autant qu'il me semble en plus que ce two parter aura une suite un peu plus tard dans la série, et je trouve que les deux histoires auraient pas mal gagnées à échanger leurs longueurs respectives) ...
Mais là encore, si ça empêche l'épisode de se faire une place dans les grands noms de la série, ça ne le coule pas pour autant parmi les pires d'entre eux. Même si, si je devais faire un classement d'épisodes à ce stade de la série, il arriverais dans ma liste pourtant parmi les derniers, oui.
J'imagine que là pour le coup c'est vraiment un blocage subjectif et personnel. C'est juste moi qui n'accroche pas plus que cela à ce que me propose l'épisode, qui du coup malgré quelques points très plaisants m'ennuie un peu ... Alors que pourtant d'habitude c'est le genre d'histoire qui m'intéresserait assez paradoxalement. Mais peut être pas dans l'univers de Batman. Et sans doute encore moins dans cette version là de ce dernier ...
Et cas rare dans cette série, je pense aussi que pour le coup c'est un épisode qui a vraiment vieilli, avec quelques relents technophobes (assez étranges d'ailleurs pour cette série, surtout que cet épisode semble vraiment essayer de ne pas tomber dans les discours clichés du genre (et échoue du coup partiellement d'ailleurs)) qui ne se poseraient plus ainsi de nos jours, ou du moins seraient abordés différemment ...
Enfin bref, c'est pas mauvais (c'est pas génial non plus), mais j'accroche globalement pas ...
Vraiment pas grand chose à dire de plus sur ce double épisode que ce que j'avais déjà mis dans mon avis sur la partie précédente : mon principal problème avec l'épisode restant tout simplement le même.
Cette partie est toutefois un peu plus réussie à mon goût que la précédente car il retrouve un vrai rythme et que Barbara et sa Batgirlisation sont bien plus mis en avant ici que dans la partie précédente.
Mais sans cela, ça reste vraiment du pareil au même en tout points.
Bref, c'était juste un moment peu inspiré et un peu chiant de la série à passer.
Vivement la suite qu'on embraie sur quelque chose de beaucoup plus intéressant (et surtout de très attendu !)
Et que ça fasse sortir la saison de la phase morose qu'elle se traine hors Strange depuis 4 bons épisodes ...
Avant d'aborder le cas de cet épisode phare de la série, un dernier petit mot sur son prédécesseur : c'est quand même assez ironique qu'il ait été en deux parties pour une histoire aussi banale, classique, pliable aisément en une seule partie et sans importance autre pour la série que d'introduire la future Batgirl dans une aventure qui ne sera même pas déterminante dans la création de l'alter égo de la jeune fille, quand à la fois l'épisode qui le précédait et donc celui qui le succédait, bien que s'en étant très bien sortis avec les moyens du bord pour des résultats grandioses, avaient l'un comme l'autre nettement plus de bagage pour constituer un two parter.
Mais enfin bref, revenons à nos moutons, car là c'est du lourd.
Cet épisode vient en effet apporter à la série ce qui lui manquait, le dernier des ennemis vraiment célèbres de la chauve-souris qui n'avait toujours pas été introduit à ce stade : L'Homme Mystère, bien entendu. Cette arrivée tardive n'est pas dû au hasard : avec L'Epouvantail, il s'agit selon les dires de Bruce Timm et Paul Dini de l'ennemi qui leur aura été le plus compliqué à aborder. Sauf que là où ils ont fait apparaître très vite le premier (et on connait le résultat, même si ça s’est considérablement amélioré par la suite) en expédiant toutes ses apparitions majeures dans la première saison, ils ont préféré attendre autant que possible pour s'occuper du cas du second, s'étant même fait la main en tout début de saison 2 dans l'épisode The Cape and Cowl Conspiracy afin de pouvoir parvenir au meilleur résultat possible pour le personnage.
Et ils ont bien fait. Car c'est vrai que l'intéressé est un des ennemis les plus difficiles à aborder, car l'un de ceux sur lequel il est le plus facile de dériver très rapidement ...
Le gros problème avec l’Homme Mystère c’est qu’il est censé être le pire ennemi de Batman sur le plan cérébral mais il ne représente à côté de cela une menace beaucoup plus réduite sur le plan physique. Et le piège dans lequel beaucoup de versions du personnage tombent, c’est que leurs auteurs, à la fois par souci de rendre l’ennemi imposant physiquement et par une mauvaise délimitation de la frontière entre génie maléfique et folie, en fond bien souvent un simili-Joker, personnage hystériques aux gadgets improbables et énigmes sans queue ni tête.
Le plus bel exemple de ce phénomène restant surement le Riddler de la série de 1966. Une version pour laquelle j’ai une certaine affection et qui, il est vrai, marche bien dans le contexte et l’univers de cette série complètement folle, mais qui du coup posait le double problème d’à la fois n’être jamais menaçant de par ce qui fait la spécificité même de ce personnage, mais en plus à l’échelle de la série en venait carrément à voler la place du Joker et véritablement handicaper l’efficacité de ce dernier qui y était carrément moins drôle et intimidant que ce dernier, du moins en présence du premier interprète du Riddler (d’autant plus quand il est l’ennemi du pilote et présenté comme la Nemesis de ce Batman très axé sur le plan « Détective » (ceux qui ont jeté un œil à la série comprendrons la présence de ces guillemets)).
Le personnage deviens dès lors générique au possible et selon la réussite ou non des traits de personnalités qu’il emprunte à d’autres ennemis de l’univers dans lequel il s’inscrit finit soit par leur faire du tort, soit à ne jamais être réellement efficace ni réussir à se démarquer des autres vilains.
Ici, hors de question de lui donner la moindre des caractéristiques des ennemis de la série l’ayant précédé (si ce n’est son évident brouillon de l’épisode 3 de cette saison 2, et encore les personnages ne sont pas tout à fait les mêmes). Et c’est peut être bien même sur le plan physique la version la plus inoffensive du personnage. En revanche, les caractéristiques qui lui sont propres sont exacerbées au possible, pour nous donner une version qui ne garde que l’essence même de son personnage de base : le poseur d’énigmes pur et dur.
En ce sens, la version proposée du personnage dans la première série du DCAU (malheureusement les très rares cameos auquel aura droit l’intéressé dans les séries suivantes, en plus de lui offrir un redesign franchement moche (probablement le personnage qui a le plus perdu au change) pour davantage coller à l’apparence physique de la version contemporaine de Batman Forever, aurons tendance à un peu tomber dans ce piège, c’est donc pas plus mal qu’il n’ait plus d’épisodes à lui au-delà de Batman TAS) est pour moi véritablement la suprême : non seulement en termes de design comme de caractérisation la meilleure que le personnage ait eu comme pour certains autres personnages de la série, mais aussi et là ce n’est pas le cas du gros des autres une qui n’a et de loin pas connu pour moi d’égal à ce jour. Il aura mis du temps (presque la moitié de la série) pour arriver celui-là, mais force est de constater que c’était vraiment pour le meilleur.
D’autant que du côté du scénario un formidable travail est fait pour rendre le personnage imposant et qu’il constitue une menace crédible et puissante (ce qui, vu la spécificité de la fin de cet épisode, était indispensable) à travers notamment le passage du Labyrinthe qui est juste un bonheur de chaque instant, le simple fait de la présence de Robin dans l’épisode dont l’absence aurait empêché Batman d’être victorieux, ainsi que celui du Morse par coupures d’électricité qui donnent une vraie ampleur aux actions de Nigma et enfin la décision d’en faire pour sa première fois l’un des rares ennemis à échapper à Batman, permettant d’offrir une dernière scène véritablement glaçante d’effroi. Ainsi que de nous promettre le retour de ce décidément très réussi méchant sous peu de temps.
Parfaitement rythmé et réalisé, sublime au niveau de l’animation (certains plans sont d’une beauté, notamment ceux introduisant l’Homme Mystère), réhabilitant un ennemi culte pour ensuite l’amener à son sommet et gorgé de scènes superbes avec un Dynamic Duo plus complémentaire et synergique que jamais … oui, je pense qu’on peut dire que cet épisode rejoint sans problème le cercle des cultes de la série.